07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

La Grèce n’a pas « besoin » de sortir de l’euro. Son problème vient 1) de la spéculation sur sa dette, 2) des plans d’austérité qui provoquent une violente récession économique.

Le 1er aspect peut être résolu en empruntant directement à la banque centrale ou en restructurant la dette, le mieux ce serait évidemment de faire les deux.

Le 2ème aspect peut être résolu en refusant les contreparties des aides de l’UE , en redistribuant mieux les richesses et en relançant l’économie.

Ceux qui veulent voir la Grèce sortir de l’Euro sont motivés par des raisons politiques, tant que la Grèce obéissait pas de pb, mais dès lors qu’elle se rebiffe et qu’elle exige des changements politiques, ils préfèrent encore la sortir de l’euro pour la faire taire, plutôt que de remettre quoi que ce soit en cause dans les politiques économique européennes, et en particulier au niveau de la finance.

La présente étude montre que la Grèce, inéluctablement, sortira de l’euro avant la fin de l’année 2012. L’humiliation subie par le peuple grec, cette honte pour l’Union européenne et les pays qui la composent doivent cesser. La Grèce, comme les autres pays, n’a aucun avenir en restant dans la zone euro et dans l’Union européenne.

http://www.m-pep.org/spip.php?article2598

Elle ne montre rien dutout ce sont de pures assertions comme celle-ci.

Les résultats des élections législatives du 6 mai 2012 en Grèce n’ont fait qu’accélérer un processus dont l’issue est déjà déterminée. Quel que soit le rapport des forces qui sortira des nouvelles élections convoquées le 17 juin 2012, [u]la Grèce n’aura toujours pas les moyens de rembourser sa dette[/u]. [u]Elle se trouvera, tôt ou tard, dans l’obligation de sortir de la zone euro.[/u]
J'ai expliqué au dessus pourquoi il n'y avait aucun rapport entre les problèmes de la Grèce et l'Euro.

Oui la Grèce ne peut pas rembourser cette dette, l’erreur justement c’est de vouloir la rembourser, cette dette est pour une grande part illégitime, il faut donc un audit de la dette et la restructurer en conséquence. Cela signifie une annulation pure et simple d’une partie de la dette, mesure qui réduirait le poids de la dette sur les finances publiques.

Une meilleur répartition des richesses, notamment par des augmentations de salaires et par des impôts beaucoup plus justes et progressifs ( c’est à dire n’épargnant pas les plus riches ), permettrait de rééquilibrer encore plus les finances publiques pour atteindre un niveau beaucoup plus soutenable.

Enfin les emprunts directs à la banque centrale et à des banques nationalisées, ou carrément une monétisation d’une partie de la dette, si ce n’est de la totalité, achèveront de résorber ces déficits en supprimant progressivement et finalement totalement le poids de la dette sur le budget de l’état, libérant ainsi les possibilités d’investissement publique, ce qui leur permettra de relancer leur économie à moindre frais, sans s’endetter plus encore auprès des marchés financiers.

Pour la partie restante de la dette, la restructuration permettrait de changer de côté le rapport de force, et d’obliger les créanciers à baisser leur taux s’ils veulent être remboursés.

Il ne faut surtout pas faire l’erreur de transformer les problèmes de finances en problèmes économiques, c’est justement ce que font les plans de rigueur. Il faut au contraire contenir les problèmes financiers dans la seule sphère financière.

Dévaluer la monnaie consisterait justement comme les plans de rigueur à transformer les problèmes financiers en problèmes économiques.

En dernier lieu, il existe un véritable blocage de la gauche sur la question de l’euro.
Je dirais qu'il existe un véritable blocage dans la tête de Niconoff et de qqs uns à gauche et je dirais même plus une obsession, cela le conduit à refuser d'entendre les arguments du reste de la gauche et à exclure de se remettre en cause.

Si l’humanité a effectué un revirement, c’est à la faveur d’arguments qu’il devrait en toute logique considérer s’il veut comprendre. Mais son obsession le pousse à croire que c’est un revirement irrationnel.

Comme Lordon, il oublie que la politique ce sont des rapports de force et que ces rapports de force changent. Si qqchose lui parait inéluctable, c’est parce que dans son esprit tout est figé.

[bgcolor=#FFFF99]Frédéric Lordon: Euro, terminus ?[/bgcolor]

http://blog.mondediplo.net/2012-05-24-Euro-terminus

@Sandy 18007

Il ne suffit pas d’espérer que ses rêves deviennent la réalité pour qu’ils la deviennent.
Ce que vous dites est globalement juste, mais ce n’est pas ainsi que ça se passe ni que ca va se passer…

Pourquoi AJH, vous êtes devin ?

Les choses ne se passent pas effectivement toujours comme nous le voulons, mais il y a quand même de l’espoir. Qui pariait sur la victoire de Syriza il y a encore quelques mois à par nous ? Qui pariait sur la percée du front de gauche en France à part nous ?

Nos alliés allemands Die Linke ont subit qqs revers dans certains lands, mais partout ailleurs nous progressons, et dans deux pays, et pas des moindres, la Grèce et la France, d’une manière fulgurante.

Mais Sarkozy a été éliminé, l’axe Sarkozy - Merkel n’est plus, elle est isolée, les rapports de force vont nécessairement changer.

Vu que c’est Hollande qui a gagné, cela va surement profiter au SPD plus qu’à Die Linke. Mais si ce que nous proposons est appliqué dans 1 seul pays, les gens verront par les faits que nous avons raison.

La Grèce est au centre de toutes les attentions, ils ne pourront pas cacher ce qu’il s’y passe comme ils le font pour l’Islande.

Peut-être que je surestime la force de conviction et de résistance de nos alliés de Syriza, mais s’ils sont faits du même bois que nous, alors ils ne plierons pas le genou, notre courant d’idée c’est le courant républicain, il se bat et il résiste depuis 200 ans, il n’a jamais plié.

L’avenir c’est nous qui l’écrivons AJH, nous ne sommes pas seulement des spectateurs.

Voici le texte de Jacques Sapir, dans Marianne2, le 24 mai 2012.

«Les tensions s’accumulent en Grèce. La déclaration faite hier soir par Lucas Papademos (le Premier ministre sortant) sur une possible sortie de l’euro n’a fait que confirmer une tendance nette depuis près de dix jours.

»La Grèce a un besoin urgent d’une renégociation du mémorandum afin d’en assouplir les termes et d’en allonger le délai. Elle ne peut respecter ses engagements, cela se voit et cela se sait. Mais l’Allemagne, et malheureusement la France, s’obstinent à refuser cette renégociation. On peut comprendre pourquoi ; toute renégociation impliquerait la possibilité d’autres renégociations. En termes techniques, c’est l’introduction d’un “aléa moral” massif dans les relations entre la Grèce et ses partenaires. Mais, en réalité, le mémorandum est en train de tuer le pays, de le conduire au chaos économique, social et demain politique. Nous répétons le drame des “réparations” allemandes au lendemain de la Première Guerre mondiale ou l’obstination, là du gouvernement français, avait plongé l’Allemagne dans le chaos. Ce retour aux erreurs des années 20 et des années 30 (les politiques de déflation) a quelque chose de tragique, comme si les politiciens n’avaient rien appris, ou tout oublié.

»Cette renégociation se heurte à l’inflexibilité de l’Allemagne, suivie sur ce (mauvais) terrain par notre gouvernement qui, obnubilé par les euro-obligations, veut croire qu’il pourra arracher de substantiels compromis en échange d’un front commun sur la “rigueur” face à la Grèce. Jamais stratégie de négociation ne s’est avérée aussi tragiquement fautive. Si un compromis peut être arraché à l’Allemagne, ce ne sera pas avant plusieurs mois, et pour des montants qui s’avèreront très inférieurs aux espoirs français. D’ici là nous aurons le drame grec et très probablement un retour de la crise espagnole (le gouvernement s’avère incapable de tenir les budgets des régions et doit dans le même temps consacrer des sommes immenses à la recapitalisation bancaire) et irlandaise. Il faut comprendre que la crise grecque ne peut être dissociée de la crise générale de la zone euro, crise dont les manifestations sont évidentes en Espagne, mais aussi au Portugal et en Irlande, ou encore en Italie.

»La seule stratégie possible et jouable consiste à mettre l’Allemagne devant ses responsabilités, en la menaçant de lui faire porter le fardeau d’un éclatement de la zone euro. Croit-on, en effet, que Berlin serait très heureux d’une sortie de la France accompagnée d’une dévaluation de 25% ? Croit-on que, politiquement, l’Allemagne puisse assumer l’éclatement de l’Europe ? On oublie trop souvent que ce n’est pas avec des ris et des sourires que l’on négocie. Et si jamais l’Allemagne s’entêtait, alors la France devrait en tirer les conséquences et proposer à ses autres partenaires la solution d’une dissolution de la zone euro, avec une entente sur les montants des dévaluations respectives. À terme, cela permettrait de reconstituer une zone de coordination monétaire en se protégeant soigneusement des marchés financiers, dont l’Allemagne et ses alliés seraient exclus.

»Faute d’une renégociation, il est donc probable que la Grèce sortira de l’euro avant les élections du 17 juin. La dimension d’une politique de classe est présente en Grèce. Les possédants ont déjà fait sortir le maximum d’argent du pays. Ils espèrent qu’une sortie chaotique leur permettra de renforcer leur pouvoir sur l’économie du pays, et d’ores et déjà ils rachètent les biens des classes moyennes brutalement appauvries par la politique du mémorandum. Dans les conditions qui s’annoncent, la sortie de l’euro sera l’occasion d’une immense redistribution de la propriété aux profits des quelques-uns qui ont déjà sécurisé depuis plusieurs mois leur fortune.

»Le gouvernement issu des élections du 17 juin aura donc devant lui la formidable tâche de faire en sorte que cette sortie de l’euro, accompagnée d’un défaut sur la dette publique, puisse se passer du mieux possible. Il devra reprendre la main sur la question du partage des propriétés et faire en sorte que la croissance attendue profite en premier lieu au plus grand nombre. Il serait logique de l’y aider. Mais, on peut craindre que les pays de la zone euro ne pratiquent à l’égard de la Grèce une politique de la “terre brûlée”, ne serait-ce que pour démontrer les “coûts” d’une sortie. Que notre gouvernement prenne garde. S’il devait donner la main à une telle politique, ce serait une rupture totale entre lui et la gauche réelle. Notre avenir passe par Athènes.»

Article de Bruno Lemaire

"Depuis des mois, trois idées passent en boucle dans les médias : la dette publique grecque est « scandaleusement » haute, la Grèce ne doit pas sortir de l’euro, sortir de l’euro serait catastrophique, pour la Grèce, pour l’Europe, voire pour le monde entier …

La première idée est sans doute vraie, même si les responsabilités de ce scandale sont sûrement très partagées. Si certains grecs vivent, peut être, au dessus de leurs moyens, et si la fiscalité grecque n’es ni la plus efficace ni la mieux gérée du monde ‘civilisé’, il est avéré que Goldman Sachs a truqué les comptes publics grecs – avec la bienveillance de certains hauts responsables de Bruxelles – afin de permettre à la Grèce d’être « acceptée » dans l’eurozone. De plus, tous les experts, les vrais ou les « auto-proclamés » savent bien que la Grèce ne remboursera jamais toutes ses dettes : la seule question qui intéresse les créanciers grecs – du moins les plus gros d’entre eux – c’est de savoir comment se ‘refiler’ la patate chaude. Autrement dit, qui va payer, partiellement ou totalement, la facture ? Plus on attend, plus la ‘patate’ grossit, mais plus certains créanciers, ceux qui ont le plus d’influence, se débarrassent, ou tentent de se débarrasser, de leurs créances toxiques.

On ne sait pas trop encore qui seront les véritables gagnants, mais l’on sait déjà que les perdants seront, comme toujours, les plus faibles, les plus démunis, et plus particulièrement la grande majorité du peuple grec, qui a déjà perdu près de 30 % de son pouvoir d’achat. C’est pourtant ce même peuple, lobotomisé par la pensée unique d’une Europe libre-échangiste et mondialiste, qui se refuse à sortir de la zone euro tout en protestant à juste titre contre l’austérité scandaleuse qu’on leur impose, avec plus ou moins de succès, depuis des années.

La deuxième idée, c’est donc le fait que la Grèce ne doit pas, pour son propre bien, sortir de l’Eurozone. Là encore, s’il existait encore une majorité d’économistes honnêtes et sérieux, cette idée aurait du être abandonnée depuis longtemps. Qui peut prétendre qu’un pays peut raisonnablement s’engager à payer en quelques années l’équivalent de 165 % de sa production nationale (le double en pourcentage de la dette française) en accompagnant ces paiements d’une récession de plus en plus marquée ! Comme si le simple bon sens ne condamnait pas toute mesure consistant à produire moins (baisse du PIB de 20 % en 3 ans) tout en remboursant davantage. Si l’on voulait réellement sauver la Grèce, il faudrait abandonner toute idée de remboursement de ces dettes, dont une grande partie est d’ailleurs liée au taux d’intérêt de ces mêmes dettes. En supposant que la Grèce puisse retrouver un excédent de ses comptes publics (il faudrait déjà plus de 5 ans pour arriver à cet objectif) il lui faudrait encore plusieurs siècles pour rembourser la totalité de ses dettes, si tant est que ce fut possible. A qui peut-on faire croire cela, et quel être sensé pourrait encore soutenir cette position ? Et pourtant, c’est bien ce que la ‘troïka’ – Bruxelles, BCE, FMI – s’efforce de faire croire au « petit peuple » apparemment stupide que nous sommes tous plus ou moins, du moins le croit-elle. La Grèce ne peut à l’évidence s’en sortir qu’en retrouvant à la fois sa souveraineté monétaire et les moyens d’une nouvelle politique économique, tout en répudiant tout ou partie de sa dette actuelle ; si l’on veut vraiment sauver la Grèce, ce ne peut être qu’en lui permettant d’exporter davantage, et d’importer moins, tout le reste est littérature.

La troisième idée, celle d’une catastrophe mondiale si un pays de la taille de la Grèce – grand par son histoire mais très petit par son influence économique actuelle – s’aventurait à quitter une union monétaire telle que l’Eurozone est encore plus stupide : elle est pourtant répétée à l’envi. En dehors des arguties juridiques : il ne serait pas prévu qu’un pays puisse abroger un traité, et utiliser pour cela une clause qui n’en ferait pas explicitement parti – merci aux législateurs de ne pas avoir tout prévu et d’avoir ainsi vendu leur âme au diable – il se cache derrière cette position de façade une peur panique parmi les représentants du système, ceux qui inspirent, voire dirigent, nos gouvernants.

Si un pays commence à remettre en cause le système que l’on a tenté d’imposer plus ou moins subrepticement depuis des décennies, depuis 1973 en France, et peut être même bien avant, à savoir le système qui transforme peu à peu nos gouvernants en simples employés de banque, il risque effectivement d’avoir contagion.

Cette contagion serait celle d’une souveraineté nationale qui reprendrait droit de cité, celle d’idées conformes à la charte de la Havane qui proclamait qu’une véritable coopération entre les nations commence par un respect mutuel et une réciprocité dans les échanges, que ces échanges concernent les flux de capitaux, les flux de biens et de services, et enfin les flux migratoires. Si, pour sauvegarder la main mise des banques et des marchés financiers sur la vieille Europe – en attendant mieux – il faut faire mourir à petit feu la Grèce, qui s’en soucie vraiment ? L’essentiel, c’est bien de cacher la vérité jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Il est sans doute déjà bien tard. Mais est-il trop tard ? Le sens et l’enjeu des prochaines élections, en Grèce comme en France donneront quelques indications sur ce point, en sachant que le système fera tout pour s’opposer à ceux qui défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de leur avenir, quitte à susciter l’éclosion de quelques partis ou idiots utiles qui détourneront les électeurs des véritables enjeux."

Si c’est Syriza qui gagne et s’ils réussissent à former un gouvernement, les grecs ne voudront pas renégocier quoi que ce soit.

Ils ne vont pas chercher à assouplir le memorandum, ils vont tout simplement refuser de l’appliquer. Alexis Tsipras expliquant que s’ils sont élus, le peuple grec aura décidé souverainement que ces accords sont caduques.

Donc déjà toutes ces théories s’effondrent.

S’ils sont des économistes sérieux, ils devront dorénavant imaginer des scénarios où les grecs restructurent délibérément leur dette publique sans accord avec Merkel ou qui que ce soit.

Si c'est Syriza qui gagne et s'ils réussissent à former un gouvernement, les grecs ne voudront pas renégocier quoi que ce soit.

Ils ne vont pas chercher à assouplir le memorandum, ils vont tout simplement refuser de l’appliquer. Alexis Tsipras expliquant que s’ils sont élus, le peuple grec aura décidé souverainement que ces accords sont caduques.

Donc déjà toutes ces théories s’effondrent.


Oui, très bien, mais ils seront obligés de quitter la zone euro; il n’y a pas de solution pour eux pour simultanément a) ne pas payer les intérêts du solde de leur dette, b) obtenir les euros dont ils ont besoin par des prêts (qu’ils soient du FMI, de l’UE, des banques ou des « zinzins »).
Il ne leur restera que la solution du retour au drachme pour financer leurs besoins (et en particulier le paiement des rémunérations de la fonction publique) par émission directe de la Banque Centrale.

Si c'est Syriza qui gagne et s'ils réussissent à former un gouvernement, les grecs ne voudront pas renégocier quoi que ce soit.

Ils ne vont pas chercher à assouplir le memorandum, ils vont tout simplement refuser de l’appliquer. Alexis Tsipras expliquant que s’ils sont élus, le peuple grec aura décidé souverainement que ces accords sont caduques.

Donc déjà toutes ces théories s’effondrent.


Oui, très bien, mais ils seront obligés de quitter la zone euro; il n’y a pas de solution pour eux pour simultanément a) ne pas payer les intérêts du solde de leur dette, b) obtenir les euros dont ils ont besoin par des prêts (qu’ils soient du FMI, de l’UE, des banques ou des « zinzins »).
Il ne leur restera que la solution du retour au drachme pour financer leurs besoins (et en particulier le paiement des rémunérations de la fonction publique) par émission directe de la Banque Centrale.

Non Syriza dispose de plein d’autres solutions.

Ils peuvent émettre des euros eux-même.
Soit en nationalisant leurs banques nationales et en leur empruntant ce dont ils ont besoin.
Soit en empruntant directement à leur banque centrale, mais là ce serait courageux car désobéir aux traités européens.

De plus, les européens sont obligés d’aider les grecs à rembourser leur dette. L’obligation est dans les deux sens, s’ils ne donnent pas d’euros, et que la Grèce fait défaut, ce sont les banques françaises et allemandes, ainsi que les contribuables européens qui vont devoir payer l’addition. On se retrouverait à nouveau dans la même situation que 2008 en pire.

Alors bien sûr on peut très bien absorber le choc. Mais politiquement, cela démontrerait que tout ce qu’ils ont fait depuis le départ n’a servit à rien, que c’est toujours la même crise, et qu’ils n’ont fait que depuis 4 ans uniquement socialiser les pertes des banques.

Mais évidemment cela demande du courage de s’opposer à toutes ces grandes puissances politiques et financières.

Sinon comment pourraient-ils obliger les grecs à sortir de l’euro ? Ils vont leur envoyer des tanks ? Là encore politiquement, face à un pays qui résiste à la finance et qui défend sa souveraineté, s’ils adoptent des mesures coercitives, les gouvernements européens vont tomber les uns après les autres sous la pression populaire qui se rangera dans le camp des grecs à coup sûr.

Il n’y a donc pas d’obligation, rien n’est inéluctable, tout est une question de rapport de force et d’idéologie.

Pour l’instant l’UE défend les plans d’austérité.
Et si leur plan B c’est effectivement la Grèce qui sort de l’euro.

Dans les deux cas ils se heurtent à la volonté de la Grèce, si les grecs refusent les deux plans, ils ne peuvent pas le leur imposer. C’est le principe de la souveraineté.
Encore faut-il qu’un gouvernement grec ait le courage de se dresser contre la France l’Allemagne et le FMI.
Je pense que Syriza a ce courage.

Et c’est là que l’on verra qui est réellement démocrate et qui est dans le dogmatisme.

Plutôt que de se ranger du côté de la Grèce, les dogmatiques vont se ranger du côté de l’UE, montrant qu’ils défendent la sortie de l’euro avant la souveraineté du peuple.

Il n’y a pas que le « casino royal » des instruments financiers ( cf http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=17094#p17094)

Que pensez vous de cette opinion ?

Je ne m’éloigne pas du thème grec mais je pense qu’il ne peut être traité isolément.

On assiste à des germes de volonté de mutualisation de la dette, afin de compléter la monnaie unique du concept de dette unique.

Les dettes des Etats de l’UE ont atteint le niveau « inremboursable »
La ou les banqueroutes, au minimum partielles, sont inéluctables.
(voir plus bas)

En fait on devrait dire la dette de l’UE, et non pas cibler celle de tel ou tel état.
En effet la dette est due à des décisions communes, prises de conserve, ou à des usages historiques communs, absurdités consenties, qui consistent en :

a) Confier 90% de la création monétaire au secteur privé.
b) N’autoriser à la BCE que le canal privé comme mode d’injection de la monnaie dans le circuit économique public.
c) Accepter que l’argent créé ex nihilo donne au préteur les mêmes droits de perception d’intérêt que s’il prêtait de la monnaie fiduciaire en louant un pouvoir d’achat dont il se sépare provisoirement.
d) Accepter en son sein des pays qui ne pouvaient assumer les règles.

Je reprend/modifie donc les lignes du haut :

-L’UE, par ses conventions et ses choix, est coresponsable de la dette de ses composantes, même si les budgets sont votés localement (du moins avant la règle de plomb).
Il s’agit donc de la dette de l’UE, due au secteur privé de la finance, et non des dettes de ses composantes.
Cette dette de l’UE a atteint un niveau définitivement « inremboursable » ( en effet, la masse de monnaie fiduciaire est égale au dixième de la dette de l’UE, si bien que même en cas de croissance époustouflante, s’endetter en fausse monnaie est nécessaire pour rembourser ;;; ce qui condamne le serpent monétaire à se bouffer la queue)

La banqueroute de l’UE, au minimum partielle, est inéluctable.
(Des banqueroutes locales n’empêcheraient pas sur le moyen terme la banqueroute continentale, et ne permettraient pas la réflexion nécessaire ni la réorganisation du processus de création monétaire, elle aussi nécessaire)

Dans ce contexte, la dette en argent ex nihilo, déguisé ou pas, est illégitime et ne devrait pas être remboursée.

[[[Annuler cette partie de la dette ne priverait personne de biens acquis par le travail créatif. Je crois (? experts, help me ) que cela consisterait à rayer des écritures et correspondrait donc de fait à une injection entérinée de monnaie sans le mécanisme de destruction par remboursement, mais avec peu d’inflation puisque cet argent circule déjà et depuis longtemps pour grande part ]]]

A-t-on des chiffres concernant la composition de la dette ? ( nature des péteurs et nature de l’argent prété )

A-t-on des chiffres concernant la composition de la dette ? ( nature des péteurs et nature de l'argent prété )
Je ne crois pas. Et c'est pourquoi certains militent pour un audit de la dette.

Article de médiapart :

[size=15] [b]En Grèce, la dynamique créée par Syriza bouleverse la donne[/b][/size] 25 mai 2012 | Par La rédaction de Mediapart

Correspondance à Athènes d’Amélie Poinssot

« Vous n’avez pas bien voté, il faut recommencer » : voilà en quelque sorte le message qui a été renvoyé aux électeurs grecs, après l’échec des leaders de partis à former une coalition pendant les dix jours de tractations qui ont suivi les élections anticipées du 6 mai. Mais le deuxième scrutin prévu pour le 17 juin, six semaines seulement après ces législatives, risque bien de provoquer de nouvelles surprises… D’élections nationales, la consultation prend déjà les allures d’un référendum pour ou contre la monnaie unique.

Il faut que la Grèce respecte ses engagements si elle veut rester dans la zone euro, ont répété les dirigeants européens réunis mercredi à Bruxelles. Quand ce ne sont pas les agences de notation qui y vont de leur commentaire sur le bulletin à mettre dans l’urne le 17 juin : « Une sortie de la Grèce de l’union monétaire serait probable », a indiqué Fitch, si les nouvelles élections ne débouchent pas sur un gouvernement « ayant pour mandat de continuer le programme d’austérité budgétaire »…


Alexis Tsipras, leader de Syriza.Alexis Tsipras, leader de Syriza.© (Reuters)

En Grèce, cette menace d’expulsion de l’eurozone fait l’ouverture de tous les journaux télévisés depuis quelques jours. L’équation semble simple mais elle est biaisée. D’une part, elle fait fi du résultat des urnes qui a vu se dessiner le 6 mai une franche majorité contre la politique d’austérité – les « engagements » du PASOK, qui s’est effondré à 13 % des voix, ne sont dès lors plus d’actualité. D’autre part, elle assimile les propositions des partis anti-austérité, et notamment celles de la coalition de gauche Syriza, à une ligne anti-européenne.

C’est d’ailleurs l’argument principal martelé par les socialistes du PASOK et la droite de Nouvelle Démocratie pour tenter d’endiguer la poussée de cette gauche… Car le Syriza (acronyme qui signifie en grec « Coalition de la gauche radicale ») est en position de force : arrivé en deuxième place le 6 mai avec 16,8 % des suffrages, il recueille encore davantage d’intentions de vote dans les derniers sondages. Deux instituts le donnent victorieux le 17 juin – auquel cas il bénéficierait d’un bonus de 50 députés sur 300 à l’assemblée, selon le mode de scrutin grec, régi par une proportionnelle renforcée. Deux autres le placent en deuxième position, juste derrière Nouvelle Démocratie.

On comprend aisément qu’une victoire de Syriza fasse peur à Bruxelles. Le parti ayant refusé depuis le début la politique d’austérité, il ne suivrait pas en cas de victoire la feuille de route fixée par les instances européennes. Son programme est d’ailleurs on ne peut plus clair : moratoire sur la dette, remise en cause de toutes les mesures d’austérité induites par les « mémorandums » adoptés en mai 2010 et en février dernier, audit de la dette publique, nationalisation des banques. Si le Syriza remporte les nouvelles élections, donc, outre le caractère inédit en Europe de l’arrivée au pouvoir d’une gauche alternative, c’est toute l’opération de « sauvetage » mise en œuvre par l’Union européenne et le FMI depuis deux ans qui s’effondre.

Le programme européen de Syriza

Pourtant, contrairement à ce que veulent laisser croire les dirigeants européens et les partis grecs traditionnels, Syriza ne prône pas la sortie de l’euro, encore moins de l’Union européenne. Les Grecs dans une écrasante majorité sont d’ailleurs attachés à l’Union et à sa monnaie. Le parti milite même pour plus d’Europe : une Europe sociale, soucieuse de l’avenir de ses citoyens, non soumise au diktat des marchés. Alexis Tsipras, son leader, le répète aujourd’hui plus que jamais : « La crise que la Grèce traverse est une crise européenne. A problème européen, solution européenne. »

Chaque fois qu’il a fallu voter des mesures d’austérité, les partis au pouvoir ont fait planer la menace de la faillite du pays et du retour à la drachme pour convaincre l’opinion publique et limiter l’hémorragie dans leurs propres rangs. « Poser la question dans ces termes est un chantage, cela ne fait aucun doute, estime le professeur de sciences politiques et ancien ministre Georges Contogeorgis. Cela montre que Bruxelles n’a pas compris le problème grec : le problème, ce n’est pas l’économie, mais l’Etat et le système partisan. »

Ce politologue de l’université Panteio à Athènes (et contributeur régulier de Mediapart, lire ici) ne fait pas davantage confiance à Syriza qu’au PASOK et à Nouvelle Démocratie pour réformer le système : « La classe politique dans son ensemble n’agit qu’en fonction des intérêts particuliers des groupes qu’elle représente. Elle n’agit pas pour la société. Or Bruxelles ne veut toujours pas admettre le niveau de corruption et de collusion d’intérêts qui caractérise la classe politique. »

Mais l’heure n’est pas encore au ménage dans les rangs des partis. Ces jours-ci, les équipes préparent la nouvelle campagne. Poursuivant une stratégie entamée en février, Nouvelle Démocratie a élargi sa base : elle a accueilli d’importants membres de l’extrême droite du LAOS, et s’est réconciliée avec une petite formation qui s’était détachée d’elle il y a deux ans. De son côté, le leader du PASOK, après son voyage à Bruxelles et à Paris, où il a été reçu par François Hollande, entame samedi une tournée de meetings en province. Lundi au plus tard, les partis devront avoir déposé leurs listes de candidats.

Le parti Syriza, lui, prévoit quelques menus changements : le succès du 6 mai était si inattendu que certains candidats ont été les premiers surpris de se retrouver à l’assemblée. Certains ne se représenteront pas devant les électeurs. Rena Dourou, elle, joue déjà le jeu à fond : « J’ai axé ma campagne autour de quatre thèmes, nous explique la jeune candidate, la dimension européenne de la crise, la lutte contre le chômage, la politique de la croissance, la question du paiement de la dette. »

Pour relancer l’économie grecque, Syriza demande d’abord du temps aux autorités européennes : « Laissez-nous injecter de l’argent dans l’économie pour la croissance, et nous paierons la dette ensuite – du moins la partie légitime de la dette, qui sera déterminée par l’audit. Vouloir faire l’inverse équivaut à tuer l’économie du pays. » Le parti refuse le dilemme posé par Bruxelles. « Je ne crois pas que l’Union européenne suspendra son aide si nous remportons les élections, estime Rena Dourou. L’UE, ce n’est pas seulement Mme Merkel et M. Schaüble… »

« Che Guevara »

Si cette nouvelle campagne sera tout aussi courte que la précédente, les enjeux diffèrent déjà. Outre l’appartenance à la zone euro va se poser la question de la capacité de Syriza à gouverner, alors que le parti se pensait jusque-là du côté de l’opposition. Et s’il arrive en tête, il lui faudra encore chercher des alliances, car il n’obtiendra vraisemblablement pas la majorité absolue. Syriza devra en outre redoubler d’efforts pour paraître crédible au-delà de ses propres rangs.

Déjà, il est la cible première des deux partis traditionnels ; certains, comme le porte-parole de campagne de Nouvelle Démocratie, surnomment son dirigeant Tsipras « Che Guevara »… Et la presse leur emboîte le pas. Dans son éditorial de jeudi, le quotidien Ta Nea écrivait : « Il faut que M. Tsipras s’engage lui aussi sur la formation d’un gouvernement, lui qui a torpillé la possibilité de formation d’un gouvernement après l’élection du 6 mai. Qu’il fasse montre à présent de responsabilité. » Drôle de conclusion quand on sait que les trois autres formations partie prenante des négociations pour un gouvernement de coalition n’avaient nul besoin de l’appui de Syriza pour totaliser une majorité de députés.

En fin de compte, ce nouveau scrutin ressemble à une guerre des nerfs : qui de Samaras, le leader de Nouvelle Démocratie, ou de Tsipras aura les mots les plus durs envers son adversaire ? Car il s’agit bien, pour l’un comme pour l’autre, de conquérir la première place. Pour la première fois depuis la chute de la dictature des Colonels, en 1974, les élections ne seront pas dominées par la traditionnelle opposition Nouvelle Démocratie/PASOK, mais par cet étonnant duel Nouvelle Démocratie/Gauche radicale.

Bon, on verra ca dans un mois…

Idée que je « machouille » depuis quelques années : Mutual Credit.
C’est le fonctionnement de nombreux SEL, mais j’aimerais un domaine d’application bien plus large.
Support potentiel : cartes à puce programmables et lecteurs connectés à un serveur, voir même smartphones (faut être moderne).

Ça rejoint un peu mon idée de reconnaissance de dette pointée plus haut, sauf que dans le crédit mutuel la monnaie n’a pas de propriétaire/émetteur.

On n’est pas sortis de l’auberge : http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-france-emprunte-a-nouveau-a-50-ans_297504.html … enfin … nos petits enfants.

@toustes

Que pensez vous de ce qui se dit après 1h 9’ 55" à l’adresse :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/05/21/222-le-cercle-des-deconnomistes-a-aix-en-provence-avec-genereux-lordon-holbecq-kempf-ruffin-etc-et-inside-job-en-ligne#c9161

?

@toustes

Que pensez vous de ce qui se dit après 1h 9’ 55" à l’adresse :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/05/21/222-le-cercle-des-deconnomistes-a-aix-en-provence-avec-genereux-lordon-holbecq-kempf-ruffin-etc-et-inside-job-en-ligne#c9161

?


Oui, c’est la position qu’il a développé dans son livre.
En ce qui concerne un pôle bancaire public, il existe: c’est la Banque Postale
En ce qui concerne la monétisation directe en « désobéissance », je suis pour, mais je ne suis pas assez affuté juridiquement pour appréhender les conséquences (juridiques). Car la monnaie qu’émettrait la BdF se diluerait dans la masse monétaire de la zone euro … ca va pas plaire à certains (sans compter que d’autres pays feraient pareil … quelle limite de transfert de risques inflationnistes - même si moi je n’y crois pas - sur toute la zone?).
C’est ce que veut faire SYRIZA … on va voir, mais les quantités sont dix fois moindre en Grece de ce que pourrait faire la France ; le problème n’est pas absolument identique

@toustes

Que pensez vous de ce qui se dit après 1h 9’ 55" à l’adresse :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/05/21/222-le-cercle-des-deconnomistes-a-aix-en-provence-avec-genereux-lordon-holbecq-kempf-ruffin-etc-et-inside-job-en-ligne#c9161

?


Oui, c’est la position qu’il a développé dans son livre.
En ce qui concerne un pôle bancaire public, il existe: c’est la Banque Postale
En ce qui concerne la monétisation directe en « désobéissance », je suis pour, mais je ne suis pas assez affuté juridiquement pour appréhender les conséquences (juridiques). Car la monnaie qu’émettrait la BdF se diluerait dans la masse monétaire de la zone euro … ca va pas plaire à certains (sans compter que d’autres pays feraient pareil … quelle limite de transfert de risques inflationnistes - même si moi je n’y crois pas - sur toute la zone?).
C’est ce que veut faire SYRIZA … on va voir, mais les quantités sont dix fois moindre en Grece de ce que pourrait faire la France ; le problème n’est pas absolument identique