07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Extrait du site de Jean Jégu ( Orange )

« Monnaie souveraine ».

Une bouteille à la mer …

ooOOoo

Si un jour des citoyens conscients et courageux entreprennent vraiment de « changer la monnaie » pour arriver à « changer la vie » peut-être jetteront-ils un regard sur leur passé dans l’espoir d’y trouver quelques racines. Ayant dessiné un schéma monétaire synthétique de ma vision d’une monnaie au service du bien public, plutôt que de le mettre à la corbeille, je le leur destine comme une bouteille à la mer

Un schéma n’est qu’un symbole et tout symbole a besoin de quelques commentaires

Une « monnaie souveraine » est intrinséquement liée à une collectivité économiquement solidaire. Cette collectivité s’est donnée les moyens de décider de ses volontés collectives et de les mettre en eouvre. C’est ce que signifie ici le terme Etat. Sans préjuger de son organisation exacte, il va de soi que. je considère qu’il s’agit d’un état démocratique. L’organisation de la démocratie est une tâche qui inclut celle de la monnaie, mais la déborde largement.

Un Etat opére d’abord sur son espace interne sur lequel il a des pouvoirs. Vis à vis de l’extérieur, il n’a que des missions. C’est pourquoi, je distingue la monnaie dans ses circuits internes et la monnaie dans ses circuits externes. Je donne nettement priorité à la circulation interne. Mais ceci n’implique en aucun cas un repli sur soi inéluctable car: la circulation externe est potentiellement ouverte à toutes sortes de coopérations économiques. En particulier, des engagements monétaires réciproques peuvent concrétiser la volonté réelle de coopération et aboutir à des taux de change concertés, exprimés par une « unité de compte monétaire commune. »

La circulation monétaire interne :

La banque Centrale est dans l’Etat. C’est un organisme d’Etat, soumis à l’Etat, comme l’Etat est lui-même démocratiquement soumis à la collectivité. A l’organisation des pouvoirs doit correspondre une organisation cohérente de contre-pouvoirs, y compris en matière monétaire mais ceci ne modifie pas le schéma fondamental en démocratie : la Collectivité inclut l’Etat qui inclut la Banque Centrale.

Un gouvernement particulier est l’expression de l’Etat à un moment particulier. Les gouvernements
passent. Ils engagent l’Etat qui demeure avec sa Banque Centrale.

Au moyen de sa banque centrale , l’état doit gouverner la monnaie de la collectivité, sa « monnaie souveraine ». Ce sont les reconnaissances de dettes de la collectivité à l’égard de tel ou tel de ses membres qui donnent naissance à la monnaie. Celle-ci est donc constituée de créances sur la collectivité, créances transmissibles de membre à membre au sein de cette collectivité. La monnaie nait des dépenses de l’état ; elle est détruite par ses recettes.

Les dépenses de l’état sont directement fonction de sa politique sociale ( dépenses et subventions pour : enseignement, santé, natalité, vieillesse, justice, etc ) et de ses investissements dans ces domaines ou dans tout autre domaine jugé stratégique. Il n’y a pas lieu de distinguer les dépenses de fonctionnement et celles d’investissement, si ce n’est pour le besoins d’un suivi analytique.

Les recettes de l’état proviennent de la perception des impôts directs et indirects et aussi, éventuellement, de la vente de services publics. Nous considérons ici la monnaie dite centrale, la seule qui engage l’état et la seule admise pour tout paiement. Cela implique une identification stricte des gestionnaires de comptes courants, c’est à dire des banques de dépôts dont l’activité doit exclure toute autre activité.

On peut maintenir l’existence de prêts et de crédits mais :

  • le prêt est la mise à dispositin d’une somme de monnaie à un tiers par versement sur le compte courant de dépôt de ce tiers. Il y a circulation monétaire sans création de moyens de paiement supplémentaires.

  • le crédit est la promesse à un tiers de mise à disposition d’une somme de monnaie sur sa demande sans versement sur son compte courant. Il n’y a pas circulation monétaire ni création de moyens de paiement. Cette promesse est un engagement commercial privé qui ne concerne que les contractants mais pas la masse de monnaie monétaire…

La masse monétaire est la somme des créances de l’état en circulation.

Ainsi la politique sociale et d’investissement permet la maitrise des quantités et surtout des points d’injection de la monnaie dans l’économie.

Symétriquement, la disribution des retraits de monnaie est modelée par la politique fiscale. On a ainsi un moyen direct de pilotage de l’écart des revenus après imposition.Cet écart est un paramètre social fondamental.

La circulation monétaire entre sa source et son retrait est totalement ouverte à une économie de marché. L’est-elle a une économie capitaliste ? En principe oui, si l’on admet que le capitalisme consiste fondamentalement à tirer un revenu de son épargne. Cependant, si on estime ce type de revenu peu justifié, la politique sociale peut conduire l’état à accorder lui-même des prêts à taux ajustés pour concurrencer tous les prêteurs tentés d’abuser.

La circulation monétaire externe.

Nous supposons que l’économie A paie ses importations dans sa devise Da… Du fait de ses exportations vers une économie X, elle reçoit des devises Dx. Bien entendu les économies partenaires X sont diverses et variées ; c’est le sens symbolique des flêches multiples utilisées.

Issus des exportations, les flux de devises entrantes donnent généralement lieu à un change contre de la monnaie créée à cet effet. Ensuite ces devises étrangères remontent vers les réserves de la Banque Centrale ( voir le tracé vert ).

De manière externe et du fait des importations, des flux de monnaie sortante remontent. eux aussi vers les banques centrales qui les ont changés dans leurs propres monnaies. L’équilibre en valeur entre les réserves en devises étrangères détenues par les différentes banques centrales constitue la situation vers laquelle il faut tendre pour maintenir des échanges commerciaux équilibrés sur le long terme, les seuls qui puissent durer. Cet équilibre ne peut résulter que de deux origines : les biens et services échangés (influençables par des mesures douanières appropriées ) et les taux de change pratiqués entre les devises ( réajustables en vue d’arriver à un équilibre en valeur)

Au niveau des taux de change, les taux internes devraient être connus et autant que possible stabilisés ; les taux de change de banque centrale à banque centrale devraientt être périodiquement renégociés. Un marché des devises est aussi tout à fait possible. Il est important de remarquer que le retour d’une devise à sa Banque Centrale correspond à l’acquisition par celle-ci de sa propre dette et donc à une destruction de la monnaie correspondante.

OoOOoo

Une telle présentation paraît complètement hors des réalités présentes. On peut penser que c’est parce que celles-ci reflètent encore une histore complexe mélangeant allégrement la conception ancienne de la « monnaie-chose » à celle plus évoluée de la « monnaie-engagement ». C’est en réfléchissant à cette dernière notion - engagement de qui envers qui ? - que l’on peut aboutir aux concepts proposés . Ils sont au moins aussi logiques que ceux donnant aux Banques Cenrales la capacité étonnante d’émettre une monnaie dont personne ne sait exactement ce qu’elle signifie si ce n’est une capacité d’échange. Personne en particulier ne semble remarquer que cette capacité d’échange repose essentiellement sur l’endettement des états. Ici, nous en tirons la conclusion : les états garantissent les monnaies ; ils n’ont donc pas à les emprunter.

Du coup, au moins à terme, finis la dette publique, les intérêts qu’elle génère et le réendettement perpétuel. Celui-ci exige une croissance suffisante, capable de calmer la faim de l’ogre monétaire. Il est évident qu’en régime stationnaire, notre modèle ne nécessite aucune croissance. Et si, au contraire une masse monétaire accrue s’avère utile, cette nouvelle monnaie ne coûte rien.

Un jour viendra sans doute où tout ceci ne sera pour tous.que l’énoncé d’ évidences. Le plus tôt serait le mieux.

5 janvier 2012.

« Monnaie souveraine »

« Une « monnaie souveraine » est intrinséquement liée à une collectivité économiquement solidaire. Cette collectivité s’est donnée les moyens de décider de ses volontés collectives et de les mettre en œuvre. C’est ce que signifie ici le terme Etat. Sans préjuger de son organisation exacte, il va de soi que. je considère qu’il s’agit d’un état démocratique. L’organisation de la démocratie est une tâche qui inclut celle de la monnaie, mais la déborde largement. »

  1. Un exemple d’une telle monnaie existant ou ayant existé, svp.

  2. Pense-t-on qu’une telle monnaie est envisageable de nos jours ?

JR

[bgcolor=#FFFF99]Trois prochaines conférences SUR INTERNET,
avec Opinews, en mars
[/bgcolor]

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F03%2F11%2F198-trois-prochaines-conferences-sur-internet-avec-opinews-en-mars

• Première conférence sur Internet, mardi prochain 13 mars, de 20 h à minuit, sur l’Union européenne.
[bgcolor=#FFFF99]• Seconde conférence, sur la monnaie, mardi suivant, 20 mars à 20 h.[/bgcolor]
• Troisième, sur la démocratie et le processus constituant, mardi suivant, 27 mars à 20 h.

Plus pressé que moi, tu meurs :wink:

Bonne nuit à tous.

Étienne.

[b]"Monnaie souveraine"[/b]

« Une « monnaie souveraine » est intrinséquement liée à une collectivité économiquement solidaire. Cette collectivité s’est donnée les moyens de décider de ses volontés collectives et de les mettre en œuvre. C’est ce que signifie ici le terme Etat. Sans préjuger de son organisation exacte, il va de soi que. je considère qu’il s’agit d’un état démocratique. L’organisation de la démocratie est une tâche qui inclut celle de la monnaie, mais la déborde largement. »

  1. Un exemple d’une telle monnaie existant ou ayant existé, svp.

  2. Pense-t-on qu’une telle monnaie est envisageable de nos jours ?

JR


1 - A mon avis il n’y a que l’euro qui fasse exception;

  • la zone n’est pas solidaire
  • la somme des volontés individuelles ne fait pas une volonté collective: il n’y a pas d’Etat européen.

2 - Tous les pays indépendants ou fédérés utilisent une telle monnaie

[b]"Monnaie souveraine"[/b]

« Une « monnaie souveraine » est intrinséquement liée à une collectivité économiquement solidaire. . »

JR


Tout à fait d’accord.

Les dispositifs de la solidarité économique, c’est ici le mot important, peuvent être démocratiques (solidarité organisée en commun), ou dictatoriaux (solidarité imposée), peu importe, ils doivent d’abord EXISTER, et sont donc INDISSOCIABLES du POUVOIR POLITIQUE.

Dans le système où la solidarité doit composer, au moins via la formation des prix, et même via la production, au pouvoir des MARCHES, qui est un pouvoir COSMOPOLITE et ANONYME par excellence, et qui s’affranchit de la politique, il ne peut plus y avoir de SOUVERAINETE.

C’est fondamentalement l’économie de MARCHE qui est incompatible avec l’économie souveraine

[b]"Monnaie souveraine"[/b]

« Une « monnaie souveraine » est intrinséquement liée à une collectivité économiquement solidaire. Cette collectivité s’est donnée les moyens de décider de ses volontés collectives et de les mettre en œuvre. C’est ce que signifie ici le terme Etat. Sans préjuger de son organisation exacte, il va de soi que. je considère qu’il s’agit d’un état démocratique. L’organisation de la démocratie est une tâche qui inclut celle de la monnaie, mais la déborde largement. »

  1. Un exemple d’une telle monnaie existant ou ayant existé, svp.

  2. Pense-t-on qu’une telle monnaie est envisageable de nos jours ?

JR


1 - A mon avis il n’y a que l’euro qui fasse exception;

  • la zone n’est pas solidaire
  • la somme des volontés individuelles ne fait pas une volonté collective: il n’y a pas d’Etat européen.

2 - Tous les pays indépendants ou fédérés utilisent une telle monnaie

  1. Solidarité : pas plus que l’UE les ÉUA ne sont une collectivité économiquement solidaire. Les inégalités y deviennent de plus en plus fortes. La notion de « collectivité économiquement solidaire » est très interprétable.

Quand des États s’entendent pour exercer ensemble par des organes communs une partie de leur souveraine, il y a volonté collective, même si ces organes communs ne forment pas un État distinct. C’est le principe même de la « confédération ».

  1. Tous les pays indépendants n’ont pas une « monnaie souveraine » : des dizaine d’États africains continuent d’utiliser le franc CFA. D’autres États utilisent le dollar américain, l’euro ou même la livre sterling alors qu’ils ne font pas partie des ÉUA, de l’UE ni du RU, et ces États ont beaucoup moins à dire en matière de politique monétaire que les États membres de l’UE.

Je crois que les conditions de la « souveraineté monétaire » ne sont presque jamais réalisées de nos jours. Si la Grèce repassait aux drachmes, au lieu de dépendre de l’eurozone elle dépendrait directement des marchés – adieu la solidarité !

Il me semble que sur ce point je rejoins bernarddo (2327) ? JR

@J.R.
Je maintiens pour le point 1.

Pour le 2 vous avez raison pour les pays africains mais ce n’était en fait pas la question " 2) Pense-t-on qu’une telle monnaie est envisageable de nos jours ? "

Là, je réponds « oui, je le pense »: le rouble ou le yuan et de très nombreuses autres ne sont-elles pas des monnaies souveraines?

« Si la Grèce repassait aux drachmes, au lieu de dépendre de l’eurozone elle dépendrait directement des marchés »
… non, elle dépendrait de l’équilibre de sa balance des transactions (besoin ou non de devises extérieures: c’est le seul besoin d’appel aux marchés dont à besoin un Etat… il n’en a nul besoin par exemple pour couvrir des déficits de ses administrations)
Mais bien évidemment, toute politique monétaire ou autre est soumise à une nécessité qu’a un Etat de négocier avec les autres et de vivre avec les autres (et non, d’être intégré)

une idée me traverse :

Ce ne sont plus quelques familles qui sont surendettées, ni quelques entreprises, ni quelques états, mais l’espèce humaine toute entière.
Et sa dette n’est due qu’à un système, pas à des humains.
Et ce système, c’est le mécanisme de création de la monnaie, qui est payant.

?

Alléluia mes frères, Ana nous a rejoint :slight_smile:

Philippe Derudder fait aujourd’hui un « ENVOI EN NOMBRE »

Bonjour à toutes et tous

Un regard plein de bon sens de nos amis suisses sur la dette publique et sur les deux (dits principaux) candidats français

DETTE D’ETAT : L’INCROYABLE POUVOIR DE L’ILLUSION

Aujourd’hui, dans nos économies avancées, il est devenu « normal » que nous ayons à affronter une “crise de la dette” qui s’inscrit dans la durée.

• Nous nous sommes habitués au “problème de la dette” qui touche les pays avancés ;
• Nous nous sommes habitués au fait que des mesures d’austérité même drastiques ne suffiront pas à enrayer le « problème » de la dette ;
• Nous nous sommes habitués à des taux d’ intérêt extrêmement bas et qui vont le rester pendant… un « bon » moment.

X (profane) : … mais ces taux d’intérêt ne finiront-il pas par créer de l’inflation ?
Y (économiste) : Clairement pas…
X: Comment cela se fait-il ?
Y: Parce que la croissance n’est pas suffisante.
X: Pourquoi ?
Y: Parce que la consommation est anémique.
X: Pourquoi?
Y: La consommation a été largement alimentée par le crédit, et aujourd’hui, sur fond de désendettement, on est en lutte pour la solvabilité, afin de maintenir…sa capacité d’endettement. Ceci est vrai pour les particuliers, mais aussi pour les petites et moyennes entreprises, et surtout…les Etats. Seuls les grandes entreprises et les hedge funds parviennent à y échapper.
X: Comment est-ce possible? Que font les grandes entreprises et les hedge funds?
Y: Vous le savez: l’un délocalise, l’autre spécule.

Dans la Tribune de Genève du jour, les auteurs se gaussent de la ridicule guéguerre populiste entre N. Sarkozy et F. Hollande, qui tous deux s’engagent à augmenter les impôts sur le revenu, F. Hollande
se proposant même de taxer à…75% les revenus de plus de 1 mln EUR. Le journaliste commente: “Il est aberrant de voir jusqu’où l’on est prêt à aller dans la république des Jacobins“. Est-ce vraiment de cela qu’il s’agit ?

Personne ne semble réaliser que notre voisin, la 10e économie du monde, la France, n’a en réalité pas le choix: que ce soit une campagne socialiste ou libérale n’y change rien, augmenter les impôts n’est pas un « choix ». Cela n’a rien avoir avec la conquête des cœurs du people, c’est tout simplement une question de vie ou de mort pour l’Etat français.

Les Etats sont étranglés par le système de la dette, qui consiste à créer de la dette pour soutenir la dette existante. On peut inonder le système d’argent facile, pas de chance, la valeur de la monnaie est inversement proportionnelle à sa quantité. L’Etat devra encaisser plus de revenus fiscaux… beaucoup plus.

Les Etats n’ont plus le choix que de racler les fonds de tiroirs pour générer un revenu qui compense la perte d’impôts, le recul de la croissance et le service de la dette. Leurs habiles stratégies de communication n’y feront rien, ceci est la réalité.

Cette simple vérité semble échapper à la plupart des économistes, dont le seul point de mire est invariablement les politiques monétaires favorables aux marchés financiers, ou celles défavorables aux marchés financiers.
Peut-on regarder le monde au travers du trou d’une aiguille ? Eux, le peuvent.

Pour être précis, on n’imprime pas exactement de l’argent. Il serait plus exact de dire qu’on imprime de la nouvelle dette. La dette consiste en un capital assorti d’intérêts dus. C’est cela qui sort des banques centrales: davantage de dette. Cet argent est créé électroniquement sur l’écran d’un ordinateur.
Le privilège de la création monétaire n’est pas uniquement accordé aux Banques Centrales, mais aussi aux banques commerciales.

Lorsque vous recevez une hypothèque auprès de votre succursale bancaire au coin de la rue, une position
débitrice est créée sur votre compte, et on crée de l’argent « nouveau ». De l’argent… dont personne n’a jamais entendu parler. Cet argent existe avant que sa valeur en biens et services n’ait jamais été échangée dans le cycle économique.
Cependant, l’intérêt qui est dû, lui, n’a pas été créé par la banque, et à moins que vous ne soyez vous-même un organisme bancaire avec pouvoir de création monétaire, vous devrez gagner cet argent afin de payer vos mensualités.

VOUS AUREZ DONC LE FARDEAU DE GAGNER PLUS QUE CE QUE VOUS RECEVEZ, et seule cette capacité scellera votre solvabilité.

Il en va de même pour les Etats: toutes ces politiques de sauvetage accordées aux pays à la dette chancelante “devraient” signifier que l’Etat en question a LA CAPACITÉ DE GÉNÉRER PLUS DE CROISSANCE QUE LES MONTANTS REÇUS, vu que l’intérêt est dû en plus. Pensez-vous que ce soit le cas?

Même si ce n’est pas le cas, impossible de le démontrer: on peut toujours hypothéquer la croissance future. Et les politiques électoralistes ne s’en privent pas…

Dans le système de la dette, la solvabilité d’un Etat se définit comme la capacité, non seulement à générer une croissance positive soutenue, mais une croissance qui en tout temps excède les obligations vis-à-vis des créanciers, afin de couvrir le capital + les intérêts +… la création de richesse. L’Etat est condamné à soutenir ce rythme de croissance effréné. A moins de cela, le déclin abyssal, budgétaire et fiscal, le guette. Pensez-vous qu’il puisse y échapper ? Et comment a-t-il tenté de générer cette croissance irréelle durant les 20 dernières années ?

En s’endettant…

Imprimer de la nouvelle dette pour soutenir à bout de bras la dette existante: voici la recette pour s’enfoncer progressivement dans le sable, comme on peut le constater actuellement dans les économies avancées.

Je ne reviendrai pas ici sur la manière dont notre système monétaire a été démantelé et détruit durablement depuis les années 1970, vous trouverez à ce sujet une abondance d’information en tapant “création monétaire” dans tout moteur de recherche.

Cependant, une simple conclusion émerge de cette réalité: on ne se débarrassera jamais d’un “problème de dette” sans s’être d’abord débarrassé d’un « système de dette ».

C’est à la suite du mail de Philippe que j’ai réagi.
Chaque nouvelle alerte apporte une perception supplémentaire de l’étendue du drame.

Alléluia mes frères, Ana nous a rejoint :)
ça fait un bail :)

(il y a longtemps que je distingue les dominants du système qui les crée ;))

Merci à AJH pour ce lien :slight_smile:

Ana, pouvez-vous continuer à vous laisser faire, quand des idées vous traversent ?

oui

Je remarque un abandon du libre arbitre humain global au profit d’une cybernétque systémique dont les soit-disant dominants ne sont que les instruments et les « représentants »

Cela change complètement le point de vue militant … et devrait inspirer la méthode.

Je remarque un abandon du libre arbitre humain global au profit d'une cybernétque systémique dont les soit-disant dominants ne sont que les instruments et les "représentants"
Amen. Mais ça n'a rien de nouveau. L'être humain souffre d'une pathologie qui consiste à systématiquement confier la responsabilité de son destin à d'autres que lui. Dieu et l'état sont les deux piliers historiques de cette notion que Marcel Gauchet appelle la dette du sens. C'est l'objet de la troisième partie du texte en signature. Le raisonnement tend à y montrer qu'au XXème siècle, la science s'est doucement élevée au-dessus des foules - par la volonté passive des foules - pour seule incarner la responsabilité du destin collectif. La science fascine et elle peut tout. Les dérives sont nombreuses de cette exagérée sujétion à la science et aux mathématiques mais une me semble s'affirmer plus que les autres: la foi aveugle en la psychanalyse et le triomphe de Narcisse. Nous en sommes malheureusement de belles illustrations. Trop de nos interventions sont incarnées et sont d'abord le reflet de nos convictions qu'il faut flatter pour que nous concédions un effort à la lecture de l'autre: [b] [/b]- JR ne jure que par le droit constitutionnel et la construction de SA constitution [b] [/b]- Sandy n'entendra que ce dont il aura débattu au préalable en réunion avec des membres de SON parti [b] [/b]- Ana illustrera SON propos de brèves en accord avec SON raisonnement et d'exemples mathématiques qui, s'ils demeurent incompréhensibles à la majorité, cautionne SON propos, la caution étant apportée par la mathématique, collectivement considérée comme forme supérieure d'intelligence [b] [/b]- AJH n'entendra que des arguments économiques, plutôt en accord avec SES conclusions.

Il y a d’ailleurs fort à parier que si j’avais dit que j’enseignais la troisième partie de mon texte à des masters et des doctorants, il s’en serait trouvé davantage pour le lire et en débattre, c’est-à-dire pour d’abord démontrer qu’ils étaient en mesure de la comprendre.
La flatterie semble indispensable à l’effort concédé à l’autre.

Trop peu d’intervenants acceptent de disparaître derrière le dessein démocratique que nous essayons de porter ici. C’est pourtant le message principal porté par Étienne me semble-t-il.
Pour cette raison, nous ne parvenons pas au concret.

La gauche croit en la possible existence d’une collectivité d’êtres libres et égaux en droits.
La droite n’envisage de liberté collective que par la superposition des libertés individuelles.
Je crains qu’il ne faille donner raison à la droite: trop peu nombreux sont ceux prêts à s’oublier pour le collectif.

Comme d’habitude, ce message est trop long. En plus il est hors sujet sur ce fil. Je double donc mes excuses.

En caricaturant quatre personnes, tu prends le risque de pousser les gens à défendre leur bout de gras.
Je vais tenter de ne le faire qu’incidemment pour ensuite pousser le bouchon un peu plus loin sur le thème central proposé ici.

Les brèves, c’est pour ne pas gonfler avec des tartines.
Les maths, c’est pour aider quelqu’un à ne plus se planter dramatically.
Mais mon propos est ailleurs →

En particulier, plus haut s’amorce une vision chamanique, ou, si le mot fait peur, une vision systémique, de la politique mondiale.
Je m’étais déjà exprimée à ce propos sur un autre fil de discussion. En plus pastel.

L’être humain crée collectivement ce qui le domine, et le crée en fonction de ses propres faiblesses personnelles et collectives. C’est à dire qu’il crée une organisation, un système, des mécanismes. Auxquels il décide de se plier … Une chose qui le domine en s’appuyant sur cela même qu’elle est censée inhiber. Il la crée par choix. Mais « ça » s’emballe et « ça » devient autonome.
Ce qui le domine vit à travers des « leaders » qui en fait sont des valets.
De nos jours, c’est plus sensible qu’autrefois. Technologie oblige.
Cette chose qui domine … pense ! et ses neurones sont ses susdits valets. Ou de simples « chiens de garde », plus modeste.
(Je viens d’entendre à l’instant Pascal Lamy, brillant, qui est un échantillon de choix)
L’injonction « Reprendre le pouvoir sur notre monnaie » est dans cette optique inclue dans une problématique plus vaste :
-L’espèce humaine a perdu son libre arbitre.
-Elle doit reprendre son libre arbitre.
Je rejoins ici les personnalistes (laïques)… Viva la revolucion, pero interior tambien.

J’estime important d’effectuer ce changement d’échelle, de grimper un instant sur les hauteurs, voir et percevoir, et ensuite redescendre pour attaquer raz les pâquerettes par le verbe ou l’acte, de contestation de diffusion, ou de création, mais en conscience, entre autres le mécanisme privé de création monétaire scripturale ex nihilo fondé sur la dette et assorti d’intérêts indus calculés sur le vide.

Ana,

… entre autres le mécanisme privé de création monétaire scripturale ex nihilo fondé sur la dette et assorti d’intérêts indus calculés sur le vide.

Il y en à tant d’autres, de mécanismes :wink: .

L’une des choses qu’ils ont en commun, ces mécanismes, c’est que ce sont juste des instruments crées par des intelligences humaines pour résoudre les problèmes que leur posent leurs propres visions du monde et le besoin d’y perdurer (survivre) le plus longtemps possible.

C’est en analysant leurs visions du monde (en plus de repenser sérieusement les nôtres) que nous arriverons à savoir pourquoi quelques comportements sont inévitables avec les logiques favorites de nos jours chez quelques-uns.

Il ne suffit pas de maudire l’envie idiot de quelques-uns à vouloir être riches et de les prendre comme coupables faciles afin de nous éviter une analyse approfondie qui n’en épargnerait peut-être pas autant d’entre nous.

Il nous faut comprendre les logiques des gens pour pouvoir les identifier même au niveau individuel, et à partir de la pouvoir aussi choisir avec qui on collabore volontairement et avec qui on décide de ne plus faire des affaires qui leur laissent accumuler les plus-values qui leur servent pour asservir les autres.

Déhel (2335) dit

« JR ne jure que par le droit constitutionnel et la construction de SA constitution »

C’est un détail, mais quand même cette remarque répétée de Déhel me semble au moins partiellement inexacte : il suffit de parcourir mes (trop nombreux) messages pour se rendre compte que « MON » projet (http://www.euroconstitution.org) y tient relativement peu de place.

D’un autre côté, c’est à ce projet que je dois d’avoir formé bon nombre de mes idées « constitutionnelles » depuis 2005 : pourquoi est-ce que je ne m’y réfèrerais pas quand l’occasion se présente, plutôt de me recopier ici ? JR

je je je moi moi moi mon mon mon :slight_smile:

-L'espèce humaine a perdu son libre arbitre. -Elle doit reprendre son libre arbitre.
Je pense qu'on est au coeur du problème de la politique.

Je ne suis pas du tout d’accord avec ces deux assertions, qui me font trop penser à celles des idéalismes religieux qui nous ont tant fait de mal, celui par exemple des chrétiens qui prétendent que le libre arbitre existe, qu’il aurait été perdu par un « péché » originel, ce qui leur a permis les pires exactions justifiées par ce libre arbitre.

Le libre arbitre n’existe pas hors la raison, qui permettrait de dire qu’il n’existe pas fondamentalement de conflits d’intérêts.

Dans la réalité, chacun se détermine naturellement en politique pour que son système propre de conflit d’intérêts soit bien servi dans le système général de conflits d’intérêt que toute organisation génère obligatoirement.

Les conflits d’intérêt sont incontournables. Je suis d’accord avec Ningùn Otro sur sa dernière intervention: il faut faire l’effort de se positionner honnêtement par rapport au système.