Démocratie, adversité

Je réalise que n’ayant pas d’enfant, et prévoyant de ne pas en avoir, en fait je ne suis pas concerné par ce débat, et n’ai pas de légitimité pour y intervenir.

Vous avez bien dû avoir une expérience personnelle directe. Est ce l’école qui vous a inculqué les connaissances qui vous servent et l’esprit critique dont vous faites montre ? Si oui, vous avez tout à fait légitimité à montrer comment, et à imaginer comment faire que votre cas puisse être généralisable.

Je m’intéresse à certains des points abordés… mais ce n’est pas pour dénigrer les autres, n’est-ce pas !

Cette question du sens des mots me parait vraiment au cœur de beaucoup de discussions. Que met on derrière les mots « public » ou « privé », derrière « vérité », « démocratie » exécutif"…

Sans doute parce que beaucoup de mots ont vu leur sens détourné par les mondes médiatiques et politiques.
Voyez comment « démocratie » prend soudain un sens régénéré lorsqu’on écoute ce que dit Étienne.

Sans doute une constitution devra inclure un lexique précisant le sens des mots au moment de la rédaction, ne serait-ce que pour lever des quiproquos inévitables, présents ou futurs.

Songez que pour 90% des gens, démocratie = élection. Une idée fausse si répandue et ancrée qu’un gros travail s’impose déjà à nous pour rétablir le sens original dans l’inconscient collectif.

Voyez aussi une source de débats infinis : confondre la fin et les moyens.

La fin est un but à atteindre. C’est un idéal, une utopie.
Les moyens sont des actions organisées et coordonnées pour s’approcher autant que possible du but en un temps donné, et l’atteindre même si c’est à notre portée.

Puisque le système que nous voulons n’est pas encore ni bien défini ni bien explicité, peut-être est-il vain de se perdre en débats sur les moyens. Songez que l’opposition actuelle Privé / publique est le résultat de l’Histoire, et que dans les faits, les enseignants français du public et du privé émargent tous au budget de l’éducation nationale et appliquent les mêmes programmes, avec les mêmes objectifs et la même liberté pédagogique individuelle. Le clivage public / privé, c’est un artifice qui permet de déplacer tous les conflits entre les parents d’élèves et les institutions vers un autre conflit : entre le soi-disant public et le soi-disant privé.
ça permet de couper définitivement tout lien entre les citoyens et les commissions d’élaboration des programmes.
Si vous évacuez le conflit public-privé, vous vous approchez de la source du vrai problème : Il n’existe en France aucun débat public lors de l’élaboration des programmes scolaires !!!
On râle dessus après coups, on manifeste parfois, mais on n’imagine pas une seule seconde que n’importe quel citoyen devrait pouvoir y participer.

Je vous laisse méditer sur cet exemple, et vous interroger sur les innombrables conflits totalement artificiels et fallacieux qui nous sont imposés par les « détourneurs de langage » qui écrivent nos constitutions, lois et règlements.

Nous devons apurer nos mots, prendre le temps d’en indiquer le sens lorsqu’un mot est devenu polysémique (porteur de plusieurs sens différents) par suite de détournements sémantiques (transformation du sens par un usage impropre)…

Pour anticiper certaines objections, je précise qu’un programme, même national, n’a pas forcément à être verrouillé, figé dans ses modalités et ses contenus. De même qu’une constitution, il doit donner un cadre, imposer un certain nombre d’objectifs, donner des moyens d’action, des moyens de contrôle des actions menées et de leur résultats, et en déléguer la mise en œuvre à une ou plusieurs institutions compétentes.
Ensuite, entre en jeu l’inventivité individuelle, la liberté pédagogique, le dialogue prof-élève, prof-parents, etc.

On a vite tendance à vouloir tout prévoir, au lieu de prévoir de laisser les gens compétents faire leur boulot… et les profs en France à une écrasante majorité, savent faire leur métier, défendent des valeurs humanistes, travaillent sur le vivre ensemble et la formation de l’esprit critique…
On peut toujours souhaiter améliorer leur formation, le débat est évidemment ouvert.

Une fort intéressante page :slight_smile:

Je me focalise sur un seul point.

Puisque le système que nous voulons n'est pas encore ni bien défini ni bien explicité, peut-être est-il vain de se perdre en débats sur les moyens.
Oui, nous allons même jusqu'à l'affrontement, aussi marrant parfois que les bagarres au village d'Astérix. Et toujours au sujet des outils. Pas sur le fond. Car le fond n'est pas abordé, ou très peu. Normal puisque nous sommes tous démocrates (sauf erreur), autant les légalistes que les partisans de la démocratie réelle, autant que les rêveurs. Mais peut être serait il sage une bonne fois de débattre sur l'intention. Dire ce que nous voulons et non pas comment nous le voulons ni selon quel processus d 'impulsion.

Il est fort probable que si nous menions cette phase préliminaire à bien, tout un pan des solutions héritées de l’Histoire s’effondrerait comme inadapté à l’intention. Et ma certitude va plus loin, qui n’engage que moi : je suis persuadée que nous serions obligés de tout envoyer promener, et d’inventer neuf, radicalement neuf.

C’est pourquoi, autant sur le blog que sur le forum, j’ai glissé une incitation à réfléchir au « cahier des charges de la démocratie ».
Mais ça n’a eu aucun succès, même pas d’estime, car alentour le passionnel faisait rage :wink:
A moins que mon idée ne soit sotte et grenue.
Peut être faudra-t-il relancer.
Pas forcément sous ce titre, mais quand même avec en point de mire la définition de la fin, la fin purgée de la réflexion sur les moyens, … qui rend aveugle quand elle est précoce et imprégnée de passions culturelles.

C’est une question de méthodologie. Mais peut être le désordre est il meilleur procréateur que le séquentiel.

Le but de la démocratie ? La liberté !
Le seul régime où il n’y a pas lieu de se plaindre.

C’est déjà une réponse :wink:
euh, tu as une bonne définition de la liberté toi ?

L’autonomie ( pas l’autarcie hein ) . Quant il n’y a plus d’autorité extra sociale, dieu, état ect.

Bon.
Supprimons tout, l’état, la loi, toute autorité.
Et s’il me plaît de rouler à gauche ? On fait comment ?

Quand nous votons une loi ce n’est plus un acte d’autorité. Autonomie n’est pas anomie. Il y a la notion d’auto limitation dans celle d’autonomie. Nous sommes capables de collectif , je pense que la peur de la liberté est infondée.
Il y avait cette peur quand j’étais enfant, celle de ne plus pouvoir s’arrêter de compter, la peur de ma demeusure ! Je crois que nous saurons bien nous tempérer les uns les autres.

Bon d’accord il y a les tordus. On dirait que le système les sélectionnent pour arriver au pouvoir ! Je pense que bien dilué en démocratie ils seront inoffensifs. Le commun ne roule pas à contresens, mais ceux qui roulent à contresens dirigent le monde.
J’ai du mal à accepter notre supposée condition misérable, notre prétendue incapacité .

Bon
Alors votons des lois.
Mais ça ne répond pas à ma question (#24)

Quand nous votons une loi ce n'est plus un acte d'autorité. Autonomie n'est pas anomie. Il y a la notion d'auto limitation dans celle d'autonomie. Nous sommes capables de collectif , je pense que la peur de la liberté est infondée. Il y avait cette peur quand j'étais enfant, celle de ne plus pouvoir s'arrêter de compter, la peur de ma demeusure ! Je crois que nous saurons bien nous tempérer les uns les autres.
encore un pauvre ultra libéral, j'imagine que frigouret ne doit pas avoir connu beaucoup l'adversité pour prétendre une connerie pareille encore un nanti quoi de toute façon tous ceux qui veulent détruire l'état se rejoignent

Si tu cherches dès nantis, va plutôt faire la leçon à ton porte parole adoré. Melenchon gagne plus en un mois que ce que je gagne en un an, son patrimoine est trente fois supérieur au mien, sa retraite sera confortable alors que je me contenterai du minimum vieillesse si il existe encore dans 10 ans. Tout cela sans compter la penibilité de mon labeur .
Il me reste néanmoins la satisfaction de n’être pas devenu comme cet encatané de melenchon

Mélenchon ne propose pas, contrairement à toi, de donner la liberté aux renards d’entrer dans le poulailler.

Il a conscience de la lutte des classes / des conflits d’intérêts, et malgré le fait qu’il soit un privilégié, il défend le peuple contre l’oligarchie, les pauvres contre les riches et les travailleurs contre les capitalistes. Il a clairement choisit son camp.

Donc il faudra trouver une autre façon de te défendre.

Comme j’ai dis, finalement, tous ceux qui veulent détruire l’état, peu importe les raisons qu’ils invoquent, finissent tous par dire la même chose.

Quelle différence entre toi et les ultra libéraux ?

C’est sûr, sans lois et sans autorité qui les y oblige, les patrons vont certainement partager les fruits du travail collectif, on y croit :wink:

Nos ancêtres ont versé leur sang pour obtenir des droits, c’est à dire des lois qui protègent et mettent en oeuvre ces droits.

Et toi tu viens nous expliquer qu’en fait non il suffit d’abolir toute loi pour que tout le monde vive dans le meilleur des mondes.

Pauvre imbécile va.

Il ne défend pas le peuple contre les oligarques puisqu’il est lui même un oligarque. Depuis 35 ans il ne fait que ça de sa vie, être un oligarque, maire, sénateur, ministre, député c’est un pur produit de l’oligarchie. Bien sur l’oligarchie récompense un peu ses serviteurs, et donc il est devenu un petit ploutocrate. Avec ce CV de salarié permanent de l’oligarchie il est parfaitement ridicule de le confondre avec un symbole de l’émancipation prolétarienne. C’est un politicard parmi d’autres ni plus ni moins.

Il a conscience de la lutte des classes / des conflits d'intérêts, et malgré le fait qu'il soit un privilégié, il défend le peuple contre l'oligarchie, les pauvres contre les riches et les travailleurs contre les capitalistes. Il a clairement choisit son camp.
Effectivement, il a donné comme consigne à ses électeurs de voter Hollande, inconditionnellement. A chacun de voir si c'est le comportement d'une idiot ou d'un escroc. Quand on écoute Guillemin, on voit l'énorme différence entres les discours que l'élite sert au peuple, et sa correspondance interne, qui n'est que manoeuvre, entente et complot sur le dos de celui-ci. Un jour probablement on révélera la correspondance des élites actuelles, dont Mélenchon fait partie, et les gens comme toi tomberont de haut. Mélenchon est là pour "faire gauche", mais à la fin il reçoit son chèque des mains qu'il fait semblant de vouloir mordre devant les naïfs.
Il a conscience de la lutte des classes / des conflits d'intérêts, et malgré le fait qu'il soit un privilégié, il défend le peuple contre l'oligarchie, les pauvres contre les riches et les travailleurs contre les capitalistes. Il a clairement choisit son camp.
Effectivement, il a donné comme consigne à ses électeurs de voter Hollande, inconditionnellement. A chacun de voir si c'est le comportement d'une idiot ou d'un escroc. Quand on écoute Guillemin, on voit l'énorme différence entres les discours que l'élite sert au peuple, et sa correspondance interne, qui n'est que manoeuvre, entente et complot sur le dos de celui-ci. Un jour probablement on révélera la correspondance des élites actuelles, dont Mélenchon fait partie, et les gens comme toi tomberont de haut. Mélenchon est là pour "faire gauche", mais à la fin il reçoit son chèque des mains qu'il fait semblant de vouloir mordre devant les naïfs.
Je ne comprends pas ton raisonnement.

Au 2ème tour de la présidentielle il n’y avait plus que 2 candidats, l’un d’eux allait forcément devenir président, alors en quoi le fait que Mélenchon dise de voter contre Sarkozy est-il une escroquerie ?

Qu’est ce que tu veux dire en ajoutant « inconditionnellement » ?
Tu veux dire qu’il aurait du essayer de faire un chantage à Hollande ?

Mais dans quel but dans ce cas ? Et surtout avec quel mandat ???

Il ne défend pas le peuple contre les oligarques puisqu'il est lui même un oligarque. Depuis 35 ans il ne fait que ça de sa vie, être un oligarque, maire, sénateur, ministre, député c'est un pur produit de l'oligarchie. Bien sur l'oligarchie récompense un peu ses serviteurs, et donc il est devenu un petit ploutocrate. Avec ce CV de salarié permanent de l'oligarchie il est parfaitement ridicule de le confondre avec un symbole de l'émancipation prolétarienne. C'est un politicard parmi d'autres ni plus ni moins.
C'est un politicien professionnel oui, mais pas un oligarque. L'oligarque défend les intérêts de l'oligarchie. L'oligarchie est composée des riches, industriels et financiers, des médiacrates et de leurs amis politiciens, ainsi que de la horde de technocrates qu'ils emploient.

Mélenchon n’en a jamais fait partie, au contraire il s’est toujours battu contre ces gens.

Toi tu es forcément un nanti qui ne connait rien à la vie, c’est évident, sinon tu ne nierais pas la lutte des classes comme tu le fais.

Au 2ème tour de la présidentielle il n'y avait plus que 2 candidats, l'un d'eux allait forcément devenir président, alors en quoi le fait que Mélenchon dise de voter contre Sarkozy est-il une escroquerie ?
Analysons celà, car c'est très intéressant. Tu votes Mélenchon et soutient le Parti du Gauche (ou le Front de Gauche, on se perd un peu dans la terminologie). C'est donc bien que ta sensibilité de gauche ne se reconnaît pas, ou du moins pas entièrement, dans l'appareil, les valeurs ou le programme du PS. Evidement, elle se reconnaît encore moins dans des appareils, des valeurs ou des programmes de partis ou d'hommes de droite. Pour autant, alors même qu'il ne semble y avoir qu'une différence de degré entre ce qui te sépare du PS et de l'UMP, tu parles de "voter contre Sarkozy".

Ce n’est pas facile à expliquer, mais il y a là dedans une forme de sectarisme que je tiens à exposer. Dans ton approche des choses, qui est, je pense, celle de beaucoup de gens qui se disent de gauche, il y a comme une différence ontologique dans le traitement des opinions politiques différentes. Le fait de dire que tu « votes contre Sarkozy » traduit une mentalité sous-jacente assez étonnante, mais politiquement très parlante. C’est comme si le PS certes « était dans l’erreur » (dans le sens où tes valeurs ne s’y retrouvent pas entièrement), mais pouvait être sauvé, ou pardonné, alors que Sarkozy et la droite, eux, n’étaient pas récupérable. Un peu comme s’il y avait la gauche, qui a globalement raison malgré les errements, et la droite, ontologiquement en tort, dont il faut barrer la route à tout prix.

Cette « solidarité de gauche » montre une absolue décomposition de la conscience de classe. Car les élites, de gauche ou de droite, sont les élites, et partagent par nature des intérêts communs, de même que les prolétaires et les classes moyennes, de gauche ou de droite, sont ce qu’elles sont. Dans la société pyramidale dans laquelle nous vivons, la conscience de classe, c’est mettre à jour l’action de la gravité/oppression de strate à strate, qui s’exerce de haut en bas. Au contraire, l’esprit partisan, assez présent à gauche, pousse à faire croire que la pyramide est détaillée en bandes verticales, que le chômeur votant UMP, l’ouvrier votant UMP, le salarié votant UMP, l’enseignant votant UMP, le petit entrepreneur votant UMP, le cadre supérieur votant UMP, l’actionnaire votant UMP, et le magnat votant UMP forment un groupe relié par le vote à l’UMP, et respectivement pour chaque parti.

C’est ça, « voter contre Sarkozy »: demander à toute la partie gauche de la pyramide de s’arc-bouter contre la partie droite, sous prétexte que sinon ce serait l’écroulement généralisé. Ce sectarisme partisan va donc bien à l’encontre de la conscience de classe, au final, en n’autorisant qu’une lecture horizontale de la pyramide, alors que c’est verticalement qu’il faut la lire. Mélenchon, par son parcours, son discours, ses consignes de vote, a effectivement choisi son camp, et ce n’est pas la gauche: c’est le haut de la pyramide. Mais c’est tout à l’avantage de ceux qui sont en haut, et qui eux ont une réelle conscience de classe puisqu’ils savent la fragilité de leur condition de privilégiés, de faire croire aux strates d’en dessous au mythe d’une pyramide divisée en bandes verticales, car ça casse la solidarité naturelle horizontale de classe, d’où peut naître le germe de la fin de leurs privilèges. Encore, venant des partis de droite, ouvertement « champions » du patronat, de l’oppression, du conservatisme, ça a au moins le bénéfice de la cohérence, mais que les partis soi-disant de gauche entretiennent cette vision ne relève pas de l’escroquerie, mais absolument de la trahison.

Qu'est ce que tu veux dire en ajoutant "inconditionnellement" ? Tu veux dire qu'il aurait du essayer de faire un chantage à Hollande ? Mais dans quel but dans ce cas ? Et surtout avec quel mandat ???
Mais dis moi, la grève, c'est quoi sinon du chantage? Le chantage, c'est le nom que donne les gens bien comme il faut aux actions coercitives que leur subordonnés entreprennent contre eux pour en tirer quelques bénéfices. Dans l'autre sens, on appelle ça un "compromis". Si Mélenchon avait réellement été ce que tu sembles croire qu'il est, oui, cent fois oui il aurait exigé des garanties à Hollande sur certains point fondamentaux comme condition à son soutien politique et à une consigne de vote en sa faveur. Si Hollande avait alors été capable de négocier, de modifier son programme, de donner des gages à l'électorat de Mélenchon, alors vous auriez su que vous le teniez, et qu'alors voter pour lui en aurait fait votre débiteur. S'il avait refusé catégoriquement, il se serait démasqué comme le conservateur qu'il est, et ne valant pas mieux que Sarkozy une fois l'emballage "de gauche" retiré, et vous auriez du alors lui refuser votre vote et vous abstenir ou voter blanc.

Enfin, si on vivait en démocratie, mais on sait parfaitement que tout cela n’est que du mauvais théâtre: chacun a joué son rôle à la perfection, et alors que Hollande ne se donne même plus la peine de faire semblant de retarder ou de modérer l’application du programme d’austérité, revoilà Mélenchon qui sort de son trou, sans la moindre honte, comme s’il avait pu croire une seule seconde que Hollande allait faire le dixième de ce qu’il avait promis, et que son discours contre la finance était sincère. Et le revoilà à faire le pitre, jappant comme devant, droit dans ses bottes de menteur et de traître.

Je ne lui en veut pas à lui particulièrement, je déteste toute la classe politique. A mes yeux, seuls des hommes comme Jean-Marie Le Pen ou Georges Marchais se détachent de ce nid de vipères, ils ont quelque chose de la figure ancienne du héros. Ils ont servi les plans d’avancement des autres, certes, mais eux sont restés intègres, et n’ont pas pris part à cette comédie grotesque pour de l’argent ou des miettes de pouvoir. Ils n’ont pas réussi, c’est ce qui fait qu’ils meurent dans leur lit, mais un héros qui réussi est un héros qui meurt, d’ailleurs souvent trahi et abandonné: Jésus, Jeanne d’Arc, Robespierre, etc…

Au 2ème tour de la présidentielle il n'y avait plus que 2 candidats, l'un d'eux allait forcément devenir président, alors en quoi le fait que Mélenchon dise de voter contre Sarkozy est-il une escroquerie ?
Analysons celà, car c'est très intéressant. Tu votes Mélenchon et soutient le Parti du Gauche (ou le Front de Gauche, on se perd un peu dans la terminologie). C'est donc bien que ta sensibilité de gauche ne se reconnaît pas, ou du moins pas entièrement, dans l'appareil, les valeurs ou le programme du PS. Evidement, elle se reconnaît encore moins dans des appareils, des valeurs ou des programmes de partis ou d'hommes de droite. Pour autant, alors même qu'il ne semble y avoir qu'une différence de degré entre ce qui te sépare du PS et de l'UMP, tu parles de "voter contre Sarkozy".

Ce n’est pas facile à expliquer, mais il y a là dedans une forme de sectarisme que je tiens à exposer. Dans ton approche des choses, qui est, je pense, celle de beaucoup de gens qui se disent de gauche, il y a comme une différence ontologique dans le traitement des opinions politiques différentes. Le fait de dire que tu « votes contre Sarkozy » traduit une mentalité sous-jacente assez étonnante, mais politiquement très parlante. C’est comme si le PS certes « était dans l’erreur » (dans le sens où tes valeurs ne s’y retrouvent pas entièrement), mais pouvait être sauvé, ou pardonné, alors que Sarkozy et la droite, eux, n’étaient pas récupérable. Un peu comme s’il y avait la gauche, qui a globalement raison malgré les errements, et la droite, ontologiquement en tort, dont il faut barrer la route à tout prix.

Cette « solidarité de gauche » montre une absolue décomposition de la conscience de classe. Car les élites, de gauche ou de droite, sont les élites, et partagent par nature des intérêts communs, de même que les prolétaires et les classes moyennes, de gauche ou de droite, sont ce qu’elles sont. Dans la société pyramidale dans laquelle nous vivons, la conscience de classe, c’est mettre à jour l’action de la gravité/oppression de strate à strate, qui s’exerce de haut en bas. Au contraire, l’esprit partisan, assez présent à gauche, pousse à faire croire que la pyramide est détaillée en bandes verticales, que le chômeur votant UMP, l’ouvrier votant UMP, le salarié votant UMP, l’enseignant votant UMP, le petit entrepreneur votant UMP, le cadre supérieur votant UMP, l’actionnaire votant UMP, et le magnat votant UMP forment un groupe relié par le vote à l’UMP, et respectivement pour chaque parti.

C’est ça, « voter contre Sarkozy »: demander à toute la partie gauche de la pyramide de s’arc-bouter contre la partie droite, sous prétexte que sinon ce serait l’écroulement généralisé. Ce sectarisme partisan va donc bien à l’encontre de la conscience de classe, au final, en n’autorisant qu’une lecture horizontale de la pyramide, alors que c’est verticalement qu’il faut la lire. Mélenchon, par son parcours, son discours, ses consignes de vote, a effectivement choisi son camp, et ce n’est pas la gauche: c’est le haut de la pyramide. Mais c’est tout à l’avantage de ceux qui sont en haut, et qui eux ont une réelle conscience de classe puisqu’ils savent la fragilité de leur condition de privilégiés, de faire croire aux strates d’en dessous au mythe d’une pyramide divisée en bandes verticales, car ça casse la solidarité naturelle horizontale de classe, d’où peut naître le germe de la fin de leurs privilèges. Encore, venant des partis de droite, ouvertement « champions » du patronat, de l’oppression, du conservatisme, ça a au moins le bénéfice de la cohérence, mais que les partis soi-disant de gauche entretiennent cette vision ne relève pas de l’escroquerie, mais absolument de la trahison.


Pas dutout. D’abord il n’y a pas une différence de degré entre ce que je pense et le PS ou l’UMP, il y a vis à vis du PS une opposition sur l’essentiel des sujets, et vis à vis de l’UMP une opposition sur pratiquement tous les sujets. Le fait que l’on préfère à gauche, s’il nous reste seulement le choix entre Sarkozy et Hollande, d’éliminer Sarkozy, relève de la logique la plus élémentaire. On vote pour le moins pire à nos yeux et non pas pour des histoires d’étiquettes. Un exemple, c’est Sarkozy qui comptait réduire à néant le droit du travail, pas Hollande. L’idéologue est certainement celui qui essaie de faire croire que les deux candidats sont identiques. Les deux défendent l’oligarchie, mais l’un est plus modéré que l’autre, très largement. C’est cette même logique qui a vu les gens de gauche préférer Chirac à Lepen …
C’est tout naturellement que les gens votent pour le moins pire à leur yeux, c’est ce que n’importe quel être humain soucieux de l’intérêt général fera toujours quand on ne lui laisse plus le choix, parce qu’il essaie naturellement de sauver ce qui peut l’être plutôt que de laisser tout détruire sans intervenir.

Qu'est ce que tu veux dire en ajoutant "inconditionnellement" ? Tu veux dire qu'il aurait du essayer de faire un chantage à Hollande ? Mais dans quel but dans ce cas ? Et surtout avec quel mandat ???
Mais dis moi, la grève, c'est quoi sinon du chantage? Le chantage, c'est le nom que donne les gens bien comme il faut aux actions coercitives que leur subordonnés entreprennent contre eux pour en tirer quelques bénéfices. Dans l'autre sens, on appelle ça un "compromis". Si Mélenchon avait réellement été ce que tu sembles croire qu'il est, oui, cent fois oui il aurait exigé des garanties à Hollande sur certains point fondamentaux comme condition à son soutien politique et à une consigne de vote en sa faveur. Si Hollande avait alors été capable de négocier, de modifier son programme, de donner des gages à l'électorat de Mélenchon, alors vous auriez su que vous le teniez, et qu'alors voter pour lui en aurait fait votre débiteur. S'il avait refusé catégoriquement, il se serait démasqué comme le conservateur qu'il est, et ne valant pas mieux que Sarkozy une fois l'emballage "de gauche" retiré, et vous auriez du alors lui refuser votre vote et vous abstenir ou voter blanc.
Des garanties ? Tu veux dire le même genre de garanties que celles qu'Hollande avait donné en 2005 en signant un accord avec Mélenchon comme quoi le PS soutiendrait avec nous la voie référendaire en cas de nouveau traité européen ? Ces fameuses garanties qu'Hollande et le PS se sont empressés de trahir quand Sarkozy les a sifflé pour ratifier le traiter de Lisbonne par la voie parlementaire ? De quels accords tu parles ? Tu parles des accords comme ceux avec les verts qu'il a trahit aussitôt qu'il était signé en retirant arbitrairement du texte commun sans le leur dire tout ce qui gènait le lobby nucléaire ? Et tu parles de quel programme ? Ce programme qu'Hollande ignore et trahit chaque jour depuis qu'il est au pouvoir ? Hollande n'est pas quelqu'un digne de confiance, et le PS non plus ils l'ont largement prouvé depuis 2002. A partir du moment où se sont eux qui ont le pouvoir, tu peux demander toutes les garanties que tu veux, de toute façon, ils font ce qu'ils veulent, et tu n'as effectivement que la rue pour essayer d'entraver ce qu'ils font.

De plus tu es très mal informé, Hollande a refusé catégoriquement tout débat ou toute discussion avec le front de gauche, il l’a dit lui même et il l’a fait dire plusieurs fois par ses diverses porte paroles. Son programme était « à prendre ou à laisser », voilà ce qu’ils nous ont dit … Alors nous, et Mélenchon inclus, on a dit « on laisse ».

Est-il passé pour autant pour le « conservateur » comme tu le dis ? Visiblement non …

Tu fondes donc tout ton raisonnement sur des considérations extrêmement naïves et tu accuses sans rien savoir en fait de ce qu’il s’est réellement passé.

En réalité, si Mélenchon avait fait « chantage » pour obtenir je ne sais quoi. Le PS l’aurait accusé de vouloir faire gagner Sarkozy. Les gens de gauche n’auraient pas suivit Mélenchon, ils auraient quand même voté pour Hollande. Et si Hollande avait été battu, la réélection de Sarkozy aurait été mise sur le dos de Mélenchon.

Quand bien même nous aurions obtenu un accord, celui-ci aurait été trahit, comme celui signé avec les verts. Nous aurions donc été associé au programme du PS alors que nous nous doutions qu’Hollande allait se transformer en Hollandréou et appliquer les directives du FMI comme son homologue en Grèce.

Pire, si nous avions envoyé des personnes du front de gauche au gouvernement, nous n’aurions évidemment pas eu les postes clés, nous aurions donc du subir la politique du gouvernement PS tout en y étant associé comme partie prenante.

Dans ces 3 cas, le Front de gauche aurait été discrédité et tout notre espoir de changement réduit à néant. Voilà comment cela se serait passé.

C’est si nous avions signé des accords avec eux sachant pertinament qu’ils les trahiraient que tu aurais pu accuser Mélenchon d’être un rabatteur pour le PS.

Enfin, si on vivait en démocratie, mais on sait parfaitement que tout cela n'est que du mauvais théâtre: chacun a joué son rôle à la perfection, et alors que Hollande ne se donne même plus la peine de faire semblant de retarder ou de modérer l'application du programme d'austérité, revoilà Mélenchon qui sort de son trou, sans la moindre honte, comme s'il avait pu croire une seule seconde que Hollande allait faire le dixième de ce qu'il avait promis, et que son discours contre la finance était sincère. Et le revoilà à faire le pitre, jappant comme devant, droit dans ses bottes de menteur et de traître.
Il n'a aucune honte à avoir, il a défendu valeureusement nos idées et nous sommes devenus la 4ème force politique du pays, et il ne sort pas de son trou, il sort des vacances d'été ;) Il a été au Venezuela voir Chavez. Tes accusations se fondent sur du vent, sur des considérations qui n'ont aucun sens. Mélenchon défend les mêmes idées qu'au moment de la présidentielle, il ne joue pas un rôle, et si c'était le cas, expliques-moi quelle en serait la récompense ? Est-ce que Mélenchon est au gouvernement ? Est-ce que Mélenchon est député ? Le PS a fait battre Mélenchon à Henin Baumont au lieu de faire candidature commune contre Marine Lepen ... Drôle de façon de remercier leur soit disant rabatteur si talentueux.

Il y a la réalité, des tas de faits, tu choisis de les ignorer tous, pour substituer ta réalité, inventée, et basée sur des interprétations et des considérations bancales, est-ce réellement sain ???

Quel est son tort ? Il n’a pas agit naivement comme toi tu l’aurais fait, il a agit en responsable et sachant pertinament ce que l’on pouvait attendre d’Hollande et de toute sa clique … Quel crime !

Si on vivait en démocratie, on aurait le droit de révocation, et on l’aurait utilisé pour virer Sarkozy. Ainsi l’élection n’aurait pas été polluée par le rejet de Sarkozy, celle-ci se serait déroulée programme contre programme, le PS et Hollande n’auraient pas pu gagner en faisant de l’élection présidentielle un référendum anti Sarkozy comme ils l’ont fait, ils auraient été obligés de s’expliquer sur ce qu’ils proposaient. Mais nous ne sommes pas en démocratie. Et le seul moyen d’éliminer Sarkozy c’était le vote au second tour de l’élection présidentielle pour Hollande.

Je ne lui en veut pas à lui particulièrement, je déteste toute la classe politique. A mes yeux, seuls des hommes comme Jean-Marie Le Pen ou Georges Marchais se détachent de ce nid de vipères, ils ont quelque chose de la figure ancienne du héros. Ils ont servi les plans d'avancement des autres, certes, mais eux sont restés intègres, et n'ont pas pris part à cette comédie grotesque pour de l'argent ou des miettes de pouvoir. Ils n'ont pas réussi, c'est ce qui fait qu'ils meurent dans leur lit, mais un héros qui réussi est un héros qui meurt, d'ailleurs souvent trahi et abandonné: Jésus, Jeanne d'Arc, Robespierre, etc...
Bah voilà, si tu ressors les arguments du FN, ce n'est pas pour rien. Regardons ce qu'a fait le FN. Marine le pen n'a pas donné de consigne de vote. Et pourtant l'immense majorité des électeurs du FN ont voté pour Sarkozy. Tu sais celui qui a mis en place le traité de Lisbonne et qui a vendu la France aux américains. Est-ce que cette hypocrisie est une meilleure façon d'agir ?