Extrait du site de Jean Jégu ( Orange )
« Monnaie souveraine ».Une bouteille à la mer …
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Si un jour des citoyens conscients et courageux entreprennent vraiment de « changer la monnaie » pour arriver à « changer la vie » peut-être jetteront-ils un regard sur leur passé dans l’espoir d’y trouver quelques racines. Ayant dessiné un schéma monétaire synthétique de ma vision d’une monnaie au service du bien public, plutôt que de le mettre à la corbeille, je le leur destine comme une bouteille à la mer
Un schéma n’est qu’un symbole et tout symbole a besoin de quelques commentaires
Une « monnaie souveraine » est intrinséquement liée à une collectivité économiquement solidaire. Cette collectivité s’est donnée les moyens de décider de ses volontés collectives et de les mettre en eouvre. C’est ce que signifie ici le terme Etat. Sans préjuger de son organisation exacte, il va de soi que. je considère qu’il s’agit d’un état démocratique. L’organisation de la démocratie est une tâche qui inclut celle de la monnaie, mais la déborde largement.
Un Etat opére d’abord sur son espace interne sur lequel il a des pouvoirs. Vis à vis de l’extérieur, il n’a que des missions. C’est pourquoi, je distingue la monnaie dans ses circuits internes et la monnaie dans ses circuits externes. Je donne nettement priorité à la circulation interne. Mais ceci n’implique en aucun cas un repli sur soi inéluctable car: la circulation externe est potentiellement ouverte à toutes sortes de coopérations économiques. En particulier, des engagements monétaires réciproques peuvent concrétiser la volonté réelle de coopération et aboutir à des taux de change concertés, exprimés par une « unité de compte monétaire commune. »
La circulation monétaire interne :
La banque Centrale est dans l’Etat. C’est un organisme d’Etat, soumis à l’Etat, comme l’Etat est lui-même démocratiquement soumis à la collectivité. A l’organisation des pouvoirs doit correspondre une organisation cohérente de contre-pouvoirs, y compris en matière monétaire mais ceci ne modifie pas le schéma fondamental en démocratie : la Collectivité inclut l’Etat qui inclut la Banque Centrale.
Un gouvernement particulier est l’expression de l’Etat à un moment particulier. Les gouvernements
passent. Ils engagent l’Etat qui demeure avec sa Banque Centrale.Au moyen de sa banque centrale , l’état doit gouverner la monnaie de la collectivité, sa « monnaie souveraine ». Ce sont les reconnaissances de dettes de la collectivité à l’égard de tel ou tel de ses membres qui donnent naissance à la monnaie. Celle-ci est donc constituée de créances sur la collectivité, créances transmissibles de membre à membre au sein de cette collectivité. La monnaie nait des dépenses de l’état ; elle est détruite par ses recettes.
Les dépenses de l’état sont directement fonction de sa politique sociale ( dépenses et subventions pour : enseignement, santé, natalité, vieillesse, justice, etc ) et de ses investissements dans ces domaines ou dans tout autre domaine jugé stratégique. Il n’y a pas lieu de distinguer les dépenses de fonctionnement et celles d’investissement, si ce n’est pour le besoins d’un suivi analytique.
Les recettes de l’état proviennent de la perception des impôts directs et indirects et aussi, éventuellement, de la vente de services publics. Nous considérons ici la monnaie dite centrale, la seule qui engage l’état et la seule admise pour tout paiement. Cela implique une identification stricte des gestionnaires de comptes courants, c’est à dire des banques de dépôts dont l’activité doit exclure toute autre activité.
On peut maintenir l’existence de prêts et de crédits mais :
le prêt est la mise à dispositin d’une somme de monnaie à un tiers par versement sur le compte courant de dépôt de ce tiers. Il y a circulation monétaire sans création de moyens de paiement supplémentaires.
le crédit est la promesse à un tiers de mise à disposition d’une somme de monnaie sur sa demande sans versement sur son compte courant. Il n’y a pas circulation monétaire ni création de moyens de paiement. Cette promesse est un engagement commercial privé qui ne concerne que les contractants mais pas la masse de monnaie monétaire…
La masse monétaire est la somme des créances de l’état en circulation.
Ainsi la politique sociale et d’investissement permet la maitrise des quantités et surtout des points d’injection de la monnaie dans l’économie.
Symétriquement, la disribution des retraits de monnaie est modelée par la politique fiscale. On a ainsi un moyen direct de pilotage de l’écart des revenus après imposition.Cet écart est un paramètre social fondamental.
La circulation monétaire entre sa source et son retrait est totalement ouverte à une économie de marché. L’est-elle a une économie capitaliste ? En principe oui, si l’on admet que le capitalisme consiste fondamentalement à tirer un revenu de son épargne. Cependant, si on estime ce type de revenu peu justifié, la politique sociale peut conduire l’état à accorder lui-même des prêts à taux ajustés pour concurrencer tous les prêteurs tentés d’abuser.
La circulation monétaire externe.
Nous supposons que l’économie A paie ses importations dans sa devise Da… Du fait de ses exportations vers une économie X, elle reçoit des devises Dx. Bien entendu les économies partenaires X sont diverses et variées ; c’est le sens symbolique des flêches multiples utilisées.
Issus des exportations, les flux de devises entrantes donnent généralement lieu à un change contre de la monnaie créée à cet effet. Ensuite ces devises étrangères remontent vers les réserves de la Banque Centrale ( voir le tracé vert ).
De manière externe et du fait des importations, des flux de monnaie sortante remontent. eux aussi vers les banques centrales qui les ont changés dans leurs propres monnaies. L’équilibre en valeur entre les réserves en devises étrangères détenues par les différentes banques centrales constitue la situation vers laquelle il faut tendre pour maintenir des échanges commerciaux équilibrés sur le long terme, les seuls qui puissent durer. Cet équilibre ne peut résulter que de deux origines : les biens et services échangés (influençables par des mesures douanières appropriées ) et les taux de change pratiqués entre les devises ( réajustables en vue d’arriver à un équilibre en valeur)
Au niveau des taux de change, les taux internes devraient être connus et autant que possible stabilisés ; les taux de change de banque centrale à banque centrale devraientt être périodiquement renégociés. Un marché des devises est aussi tout à fait possible. Il est important de remarquer que le retour d’une devise à sa Banque Centrale correspond à l’acquisition par celle-ci de sa propre dette et donc à une destruction de la monnaie correspondante.
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Une telle présentation paraît complètement hors des réalités présentes. On peut penser que c’est parce que celles-ci reflètent encore une histore complexe mélangeant allégrement la conception ancienne de la « monnaie-chose » à celle plus évoluée de la « monnaie-engagement ». C’est en réfléchissant à cette dernière notion - engagement de qui envers qui ? - que l’on peut aboutir aux concepts proposés . Ils sont au moins aussi logiques que ceux donnant aux Banques Cenrales la capacité étonnante d’émettre une monnaie dont personne ne sait exactement ce qu’elle signifie si ce n’est une capacité d’échange. Personne en particulier ne semble remarquer que cette capacité d’échange repose essentiellement sur l’endettement des états. Ici, nous en tirons la conclusion : les états garantissent les monnaies ; ils n’ont donc pas à les emprunter.
Du coup, au moins à terme, finis la dette publique, les intérêts qu’elle génère et le réendettement perpétuel. Celui-ci exige une croissance suffisante, capable de calmer la faim de l’ogre monétaire. Il est évident qu’en régime stationnaire, notre modèle ne nécessite aucune croissance. Et si, au contraire une masse monétaire accrue s’avère utile, cette nouvelle monnaie ne coûte rien.
Un jour viendra sans doute où tout ceci ne sera pour tous.que l’énoncé d’ évidences. Le plus tôt serait le mieux.
5 janvier 2012.



