07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Oui, nous sommes au cœur de la fabrication du choix.

(((Je suis athée soit dit en passant. Donc pas franchement habitée par les déviations des gens que tu cites)))

Ce qui comptait dans mon propos, c’est la perception de l’existence du voleur de libre arbitre. Il est absent de la réponse. Normal puisqu’absent de la citation …

Pouvoir voir nécessite un deuil complet à la Kübler-Ross.

Je n’insisterai pas.

Ce qui comptait dans mon propos, c'est la perception de l'existence du voleur de libre arbitre. Il est absent de la réponse. Normal puisqu'absent de la citation ...

Pouvoir voir nécessite un deuil complet à la Kübler-Ross


J’aime bien la notion de « vol » du libre arbitre. :wink:

Mais ce qu’on appelle ici libre-arbitre n’est-il pas tout simplement la « raison », qui est la seule façon de faire son deuil complet du constat qu’il est nécessaire de borner son « intérêt immédiat » pour composer avec un intérêt général qu’il faut préserver pour jouir de son intérêt particulier.

De ce point de vue, il ne s’agit pas d’un « vol » de la raison, mais du « vol » de l’éducation à la raison, ou au « deuil » de l’illusion d’une liberté individuelle absolue.

Percevoir le voleur me semble plus urgent que définir l’objet du larcin.

Pour cependant répondre : La liberté de marcher ne se résume pas aux mollets.

Percevoir le voleur me semble plus urgent que définir l'objet du larcin.

Pour cependant répondre : La liberté de marcher ne se résume pas aux mollets.


Raffarinade? :wink:

Isomorphisme

Suite à opinews :

Il peut y avoir trois niveaux monétaires :

Le niveau « monnaies communes » (mondiale et continentales)
Le niveau monnaie nationale
Le niveau « bassin de vie »

à rayons d’action distincts
ayant des buts distincts
animées de « philosophies » distinctes, en particulier au chapitre Yin Yang cher à B Liétard
ayant des modes de gestion (démocratique of course) distincts
ayant des particularités de fonctionnement distinctes

Non concurrentes, mais complémentaires.

@Ana

Pourquoi pas … mais c’est presque ce qui existait avant entre 1979 et 1999 ( l’ECU, les monnaies nationales et les différentes monnaies locales complémentaires)

Ma proposition va vers:

  • la liberté de monnaies locales (mais je veux limiter leur utilisation au niveau municipal sinon les détenteurs se feront toujours avoir… ou alors "monnaie nationale complémentaire " telle que nous l’avons définie avec Philippe Derudder)
  • monnaies nationales non convertibles si ce n’est dans une monnaie commune (et non unique) type ECU. La parité des monnaies nationales est politiquement définie en fonction des économies de chaque pays, et révisable annuellement. Ceci va avec une reprise du pouvoir de création monétaire total par les Banques Centrales nationales
  • monnaie commune (européenne pour le moment … mais on peut espérer une monnaie mondiale en remplacement des 4 ou 5 devises qui font la pluie et le beau temps). C’est la seule , si elle est européenne, qui serait négociée sur les marchés en échanges d’autres devises qui lui donnerait ainsi sa « valeur relative »

Pour les monnaies locales, la clef, c’est la démocratie de gestion, directe.
Ces monnaies ne doivent pas être proposées par l’Etat mais par le citoyen, réuni en association collégiale.

La non convertibilité est une idée intéressante


Mais pourquoi vouloir ce système de monnaies imbriquées …

Il y a à intégrer la notion de dur et doux. Dominant/Arrangeant. Qui est reliée à la notion de rayon d’action.

Une monnaie à grand rayon d’action est fatalement dure. L’illustration classique réside en le fait qu’elle va permettre l’industrie des « mines antipersonnel » = Expression révélatrice d’un meurtre institutionnel de l’empathie, qui va avec la monnaie continentale, voire nationale.
Au contraire, une monnaie locale, surtout si ses impulseurs la décident ainsi, aura pour fonction de valoriser tout ce qui est humanisme, au sens large, au détriment de l’erreur homophone à l’horreur.

Le drame de la monnaie centrale unique, c’est qu’il est nécessaire d’emprunter de la monnaie dure pour des investissements doux. Cela crée une distorsion : la douceur doit se ranger à la raison de la force. L’individu lui même, parfois pourtant inspiré de noblesse et générosité, devra pour acquérir l’argent nécessaire à sa vie personnelle ou familiale, devra adopter des attitudes dures, « rationnelles » comme on dit. Il devra se plier à ce contre quoi il lutte. Paradoxe insupportable.

La monnaie, par sa nature, et par son fonctionnement, induit tout un pan de la psychologie des peuples, au niveau de l’inconscient. Le système monétaire actuel est par nature dur, et induit la dureté, à l’insu de notre plein gré. C’est un système vecteur de pensée dominante, qui est incompatible avec la démocratie réelle.

Il est pourtant nécessaire (et à réformer) pour les échanges à long rayon d’action.
Mais il doit être complété.
Par des monnaies nationales, certes, mais qui au prétexte de cohésion sont déjà par leur étendue territoriale, porteuses de coercition , mentale et instrumentale.
Par des monnaies locales ensuite, qui seules sont à l’échelle humaine ;
n’oublions pas en effet la vision hellénique de la cité qui recommandait de se limiter à une distance compatible avec la voix humaine.
De nos jours, un rayon de 30km me semble raisonnable, depuis l’invention de la bicyclette :wink:


Et puis il y a « la cause des causes » : Le système politique actuel ne va jamais nous permettre à nous, gens de ce forum, de réformer le système en ses composantes nationales ou contienentales. C’est exclu, sauf à semer dans la jardinerie de l’idée. Autant souffler dans un mirliton.
Je n’imagine même pas un parti révolutionnaire qui atteindrait le sommet pratiquer plus que la politique des rustines. La refondation de la psychologie systémique qui impulsa nos problèmes sera éludée.
C’est pourquoi j’attache une importance majeure à la voie de la création et de l’invention, citoyennes, et locales. Il me semble que c’est de bas en haut que peut se préparer la thérapie génique. Et non pas de haut en bas, par la voie hiérarchique, qui ne peut que reproduire la dureté qui la justifie.

Il me semble qu’au local, le concept de monnaie sociétale peut être expérimenté avec bonheur :wink: :slight_smile:


Juste une remarque de plus : une monnaie locale adossée (pour motif légal) a l’euro « double » la masse monétaire concernée : il y a d’une part le nouveau billet qui circule, assez allergique à la thésaurisation, et d’autre part l’euro-garantie, qui file sur … une banque éthique.

Une autre remarque : il pourrait arriver qu’une monnaie locale ait tant de succès qu’il serait nécessaire de la désolidaruser de l’euro, et de la statuer inconvertible. Le rêve.


Autres thèmes en suspens : monnaies fondantes, surestarie & Monnaies temps

Voilou

Bises au futur

Hummm des monnaies locales qui induisent une démocratie locale et une économie locale, je vote pour.

Tu votes ou tu fais ?

En tous cas je suis dispo pour ce plan. Et toi ?

Nous nous en occupons sur Annecy. Ce sera long.

Bonsoir,

Je lis des choses intéressantes dans vos échanges, mais j’ai une vision du monde différente de la votre…et je crains que les rêves de monnaie souveraine ne soient balayés par des réalités concrètes assez gênantes.

Disons qu’aujourd’hui, vous payez votre litre de carburant 2 €, et mettons que dans un an, son prix soit de 4 €: vous n’y pouvez rien, puisque ça dépend d’une contrainte extérieure (le prix du pétrole). Votre monnaie souveraine aura perdu beaucoup de valeur, et vous n’y pouvez rien.

Moi, je vois plutôt une bonne période d’hyper-inflation pour effacer la dette, vu que le prix des matières 1ères, pétrole en 1er, ne peut faire que monter par suite d’épuisement des ressources.

Les monnaies locales, si effectives, évitent de voir se croiser un camion transportant du beurre breton vers la Savoie et un autre camion transportant du beurre savoyard vers la Bretagne. Elles réduisent la dépendance énergétique, par leur effet relocalisant.

Je viens d’imprimer mon bulletin pour le second tour :

[align=center]Une nouvelle monnaie pour l’industrie et l’emploi[/align]

Les conséquences qu’entraînent les choix de la monnaie unique et des traités d’intégration européenne qui retirent aux États les politiques monétaire et budgétaire => le seul levier qu’il leur reste pour avoir des prix compétitifs sur les marchés mondiaux, c’est les restrictions sur les droits et les avantages des salariés. L’euro par construction, est adossé à la Banque Centrale de l’intégration européenne, dont les statuts précisent qu’elle est indépendante des représentants élus des peuples, de plus ces statuts interdisent le prêt de cette Banque Centrale de l’intégration européenne sans intérêts aux budgets des États => Les États sont obligés d’emprunter et de se plier aux conditions des marchés financiers. Ce n’est pas la dictature par les armes, mais bien la dictature par le biais de la monnaie. C’est ce que veulent faire oublier les candidats qui ne veulent rien changer aux reculs des droits démocratiques et aux reculs des droits et avantages salariaux. Pour retrouver des marges de manœuvre et remettre le monde à l’endroit, c’est à dire arrêter vraiment les reculs sociaux, il est nécessaire que le pouvoir politique reprenne son influence sur notre monnaie, notre budget et ne la laisse plus faire la pluie et le beau temps par les marchés. Ce qui entraîne le changement pour une nouvelle monnaie pour notre pays autre que l’euro.

Ana a écrit message N°15807

« […] La monnaie, par sa nature, et par son fonctionnement, induit tout un pan de la psychologie des peuples, au niveau de l’inconscient. Le système monétaire actuel est par nature dur, et induit la dureté, à l’insu de notre plein gré. […] »

Merci Ana pour cet exposé fort intéressant, je n’avais encore jamais perçu aussi clairement tous ces aspects psycho relatifs à l’argent.
Après la lecture de votre post une seule réponse logique me vient.

Si l’on suit votre raisonnement (qui perso me parait TRES pertinent) et que l’on veut une véritable « monnaie Démocratique », une seule solution : l’argent doit être supprimé.
La seule option viable que je connaisse qui propose une telle alternative est le mouvement Zietgest.

Jsuis contente là :slight_smile:

La transition ?
Entre trente ans et mille ans :wink:

trois pistes

-Une évolution de la pensée (un travail de convergence des poètes et des philosophes)
-Une expérimentation en groupes locaux de solutions approchées ( monnaie temps, SEL, accorderie etc )
-Une expérimentation en groupes fermés ou semi fermés, mais visibles vitrines, de la civilisation de la confiance.

Je serai pour la mise en pratique concrète de vos trois pistes.

(Je m’attelle déjà à la 1ere :)) J’ajouterai aux pouets et philosophes, l’histoire, les sciences et l’éducation populaire :slight_smile:

[align=center]Chiche ![/align]

C’est folie que de ne pas oser être fous.

S’arracher à ce qui nous a construits,
façonnés,
englués
dans l’immensité des certitudes
dans l’illusion des évidences,
étranglements sournois
de notre souffle ardent,

Creuser au plus profond de l’imaginaire,
aller chercher dans l’impossible
ces pépites
ces trésors
ces merveilles
dont tant se gausseront,

Oser braver
le pragmatique sarcasme,

Du ridicule …
se faire une parure,
l’offrir à notre honneur
de princes ou de princesses
libres,

Tout cela est nécessaire :
.
Dire l’inouï est nécessaire :

L’argent n’est que remède
à notre connerie
atavique :lol:
alias
la défiance.


Pour ce qui est des deux autres pistes, je m’en occupe. Mais
Il est très difficile de rassembler au delà de l’enthousiasme
d’un mois.
Sacré facteur humain … :frowning:

Une bonne nouvelle :
Sortie du dernier livre de Philippe DeRudder aux éditions Yves Michel :
Les monnaies locales complémentaires, pourquoi, comment ?
Il sera en librairie vendredi, mais on peut aussi le commander en ligne :
Pour le découvrir et le commander : http://aises-fr.org/211-livres-PhD.html