07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Croissance et PIB

Merci à Jean Bayard d’avoir bien voulu commenter, sous le sujet « monnaie », ma remarque concernant le rôle de la croissance. Je réponds sur le nouveau fil PIB ouvert par AJH et me réserve de revenir ici s’il y a lieu.

Cordialement. JR

Bonjour AJH, vous avez dit plusieurs fois qu’il fallait redonner aux états le pouvoir de création monétaire et vous avez montré un graphique qui simulait en fait l’évolution de la dette si jamais aucun intérêt n’avait été payé.

Est-ce que tout type d’emprunt par l’état auprès de sa banque centrale serait autorisé comme le suggère ce graphique ? Ou est-ce que vous voulez que ce pouvoir soit limité ?

Si vous voulez le limiter, cela voudrait-dire qu’un certain nombre de ces emprunts continueraient de donner lieu à des intérêts.

Le remboursement de la dette dépendrait fortement des proportions entre emprunts auprès de l’état et emprunts avec intérêts non ?

Bonjour Sandy

Ce que nous souhaitons c’est que toute la monnaie ( demande de crédit des ménages, des entreprises ou des collectivités) soit émise par la Banque Centrale qui percevrait ainsi tous les intérêts de la monnaie émise.

A défaut, c’est l’annulation de l’article 104 du Traité de Maastrischt, lequel interdit aux banques centrales (nationales et BCE) de prêter aux Etats.

Sachant que le reproche immédiat qui nous est fait est celui de « la planche à billet » ( ceux qui soulèvent cette objection oublient souvent qu’actuellement ce sont les banques commerciales qui la font tourner, ou considèrent que les collectivités, devant emprunter avec intérêt auprès des marchés financiers seront de ce fait économes des deniers publics ), nous préférons dire que les emprunts auprès de la BCE ou des BCN doivent être limités à des utilisations d’investissements (en excluant donc le « fonctionnement », qui correspond en gros aux salaires, consommables et amortissements, lesquels doivent donc être financés par les recettes fiscales).

Il faut remarquer que le montant emprunté annuellement est en gros l’équivalent des intérêts à payer, mais aussi l’équivalent de la Formation Brute de Capital Fixe (les investissements), sans pouvoir évidemment dire si l’emprunt complémentaire annuel, qui devient donc l’équivalent d’un complément de recettes pour les collectivités publiques, est affecté à l’un ou à l’autre, ou même au payement des salaires de la fonction publique.

En fait, toutes choses restant égales par rapport au budget public actuel, celui ci serait en équilibre si nous n’avions pas d’intérêts à payer sur les emprunts passés ou, s’il faut continuer à payer ces intérêts (un peu plus de 40 milliards par an) les emprunts auprès des BC (affectés à l’investissement) ne creuseraient pas la dette (nous nous devrions à nous mêmes puisque la BCN est une structure qui appartient à la collectivité)

Ai-je répondu ?

Oui mais je ne comprend pas :rolleyes:

En fait vous feriez un transfert des emprunts normalement générés par les déficits vers le financement des investissements ?

@Sandy
En 2007:
Total des recettes des administrations publiques: 940 Md€
Total des dépenses: 991 Md€
Solde négatif: - 51 Md€

Sont compris dans les dépenses:
FBCF=Formation Brute de Capital Fixe (investissements): - 62 Md€
Intérêts payés - intérêts reçus (solde): - 48 Md€

Si les administrations publiques pouvaient emprunter auprès de la BC (donc sans intérêts ou avec des intérêts qui lui reviennent puisque payés à la BC) [b]il suffirait d'emprunter 62 Md€ au titre de la FBCF pour pouvoir, sur le budget général, payer les intérêts (48) sans augmenter les impôts, et affecter 14 milliards (soit 62 - 48) au remboursement du capital de la dette[/b]...

Et à combien estimez-vous que ce remboursement du capital de la dette affectera le montant des intérêts à payer chaque année dans le budget ?
Et surtout comment vous faites pour l’estimer ? :confused:

[b]Comment rembourser la dette?[/b]

Que cela nous plaise ou non, nous voilà avec une belle dette sur le dos dont il va bien falloir faire quelque chose. Est-il envisageable de s’en débarrasser ?

Nous le disons tout net, tant que nous resterons ficelés dans le système actuel, il n’y a pas d’issue satisfaisante:

  • ou bien on laisse filer et dans ce cas le poids des intérêts ira croissant, nécessitant pour son paiement un prélèvement de plus en plus lourd sur les recettes fiscales, créant ainsi un transfert progressif de la richesse nationale sur les prêteurs

  • ou bien on rembourse progressivement le capital, mais pour que cela se traduise par un réel allègement de la dette, il ne faut plus creuser parallèlement le déficit, ce qui est actuellement le cas. Vous constaterez en effet que si d’un côté on affecte certaines recettes au remboursement de la dette, on continue par ailleurs à voter des budgets en déficit, nécessitant de nouveaux emprunts, de sorte que globalement, la dette ne s’arrête pas de grimper. Il faudrait donc et rembourser par tranches annuelles le capital, et continuer à payer les intérêts sur ce qui reste dû, et s’interdire tout déficit, ce qui correspondrait à priver la collectivité d’une bonne centaine de milliards par an si l’on veut éponger la dette en 25 ans.

D’autre formules existent sans doute, mais comprenons que nous sommes dans un système de vases communicants. Tout ce qui sera affecté à la dette, d’une façon ou d’une autre, sera autant qui sera prélevé sur l’ensemble de la population et qui ne lui sera pas redistribué sous forme de services ou d’infrastructures. Peut-être est-ce le but caché comme nous ne disions dans le chapitre relatif aux coulisses et enjeux de la dette, et tout le laisse croire, mais souhaitons que nous soyons dans l’erreur ou qu’un revirement de la pensée dominante, toujours possible, rende d’un coup populaire les théories que nous défendons.

Dans le cadre des propositions que nous avons exposées, il est possible de rembourser l’intégralité de la dette, sans que cela pénalise la société. De nombreuses formules sont possibles mais nous retiendrons ici deux options. Dans les deux cas que nous allons exposer nous avons pris les bases suivantes :

  • Nous partons d’une dette publique à rembourser de 1200 milliards d’euros, montant correspondant à ce qu’elle était fin 2007.

  • Les recettes fiscales restent constantes.

  • Nous fixons l’inflation à 2%

  • Nous admettons un taux d’intérêt moyen applicable à la dette de 4 % pour les prochaines années.

  • 60 % de la dette sont détenus par des non-résidents, 40 % par des français. Lorsque l’État rembourse les français, ceux-ci sont censés payer des impôts directs et indirects sur les revenus générés par le paiement des intérêts. Nous considérerons donc que le remboursement net moyen des intérêts est équivalent à un taux de 3% annuel

Première option:

Recourir à une création monétaire annuelle qui représente les intérêts nets c’est-à-dire 3% de la dette, plus un montant constant annuel de 30 milliards d’euros de remboursement de capital.

Le calcul détaillé à l’aide du tableur ci dessous, sur les bases précitées, laisse apparaître que la dette serait remboursée en 28 ans :


Seconde proposition:

Nous partons ici d’une décision de création de 60 milliards d’euros par an. De même que dans la première suggestion, les intérêts nets représentent 3% de la dette annuellement, l’inflation est retenue à 2%, et les recettes fiscales sont constantes. Dans ce cas et comme le tableur ci-dessous l’indique, c’est en 22 ans que la dette pourrait être intégralement remboursée :
Vous noterez deux points importants:

[bgcolor=#FFFF99]- Le montant de monnaie centrale à créer ne dépasserait pas 60 milliards d‘euros.[/bgcolor] C’est tout à fait supportable compte tenu que la masse monétaire M3 est, pour la France, d’environ 1 800 milliards d’euros (1 700 milliards + 100 milliards environ en pièces et billets). La création monétaire centrale (et nouvelle) représenterait donc moins de 4% de la masse monétaire la première année (pourcentage qui serait décroissant au fil des années suivantes), alors qu’à ce jour la pente de création monétaire depuis 2001 est proche de 10% par an.

  • C’est moins la rapidité avec laquelle on pourrait se désendetter qui est remarquable que le fait de pouvoir le faire [bgcolor=#FFFF99]sans risque de récession pour l’économie réelle, sans appauvrissement de la population et sans affaiblissement de l’État.[/bgcolor]

EDIT le 29 juin suite aux objections justifiées de Sandy, et en attendant de pouvoir corriger le livre lors d’une prochaine édition espérée…

Bonjour,

Mais donc si j’ai bien compris tout repose sur l’idée que cette création monétaire n’aurait aucune conséquence néfaste, comme par exemple une augmentation de l’inflation.

Comment en être certain ?

Les monétaristes ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Monétarisme ) considèrent que l’inflation est « uniquement » un phénomène monétaire: au plus il y a de monnaie, au plus il y a d’inflation. Outre que cette position est très discutable (entre 2002 et 2007 il n’y pas eu d’inflation importante des biens de consommation alors que la quantité de monnaie augmentait de 10% par an) , ce que nous proposons ici n’est pas une augmentation de la masse monétaire « en plus » de l’augmentation issue de la création monétaire par les banques commerciales, mais un « remplacement » d’une monnaie portant intérêt pour l’Etat, par une monnaie sans intérêt.

Pour ma part, je pense que l’inflation est avant tout un phénomène de production insuffisante et d’inclusion, dans les coûts de production, des intérêts sur les besoins de financement des entreprises (chaîne de production et de distribution)

pourquoi retirez vous le paiement des intérêts du total de la dette chaque année ? ( excusez mes questions novices ^^ :wink:

pourquoi retirez vous le paiement des intérêts du total de la dette chaque année ? ( excusez mes questions novices ^^ ;)
:oops:

Pan sur le bec pour ma pomme!

Merci Sandy …

EDIT: j’ai modifié le 29 juin le message 3691 en fonction de cet échange constructif.

Merci pour vos explications, mais je ne comprends tjrs pas la façon dont on passe de 1140 à 1067… Vous dites que nous nous servons seulement d’une partie de cette création monétaire pour rembourser la dette, alors pourquoi enlevons nous la totalité de cette création monétaire à la dette restant due l’année suivante ?

Sandy
Compte tenu de vos objections tout à fait justifiées j’espère pouvoir corriger lors du prochain tirage du livre… de toute façon, encore merci pour votre remarque constructive. Je reformule et modifie donc mon message n°3691 du 26 juin pour ne pas perturber les lecteurs du forum.

oki merci =)

Autre flou pour moi ^^ Encore ! :stuck_out_tongue:
Vous expliquez que la masse de monnaie en circulation sert à faire fonctionner l’économie, ce qui aurait une incidence sur la croissance

Si nous passons de 12% de création de monnaie par an à 3,33 % ( 60M par an ) est-ce que cela ne va pas avoir une incidence néfaste sur la croissance ?

Pas de problème, c’est un plaisir jusque mercredi (après je prends quelques jours de repos :slight_smile: )

La comparaison sert justement à montrer que 3 à 4% de création monétaire, alors que nous tournons sur des bases de 10 à 12%, ne serait pas inflationniste. Mais bien évidemment, nous sommes ici dans une « utopie » dans laquelle la Banque Centrale aurait un véritable pouvoir sur la « quantité de monnaie » et non pas seulement, comme aujourd’hui, sur le seul taux d’intérêt (sauf à modifier les régles concernant les réserves obligatoires).

La proposition est ici de création de 60 M supplémentaires à destination des détenteurs de la dette et seule une partie se retrouverait sans doute, en tant qu’épargne cherchant à se placer, dans le circuit monétaire. Cette partie aurait pour conséquence que les banques commerciales auraient ainsi moins de monnaie nouvelle à créer et donc je pense (mais il faudrait faire des simulations pour lesquelles je n’ai pas toutes les données) que la quantité totale de monnaie nouvelle émise chaque année resterait probablement stable par rapport à ce qu’elle est actuellement (les autres paramètres restant stables, mais il faut dire qu’en ce moment c’est assez difficile de formuler des hypothèses: on a vu l’inflationne pas trop bouger pendant 5 ans et, sans qu’il n’y ait plus d’émission monétaire, bondir d’un seul coup depuis quelques mois, par l’effet du prix du pétrole, du à la soudaine prise de conscience de l’arrivée du « peak oil »)

PS: ceci dit, je ne suis pas devin non plus :slight_smile:

[bgcolor=#FFFF99]Dette : « dépenser plus pour pouvoir être réélu »[/bgcolor]

http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=41705

Lire les commentaires, au moins en diagonale…

[bgcolor=#FFFF99]Pour redonner à la monnaie son équivalence travail
et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise,
faut-il éliminer les spéculateurs ?..
[/bgcolor]

http://solutions-politiques.over-blog.com/article-19430509-6.html

Un article et des échanges intéressants…

[bgcolor=#FFFF99]« La dette publique »[/bgcolor]

par logan sur Agoravox :

http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=41389

Les graines commencent à germer…

:slight_smile:

Étienne… si les principaux partis politiques d’aujourd’hui arrivent à maintenir leur contrôle majoritaire sur le Parlement Européen dans les élections de 2009 et sont assez convaincants pour le reconvertir en Constituante Constitutionnelle avec leurs représentants en représentation majoritaire, voire absolue… ces graines qui commencent à germer seront des OGM Terminator! :frowning: