[b]Monnaie instrument comptable, rôle monétaire de l'"État", fonction redistributive (?) de la monnaie[/b]@bernardd (2070)
Merci pour ces nouveaux commentaires détaillés.
- J’admets que la monnaie est un instrument comptable : mais justement un instrument comptable sert à compter ce qui existe. Par conséquent je ne vois pas sur quelle base on attribuerait à tous, au départ, un crédit d’un même montant : ce crédit coit correspondre à un bien ou service que l’attributaire est en mesure de fournir. Le principe de l’égalité n’a rien à voir avec la monnaie.
Par contre, je verrais très bien que dans un système fondé sur l’égalité de partage chacun se voie attribuer au départ des biens et services d’égale valeur, en même temps que la somme en monnaie représentant la valeur globale de ces biens et services, de manière à en faciliter l’échange en fonction des préférences individuelles.
Même dans ce cas, la monnaie resterait un instrument comptable et non un bien en soi.
- "La monnaie est un remède à la peur de ne pas recevoir quand on ne connait pas les personnes éloignées : en ce sens, la monnaie est la comptabilisation de la non-fraternité."
Pourquoi ne serait-ce pas tout simplement le moyen d’établir de manière certaine, en faisant abstraction de l’espace et du temps, la valeur d’un bien et d’un service, ce qui permet de l’échanger facilement contre un autre ? Comment envisagez-vous le don gratuit sans monnaie ? Par exemple, si je suis coiffeur et veux faire cadeau d’une coupe de cheveux à quelqu’un qui habite à 10 000 km, est-ce qu’il faudra que je prenne l’avion pour donner mon travail ? Et d’ailleurs, avec quoi est-ce que je paierai l’avion ? Mille coupes de cheveux gratuites ?
La philosophie humaniste en tant que moyen de gouvernement ne s’accorde pas toujours avec la réalité.
- J’aurai dû préciser que par « État » j’entendais dans le contexte tout organisation publique (au minimum, une communauté de personnes opérant ensemble coutumièrement – par exemple les habitants d’un village) qui garantit ou même seulement reconnaît la monnaie.
Sans « État » au sens précédent, il n’y a pas monnaie mais simple échange de biens ou de services (troc). A coupe les cheveux de B qui lui donne en échange 1 litre de bon vin, et il coupe aussi les cheveux de C, qui lui tond la pelouse (pourvu qu’elle ne soit pas trop grande).
Qui dit « monnaie » dit « dénominateur commun de valeur » et autorité pour reconnaître ou garantir ce dénominateur – donc, dit « État ».
- Le droit de vote n’est pas un instrument comptable : c’est un droit qui s’exerce par une décision individuelle ; ensuite on compte les décisions individuelles pour arriver à la décision collective. Le contexte est tout à fait différent.
La monnaie n’est pas un « droit de vote économique », mais le moyen d’évaluer instantanément les biens et services à échanger – uhn instrument comptable, comme vous l’avez très bien dit.
- Ce qui crée le déséquibre, ce n’est pas la monnaie, mais l’inégalité de la répartition des biens et services entre les individus, représentés par la monnaie. C’est ce déséquibre qu’il faut corriger, et la monnaie instrument comptable permettra de voir si on y est arrivé.
Si la création monétaire est à l’origine d’un déséquibre dans la répartition des richesses, c’est qu’on manipule la monnaie et qu’on lui fait jouer un rôle non comptable qui n’est pas le sien.
Une monnaie citoyenne, comme tout autre monnaie, pourra être stabilisatrice, je veux bien : mais cela ne peut vouloir dire qu’une chose – qu’elle maintiendra les équilibres et les déséquilibres existants dans la répartition des biens et des services.
Le déséquibre, sauf manipulation de la monnaie, n’est pas dans la monnaie mais dans la somme de biens et de services dont dispose effectivement chaque individu. JR
Supermement dit bravo.
En effet, les déséquilibres ne viennent pas de la monnaie en elle-même, mais bien au minimum du système économique qui organise les échanges. Les plus gros déséquilibres se font au niveau des revenus de manière évidente, notamment par les déséquilibres de répartition des plus values dans les entreprises, mais aussi de fait dans les possibilités données à ceux qui ont beaucoup d’argent de le faire fructifier sans travailler, par diverses moyens de rentes ( dont le plus rentable est le trading ), par le système d’endettement et d’intérêts enfin. Bref ce qui fait la caractéristique de ce système économique ( la capitalisation ) est une des sources principales des déséquilibres. Et ce que je cite n’a rien d’exhaustif.
C’est donc le système économique dans son ensemble le problème, et pas juste le système monétaire, et encore moins la monnaie en elle-même.
Dans les nombreux d’exemples de monnaie « fondante » qui circulent sur internet, dans un premier temps j’ai forcément vu que c’est le but été convaincu que c’était donc le caractère « fondant » qui était important. Hors, après mure réflexion je me rend compte que cela peut aider mais que ce n’est finalement pas ça l’essentiel. Dans tous ces exemples l’essentiel c’est que cela commence toujours par redonner les moyens, sous forme de monnaie, à ceux qui ne les avaient plus, de pourvoir à leurs besoins et que c’est surtout ça qui relance toujours l’économie localement bien plus que le caractère fondant de la monnaie.
mais si en réalité de l’Euro on avait 1 million de personnes (banquiers privés et affiliés) qui se sont partagés la création des 16 millions de millions d’Euros appartenant de droit aux 330 millions d’européens, c’est bien sûr encore pire (ie 0,3%…).
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