07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Extraits du livre de Dominique Plihon « La monnaie et ses mécanismes »

On peut représenter la circulation de la monnaie dans l’économie par un schéma, comprenant trois pôles (les trois agents principaux : banques, entreprises, ménages) et six flux décrivant les opérations économiques de base qui se déroulent en deux périodes :
  • première période (flèches rouges) : les entreprises cherchent à produire ; pour atteindre cet objectif, elles doivent résoudre un problème lié à un décalage inévitable entre leurs dépenses et leurs recettes : il leur faut obtenir des ressources pour engager la production (embaucher des travailleurs) avant de disposer des recettes liées à la vente de leur produit. Le rôle des banques est de prêter (1) aux entreprises pour leur permettre de combler ce décalage entre recettes et dépenses ; puis les entreprises vont payer les salaires (2) aux travailleurs ; enfin, ces derniers laissent leurs revenus en dépôt auprès des banques (3);

  • deuxième période (flèches bleues) : les ménages utilisent leurs dépôts bancaires comme moyens de paiement (4) pour acheter des biens de consommation auprès des entreprises (5) ; ces dernières utilisent ces ressources pour rembourser leurs emprunts (6) auprès des banques.

Le circuit monétaire est bien bouclé : la création monétaire initiale, nécessaire pour amorcer le démarrage du circuit économique par la production des entreprises, se traduit in fine par une destruction de la monnaie créée au départ.

Plusieurs conclusions se dégagent de cette analyse en termes de circulation de la monnaie:

  • Les banques ont une double fonction essentielle dans l’économie : d’une part, elles financent les agents économiques, et d’autre part, elles gèrent les moyens de paiement. Ces deux fonctions sont simultanées et indissociables, comme l’illustre le célèbre adage selon lequel «les crédits font les dépôts».

  • Lorsqu’une banque accorde un crédit à une entreprise, cette opération se traduit immédiatement par deux écritures au bilan de la banque : le prêt accordé apparaît à l’actif, et le montant des liquidités ainsi créées figure au passif de la banque car elles constituent un dépôt dans cette banque sur le compte de l’entreprise emprunteuse ;

  • La création monétaire est le privilège des banques : celles-ci créent de la monnaie en «monétisant» leurs créances et en émettant des dettes qui ont la particularité d’être acceptées comme moyens de paiement. La plupart du temps, les créances bancaires correspondent à des crédits : il s’agit de la monnaie de crédit, créée ex nihilo par les banques à l’occasion de leurs prêts.

  • La monétisation de leurs créances par les banques ne se limite pas aux crédits bancaires, mais peut également concerner des créances détenues par les banques sous forme de titres financiers (actions, obligations). L’évolution de la masse monétaire résulte du décalage entre la création et la destruction de monnaie lié aux opérations de prêt et de remboursement (de même que la population évolue en fonction de la différence entre naissances et décès).

  • Dans une économie en croissance, dépenses et recettes des agents économiques progressent ainsi que leurs besoins de financement, ce qui amène une augmentation de la monnaie de crédit, les nouveaux crédits étant supérieurs aux anciens crédits venant à échéance ;

  • La création et la circulation monétaire sont directement liées au fonctionnement de l’économie : elles sont endogènes l’économie. Il y a, en particulier, un lien direct entre l’offre de monnaie des banques et les besoins de financement du secteur productif (les entreprises). La création monétaire est déterminée par le niveau de l’activité économique. Par leurs prêts, les banques permettent aux entreprises d’anticiper sur leurs revenus à venir. Elles partagent de ce fait les risques pris par les entreprises et qui sont liés à l’incertitude du futur. Les banques et la création monétaire jouent donc un rôle actif dans le développement de l’activité économique : la monnaie n’est pas neutre.

Cette conception de la monnaie et de son rôle dans l’économie est à l’opposé de celle défendue par la théorie quantitative de la monnaie

[i]Extraits du livre de Dominique Plihon « La monnaie et ses mécanismes »[/i]
Je ne comprend pas ce qui est extrait, ce qui est commentaire ou ce qui est votre avis... Pourriez-vous ajouter un formatage qui fasse la distinction ?
[i]Extraits du livre de Dominique Plihon « La monnaie et ses mécanismes »[/i]
Je ne comprend pas ce qui est extrait, ce qui est commentaire ou ce qui est votre avis... Pourriez-vous ajouter un formatage qui fasse la distinction ?
Tout ... mais je reformate...

Salut,

il manque l’état, la sécurité sociale et les collectivités territoriales alors qu’ils gèrent quand même 50% du PIB :wink: Soit la moitié de l’économie, je ne pense pas que ce soit négligeable au point de les oublier quand on schématise la circulation de la monnaie dans l’économie !

Ensuite il me semble qu’il n’y a pas grande différence dans les rapports entre les particuliers et les banques et entre les entreprises et les banques.
Les particuliers aussi empruntent et remboursent, et les entreprises aussi ont des comptes de dépôt et besoin de moyens de paiement.

Et quid de la finance, il parait qu’une grosse part de la monnaie se perd dans des flux financiers.

Et puis la banque centrale ?

Enfin je me doute que vous vouliez simplifier et que votre schéma n’avait pas la prétention d’être exhaustif, mais est-ce que cela n’aiderait pas mieux à comprendre ?

@Sandy
Tout à fait exact, d’ailleurs Plihon signale plus loin qu’il faut compléter ce circuit par deux agents supplémentaires (l’Etat et le monde extérieur).
Mais il n’y a qu’un seul producteur de monnaie en haut de la pyramide: les banques (la Banque Centrale ne crée pas de monnaie secondaire et la monnaie fiduciaire qu’elle émets est toujours achetée par de la monnaie scripturale issue de crédits)
L’Etat a une fonction de perception (et de redistribution totale) sur tous les agents, et il ne crée pas de monnaie nouvelle .
Plihon avait écrit ce chapitre pour montrer que le cycle financement, production, consommation , épargne , destruction de la monnaie était primordial dans l’économie, mais surtout pour aboutir à la conclusion que la théorie quantitative (le niveau des prix a pour seule cause la masse monétaire) était erronée puisque selon elle la monnaie est « neutre » (elle n’agit pas sur le niveau de production et des échanges)

l'argent palpable.
Veux tu dire "la monnaie manuelle" (fiduciaire donc billets et pièces )?
Oui, alias monnaie centrale

Les mots simples de tous les jours …

(((Mais cette conversation étant enfouie dans la nuit des temps, il ne serait pas raisonnable de la relancer ;))))

@Ana
En zone euro y a 800 milliards de « monnaie palpable » :wink: (je pense qu’il vaut mieux utiliser le terme reconnu de « monnaie manuelle » (ou monnaie fiduciaire) en circulation ou thésaurisée.
Je ne pense pas qu’on puisse parler de rareté surtout qu’il existe des tas de possibilité de s’en passer (C.B., chèques, prélèvements automatiques, TIP, ordres bancaires, ), sauf pour ceux, bien sur , qui n’ont pas de compte bancaire.

Je ne pense pas qu’il soit utile d’augmenter la quantité de monnaie fiduciaire, par contre je pense qu’il est indispensable de restreindre l’échelle des revenus et le pouvoir d’achat en augmentant les plus bas et diminuant les prix du logement par une grande politique de construction et de réhabilitation financé par émission monétaire centrale (sans intérêts).
Mais il faudrait aussi commencer par simplifier le "mille feuille " administratif (c’est ce que pensent toutes les association qui s’occupent de logement social)

Plihon avait écrit ce chapitre pour montrer que le cycle financement, production, consommation , épargne , destruction de la monnaie était primordial dans l'économie,
Primordial dans le système monétaire actuel décrit par ce document, qui est un détournement manifeste d'un système monétaire par les banquiers, à travers une centralisation, qui est à l'opposé de la nature fondamental d'un système monétaire, qui est un contrat réciproque entre tous les citoyens.
mais surtout pour aboutir à la conclusion que la théorie quantitative (le niveau des prix a pour seule cause la masse monétaire) était erronée puisque selon elle la monnaie est "neutre" (elle n'agit pas sur le niveau de production et des échanges)
En centralisant la création monétaire au niveau des banquiers privés, qui en disposent alors en abondance, le système actuel crée une pénurie artificielle au niveau des citoyens, parce qu'ils doivent eux acheter leur monnaie, qui pourtant leur appartient de droit. En cas de pénurie artificielle, la monnaie joue son facteur limitant des transferts économiques.

Il faudrait maintenant tester une monnaie équilibrée (cf post #2098 pour la définition), créée par les citoyens entre eux, pour vérifier expérimentalement que sans pénurie artificielle des unités de monnaie, chacun peut entreprendre en toute liberté, augmentant naturellement les niveaux de production et les débits des flux de marchandises et de services.

diminuant les prix du logement par une grande politique de construction et de réhabilitation financé par émission monétaire centrale (sans intérêts).
Une émission de monnaie répartie sur les citoyens aurait un bien meilleur résultat à la source de ce problème, car l'augmentation du prix "apparent" des biens durables n'est qu'une conséquence directe de l'inflation monétaire (ie 800% depuis 1980..), ie de la création de monnaie annexée par les banquiers privée.

Si la création monétaire est répartie sur les citoyens, ou plutôt garde son origine citoyenne naturelle, ils ont le revenu compensant l’augmentation des prix, qui n’est alors plus un problème.

ils ont le revenu compensant l'augmentation des prix, qui n'est alors plus un problème.
Allons, allons... :rolleyes: l'offre étant très inférieure à la demande, les prix augmenteront en conséquence; le "pouvoir d'achat" ne s'améliorera pas.
ils ont le revenu compensant l'augmentation des prix, qui n'est alors plus un problème.
Allons, allons... :rolleyes: l'offre étant très inférieure à la demande, les prix augmenteront en conséquence; le "pouvoir d'achat" ne s'améliorera pas.
Je raisonne en ordre de grandeur : l'augmentation de la masse monétaire a été de plus de 800% entre 1980 et 2008.

Quelle a été l’augmentation du niveau de prix du bâtiment ? Le différentiel avec l’inflation monétaire sera l’influence de la rareté, à la louche.

En l’absence de ce chiffre, je vois autour de moi pléthore de logements vides, et je pense que la notion de rareté sur le logement est marginale dans l’augmentation de leur prix, d’autant que la technique de construction amène des prix de construction tout à fait capables de faire baisser très vite une rareté localisée, d’autant plus si chacun avait reçu sa part de monnaie créée (17 000G€/330Mcitoyens=48000€/citoyen environ) et si la pratique de l’intérêt était bannie.

Pour le logement il n’est pas évident que se soit une grande politique nationale qui soit le meilleur avenir. Ouvrons l’accès à la terre, construisons nos cabanes près de nos champs, il suffirait de quelques règles concernant « l’écologie du bâtiment » pour que cela soit viable.

Pour le logement il n'est pas évident que se soit une grande politique nationale qui soit le meilleur avenir. Ouvrons l'accès à la terre, construisons nos cabanes près de nos champs, il suffirait de quelques règles concernant "l'écologie du bâtiment" pour que cela soit viable.
Tout à fait d'accord, mais l'un n'empêche pas l'autre. Je pense trois choses principales - le prix des terrains constructibles doit être bloqué au prix des terrains agricoles ou guère plus... et dans les zone urbaines à forte densité il faudra peut être faire du démembrement (terrain/construction) - les normes sont actuellement si couteuse qu'il faut une aide (don) de l'Etat pour toute construction neuve et réhabilitation. - taux d'intérêt zéro évidemment...

Oui les normes actuelles!
Avec quelques mètre cube de bois, des ballots de paille de l’argile et une petite équipe de travailleur ont fait des cabanes très bien isolees, et si l’on a des goûts simples , pour quelques milliers d’euros.

Pour le logement il n'est pas évident que se soit une grande politique nationale qui soit le meilleur avenir.
Le logement n'est qu'un des symptômes du détournement monétaire base du système économique actuel. Il ne sert à rien de se focaliser sur chaque symptôme successivement, il faut régler la source du problème.

Pour reprendre les chiffres actuels :

Dans le système actuel, certains citoyens ont reçu 17T€ ie 48K€/citoyen de dettes qu’ils doivent rembourser, et doivent payer autant en intérêt sur 20 ou 30 ans, et les banquiers ont reçus les 17T€ de monnaie correspondante qu’ils ont distribué selon leur volonté politique, et reçoivent les intérêts avec les quels ils peuvent acheter tout ce qu’ils veulent sans travailler. Ce mécanisme induit un transfert de richesses de 34T€ ie 96K€ par citoyen depuis les citoyens vers les banquiers, dont les citoyens ne disposent plus pour vivre ou investir, par exemple dans un logement.

Dans un système monétaire équilibré avec la même masse monétaire, les citoyens auraient créé 17T€ ie 48k€ par citoyen, et disposeraient ainsi de ce montant en plus des 34T€ ie 96K€ de travaux/richesses qu’ils n’ont pas eu à verser aux banquiers.

Le différentiel entre les 2 scénarios pour les citoyens est finalement de 51T€ ie 144k€/citoyen. Ce montant distribué à chaque citoyen aurait certainement changé leur vie.

Mais surtout l’absence de cumul de ces montants dans les mains des banquiers privés les privent du pouvoir exorbitant de financer ce qui les arrange et en particulier les industries centralisées, les industries médiatiques d’influence de masse et les élus.

Oui les normes actuelles! Avec quelques mètre cube de bois, des ballots de paille de l'argile et une petite équipe de travailleur ont fait des cabanes très bien isolees, et si l'on a des goûts simples , pour quelques milliers d'euros.
:):):):) L'histoire des trois petits cochons, véritable propagande pour le béton, a fait énormément de mal à la conscience écologique :):):):)
Plihon avait écrit ce chapitre pour montrer que le cycle financement, production, consommation , épargne , destruction de la monnaie était primordial dans l'économie,
Primordial dans le système monétaire actuel décrit par ce document, qui est un détournement manifeste d'un système monétaire par les banquiers, à travers une centralisation, qui est à l'opposé de la nature fondamental d'un système monétaire, qui est un contrat réciproque entre tous les citoyens.
mais surtout pour aboutir à la conclusion que la théorie quantitative (le niveau des prix a pour seule cause la masse monétaire) était erronée puisque selon elle la monnaie est "neutre" (elle n'agit pas sur le niveau de production et des échanges)
En centralisant la création monétaire au niveau des banquiers privés, qui en disposent alors en abondance, le système actuel crée une pénurie artificielle au niveau des citoyens, parce qu'ils doivent eux acheter leur monnaie, qui pourtant leur appartient de droit. En cas de pénurie artificielle, la monnaie joue son facteur limitant des transferts économiques.

Il faudrait maintenant tester une monnaie équilibrée (cf post #2098 pour la définition), créée par les citoyens entre eux, pour vérifier expérimentalement que sans pénurie artificielle des unités de monnaie, chacun peut entreprendre en toute liberté, augmentant naturellement les niveaux de production et les débits des flux de marchandises et de services.


Cela n’a rien avoir.
Ce qui fait la rareté de la monnaie pour certains citoyens, c’est qu’une minorité des citoyens se l’accapare en très grosse quantité et n’en ayant pas besoin pour leur propre consommation, la font se perdre dans des cycles de flux financiers non productifs.
Donner la création monétaire aux citoyens ce serait vraiment n’importe quoi, déjà que le donner aux banques privées c’est n’importe quoi, ce serait encore pire. La création de monnaie ne doit pas être soumise à des intérêts privés, dans aucun cas, elle doit servir l’intérêt général et la collectivité.

Oui les normes actuelles! Avec quelques mètre cube de bois, des ballots de paille de l'argile et une petite équipe de travailleur ont fait des cabanes très bien isolees, et si l'on a des goûts simples , pour quelques milliers d'euros.
:):):):) L'histoire des trois petits cochons, véritable propagande pour le béton, a fait énormément de mal à la conscience écologique :):):):)
En même temps quand tu vois les maisons de bois s'envoler au premier petit ouragan ... Bon les ouragans ne sont pas courant sous notre climat, mais avec la dérégulation du climat on ne sait jamais.

J’ai longtemps habité un village en bourgogne avec une halle en ossature bois du XII siècle.

Oui les normes actuelles! Avec quelques mètre cube de bois, des ballots de paille de l'argile et une petite équipe de travailleur ont fait des cabanes très bien isolees, et si l'on a des goûts simples , pour quelques milliers d'euros.
:):):):) L'histoire des trois petits cochons, véritable propagande pour le béton, a fait énormément de mal à la conscience écologique :):):):)
En même temps quand tu vois les maisons de bois s'envoler au premier petit ouragan ... Bon les ouragans ne sont pas courant sous notre climat, mais avec la dérégulation du climat on ne sait jamais.
Mes illusions sont des truites.