2) Concernant la propagande de la sortie de l'Euro ou de l'UE il faut faire attention aux manipulations qui l'accompagne.D’abord ils nient d’emblée toute bonne raison qui pourrait fonder la construction de l’UE et de sauver cette construction européenne, ils arbitrent implicitement ces questions en considérant qu’elles ne valent même pas le coup d’être discutées, ce serait pourtant un débat qui va de soi dès lors qu’on propose la sortie de l’Euro ou de l’UE. Ils préfèrent axer leur propagande sur les points négatifs et fondés, comme s’il n’y avait aucune bonne raison de construire ou maintenir l’UE, mais que des bonnes raisons d’en sortir.
Il me semble que l’on peut parfaitement vouloir sortir de l’Union Européenne® telle qu’elle est conçue aujourd’hui (et probablement depuis sa naissance: essentiellement comme un marché) mais désirer, vouloir, ou projeter par ailleurs une construction européenne: fondée sur des valeurs sociales et politiques humanistes, mettant en commun le meilleur de chaque pays. Il me semble que c’est plutôt de cela qu’il est impossible de parler! Qu’apporte de positif aux habitants d’Europe l’Union européenne® telle qu’elle est aujourd’hui? Il me semble que les méfaits établis et les carcans qui engagent l’avenir contrebalancent très largement les quelques aspects positifs de cette construction. La monnaie et les choix économiques en font partie. Il se trouve que c’en est le squelette. Donc il faut sortir de ce schéma — ou en changer: ce qui revient à en sortir.
C'est un procédé malhonnête qu'il convient de prendre en compte avant de se faire une opinion sur le sujet.Ensuite ils présentent les choses comme si la sortie de l’UE était l’option la plus simple et la plus facile, alors qu’en réalité, il faut se rendre compte que c’est l’option la plus radicale, donc politiquement c’est au contraire la voie la plus difficile à faire devenir majoritaire, cela voudrait dire que les populations se sont extrêmement radicalisées, ce qui ne correspond pas du tout à la société française actuelle, ni aux sociétés européennes.
Que sait-on réellement des sociétés française ou européenne? S’il s’agit de leur opinion sur l’Union européenne® et sa monnaie, il faudrait faire un sondage ou une étude en profondeur pour s’en prévaloir. Et tenir compte du lavage de cerveau permanent opéré par les médias de masse: c’est ce qui nourrit quotidiennement la plupart des citoyens.
Historiquement, comme toutes les options où on détruit l'existant et on fait table rase[b](il me semble qu'ici-même et dans des liens qui fournis sur ce forum, a été montré qu'il reste des outils pour faire face à une sortie du système monétaire européen: ce ne serait donc pas une table rase)[/b],
c'est une option marginale et qui à moins d'évènements majeurs qui provoqueront de graves crises politiques,[b](quel type de crise politique: une crise où ceux qui ont bafoué la volonté populaire seraient discrédités? où le bien commun redeviendrait l'objet central du politique?)[/b]
restera certainement minoritaire[b]si on s'acharne à le marginaliser...[/b].
Même dans un pays comme la Grèce, qui pourtant subit les maltraitances de l'UE, et dont les populations se sont très radicalisées, elles restent majoritairement et profondément attachées à l'UE. [b] Être attaché à un avenir commun et une entente approfondie entre les peuples n'implique pas de subir le [u]joug[/u] du système monétaire européen et ses conséquences.[/b]
Et on comprend pourquoi c'est l'option la plus radicale quand on comprend que cela fout en l'air toutes les relations entre les pays européens et donc qu'il faudrait réfléchir à ce qu'il faut faire à la place.[b] Est-ce que toutes les exigences terribles infligées aux Grecs, aux Espagnols..., constituent des relations désirables entre pays?[/b]
Cette présentation de la sortie de l'UE comme une solution plus simple et plus facile à mettre en oeuvre est d'autant plus manipulatoire qu'elle s'accompagne rarement d'un projet politique alternatif derrière.Seul le front national propose un projet alternatif, et quel projet ! Celui d’une société française réactionnaire et nationaliste ! Non merci !
Le front de gauche ne propose pas de sortir de l’UE ni de l’euro, il n’envisage la sortie de l’Euro qu’en dernier recours une fois que toutes les autres possibilités auraient été explorées en vain, il n’y a donc aucun accord possible avec le Front national sur cette question contrairement à ce que prétend AJH, les positions sont totalement opposées.
L’autre manipulation c’est le fameux TINA : Il n’y aurait pas d’autre alternative, la sortie de l’euro ou de l’UE serait la seule possible ! C’est une manipulation classique, on impose aux gens un faux dilemme, soit vous avez le choix entre une UE autoritaire qui impose le néo libéralisme au peuple et qui les dépossède de sa souveraineté, ou alors sortir de l’UE !
Présentant les choses ainsi il n’y a pas vraiment de choix en fait vu que la première option est évidemment inacceptable pour la plupart des gens !
En réalité, comme toujours en politique, il existe toujours autant d’alternatives que notre imagination nous le permet, que ce soit en terme de grandes orientations, que de simples nuances.
Et justement le Front de gauche défend une UE alternative ( tout comme Syriza en Grèce ) et d’ailleurs en 2005, c’est justement d’avoir su sortir du discours qui voulait faire passer tout projet alternatif pour un projet anti européen qui a permis la large victoire du non au référendum, ce ne sont pas les idées de la sortie de l’UE qui ont gagnées ce jour-là, elles étaient très minoritaires, ce sont bien les idées de la réorientation de l’UE qui ont permis la victoire du « non ».Les partisans de la sortie de l’UE sont bien embetés par ces positions politiques, car cela casse leur argument du TINA, le caractère manipulatoire de leur présentation des choses en faux dilemme apparait très clairement. Voilà pourquoi ils sont généralement bien plus virulents contre le front de gauche que contre les européistes comme l’UMP ou le PS.
Il est d’ailleurs pathétique de s’apercevoir que les partisans de la sortie de l’UE en vienne à se servir des traités que pourtant ils honissent eux-même comme argument ultime pour justifier l’impossibilité de les modifier. Mais ce soudain zèle de légalisme n’est pas crédible. Il n’y a rien au dessus de la souveraineté du peuple, si le peuple décide qu’une loi ou qu’un traité doivent changer, cette loi ou ce traité ne peuvent pas empêcher ce changement. Le peuple souverain peut faire et défaire ce qu’il veut. D’autant plus si ces lois ou traités sont elles-même illégitimes, ce qui est le cas du traité de Lisbonne, voté par le parlement en déni du référendum de 2005.
Encore une fois au niveau de l’UE et donc cela vaut aussi au niveau de la loi de 1973 et du traité de Maastricht, il n’y a aucune impossibilité à réformer ces positions, il y a juste des rapports de forces politiques favorables à ceux qui ne veulent rien changer et qui soutiennent le sens pris par la construction européenne depuis 40 ans. Ces rapports de force peuvent changer. Surtout si cela change déjà au niveau d’un des grands piliers de ce rapport de force, la France.
Il est amusant d’ailleurs de voir les partisans de la sortie de l’UE essayer de se justifier par je ne sais quelle impossibilité de modifier ces rapports de force quand eux-même vous proposent de modifier l’un des rapports de force politiques les plus difficiles à bouger, celui de l’adhésion à l’idée de la construction européenne et inversement de la sortie de l’UE …
Genre Asselineau nous propose de sortir de l’anonymat complet pour devenir président et faire sortir la France de l’UE mais d’un autre côté il nous théorise l’impossibilité de changer quoi que ce soit, comme si les rapports de forces resteraient éternellement identiques !Bon en clair, dans tous ses aspects, à mon avis, la position de sortie de l’UE est plus une réaction face au tournant autoritaire de l’UE actuelle, bref sommes toute un cri du coeur assez compréhensible, plutôt qu’un véritable projet politique viable, ce n’est pas très sérieux, et ses partisans utilisent des méthodes malhonnêtes, je ne suis pas certain que cela soit une bonne façon de faire progresser leur cause.
Voilà sur la forme.
Sur le fond il est quand même inquiétant de constater que les défenseurs de l’UE autoritaire actuelle sont bien plus prompts à envisager la sortie de l’EURO ou de l’UE d’un pays, que de réformer l’UE. Si c’est qqchose qui les dérange moins, au point de s’en saisir comme une 2ème option, il est évident que c’est une position qui est loin d’être subversive et révolutionnaire contrairement à ce que certains veulent faire croire.
Fondamentalement je pense que toutes ces idées se basent sur des idées nationalistes erronées, qui ne prennent justement pas dutout en compte les enjeux qui fondent l’idée d’une construction européenne ( comme le partage des ressources naturelles de la planète, les échanges économiques, la finance, la préservation de notre écosystème, la paix etc … ).
Et la propriété des idées nationalistes c’est qu’elles consistent à diviser les populations nations contre nations et à gober les véritables clivages, ceux de la lutte des classes justement.
C’est la grosse différence entre les vrais mouvements révolutionnaires qui défendent véritablement le peuple contre ceux qui les exploitent, et les mouvements nationalistes qui défendent une idée imaginaire du peuple comme s’il était homogène et avait un intérêt différent des autres peuples.
C’est pourquoi les mouvements révolutionnaires sont internationalistes : tous les peuples sont dans la même situation de soumission / de domination, il faut donc faire preuve de solidarité et s’entraider entre les différents peuples, on a exactement les mêmes buts et les mêmes intérêts.Tous les partisans de la sortie de l’UE sont très clairement nationalistes même s’ils le nient. S’ils considèrent que les intérêts des français sont différents de ceux des anglais, ils sont plus logiquement favorable aux idées de concurrence entre les peuples ( l’exacte contraire de la solidarité ) et donc ne remettent rien en cause de vraiment fondamental au niveau du système de la mondialisation libérale.
Même s’ils proposent du protectionnisme par exemple à l’inverse du libre échange, en réalité ils ne remettent pas en cause la concurrence internationale, dont le libre échange n’est qu’une forme particulière. Cette concurrence en soit est déjà extrêmement néfaste vu qu’elle pousse au moins disant social et favorise les intérêts des multinationales ( baisses des salaires et de la fiscalité ).
Leur position protectionniste n’est en réalité qu’une remise en cause très limitée du système.De même au niveau monétaire, s’ils proposent comme le FN de sortir de l’euro au prétexte de virer la loi de 1973, ils ne vont tout de même pas jusqu’à contester la légimité de la dette publique et proposent de la faire rembourser dans son intégralité jusqu’au moindre centime par les citoyens. Les créanciers peuvent donc dormir tranquilles, avec les nationalistes, ils toucheront les montagne d’intérêts promises !
Enfin au niveau du système financier, pourtant sans doute l’aspect le plus néfaste du système néo libéral, on verra rarement les nationalistes remettre quoi que ce soit en cause.
Ce n’est donc pas avec eux que la situation de domination / soumission subie actuellement par l’immense majorité du peuple changera. Les oligarques peuvent très bien s’accommoder à moindre frais d’un retrait nationaliste.
Ils préfèreront toujours cela aux revendications égalitaristes et réellement démocratiques des mouvements réellement révolutionnaires comme le Front de gauche.Dans les années 30, ils ont préféré les nazis au front populaire …
La proximité idéologique entre les nationalistes, les réactionnaires et la droite conservatrice sont évidents, c’est pour cela que l’on classe les nationalistes à l’extrême droite du paysage politique.
L’Union européenne® ou le nazisme…
Je pense comme vous qu’il y a des alternatives. Aux deux.
Louis
Pire qu’en France