07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

[align=center]Quelques éléments en faveur de l’autonomie monétaire : Pourquoi les peuples doivent reprendre le pouvoir sur leurs monnaies.[/align]

Sur la supposition qu'une monnaie supranationale ( donc par conséquent déjà éloignée des citoyens ) aurait la moindre action émancipatrice, Albert Einstein aurait dit : « Il est plus difficile de casser une croyance que de briser un atome.»
Je peux vous retourner cette réflexion d'Einstein, en parlant du retour au franc (ou à des monnaies régionales même, pour être encore plus près des citoyens) ;) Qu'est-ce qui vous fait supposer qu'une monnaie plus locale est forcément plus efficace ? Car on parle bien d'efficacité. La monnaie n'est (sensé être) qu'un outil servant aux échanges entres les membres d'une même société ! Alors en quoi démultiplier le nombre de monnaies rend la vie en société plus facile, ou plus juste ?
Yvan, en fait, c'est assez simple à comprendre et plusieurs personnes l'ont déjà compris sur ce forum. Dans une zone unifiée de grande taille comme celle de la zone euro, en cas de fluctuations économiques, il est rare que ces fluctuations atteignent de la même manière tous les compartiments géographiques à l'intérieur de cette zone. C'est que les connaissances économiques appellent un choc asymétrique. Pourquoi cela ? Dans la zone euro, la divergence économique est forte par exemple entre la Grèce et l'Allemagne. La productivité moyenne des travailleurs allemands est nettement plus élevée que celle des travailleurs grecs. Est-ce que cela veut dire que les grecs travaillent moins fort et moins bien que les Allemands ? Non, contrairement à ce préjugé sommaire, ce sont les grecs qui travaillent le plus durement, mais c'est la structure de l'économie grecque qui est moins productive. Pour régler cette différence d'intensité :

A — soit on se débrouille pour rendre la Grèce aussi compétitive et aussi productive que l’Allemagne.


La Grèce comporte une grande partie de son territoire qui est constituée d’îles. Je ne sais si tu as déjà vécu dans une île de faible superficie, mais dans ce cas, quasiment toutes les marchandises y sont plus chères et quasiment tout vient du continent. D’ailleurs, à part les usines d’extraction de matières premières, tu ne trouveras quasiment jamais d’usine sur une île de faible superficie, parce que tous les matériaux et les fournitures nécessaires pour travailler y serait grevés du prix des trajets maritimes. Donc une grande partie du territoire de la Grèce ne peut pas devenir aussi productive que l’Allemagne.
Solution A : pas possible

B — soit les travailleurs quittent les compartiments les plus en difficulté pour aller vers ceux les moins en crise.
Dans la zone euro, tous les grecs, espagnols, portugais ne vont pas tous aller travailler en Allemagne et aux Pays-Bas.
Solution B : pas possible

C — soit simultanément les gouvernements augmentent les revenus et les prix dans les pays qui se portent bien et les gouvernements baissent les revenus ( salaires, pensions de retraite ) et les prix de manière autoritaire dans les pays plus touchés.
Dans la réalité, dans les pays qui vont bien, les patrons empêchent les augmentations de revenus, les travailleurs ne veulent d’augmentation des prix et dans les pays en crise les gouvernements arrivent à baisser les revenus des travailleurs, mais pas les prix, le pouvoir d’achat s’effondre, c’est horrible pour les gens et cela créé de l’austérité qui accroît la crise.
Solution C : C’est à la fois horrible et stupide.

D — soit il y a des transferts massifs d’argent d’Allemagne, des Pays-Bas vers les pays en difficulté ( Grèce, Espagne, Portugal peut-être bientôt Italie ).
C’est ce qui se passe à très petite échelle entre la métropole et la Corse, il existe des transferts d’argent par la redistribution et les impôts, mais à l’échelle de la zone euro, cela ne réglera pas le problème parce que ces transferts devront être non seulement permanents puisque les économies des pays divergent, mais ils représenteront une fraction tellement importante des revenus que les gens n’accepteront pas cette austérité supplémentaire. Tu l’accepterais, toi ?
Solution D : Inacceptable

E — soit les gouvernements décident de manière concertée ou non de mettre fin à zone monétaire dite zone euro et les pays progressent vers l’autonomie monétaire, ceux qui ont besoin de dévaluer et ceux qui ont besoin de réévaluer le font suivant la productivité de leur économie. C’est aussi simple que cela.

Contrairement à certains grands pays géographiquement compacts, avec la zone euro nous nous trouvons dans la partie gauche de la courbe, celle des changes flexibles préférables, les coûts de la zone euro sont et seront supérieurs aux bénéfices :

Modification du 28 septembre 2012 :
Sources des illustrations : Encyclopédie en ligne Wikipédia

Notions de Zone Monétaire Optimale : [size=9][b]http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_monétaire_optimale[/b][/size]

Ca dépend ce que l'on entend par souverainisme.

S’il s’agit de défendre la souveraineté du peuple, alors c’est une bonne chose, j’adhère.
S’il s’agit par contre de défendre une vision nationaliste des relations entre les pays, c’est à dire l’idée que chaque pays a des intérêts différents et qu’ils sont en compétition, ou encore l’idée qu’une partie de nos problèmes viendrait des étrangers, là par contre, c’est une mauvaise chose, et je n’adhère pas du tout.


On peut avoir une vision nationaliste et considérer que chaque pays à des intérêts différents mais prôner la coopération et les accords à la place de la compétition… Ariane et Airbus sont des exemples de coopération qui n’ont pas attendu l’UE., mais pas la peine de se faire des illusions; nous ne sommes pas dans un monde de bisounours et les nationalismes sont une évidence… demandez donc aux allemands de partager avec les grecs…
Oui, une partie de nos problèmes viennent de l’ouverture inconsidérée des frontières (donc des étrangers) à la finance et au commerce.
Alors précision: souveraineté du peuple (ce que refusent les partis politiques en se l’appropriant), souveraineté de la Nation et coopération entre Nations (Charte de la Havane par exemple…)

@Gilles
Super :slight_smile:
Mais le champ des possibles ne se résume pas à une alternative. (et puis l’humanisme doit être davantage intégré dans la pensée monétaire).
On peut aussi envisager de maximaliser la subsidiarité en économie ET en démocratie, réservant ainsi l’usage des monnaies contenantes à ce que les monnaies contenues ne peuvent pas faire, dont certaines peuvent être à très court rayon d’action (pour visualisation penser à une famille plurielle de plusieurs emboitements de poupées russes tous rangés dans une grosse Bouboulina). C’est une toute autre façon d’aborder la question, capable si bien pensée d’induire naturellement/mécaniquement une économie biocompatible et sociocompatible. Alors que les monnaies nationales, déjà écologiquement/socialement préférables à la monnaie globale, n’en sont pas capables sans l’astreinte de lois coercitives sujettes à batailles perpétuelles.

[...] Je défends l'idée d'une monnaie nationale au sein d'un euro - plus ou moins "large" - commun. Le taux de convertibilité dans ce seul euro commun est donc "politiquement" décidé (et révisable). Les monnaies nationales ne peuvent donc pas servir directement aux échanges internationaux. [b]Oui, l'euro commun serait probablement négociable sur les marchés[/b] et sa parité représenterait donc sa "puissance" et sa stabilité comparé aux autres devises [...]
Les mots soulignés me surprennent : si les monnaies nationales ne peuvent pas servir aux échanges internationaux, y-a-t-il le moindre doute que l'euro commun serait la seule monnaie européenne négociable sur les marchés ? JR

On peut imaginer une parité fixe des monnaies mondiales, des échanges de troc, un équilibre des échanges de grès à gr_s, des réserves d’autres devises suffisantes 'excédents commerciaux)… mais le « probablement » est de loin le plus probable.

Il existe de nombreuses monnaies à travers le monde dont les parités sont fixées et qui de sont pas échangées sur les marchés internationaux (je pense par exemple aux monnaies du Maghreb)

Ca dépend ce que l'on entend par souverainisme.

S’il s’agit de défendre la souveraineté du peuple, alors c’est une bonne chose, j’adhère.
S’il s’agit par contre de défendre une vision nationaliste des relations entre les pays, c’est à dire l’idée que chaque pays a des intérêts différents et qu’ils sont en compétition, ou encore l’idée qu’une partie de nos problèmes viendrait des étrangers, là par contre, c’est une mauvaise chose, et je n’adhère pas du tout.


On peut avoir une vision nationaliste et considérer que chaque pays à des intérêts différents mais prôner la coopération et les accords à la place de la compétition… Ariane et Airbus sont des exemples de coopération qui n’ont pas attendu l’UE., mais pas la peine de se faire des illusions; nous ne sommes pas dans un monde de bisounours et les nationalismes sont une évidence… demandez donc aux allemands de partager avec les grecs…
Oui, une partie de nos problèmes viennent de l’ouverture inconsidérée des frontières (donc des étrangers) à la finance et au commerce.
Alors précision: souveraineté du peuple (ce que refusent les partis politiques en se l’appropriant), souveraineté de la Nation et coopération entre Nations (Charte de la Havane par exemple…)

La coopération dont vous parlez est une coopération à la marge, pour mieux faire concurrence à d’autres pays dans le reste du monde, l’idée nationaliste ne va pas sans la compétition entre les pays.

La coopération dont je parle n’a rien avoir avec ça et vous le savez très bien. Au lieu d’essayer d’obtenir des excédents commerciaux sur le dos des autres pays, il s’agit de s’engager mutuellement à maintenir à l’équilibre les résultats de son commerce extérieur et ce grâce à des mécanismes de solidarité et de co-développement.

Dans ces conditions, la monnaie unique a pour vertu d’ouvrir des possibilités d’harmonisation, là où des monnaies nationales qui fluctuent entre elles nous l’interdisent. Elle permet de se protéger contre la spéculation sur la monnaie et oblige à de la solidarité et à des règles communes. Et évidemment, elle interdit de fait l’utilisation de la dévaluation de la monnaie pour faire concurrence aux autres pays.

Le nationalisme est une autre version du capitalisme. Croire que les pays ont des intérêts divergents, c’est confondre l’intérêt du peuple et celui des multinationales, des banques et de leurs actionnaires. Bref c’est nier la lutte des classes. C’est défendre la concurrence internationale, et donc de fait donner le pouvoir aux oligarchies économiques et financières, et condamner les travailleurs à une exploitation toujours de plus en plus intense et inhumaine ( baisse des salaires, destruction des services publiques et des solidarités nationales, destruction des protections sociales, tout cela pour pouvoir baisser la fiscalité des entreprises, et c’est évidemment aussi conforter le modèle basé sur l’endettement de l’état et donc le coup d’état financier.

De plus, le repli au niveau de la nation, c’est faire la même erreur qu’après 1945, c’est se contenter pour régler les enjeux internationaux ( ex écosystème, partage des ressources de la planète, paix et guerres, finance, échanges économiques etc … ) de relations inter gouvernementales entre les pays. C’est donc abandonner toutes ces questions pourtant extrêmement importantes et particulièrement structurantes pour notre société à des ministres ( non élus ), à des technocrates ( non élus ), et à des diplomates ( non élus ), et leurs amis financiers et industriels, qui viennent tous des mêmes écoles, qui se côtoient, se marient et font des enfants pratiquement uniquement entre eux, et qui vivent la plupart du temps dans les dorures et le luxe des institutions, complètement déconnectés de la réalité quotidienne du reste des citoyens. C’est donc abandonner une énorme partie de notre souveraineté à des gens qui finissent toujours par constituer une oligarchie. Par qui le libéralisme a-t-il été imposé d’après vous ?

Dans ces conditions, la monnaie unique [...] permet de se protéger contre la spéculation sur la monnaie et oblige à de la solidarité et à des règles communes.
Pour la spéculation ça n'est vrai que si vous ne considérez que la spéculation intermonétaire, et si vous considérez une monnaie unique mondiale. Incidemment faites une recherche sur "bancor" et regardez qui sont ses promoteurs.

Pour la solidarité, ce n’est pas la monnaie (unique ou pas) qui y oblige mais il est clair que la monnaie unique la rend moralement nécessaire (mais la sécurité sociale, qui est aussi de la solidarité avec des catégories moins productives, est bien postérieure à la monnaie que ces catégories partagent avec les catégories plus productives). Lisez donc le message de Gilles ci-dessus.

Le nationalisme [...] c'est nier la lutte des classes.
Absolument pas, ce sont deux visions parfaitement orthogonales. C'est seulement prétendre que la seule vision correcte est l'une qui nie l'autre. Ce n'est pas allumer une lampe qui efface ce que seule une autre lampe permet de voir, c'est croire qu'on peut tout voir avec une seule lampe.

#2645 d’AJH

On peut même envisager des monnaies non convertibles réservées à une partie des échanges intérieurs à une région.
Permettant d’alimenter un certain pourcentage des salaires des aides & assistances, pourquoi pas d’un salaire de base.
(perte de liberté de mouvement des moins pauvres, certes, mais les démunis en jugeraient autrement)

On peut imaginer une parité fixe des monnaies mondiales, des échanges de troc, un équilibre des échanges de grès à gr_s, des réserves d'autres devises suffisantes 'excédents commerciaux)... mais le "probablement" est de loin le plus probable.

Il existe de nombreuses monnaies à travers le monde dont les parités sont fixées et qui ne sont pas échangées sur les marchés internationaux (je pense par exemple aux monnaies du Maghreb)


Si on fixe des parités, c’est bien pour échanger les monnaies ?

Il me semble que les monnaies du Mahgreb sont échangeables comme les autres, sauf que les gouvernements ont relativement plus de latitude pour agir les taux de change compte tenu que ces monnaies desservent avant tout des économies locales cloisonnées (cas de la Suisse, d’une certaine manière, mais même ce pays a du mal à « fixer » durablement le taux de change de sa monnaie).

Par contre, toutes les tentatives de fixation du dollar ou d’autres monnaies « internationales » (instruments de réserve correspondant en outre à de grandes économies) ont échoué après 1971 alors même que le dollar occupait encore une position véritablement hégémonique qui facilitait son rôle d’étalon.

Ce qui est devenu impossible pour le dollar est encore plus impossible pour les autres monnaies : on ne pourrait pas « fixer » l’euro pendant plus de quelques jours sans désorganiser les paiements internationaux et les échanges économiques.

Ou alors, il faudrait passer à un nouveau système mondial de répartition des richesses prenant en compte non seulement les données économiques mais aussi les données démographiques, écologiques , sociales, etc. , et rejetant la notion de profit comme moteur de l’activité économique : ce qui veut dire renoncer au capitalisme, ni plus ni moins. L’idée a beaucoup progressé avec la crise actuelle, mais disons qu’elle est encore loin de faire consensus… JR

Dans ces conditions, il n’y a pas le moindre doute que l’euro monnaie commune sera échangeable au cours du marché, ou ne sera pas. JR

#2645 d'AJH

On peut même envisager des monnaies non convertibles réservées à une partie des échanges intérieurs à une région.
Permettant d’alimenter un certain pourcentage des salaires des aides & assistances, pourquoi pas d’un salaire de base.
(perte de liberté de mouvement des moins pauvres, certes, mais les démunis en jugeraient autrement)


Ce qui voudrait dire, je suppose, limiter l’accès de certains biens ou de certains services aux détenteurs de la monnaie non convertible.

Quand ce système a fonctionné, c’est dans le sens contraire : il servait à réserver certains biens ou certains services à une minorité privilégiée (voir les magasins en dollars de l’ex-Union soviétique).

Même si on arrivait à le faire fonctionner dans le sens souhaité, son résultat serait immanquablement d’orienter les dépenses des plus pauvres dans le sens des biens et services bon marché (= instituer deux classes de consommateurs). Du moins, je vois ce risque. JR

« Ce qui voudrait dire, je suppose, limiter l’accès de certains biens ou de certains services aux détenteurs de la monnaie non convertible »

Oui, c’est exactement ça. Je ne suis pas contrariante. :rolleyes:
Mais pourquoi tout de suite se brancher sur les conséquences négatives en brandissant l’exemple soviétique ou d’autres.

Il est clair qu’avec une monnaie ionienne non convertible on ne pourrait pas acheter de l’ail chinois. Quelle privation ! Quelle limitation !
Il est clair qu’un paysan crétois qui pousse son âne au long des routes ne pourrait pas acheter une Ferrari, mais s’il touche un salaire de base en monnaie relocalisante, il risque d’apprécier. Par contre, mon petit doigt me dit que celui qui roule carrosse ne sera pas contraint de s’acheter un âne.

Une mère de famille qui élève ses enfants sans être rémunérée pour cette tâche héroïque et de portée pourtant nationale pourrait également apprécier de recevoir une manne créée ex nihilo selon un processus démocratique.

ciel qu’ai je encore dit … ex nihilo … planche à billets … Je vois pointer le souci de l’inflation. Est ce si grave pour le grand capital dans le cas d’une monnaie non convertible ?

Dans mon esprit, quand j’ai poussé cette idée sur le tapis vert du casino des folies, il ne s’agissait bien entendu pas d’affecter une monnaie au commerce de luxe, ni de l’offrir aux gens pour qu’ils aillent chez Lidl acheter du dévitaminé. Oh que non, le critère d’affectation ne serait pas la qualité : il serait mécaniquement géographique car une monnaie non convertible ne permet pas d’importer, pardi, est donc affectée au local, qui est, de fait, souvent de qualité supérieure ( agriculture, artisanat etc)

Une monnaie non convertible et à petit/moyen rayon d’action est relocalisante, favorable à l’indépendance alimentaire, à la qualité biologique de la production. Elle peut s’étendre à bien plus que ces domaines à tort perçus souvent comme bricolage, mais à tout ce qui est local et la liste est longue.
La gestion démocratique de la monnaie peut par ailleurs trouver ici une porte d’entrée facile, permettant au citoyen d’apprendre à se gérer en communauté débarrassée de l’autisme mécaniquement impulsé par les grands outils centraux. Car parfois, c’est l’outil qui crée l’esprit et non le contraire.

(Je ne fonctionne pas dans le but d’avoir raison mais seulement dans l’esprit de qui sème une graine sans en savoir le futur, dont la maîtrise mentale n’appartient qu’aux autres)

Dans ces conditions, la monnaie unique [...] permet de se protéger contre la spéculation sur la monnaie et oblige à de la solidarité et à des règles communes.
Pour la spéculation ça n'est vrai que si vous ne considérez que la spéculation intermonétaire, et si vous considérez une monnaie unique mondiale. Incidemment faites une recherche sur "bancor" et regardez qui sont ses promoteurs.

Pour la solidarité, ce n’est pas la monnaie (unique ou pas) qui y oblige mais il est clair que la monnaie unique la rend moralement nécessaire (mais la sécurité sociale, qui est aussi de la solidarité avec des catégories moins productives, est bien postérieure à la monnaie que ces catégories partagent avec les catégories plus productives). Lisez donc le message de Gilles ci-dessus.

Le nationalisme [...] c'est nier la lutte des classes.
Absolument pas, ce sont deux visions parfaitement orthogonales. C'est seulement prétendre que la seule vision correcte est l'une qui nie l'autre. Ce n'est pas allumer une lampe qui efface ce que seule une autre lampe permet de voir, c'est croire qu'on peut tout voir avec une seule lampe.
Lanredec évitons les slogans svp et relisez ce que j'ai écris plus haut.

Le nationalisme nie la lutte des classes car c’est considérer que le peuple entier aurait un même intérêt et que cet intérêt serait différent de celui des autres peuples.

Reconnaître la lutte des classes c’est au contraire reconnaître que la société est composée de deux classes sociales distinctes, les travailleurs et les capitalistes et que les intérêts entre ces deux classes sont antinomiques. Les citoyens des autres pays sont confrontés exactement au même problème, au contraire les intérêts entre les peuples sont les même, on doit tous se défaire de la domination d’une oligarchie et rétablir la souveraineté du peuple. Et si les oligarchies de chaque pays s’opposent entre elles et se font concurrence économiquement, par contre, quand il s’agit de museler les citoyens et de les exploiter, ils savent très bien s’entendre, ils sont parfaitement solidaires, c’est ce qu’il se passe en ce moment même de manière flagrante au niveau européen.

Ces deux façons de voir les choses s’excluent l’une et l’autre.

Un exemple tout simple, les ressources de la planète qui sont en quantités limitées.

Il n’y a pas 56 solutions. Soit on se bat avec les autres peuples pour nous accaparer ces ressources, soit on décide que nous devons les partager équitablement. Dans le 1er cas, on est bien dans l’optique où les peuples ont des intérêts divergents, dans le deuxième au contraire on se rend compte qu’on a le même intérêt.
Dans le 1er cas, cela s’accorde parfaitement avec l’idée de concurrence, dans toute compétition il y a des gagnants et des perdants.
Dans le 2ème cas, cela va bel et bien à l’encontre de l’idée de concurrence, et surtout de l’idée capitaliste en elle-même, vu qu’on ne cherche plus à accumuler autant que possible, mais que l’on met au centre de la décision des considérations morales, sociales ou écologiques.

On a bien une opposition entre deux sortes de relations, la compétition d’un côté, et la coopération de l’autre.

A mon avis on ne peut pas débattre du système monétaire sans débattre aussi de l’organisation économique et sociale que nous voulons mettre en place entre les différents pays.

Bonjour Ana, ce que j’ai écrit en haut de cette page m’a fait réfléchir.

http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=21379#p21379

Maintenant il me semble évident d’abandonner l’euro et de progresser vers l’autonomie monétaire dans les deux directions simultanément, une autonomie nationale de la monnaie liée à la souveraineté du peuple ( à condition d’en rénover le mode d’exercice ) et aussi des monnaies complémentaires locales basées sur des gens qui se connaissent et se font confiance pour créer des richesses et les échanger. À ce propos de monnaies complémentaires locales, il me semble que les îles de leur particularité, bénéficieraient à plein du double monnayage. La convertibilité entre d’une part un mastodonte monétaire comme l’euro ou le dollar et d’autre part une monnaie locale complémentaire agile et souple est nulle et non-avenue à mon sens. Car ces deux monnaies n’ont pas les mêmes valeurs et tenter la convertibilité n’est que forcer la mise en pratique des valeurs néo-libérales portées par l’euro ou le dollar et par conséquent anéantir les valeurs de confiance portées par la monnaie complémentaire locale.

[align=center]Reprendre le pouvoir sur notre monnaie[/align]

[color=#111100][b][size=10]Un appel condamnant le Traité européen dit TSCG, provenant d’économistes dont certains sont liés au Front de Gauche, m’a été soumis. Si j’en approuve de nombreux points, et en particulier la conclusion (l’appel à ne pas ratifier le TSCG), cet appel me semble devoir être source d’importantes confusions sur la situation actuelle. C’est pourquoi je ne m’associerai pas à cet appel, que je publie néanmoins ( en bleu ) avec mes observations (en rouge foncé).[/size][/b][/color]
[color=#111100][b][size=10][/size][/b][/color] [align=center][color=#c13714][b][size=12]L’austérité aggrave la crise, non au Traité budgétaire européen ![/size][/b][/color][/align]

Depuis 2008, l’Union européenne (UE) fait face à une crise économique sans précédent. Contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, cette crise n’est pas due à la dette publique. Avant la crise, l’UE dans son ensemble était globalement à l’équilibre. Ainsi, l’Espagne et l’Irlande subissent aujourd’hui les attaques des marchés financiers alors que ces pays ont toujours respecté les critères de Maastricht. La montée des déficits publics est une conséquence de la chute des recettes fiscales due en partie aux cadeaux fiscaux faits aux plus aisés, de l’aide publique apportée aux banques commerciales et du recours aux marchés financiers pour détenir cette dette à des taux d’intérêt élevés.

A] S’il est entièrement exact que cette crise n’est pas une crise de la dette publique, les auteurs n’identifient pas les causes de cette dette : la crise de compétitivité causée par l’Euro et la désindustrialisation qui en a découlé dans un certain nombre de pays. Cette désindustrialisation a poussé certains pays vers des stratégies « folles » de croissance par un endettement soit des ménages soit public, qui aujourd’hui se retournent contre eux. Sans la perte importante de compétitivité que l’Espagne et le Portugal connaissent depuis le début des années 2000, ces pays n’auraient pas eu besoin de laisser se développer une immense bulle immobilière. Dans le cas de la France, on voit qu’une partie du déficit est attribuable aux subventions aux entreprises (niches fiscales et autres) dont le coût peut être estimé à 2,5% du PIB. Mais, si nous avions pu dévaluer à partir de 2004, il n’aurait pas été nécessaire de recourir à ces subventions. Le texte commence mal un oubli ou une erreur sur l’identification des causes réelles de la crise.

La crise s’explique également par l’absence totale de régulation du crédit et des flux de capitaux aux dépens de l’emploi, des services publics et des activités productives. Elle est entretenue par la BCE qui appuie sans conditions les banques privées, et exige à présent une « stricte conditionnalité » austéritaire des États lorsqu’il s’agit de jouer le rôle de « prêteur en dernier ressort ». Elle leur impose des politiques d’autérité et s’avère incapable de combattre la spéculation sur les dettes souveraines, cela d’autant que sa seule mission reconnue par les traités est celle de maintenir la stabilité des prix. En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l’interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux États pour des dépenses d’avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal reserve américaine. Enfin, la crise est rendue possible par l’extrême faiblesse du budget européen et son plafonnement au taux ridiculement bas de 1,24 % du PIB, ce qui rend impossible toute expansion coordonnée et ambitieuse de l’activité en Europe.

B] À nouveau, si le constat est exact, il est très incomplet. Admettons qu’une politique de relance monétaire (un « quantitative easing » européen) ait été faite. Elle aurait profité avant tout au pays le plus compétitif de la zone, soit l’Allemagne. En réalité, la stratégie allemande a consisté à chercher à développer systématiquement la compétitivité de son économie (au détriment de ses travailleurs) et à empêcher les autres pays, qui ne jouissent pas d’une même dotation en ressources, à faire de même par des dévaluations progressives (logique de fonctionnement de la zone Euro). Quand bien même on éffacerait toutes les dettes, nous ne tarderons pas à les voir se reformer en raison des écarts de compétitivité. Notons aussi la divergence démographique entre l’Allemagne et la France, qui est fondamentale (nous avons 750 000 jeunes qui arrivent tous les ans sur le marché du travail quand il n’y en a que 280 000 en Allemagne), et qui implique un soutien à la demande plus important dans notre pays qu’en Allemagne. Ce soutien explique une partie de l’asymétrie des politiques économiques entre nos deux pays depuis plus de dix ans, asymétrie dont l’Allemagne a massivement profité depuis 2004.

F. Hollande, après s’être engagé pendant la campagne à renégocier le traité européen, n’y a en fait apporté aucun changement, et, comme vient d’ailleurs de le reconnaître E. Guigou, choisit aujourd’hui de poursuivre la politique d’austérité entamée par ses prédécesseurs. C’est une erreur tragique. L’ajout d’un pseudo-pacte de croissance, aux montants réels désiroires, s’accompagne de l’acceptation de la « règle d’or » budgétaire défendue par A. Merkel et N. Sarkozy. Elle stipule que le déficit dit structurel (hors variations de cycles économiques) ne doit pas dépasser 0,5% du PIB, ce qui condamnera toute logique de dépenses publiques d’avenir et conduira à mettre en place un programme drastique de réduction du périmètre de l’ensemble des administrations publiques.

C] Ici encore, le passage du texte est entièrement juste mais il reste toujours aussi partiel et incomplet. L’important n’est pas ce qui est dit mais ce qui n’est pas dit. Le TSCG a, en réalité, pour but de « crédibiliser » la politique de sauvetage de la zone Euro. Il ne se comprend que comme cela. Il repose de plus sur le pari fait par François Hollande qu’il ne sera pas appliqué. Mais ce pari est pour le moins dangereux, car il compromet à court terme la crédibilité des gouvernements (cf. mon papier sur mon blog : Les paris stupides (II) (Blaise Pascal, Jacques Prévert et les choix de François Hollande) – RussEurope). Il faut remettre le traité dans son contexte pour apprécier les problèmes qu’il pose.

En limitant plus que jamais la capacité des pays à relancer leurs économies et en leur imposant l’équilibre des comptes publics, ce traité est porteur d’une logique récessive qui aggravera mécaniquement les déséquilibres actuels. Les pays qui souffrent de l’effondrement de leur demande intérieure seront amenés à réduire plus fortement encore leur demande publique. Alors que plusieurs États membres sont déjà en récession, cela menacera encore davantage l’activité et l’emploi, donc les recettes publiques, ce qui creusera in fine les déficits. Ainsi, l’OFCE prévoit déjà 300 000 chômeurs de plus en France fin 2013 du seul fait de l’austérité. À moyen et long terme, cela hypothèquera la transition sociale et écologique qui nécessite des investissements considérables.

D] En réalité, la hausse du chômage sera bien plus importante. On peut l’estimer à 500 000 d’ici à juin 2013 au rythme de 40 000 à 50 000 par mois. Le texte souffre d’un excés de prudence. Si nous devions aller jusqu’au bout de l’ajustement budgétaire, nous atteindrions 6 millions de chômeurs d’ici deux ans. Les calculs ont été faits. Le taux de chômage monterait à plus de 30% en Espagne et plus de 50% en Grèce. Ce sont des niveaux dignes de la crise de 1929. Par ailleurs, je serai plus réservé quant à la transition écologiques, car il est clair que les ressources en pétrole et en gaz sont appelées à connaître des boulversements importants qui devraient en ramener les prix autour de 60 dollars le baril.

Au nom d’une prétendue « solidarité européenne », le traité organise de fait la garantie par les États des grands patrimoines financiers privés. Il grave dans le marbre des mesures d’austérité automatiques, imposées aux représentants des peuples, en contraignant leurs décisions budgétaires, dictées par une instance non élue. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), institution anti-démocratique par excellence, pourrait proposer des prêts à des taux un peu moins élevés (5% en moyenne). Mais ces prêts seraient conditionnés à l’application d’une austérité drastique imposée aux peuples ! La garantie publique des investisseurs privés ne fait qu’encourager la spéculation, alors qu’il faudrait lui briser les reins en sortant de leur mains la dette publique. L’ensemble de l’édifice repose ainsi sur des conditionnalités anti-sociales imposées à toute aide ou intervention, et le refus d’intervention directe de la BCE pour les dépenses nouvelles. Elle va se contenter d’un rachat restrictif des titres de dette sur le marché secondaire, comme l’a annoncé récemment Mario Draghi. Des centaines d’économistes à travers le monde, rejoints en ce sens par certains prix Nobel d’économie comme Amartya Sen, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont largement critiqué le non-sens économique de la politique actuellement à l’œuvre en Europe. Le constat est sans appel : l’austérité est à la fois injuste, inefficace et anti-démocratique.

E] Le drame de ce texte est ici que ses auteurs n’explorent pas les alternatives et évitent de se confronter avec de déplaisantes réalités. Nous sommes tous d’accord pour dire que le TSCG est nocif mais, et c’est un « mais » important, la solution est-elle dans plus de fédéralisme ? Le problème est que l’on ne dit pas quelles seraient les conséquences de ce fédéralisme (et de la mutualisation des dettes). Un système fédéral implique des transferts importants entre régions à haute compétitivité et régions à basse compétitivité (comme cela se fait en Frace et en Allemagne). Les calculs qui sont faits depuis un mois estiment que ces transferts impliqueraient de 8% à 12% du PIB pour l’Allemagne (suivant les hypothèses de politique macro-économique). Qui peut penser qu’il est crédible d’attendre de l’Allemagne un tel sacrifice ?
Nous allons donc vers un « fédéralisme ua rabais » où l’Allemagne paiera (en rechignant) ce qu’il faut pour éviter provisoirement des défauts mais n’ira pas au-delà, car elle ne le peut pas. Il est important de comprendre que le problème n’est pas celui d’une volonté de l’Allemagne (que l’on pourrait espérere faire changer) mais d’une possibilité. Elle ne peut pas contribuer à hauteur de 200 milliards par an car ceci casserait son économie. Cela implique donc la poursuite de la dépression dans les pays d’Europe du Sud, et la contamination de ces pays vers la France. Telle est en réalité la logique du MES et du TSCG. Tant que l’on n’a pas compris et admis cela on ne peut tenir que des discours naïfs sur le traité.
Enfin, pourquoi ne pas dire que Paul Krugman, et bien d’autres, considèrent que c’est la zone Euro le problème ? Aurions nous un « bon » Krugman quand il parle des menaces de récession et un « mauvais » Krugman quand il évoque la zone Euro ?

Nous pouvons faire autrement. L’avenir de l’Europe mérite un débat démocratique sur les solutions de sortie de crise. Une expansion coordonnée de l’activité et de l’emploi serait aujourd’hui possible au niveau européen à partir des institutions actuelles, notamment par le financement direct sélectif et à bas taux des organismes publics de crédit. Un Fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, pourrait accentuer cette dynamique. Et qui alimentera ce fonds ? d’où viendra l’argent ? Si l’on veut être crédible il faut le dire, et pour le dire il faut calculer les besoins des pays. Or, il faudrait environ 120 milliards par an pour les mesures structurelles (enseignement, recherche et innovation) et sans doute 80 à 100 milliards par an pour le soutien de la croissance dans les pays considérés. On retrouve les 200 à 220 milliards évoqués, soit les 8% du PIB de l’Allemagne… De plus, l’UE pourrait mettre en place un contrôle de la finance, notamment en interdisant les échanges d’obligations souveraines sur les marchés de gré à gré, en limitant strictement la titrisation et les produits dérivés et en taxant les mouvements de capitaux spéculatifs.

F] Encore une fois, je ne peux qu’approuver (en rappelant cependant que je me bats depuis 15 ans et plus pour des contrôles de capitaux et que j’ai été bien seul dans cette lutte), mais je ne puis aussi que constater que l’on ne répond pas à la question essentielle : comment résoudre la crise de compétitivité dramatique qui existe entre pays de la zone Euro les écarts vont de 20% (France) à 35% (Espagne), et même au-delà (Portugal et Grèce)? Comment harmoniser des économies qui sont profondément hétérogènes, avec des populations qui le sont tout autant et qui ne sauraient massivement se déplacer dans la zone Euro ? La gestion de cette hétérogénéité est impossible dans le cadre d’une monnaie unique car elle implique des sacrifices financiers bien trop importants pour l’Allemagne. Telle est la réalité et se cacher derrière des grands principes et des appels ronflants n’y changera, hélas, rien.

Les défis sociaux et écologiques d’aujourd’hui sont immenses. Il est urgent de changer de cap pour sortir de la crise par le haut. Il est possible de défaire le sombre bilan des politiques libérales d’une France qui comprend 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres. Pour s’en donner les moyens, il faut desserrer l’étau des marchés financiers et non leur donner des gages. C’est pourquoi nous refusons la ratification du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).

G] Ce texte repose sur un constat très incomplet de la situation actuelle. Il ne va pas à la racine du mal et ne permet pas à ses lecteurs d’avoir une réelle intelligence de la question qui est réellement posée. Je puis partager certaines des affirmations avec les auteurs de ce texte, et en particulier leur refus du TSCG; mais là où nous divergeons radicalement c’est sur les propositions. Le TSCG est le produit d’une stratégie qui vise à la survie coûte que coûte de la zone Euro. Soit on accepte cette stratégie, et on ne mégotera pas sur ses conséquences (comme le dit sans fard Jean-Marc Ayrault), soit on la refuse. Si l’on veut RÉELLEMENT refuser le TSCG il faut alors en tirer TOUTES les conséquences et appeler à la dissolution rapide de la zone Euro.

S’il est entièrement exact que cette crise n’est pas une crise de la dette publique, les auteurs n’identifient pas les causes de cette dette : la crise de compétitivité causée par l’Euro et la désindustrialisation qui en a découlé dans un certain nombre de pays. Cette désindustrialisation a poussé certains pays vers des stratégies « folles » de croissance par un endettement soit des ménages soit public, qui aujourd’hui se retournent contre eux. Sans la perte importante de compétitivité que l’Espagne et le Portugal connaissent depuis le début des années 2000, ces pays n’auraient pas eu besoin de laisser se développer une immense bulle immobilière. Dans le cas de la France, on voit qu’une partie du déficit est attribuable aux subventions aux entreprises (niches fiscales et autres) dont le coût peut être estimé à 2,5% du PIB. Mais, si nous avions pu dévaluer à partir de 2004, il n’aurait pas été nécessaire de recourir à ces subventions. Le texte commence mal un oubli ou une erreur sur l’identification des causes réelles de la crise.
Sapir rejoint les néo libéraux et conservateurs en disant que la "crise" actuelle viendrait d'un problème de compétitivité.
Le drame de ce texte est ici que ses auteurs n’explorent pas les alternatives et évitent de se confronter avec de déplaisantes réalités. Nous sommes tous d’accord pour dire que le TSCG est nocif mais, et c’est un « mais » important, la solution est-elle dans plus de fédéralisme ? Le problème est que l’on ne dit pas quelles seraient les conséquences de ce fédéralisme (et de la mutualisation des dettes). Un système fédéral implique des transferts importants entre régions à haute compétitivité et régions à basse compétitivité (comme cela se fait en Frace et en Allemagne). Les calculs qui sont faits depuis un mois estiment que ces transferts impliqueraient de 8% à 12% du PIB pour l’Allemagne (suivant les hypothèses de politique macro-économique). Qui peut penser qu’il est crédible d’attendre de l’Allemagne un tel sacrifice ?
Sapir a du très mal lire le texte du FDG, car nul part dans nos programmes il n'est question d'aller vers plus de fédéralisme.
Lanredec évitons les slogans
Ce serait effectivement intelligent. Mais je suis sûr que vous y arriverez.
svp et relisez ce que j'ai écris plus haut.
Pouvez vous être plus précis ? Et que dois je en faire ? Je suis souvent d'accord avec beaucoup de ce que vous dites. Suffisamment en tout cas pour prendre la peine de corriger vos erreurs.
Le nationalisme nie la lutte des classes car c'est considérer que [b]le peuple entier aurait un même intérêt [/b] et que cet intérêt serait différent de celui des autres peuples.
Pourriez vous élaborer ? Je ne vois pas pourquoi. Le peuple entier d'Haïti a bien un même intérêt à se protéger contre les cyclones et pas contre les volcans, alors que le peuple entier de Java a bien un même intérêt à se protéger contre les volcans et pas contre les cyclones ? Est ce pour autant nier que ces nations sont plus inégalitaires que la France où (au moins en métropole) on n'a à se soucier d'aucun de ces fléaux ?
Reconnaître la lutte des classes c'est au contraire reconnaître que la société est composée de deux classes sociales distinctes, les travailleurs et les capitalistes et que les intérêts entre ces deux classes sont antinomiques.
Certes. Sauf pour le "au contraire" (si vous mettez au contraire dans une prémisse, ne vous étonnez pas de le retrouver dans la conclusion).
Ces deux façons de voir les choses s'excluent l'une et l'autre.
Pourriez vous expliquer pourquoi ? J'imagine que ça a quelque chose à voir avec une interprétation de la phrase ci dessus selon laquelle "Reconnaître la lutte des classes c'est au contraire reconnaître que [i]l'humanité[/i] n'est composée [i]que[/i] de deux classes sociales, les travailleurs et les capitalistes et que les intérêts [i]des individus se limitent à ceux qui définissent par exclusion[/i] ces deux classes." C'est une opinion qui se défend, la preuve, mais qui se démonte sans peine, vous en conviendrez.
A mon avis on ne peut pas débattre du système monétaire sans débattre aussi de l'organisation économique et sociale que nous voulons mettre en place entre les différents pays.
Je suis d'accord mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir, aussi, à la façon de mettre en œuvre des poches de résistance, et à la façon de rendre ces expériences soutenables. Attendre que tous les peuples soient mûrs pour bouger ne nous mènera pas loin.
Sapir rejoint les néo libéraux et conservateurs en disant que la "crise" actuelle viendrait d'un problème de compétitivité.
Sandy, "évitons les slogans svp"

@ Lanredec

Votre exemple est intéressant car je m’aperçois que ce que je croyais évident ne l’est peut être pas pour tout le monde, quand je parle de « mêmes intérêts » ou « d’intérêts opposés », nous ne parlons pas du tout du même genre d’intérêts en fait.

Quand je parle de « mêmes intérêts », je parle évidemment d’intérêts politiques, d’intérêts profonds par rapport à notre condition sociale, bref d’intérêts de classe.
Vous vous parlez plutôt d’une « concordance d’intérêts », c’est à dire d’intérêts immédiats qui se rejoignent momentanément.

Car en effet, la précarité de la vie humaine face à la puissance de la nature est la même, qu’on soit riche ou pauvre, et la condition sociale des uns et des autres peut ne plus avoir d’influence quand tout le monde se retrouve dans la nécessité de s’entraider pour survivre.

Mais même face à une catastrophe naturelle la lutte des classes peut continuer à se manifester. C’est le cas par exemple des populations abandonnées à leur sort tandis que les plus riches ou plus influents sont vites mis à l’abri. Ou s’il existait des moyens, des protections au niveau individuel pour éviter qu’en cas de catastrophes cela fasse des victimes, pourvu qu’elles coûtent suffisamment cher pour que tout le monde ne puisse pas se l’offrir individuellement, soyez certain que tout le monde n’en sera pas équipé, et que là encore les différences de condition permettront à un petit nombre d’en avoir le privilège.

Quand je parle de l’intérêt des gens, je parle donc bien de leurs intérêts politiques profonds, liés à notre condition sociale, et non pas de ce que l’on s’imagine être notre intérêt immédiat qui bien souvent dépend de la personnalité, de l’humeur et de l’idéologie des gens.
Je ne parle pas non plus de l’intérêt général, qui ne se borne pas aux frontières d’un pays, mais qui lie tout groupe politique humain, peu importe sa composition et son étendue. C’est l’autre confusion que vous faites.
L’intérêt général en effet serait que tout soit mis en oeuvre pour qu’une catastrophe naturelle ne puisse pas faire de victime. Seulement justement, la classe sociale dominante ne cherche jamais l’intérêt général mais toujours son intérêt immédiat ou son intérêt de classe.

Quand je parle de « mêmes intérêts », je parle donc bien d’intérêts profonds et qui resteront identiques tant que leur condition sociale n’aura pas changée. Je ne parle pas de « concordance » ponctuelle de ce que l’on s’imagine être notre intérêt immédiat, ni de l’intérêt général.

Quand Marx évoque la lutte des classes, il prend pour exemple le fait que le patron aura pour intérêt d’augmenter ses profits et donc de réduire les salaires de ses employés, tandis que les employés auront de manière antinomique pour intérêt d’avoir de plus hauts salaires.

Un nationaliste croit qu’il existe des intérêts différents entre les peuples et donc que c’est normal de se combattre les uns les autres alors qu’en réalité le vrai combat n’est pas entre les différents peuples, au contraire, nous avons les mêmes intérêts et le même combat à mener : virer l’oligarchie qui nous domine, rétablir la souveraineté du peuple, et améliorer nos conditions de vie en partageant équitablement les richesses que collectivement nous produisons. Cela suppose donc de reprendre le pouvoir et les richesses qu’ils s’accaparent aux capitalistes => Lutte des classes.
Et parce que nous avons exactement les mêmes intérêts, évidemment nous avons intérêt aux mêmes politiques et à coopérer entre nous.

J’espère avoir été plus clair.

Si l’on veut RÉELLEMENT refuser le TSCG il faut alors en tirer TOUTES les conséquences et appeler à la dissolution rapide de la zone Euro.
Une dissolution de la zone Euro ne serait elle pas une solution extreme à l'antipode de celle de l'austérité ? Nous savons que celle de l'austérité ne sert en rien les peuples,bien au contraire et ne profite qu'aux ultras riches ( les banques et puissants).

Mais entre ces deux directions radicalement opposées, peut on ( et la c’est vraiment une question aux techniciens de ce fil ) penser à envisager une politique de relance par les salaires pour donner un souffle au pouvoir d’achat donc aux carnets de commandes , donc aux impots indirects…
Biensur des reformes profondes du systeme financiers ( reforme BCE, indexation, restructuration severe du systeme boursier, un nouveau Bretton Woods aussi … ) , biensur la compétitivité doit aussi etre un facteur majeur , plus de protectionnisme contrôlé …

En fait, peut on envisager de changer la donne sans changer forcément le jeu ?.. restructurer profondément la zone euro est il un projet viable ou totallement utopique ??:confused:

@ Yves c’est moins utopique que l’idée de faire table rase en tout cas.