4D Le droit de propriété doit respecter les autres droits fondamentaux (un droit des salariés sur l'entreprise où ils travaillent, par exemple)

D'accord à 99% sur l'ensemble du message mais parler de [i]part [/i]de propriété et de [i]partage [/i]du pouvoir c'est déjà privatiser la propriété commune, et le pouvoir, qui en fait partie. Une fois privatisée c'est fini, il y a des exclus. Ce qui est commun doit être [i]propriétisé[/i] [b]pour ne pas[/b] être [i]privatisé[/i]. Une propriété commune ne peut pas être cédée ou partagée parce que les générations futures aussi en sont propriétaires [b]indivises[/b]et que leur accord est alors nécessaire et ne peut par définition pas être acquis. La seule façon de protéger du capitalisme ce qui nous reste (et que nous n'avons pas encore identifié, et que le capitalisme identifiera avant nous) c'est de l'abriter par le droit de propriété, de transformer un [i]res nullius[/i] en quelque chose de sacré pour le capitalisme, et d'inappropriable par définition.
D'accord pour dire que le mot de part n'est pas le plus adéquat, notamment en ce qui concerne le pouvoir: dans ce cas, Castoriadis qualifie plus justement cette part de [b]possibilité de participation effective à tout pouvoir explicite existant dans cette société:il ne s'agit plus de propriété mais d'appropriation[/b]

Pour ce qui est de la propriété « physique », ce droit de participation effective à tout droit de jouissance se traduit forcément par un partage de propriété sur le terrain: je ne vois pas bien comment on pourrait le supprimer, ne serait-ce que pour protéger les droits à l’intimité et à l’autonomie auxquels chacun a droit. Et que le renouvellement des générations assure naturellement. Le problème ici n’est pas le droit de propriété mais la concentration de cette propriété par les mécanismes d’accumulation du capital.

Merci Bernarddo, pour ça :

[bgcolor=#FFFF99][b]la société néolibérale, loin de garantir la propriété privée, la nie en la réservant aux vainqueurs de la guerre qu'elle institue. La société moderne veut faire des ex citoyens des nomades apatrides de la gouvernance mondiale: les vainqueurs navigant entre leurs propriétés, les vaincus entre leurs villages de tentes.[/b][/bgcolor]

Bof …

« On siffle la fin de la partie : bobos contre beaufs, électeurs de nos chers professionnels ouinouins du socialisme, consommateurs flattés par notre verroterie High Tech, méprisants et indifférents à la liquidation des acquis sociaux de l’équipe adverse, les ouvriers beaufs, moustachus, fascisants. Tout le troupeau benêt retourne ensemble dans les CDD, RSA, chômage, temps partiel, bétaillères de la RATP, roulottes des nomades du bas. En levant les yeux au ciel ils peuvent admirer les jets des nomades du haut, notre hyper-classe de valets capitalistes (le plus beau est celui du DivinSexialisteKahn). Le soir, sur leur écran plasma ils peuvent regarder béat leurs gaudrioles branchées sur Canal, présentées de connivence parasite par nos bobos collabos médiatiques, ça les fait rêver. La liquidation sociale terminée, la grande famille des benêts est de nouveau réunie, C’est émouvant. » la Tribune des Seigneurs Capitalistes.

Mais ya beaucoup mieux :

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde ; je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils remplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant aux restant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche mais ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leurs jouissances et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leur plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C’est ainsi que tous les jours, il rend moins utile et plus rare l’usage du libre-arbitre. […]
Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses mains chaque individu ; et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule (lois qui imposent l’égalité des conditions, on peut penser aussi à des discriminations positives) ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêchede naître ; il ne tyranise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple. »
Tocqueville 1,5 siècle avant Xfactor.

Pour ce qui est de la propriété "physique", ce droit de participation effective à tout droit de jouissance se traduit forcément par un partage de propriété sur le terrain: je ne vois pas bien comment on pourrait le supprimer, ne serait-ce que pour protéger les droits à l'intimité et à l'autonomie auxquels chacun a droit. Et que le renouvellement des générations assure naturellement. Le problème ici n'est pas le droit de propriété mais la concentration de cette propriété par les mécanismes d'accumulation du capital.
Encore une fois il faut bien distinguer la propriété [b]privée[/b] de la propriété [b]commune[/b]. L'intimité, l'autonomie sont déjà possibles via la propriété privée (si le droit [b]à la[/b] propriété est effectivement garanti - et les déclarations d'intention de la DUDH ne suffisent pas). La propriété commune n'interdit pas l'[i]usus[/i] (bien au contraire, elle le garantit), mais l'[i]abusus[/i]. L'aliénation, la concentration, l'appropriation sont le même phénomène, qui est lié à l'[i]abusus[/i]. Il est nécessaire que ce qui est essentiel en soit protégé. La beauté des paysages est déjà attaquée, l'eau aussi, la capacité de renouvellement de la fertilité des sols aussi, la lumière du soleil et l'air viendront un jour.

[align=center][/align]

Le propriétaire anarchiste

80% des communes suisses n’ont pas de conseil municipal, l’helvète n’aime pas le corrompu hypocrite rose (qui devient même secrétaire par intérim). Il décide directement en assemblée communale. Il a le droit de proposer une loi fédérale ou de la réfuter par référendum d’initiative populaire. Toute grande décision budgétaire communale fait l’objet d’une « votation », c’est la loi. Normal, c’ est un propriétaire, il défend ses intérêts. Il a aussi une arme, c’est un citoyen, pas un sujet benêt assisté et peureux dans sa cage étatique ou il se sent protégé par ses ouinouins (voir la prestation du Roi du Benêtland « Moi Tarzan, Toi tétébenêt ! »). Les dictatures et les oligarchies ne veulent pas de citoyen, par crainte de la révolution ou pour assoire leur grande bienveillance étatique protectrice (« Moi karcher ! Moi donner à toi emploi ! »). La liberté suisse a impressionné à travers le monde (systèmes américains, référendum allemand). La démocratie c’est la propriété anarchiste. L’anarchie c’est l’ordre sans la puissance de l’ État central infantilisant.

Le Seigneur Capitaliste, pour maintenir ses privilèges ploutocratique, utilise la hiérarchie ouinouine des partis politiques sous influence des lobbies (voir le scandale des députés européens achetés pour proposer une loi), et sa propriété des médias (principalement par de la rétention d’information, ou sa déformation pour forger l’ opinion publique). La propagande en Suède, pour la forcer à rentrer dans l’Euro, en est un exemple flagrant (syndicats, patronat et tout parti unis !), mais qui a échoué … Un référendum est beaucoup moins influençable qu’ une élection, plus facile de pourrir une mare qu’ un océan, et le benêt sent que cette fois qu’ il a du pouvoir, même s’il est partagé avec des millions d’autres ; tandis qu’ une chèvre pourrait être élue sur une liste européenne. Le vote publique parlementaire est la clé de voûte de l’oligarchie ploutocratique, il oblige le parlementaire ouinouin a obéir à son parti (s’il veut être encore candidat officiel), donc aux Seigneurs. Un vote secret parlementaire serait incorruptible, comme un référendum.

Contrairement à ce qu’ il veut faire croire, le ouinouin politique n’est pas un grand expert, par exemple un certain ministre de l’ Éducation ne connaissait pas la règle de 3, beaucoup de ouinouins confondent effet de serre et trou de l’ozone (Sarkozy, Buffet), etc… Le sherpa haut fonctionnaire écrit en pratique les lois, sous les ordres de son chef ouinouin de l’exécutif. L’assemblée gaudillot est une annexe du gouvernement qui ensuite appuie sur un bouton. La nomination par décret des hauts fonctionnaire en lieu et place des concours « méritocratiques » et l’ autre scandale de la république des fromages.

La démocratie n’existe que chez les petits propriétaires, la classe moyenne. L’oligarque veut pouvoir continuer à pressurer le peuple, l’exclut plein de ressentiments, veut la dictature du prolétariat, la préemption de la maison de la mémé, l’impôt pour ceux qui ne sont pas aussi pauvres, un poste de fonctionnaire, bref que l’ État spoliateur l’assiste.

Le paysan ukrainien fût anarchiste, il tenta de défendre la propriété de son petit lopin de terre contre l’Armée Rouge et contre l’Armée Blanche. La Suisse, seul pays de citoyens, est conservatrice.

Les Beruriers Noirs :
http://www.youtube.com/watch?v=MBB7rfv0OOo

Nestor Maknho :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestor_Makhno
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestor

Eh bien je te comprends, c’est pas si souvent. Je ne sais pas si c’est pareil dans ta région, mais l’accession à la propriété pour les exclus est devenu quasi impossible dans ma région.

La propriété consécutive à un investissement personnel ( temps énergie argent ) peut être défendue.
(Quoique chez les amérindiens on puisse être gardien du lieu et non pas propriétaire - à développer)
Par contre le transfert aux héritiers a non seulement quelque chose d’injuste mais en plus c’est dangereux pour la démocratie par effet de création d’une « noblesse » de l’avoir.

Le bail emphytéotique est une solution et mériterait d’être mis en avant (constitution et DUDH)

L’attachement au bien du père est une chose à respecter. On pourrait penser à un droit de préemption.


Gloire à nos glorieux anciens à qui l’on doit la DUDH. Dont Hessel, pollinisateur des consciences. Mais, en un temps donné, il est difficile de s’extraire de la pensée ambiante et historique de ce temps. C’est pourquoi le droit à la propriété n’a pas été mis en doute en 1948, j’imagine. Il y avait aussi une allergie au communisme.
L’article 23 n’est pas mal non plus, qui sans en avoir l’air et en filigrane favorise la fonction salaire du travail au détriment de la fonction participation. Donc fait ressortir le besoin de toucher des sous au détriment du bonheur de participer au bien commun. Assez grave car c’est une dérive psychiatrique de l’espèce, si j’ose.

Ce serait intéressant de fouiller pour détecter ceux de nos textes et celles de nos valeurs qui « coincent ».

Besoin aussi de bien distinguer valeurs et principes.

Une valeur est à mon sens liée à l’empathie : si quelqu’un d’autre que moi est privé d’un droit-valeur, j’en souffre par empathie. Tandis qu’un principe ne serait qu’un choix organisationnel.

Besoin aussi d’intégrer la notion de « plasticité » des valeurs, au fil du temps.

Ana

Salut. Peut-être: l'usufruit individuel. Puis définir des normes. Habitation:150M2 Bois:2 hectares Etc.

La constitution garantie à chaque citoyen le droit à l’usufruit .Les limites de ce droit sont définis par la loi.Ce droit est librement transmissible.Tous biens non affecté par ce droit est communautaire.


?

Et bien sur ces droits étant définis par les communes .

La propriété consécutive à un investissement personnel ( temps énergie argent ) peut être défendue. (Quoique chez les amérindiens on puisse être gardien du lieu et non pas propriétaire - à développer) Par contre le transfert aux héritiers a non seulement quelque chose d'injuste mais en plus c'est dangereux pour la démocratie par effet de création d'une "noblesse" de l'avoir.

L’attachement au bien du père est une chose à respecter. On pourrait penser à un droit de préemption.


Votre post montre bien à la fois l’importance et l’ambiguîté de toute réflexion sur la propriété.

Je suis d’accord sur la vision amérindienne de la propriété, en substituant le terme de gestionnaire (actif) à celui de gardien (passif), et donc en opposition avec vous sur l’héritage que je pense au contraire nécessaire pour autonomiser ses successeurs, mais à une condition:

Faire le distinguo (ce que les lois peuvent faire sans problème), entre le revenu légitime, fruit de son travail, tiré de sa propriété, qu’elle ait été transmise ou acquise, et lerevenu illégitime tiré, sans travail, d’une propriété LUCRATIVE, qu’elle ait été acquise ou transmise, le revenu de l’actionnariat.

A partir de là, les choses deviennent claires, et permettent de transmettre la propriété aux héritiers (ou nouveaux embauchés quand il s’agit de la propriété des moyens de production) sans aucun droit, puisque ceux-ci ne peuvent tirer un revenu de leur propriété suffisant pour vivre, sans travail effectif, ce qui les incite à poursuivre l’oeuvre sur la propriété, ou à entreprendre quelque chose de nouveau en cédant ces droits de propriété qui leur sont devenus inutiles.
L’autre volet de cette vision de l’héritage est que l’argent du défunt (non investi) doit être entièrement redistribué à la collectivité.

Trois corollaires sont obligatoires dans ce système:

  • l’euthanasie de l’actionnaire, par sa mise hors la loi
  • la redistribution intégrale des éventuelles plus-values.
  • l’encadrement des loyers à la valeur des travaux nécessaires pour le maintien des biens en leur état physique.

« Voilà des années que je me sers de mon nez. Puis-je démontrer que j’y ai un droit réel ? » Schiller

La propriété consécutive à un investissement personnel ( temps énergie argent ) peut être défendue. (Quoique chez les amérindiens on puisse être gardien du lieu et non pas propriétaire - à développer) Par contre le transfert aux héritiers a non seulement quelque chose d'injuste mais en plus c'est dangereux pour la démocratie par effet de création d'une "noblesse" de l'avoir.

L’attachement au bien du père est une chose à respecter. On pourrait penser à un droit de préemption.


Votre post montre bien à la fois l’importance et l’ambiguîté de toute réflexion sur la propriété.

Je suis d’accord sur la vision amérindienne de la propriété, en substituant le terme de gestionnaire (actif) à celui de gardien (passif), et donc en opposition avec vous sur l’héritage que je pense au contraire nécessaire pour autonomiser ses successeurs, mais à une condition:

Faire le distinguo (ce que les lois peuvent faire sans problème), entre le revenu légitime, fruit de son travail, tiré de sa propriété, qu’elle ait été transmise ou acquise, et lerevenu illégitime tiré, sans travail, d’une propriété LUCRATIVE, qu’elle ait été acquise ou transmise, le revenu de l’actionnariat.

A partir de là, les choses deviennent claires, et permettent de transmettre la propriété aux héritiers (ou nouveaux embauchés quand il s’agit de la propriété des moyens de production) sans aucun droit, puisque ceux-ci ne peuvent tirer un revenu de leur propriété suffisant pour vivre, sans travail effectif, ce qui les incite à poursuivre l’oeuvre sur la propriété, ou à entreprendre quelque chose de nouveau en cédant ces droits de propriété qui leur sont devenus inutiles.
L’autre volet de cette vision de l’héritage est que l’argent du défunt (non investi) doit être entièrement redistribué à la collectivité.

Trois corollaires sont obligatoires dans ce système:

  • l’euthanasie de l’actionnaire, par sa mise hors la loi
  • la redistribution intégrale des éventuelles plus-values.
  • l’encadrement des loyers à la valeur des travaux nécessaires pour le maintien des biens en leur état physique.

Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! à mourir de rire ce forum !

ad reges potestas omnium pertinet, ad singulos
proprietas ; omnia rex imperio possidet, singuli dominio

( le roi est propriétaire, car lui seul peut user et disposer de « tout »)


« Le libéralisme politique qui me soumet à l’État, le socialisme qui me subordonne à la Société, et l’ humanisme […] qui me réduit à n’être plus qu’un rouage de l’humanité ne sont que les dernières incarnations du vieux sentiment chrétien qui toujours soumet l’individu à une généralité abstraite; ce sont les dernières formes de la domination de l’esprit, de la Hiérarchie. […] Ma propriété est ce qui est en mon pouvoir; mon droit, s’il n’est pas une permission que m’accorde un être extérieur et « supérieur » à moi, n’a d’autre limite que ma force et n’est que ma force. Mes relations avec les hommes, que nulle, puissance religieuse, c’est-à-dire extérieure, ne peut régler, sont celles d’égoïste à égoïste : je les emploie et ils m’emploient, nous sommes l’un pour l’autre un instrument ou un ennemi. » Max Stirner
‹ L › Unique et sa propriété’ 1845
http://classiques.uqac.ca/classiques/stirner_max/unique_propriete/Stirner_unique_propriete.pdf

Pathétique, le Yéti!!

Pourquoi donc n’a-t-il pas le cynisme qui sied à sa philosophie ?

Pourquoi donc n’a-t-il donc pas reconnu et rejoint le seul Unique qui triomphe, celui qui chasse en meute, le Marché?

« Là où elle est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des liens féodaux qui unissaient l’homme à ses supérieurs naturels et n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt tout nu, le dur « paiement comptant ».
Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de l’exaltation religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la mélancolie sentimentale des petits-bourgeois. Elle a dissous la dignité personnelle dans la valeur d’échange et substitué aux innombrables libertés reconnues par lettres patentes et chèrement acquises la seule liberté sans scrupule du commerce. En un mot, elle a substitué à l’exploitation que voilaient les illusions religieuses et politiques l’exploitation ouverte, cynique, directe et toute crue.
La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités tenues jusqu’ici pour vénérables et considérées avec une piété mêlée de crainte. Elle a transformé le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, l’homme de science, en salariés à ses gages. » Karl Marx et Friedrich Engels, dans Le Manifeste du Parti Communiste.

« Ni aujourd’hui ni jamais, la richesse ne suffit à classer un homme, mais aujourd’hui plus que jamais la pauvreté le déclasse. » Charles Mauras

Merci pour toutes ces réponses qui progressivement écartent du sujet, hélas.
Dans la DUDH, il y a deux articles qui un peu plus que d’autres retiennent mon attention : Ils concernent le droit au travail, et le droit à la propriété. Non pas qu’ils soient irrecevables dans le contexte de 1948 et dans le contexte présent. Bien au contraire. Mais mon sentiment est que comme d’autres grands principes ils inhibent la possible émergence vers un nouveau paradigme, encore plus élevé que celui qui anima les rédacteurs il y a 63 ans.
Je trouverais enrichissant d’en débattre.

il y a une incohérence fondamentale entre la démocratie, qui par définition donne un pouvoir égal, et la propriété, qui par définition donne un pouvoir absolu

à propos de nouveau paradigme, je crois que c’est Philippe Derruder qui évoque la société d’abondance…
dans un contexte d’abondance, est-il encore nécessaire de parler de travail et de propriété ?
si l’activité ‹ professionnelle › consiste à aller spontanément (et avec plaisir ?) participer à des projets, que ce soit sous forme de main d’oeuvre ou de matière grise, la notion de ‹ travail › perd le sens qu’on lui donne aujourd’hui
de même pour la notion de propriété (cas actuel d’une location type tel ou anciennement minitel, par exemple), en particulier si on l’associe à la pérennité des biens matériels dans un contexte de suppression de l’obsolescence programmée (la fonction de base reste opérationnelle à long terme, on peut éventuellement changer la coquille, l’esthétique)
hors la propriété de ce coin de ‹ repli › qu’on nomme ‹ chez soi ›, où j’ai plus de mal à imaginer ça :frowning:

Le droit de propriété n’est pas absolu

Les deux déclarations (1789 et 1948) et le droit français prévoient l’expropriation dans l’intérêt public moyennant indemnisation équitable. De plus, l’exercice du droit de propriété peut être soumis à des limitations ou des servitudes – toujours dans l’intérêt public.

Ce qui me paraît tout à fait bien.

Tant que le droit de propriété figure dans une déclaration approuvée par les représentants du peuple ou le peuple directement (la constitution de 1958 a été approuvée référendairement), il n’est pas possible de soutenir qu’il y incompatibilité entre ce droit et la démocratie. La démocratie est le gouvernement de la majorité, et rien d’autre.

Penser à d’autres paradigmes pour le droit de propriété et pour le droit au travail, pourquoi pas ? Lesquels, par exemple ? JR

non
l’apport des lumières c’est justement d’avoir su identifier qu’il y a des domaines de notre existence où même le pouvoir issue de la volonté générale du peuple n’a pas le droit de s’imiscer, ce sont les droits fondamentaux, sans quoi celui-ci deviendrait aussi tyranique que n’importe quel pouvoir monarchique ou despotique
donc la démocratie n’est pas la tyranie d’une majorité
la majorité peut très bien fixer des lois qui sont injustes, et dans ce cas le devoir des citoyens est d’y désobéir et de les abroger
la scrutin majoritaire peut en effet servir à identifier la volonté générale, et ainsi donner le pouvoir à un groupe de personnes pour appliquer leur volonté, mais en face la démocratie met en place tout un tas de contre-pouvoirs pour sanctionner ce pouvoir au cas où celui-ci deviendrait abusif, il ne s’agit donc pas de donner les pleins pouvoirs à cette majorité

ce n’est donc pas parce que nos ancêtres ont fait de la propriété un droit fondamental qu’ils avaient raison
nos ancêtres étaient loin de toute façon de vouloir établir une démocratie
au moment où ils ont voté la déclaration de 1789, leur choix se portait vers une monarchie constitutionnelle
et ils n’avaient certainement pas l’expérience que nous avons 200 ans plus tard du capitalisme

par exemple partir du principe que l’expropriation doit être compensée par une juste compensation, c’est partir du principe que les propriétés de chacun sont légitimes à la base
alors que nous savons très bien que ces propriétés, par exemple au niveau du partage des terres, sont d’abord le résultat de l’histoire, de guerres, de violences, et qu’elles ont été pour la plupart constituées par la force, ou par des régimes politiques et de succession eux même illégitimes vu que donnant des privilèges à certains et aucun droits à d’autres ?
où est la légitimité à ce niveau ?

la propriété c’est le pouvoir absolu
si c’était vraiment compatible avec la démocratie, alors pourquoi au fur et à mesure que les aspirations démocratiques progressent dans toutes les sociétés du monde, celles-ci se voient toujours obligées de restreindre cette propriété en donnant de plus en plus de droits aux travailleurs et en mettant de plus en plus de normes, de règles, de contraintes qui limitent le pouvoir des propriétaires des entreprises ?
aujourd’hui ce pouvoir des propriétaires n’est plus vraiment absolu, et malgré tout combien de cas d’abus de pouvoir à travers le monde ? de harcèlement physique ou moral ? de licenciements abusifs ? d’exploitation etc ?

non la propriété est incompatible avec la démocratie

elle a toujours existé dans les sociétés humaines, mais dans les sociétés primitives par exemple, elle a toujours été marginale comparé à tout ce qui était partagé et mis en commun
on retrouve cet état primitif dans le cercle social de la famille
malgré toute l’idéologie individualiste qui ronge notre société, cette idéologie a beaucoup de mal à détruire ce que les liens d’amour construisent naturellement

dans une démocratie la propriété devrait vraiment être réduite à son strict minimum, comme c’était le cas dans une société primitive, comme c’est le cas dans une famille
montesquieu nous apprend que les successions jouent un rôle essentiel dans les régimes politiques, dans une démocratie les successions doivent servir non pas l’accumulation et les inégalités mais le partage et l’égalité

une démocratie doit donc avant tout identifier ce qui est collectif et politique ( et donc ce qui doit satisfaire aux principes d’égalités des droits et à l’égale participation aux décisions fondamentaux dans une démocratie ) et ainsi ce qui est du domaine de la propriété privée, c’est à dire le stricte minimum, ce qui est personnel, rien qui ne puisse permettre d’avoir un pouvoir sur qqun d’autre

elle [la propriété] a toujours existé dans les sociétés humaines, mais dans les sociétés primitives par exemple, elle a toujours été marginale comparé à tout ce qui était partagé et mis en commun on retrouve cet état primitif dans le cercle social de la famille
j'acquiesce à 100% je ne crois pas que ce soit rétrograde que de reconnaître combien ceux qu'on appelle 'primitifs' ont à nous apprendre... ce qui ne veut pas pour autant dire de revenir vivre dans des huttes ! mais pour ce qui est de l'entr'aide au sein du groupe ou inter-générationnelle, de la santé préventive et curative, par exemple, il n'y a pas photo !

Il y a même des langues dans lesquelles le verbe avoir n’existe pas :

on ne dit pas ‹ j’ai un arc › mais ‹ je suis avec un arc ›

(( digression : le pronom possessif ‹ mon ›, lorsqu’on l’emploie par exemple dans l’expression ‹ mon fils › peut signifier non pas que l’on possède mais que l’on est responsable de. ;;; de même quand on dit ‹ mon job ›, le pronom prétendu possessif peut signifier qu’on est esclave …))

ceci dit, je relance l’idée du bail emphytéotique qui est vraiment intéressante (propriété sans émergence de dynastie)