32 Sortir de l'Union Européenne

Merci Gilles !

:slight_smile:

Est-ce que c’est réellement vrai cette histoire? Est-ce que c’est l’impossibilité pour un riche de mettre ses chiottes où il voulait qui est la cause de la dégradation dramatique des conditions de vies de millions de personnes? Parce que le pire, l’horreur absolue, c’est que ça pourrait être vrai. Et nous, impuissants, les poings serrés, les larmes aux yeux, on attend un Grand Soir qui ne viendra jamais.

http://www.youtube.com/watch?v=U_W0B6aUt3E

Le Guardian étant un journal que l’on peut considérer comme « sérieux », je crains fort que ce le soit : Vrai … Nous savons maintenant pourquoi des gens ont une vie de merde. :slight_smile:

Gilles continue à essayer de nous faire croire que c’est l’euro ( bref une monnaie commune ) le problème, alors que les pays européens qui ne sont pas dans la zone euro subissent les mêmes politiques et ces politiques ont les mêmes effets, pauvreté, chômage et accroissement des inégalités …
Pire on remarque la même évolution dans des pays non européens comme les Etats-unis ou la Chine en tête.

C’est un bel exemple d’aveuglement.

C’est ainsi que finalement on retrouve des gens comme Gilles qui se croient « rebels » sur la même ligne politique que ceux qu’ils devraient combattre. Car pour les financiers et les politiciens, faire de l’euro le bouc-émissaire, c’est en dernier recours un bon moyen de ne rien changer au système qui les enrichit tant et de conserver leurs pouvoirs.

[align=center]Pour les vrais maîtres de l’Europe, l’UE et l’euro sont des réussites…[/align]

à Gotfried et Patrick Flécheux au sujet de l’article de Greg Palast :

http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=20834#p20834

Nous sommes en présence d’un article du Guardian qui comme le souligne Patrick Flécheux est un quotidien sérieux et bien que le mécanisme anti-démocratique et anti-salariés de l’euro soit bien expliqué par cet article, cela ne nous empêche pas d’en critiquer certaines faiblesses, car il ne part que de du point de vue unique de Greg Palast, qui certes doit connaître Robert Mundell par l’intermédiaire de Milton Friedmann, mais ne nous donne pas les autres personnes impliquées dans la génèse de l’euro, ni l’historique du processus.

Il ne mentionne pas l’existence de Bernard Lietaer, un des architectes de la création de l’euro et bien que certaines personnes ne puissent pas supporter que l’on s’opposent à eux, comme l’indique l’article à propos de Robert Mundell, il semble un peu exagéré que cette motivation soit la seule à l’origine de la catastrophe ( pour les simples citoyens ) qu’est l’euro.

Pour le rôle joué par Bernard Lietaer voir ici :
http://duckduckgo.com/?q=Bernard+Lietaer+euro+fr

L’article de Bernard Cassen sur le même sujet est plus équilibré :

http://www.medelu.org/Pour-les-vrais-maitres-de-l-Europe

Modification du 22 septembre : nuances rajoutées sur l’article de Greg Palast

Lien vers le début de l’article de Jean-jacques Rosa

Lien vers la partie précédente

[align=center]L’euro et la dislocation du projet européen ( IV ) [/align]

                                      [align=center][color=darkblue][b][size=12]Par Jean-Jacques Rosa[/size][/b][/color][/align] 

                                           [align=center][color=darkslateblue][b][size=12]Octobre 2011[/size][/b][/color][/align]

Pour aller plus vite, lire le texte intégral de Jean-Jacques Rosa ici :

http://jeanjacques.rosa.pagesperso-orange.fr/Euro%20Korinman%20Oct%202011.pdf

[align=center]LE FÉDÉRALISME FURTIF DES ÉCONOMISTES PROCHES DU FRONT DE GAUCHE[/align]

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

[font=verdana][color=#111100][size=9] Le 2 octobre 2012.

Dans un texte récemment publié (repris sous une forme réduite et légèrement modifiée dans Le Monde daté du 3 octobre), des économistes proches du Front de gauche, d’Attac, de la Fondation Copernic et de la gauche de gauche en général expliquent leur rejet du Traité budgétaire européen. Ce Traité, à juste titre, ne doit pas être ratifié, et nous avons tous manifesté dans ce but le 30 septembre dernier. Mais son rejet ne doit pas être simplement motivé par les seules raisons avancées par ces économistes. De la même manière, les solutions qu’ils envisagent pour faire face à la crise ne se trouvent certainement pas dans le fédéralisme qu’ils préconisent sans le dire ouvertement.

Les signataires font l’impasse sur les origines fondamentales de la crise et sa raison principale : l’euro lui-même ! Plusieurs causes qu’ils identifient sont parfaitement justes, comme par exemple les politiques fiscales néolibérales, les aides publiques aux banques et à l’activité économique ou la déréglementation financière. Mais ils n’évoquent pas tout ce qui relève des responsabilités de la monnaie unique. Or il faut le dire et le redire, l’euro est la cause principale de la crise dans la zone euro. Et c’est en se débarrassant de l’euro et en reprenant notre indépendance monétaire que l’on créera les conditions pour résoudre la crise.

Deux conditions essentielles sont nécessaires au bon fonctionnement d’une monnaie unique partagée entre plusieurs pays. La première est un accord fondamental sur le projet de société et par conséquent sur les politiques économiques – donc monétaires et budgétaires – qui permettront de le mettre en œuvre. La seconde condition est une forte proximité des économies de ces pays. À défaut d’une telle proximité, des clauses précises de transferts de ressources doivent être prévues entre les pays les plus développés et les pays les moins développés. Aucune de ces conditions n’était réunie au moment de la création de l’euro, la situation est pire aujourd’hui. La politique monétaire unique menée dans des pays ne partageant pas le même projet politique et aux économies disparates a provoqué une aggravation des inégalités entre ces pays.

Ces économistes ne remettent pas en cause les soubassements « théoriques » ayant conduit à la création de l’euro et à sa gestion par une banque centrale européenne « indépendante » : l’article 120 du traité de Lisbonne (« Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources... »). Toutes les politiques menées par l’Union européenne reposent sur ce mythe. C’est la raison pour laquelle la « libéralisation » des marchés de capitaux a été organisée au sein de l’UE, notamment par des directives, afin de construire un marché financier mondialement intégré.

Du coup, il fallait que l’euro concurrence le dollar. La « construction » européenne a donc été subordonnée à ce but : attirer vers les marchés financiers européens les capitaux libres recherchant à l’échelle de la planète une rentabilité maximale et à très court terme. C’est cet objectif qui explique la poursuite systématique d’une politique de taux de change élevés, appuyée sur des taux d’intérêt supérieurs à ceux des États-Unis. [b][bgcolor=#FFFF99]L’euro est le vecteur permettant la libre circulation des capitaux. Il n’est pas un « bouclier » anti-spéculation, il attire la spéculation ![/bgcolor][/b] Dès lors, pour compenser le renchérissement des produits fabriqués dans la zone euro face à leurs concurrents de la zone dollar et des pays émergents (en raison de l’euro « fort »), les entreprises de la zone euro ont été ainsi poussées à exercer une pression sans cesse croissante sur les coûts salariaux et sur l’emploi. Les délocalisations ont été encouragées par cette politique.

Un autre point aveugle du texte de ces économistes est le silence qu’ils observent sur la responsabilité des dirigeants allemands dans l’origine et l’aggravation de la crise. [bgcolor=#FFFF99]Le succès présumé de l’économie d’outre-Rhin, mesuré par ses excédents commerciaux colossaux (probablement 210 milliards d’euros fin 2012), repose en réalité sur une violente déflation salariale imposée aux travailleurs allemands pour améliorer la compétitivité et sur des délocalisations massives. Ces délocalisations vont dans les Pays d’Europe centrale et orientale (PECO), pays à monnaies faibles, les productions étant ensuite vendues dans la zone euro, monnaie forte, sous le label trompeur de Made in Germany. Il s’agit en fait d’un tour de passe-passe jouant sur les différences de coûts salariaux et de parités de change. L’Allemagne ne fait qu’exporter des importations et a besoin que l’euro soit « fort ». La plupart des autres pays ont besoin que l’euro soit « faible » car ils ont des déficits commerciaux et ne peuvent revenir à l’équilibre qu’en améliorant leurs exportations et en diminuant leurs importations, notamment celles venant d’Allemagne.[/bgcolor]

Cette politique agressive et non coopérative des dirigeants allemands créée des déficits commerciaux dans la plupart des pays de la zone euro qui expliquent une des principales raisons de la crise.[/color] Elle a accentué la désindustrialisation. Certains pays, pour y faire face, ont eu recours à l’endettement des ménages ou des États. Pourquoi masquer cette réalité ?

Le diagnostic erroné de ces économistes les conduit à [bgcolor=#FFFF99]des propositions naïves et inefficaces, fondées sur [b]un fédéralisme furtif[/b].[/bgcolor] Tel est le cas des cinq propositions qu’ils font : [bgcolor=#FFFF99]que la Banque centrale européenne « prête directement aux États pour des dépenses d’avenir » ; qu’elle finance « de manière sélective et à bas taux des organismes publics de crédit » ; une augmentation de budget européen ; la création d’un « fonds européen de développement social et écologique » ; un « contrôle de la finance ». La caractéristique de ces propositions est qu’elles gomment totalement l’échelon national. [b]Le message subliminal qui est alors délivré est le suivant : on ne peut rien faire à l’échelon national, seul l’échelon européen est pertinent. Il s’agit donc d’une démarche fédéraliste non clairement assumée et l’acceptation tacite de la fin de notre indépendance nationale[/b].

[/bgcolor]
On appelle fédéralisme, ici, le système politique fondé sur le transfert d’éléments de souveraineté des nations à une entité supranationale. Un tel système n’est pas condamnable par principe. Tout dépend de l’accord donné par les peuples sur le champ et le degré de ces transferts de souveraineté, et de la nature de l’entité supranationale qui en bénéficie.[bgcolor=#FFFF99] Les propositions de ces économistes ne sont associées à aucune procédure démocratique puisque le peuple n’est pas consulté sur le sujet.[/bgcolor]

[color=red][b]En outre ils laissent croire par leur mutisme que la concentration du pouvoir dans les mains de la Commission, du Conseil et de la BCE ne poserait aucun problème de démocratie.[/b][/color] C’est oublier un peu vite le caractère intrinsèquement anti-démocratique des institutions européennes et de leur fonctionnement. Comment peut-on sérieusement envisager de transférer à Bruxelles de nouveaux éléments de souveraineté nationale sans les associer à une démocratisation radicale des institutions européennes ?

[bgcolor=#FFFF99]Pour ces économistes, il semble aller de soi qu’il n’y a plus rien à demander à l’échelon national, et qu’il faut désormais se tourner exclusivement vers Bruxelles. Le gouvernement socialiste français doit se frotter les mains, puisque ces économistes de gauche et même d’extrême gauche viennent de l’absoudre de toute responsabilité dans le règlement de la crise. Le Parti socialiste devrait même soutenir ces propositions car elles n’ont aucune chance d’aboutir et ne constituent que de sympathiques vœux pieux.[/bgcolor] Comment, en effet, à court ou moyen terme, les Vingt-Sept pourraient-ils se mettre d’accord sur ces mesures ?

[color=red][b]Le poison fédéraliste contamine la gauche. Le texte de ces économistes alimente le brouillage entre la gauche et la droite.[/b][/color] Car là encore, de façon implicite, on en arrive à penser qu’il n’existe pas de conceptions différentes de la construction européenne entre la gauche et la droite, et que la construction européenne serait asexuée politiquement. De la même manière, on alimente l’idée qu’il n’y aurait qu’une seule politique monétaire possible (prêter directement aux États), et qu’elle ne serait ni de gauche, ni de droite.

[bgcolor=#FFFF99]Au total, les trois principes hégémoniques et exclusifs qui fondent le dogme de l’Union européenne - lutte contre l’inflation, concurrence « libre et non faussée », libre-échange - empêchent par nature la coopération, la solidarité et toute gestion politique de la zone euro.[/bgcolor] C’est pourquoi il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de « gouvernance » économique de la zone euro. C’est pourquoi les propositions de ces économistes ne pourront pas aboutir car elles nécessitent une modification des traités européens. Or, pour modifier ces traités, il faut l’accord unanime des vingt-sept pays membres. Est-il sérieux de laisser croire qu’un tel accord serait possible à brève échéance – car c’est à brève échéance qu’il faut juguler la crise – surtout pour adopter des mesures de gauche comme le contrôle de la finance ? Croit-on vraiment que les Vingt-Sept vont virer à gauche dans les quelques mois ou années qui viennent, rendant ainsi possible une révision progressiste des traités européens ?

On peut toujours égrener le catalogue des bonnes intentions et des mesures que les oligarques européens devraient prendre. L’exercice n’est pas totalement vain car on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais si on ne se contente que de cela, on ne fait que tourner des moulins à prières. Il faut admettre que le rythme des mobilisations sociales et des agendas politiques est propre à chaque nation, et qu’il n’y a pas nécessairement coïncidence entre les différents pays. Faudrait-il alors demander aux pays qui connaissent les dynamiques sociales et politiques les plus puissantes de ralentir pour attendre les pays qui éprouvent des difficultés de mobilisation ? Ce serait donner un coup de poignard dans le dos de ceux qui luttent avec le plus de vigueur. Ce serait également nier une leçon pourtant évidente de l’Histoire : des mobilisations, dans une entreprise ou un pays, peuvent avoir un caractère exemplaire, une vocation universelle, et susciter une généralisation de ces dynamiques.

[bgcolor=#FFFF99]Il est temps de reconnaître que si l’on veut vraiment sortir de la crise il sera nécessaire de sortir de l’euro et de l’Union européenne de manière unilatérale, pays par pays. Cette sortie doit s’accompagner du démantèlement des marchés financiers afin de changer la répartition des richesses entre capital et travail.[/bgcolor] Cependant, il ne faut pas écarter, non plus, l’hypothèse que les Vingt-Sept, confrontés à des contradictions insolubles, décident, la mort dans l’âme, de dissoudre la zone euro ou de transformer la monnaie unique en monnaie commune. Ou décident, en passant allègrement par-dessus le traité de Lisbonne, que la BCE prêterait directement aux États. Sur ce dernier point, il faut bien comprendre l’absence de pertinence de cette proposition. D’abord, elle avalise le transfert de souveraineté monétaire des nations à l’échelle européenne, privant ainsi la vraie gauche, au cas où elle parviendrait au pouvoir dans l’un des pays de la zone euro, d’un instrument majeur de développement économique et de contrôle des marchés financiers. On peut même ajouter qu’il n’est pas de politique de gauche possible sans maîtrise de l’instrument monétaire. Par ailleurs, même si la BCE achète directement la dette des États, cela ne changera rien aux déséquilibres structurels de la zone euro, le différentiel de compétitivité entre pays restera le même. En outre la BCE continuerait à contrôler les politiques économiques des États.

Les propositions de ces économistes sont des hypothèses très fragiles qui ne peuvent servir à fonder une orientation politique. Car si ces hypothèses ne se réalisent pas, ils n’ont rien d’autre à proposer. C’est bien la reconquête de l’indépendance nationale qui doit être au centre des mobilisations.[/size][/font]

Merci Gilles.

Jacques Sapir n’est pas d’accord non plus
http://russeurope.hypotheses.org/133

Néanmoins dans ce texte signé des 120 on trouve qque chose qu’on aurait pas lu dans un texte collectif il y a seulement 1 an (tant tous les économistes considéraient que ce n’est pas « bien »): " En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l’interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux Etats pour des dépenses d’avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal Reserve américaine."

Une conférence intéressante de Bernard Cassen

Sortir du Traité de Lisbonne :

À propos du #1428.
Le piège dénoncé par Étienne, à propos de la démocratie, consistant à nommer le probleme du nom de la solution, se reproduit ici avec le fédéralisme.
En fait le fédéralisme est la solution pour recouvrer la souveraineté populaire en la consacrant dès la base de nos organisations sociales. Alors que le >>fédéralisme<< évoqué dans cette article tient au contraire de la concentration sur une échelle continentale d’un pouvoir qui nous echappe de toutes manières.
On devrait plutôt se demander ce qui dans la logique de fausse représentation des états nations du XX ème siècle a put conduire à une telle situation.
Car enfin on peut bien chercher ce qu’était l’Eden supposé des temps pré européen ! Et si les crises économiques et politiques sont nées avec l’UE.

<< si je connus un temps de chien certes
C’est bien le temps de mes vingt ans
Cependant nous pleurons sa perte
Il est mort, c’était le bon temps >>

Le repli vers des formes non démocratique de pouvoir antérieur à l’UE devient le refrain des réactionnaires contemporains.

<< une fois qu’ils ont cassé leurs pipes
On pardonne à tous ceux
Qui nous ont offensé
Les morts sont tous des braves types >>

Une seule voie pour sortir de la dictature du lisier européen
dans lequel on coule :

[align=center][/align]

A moins de croire au grand destin politique d’Asselineau ou à la lotocratie :

[align=center][/align]

@ Frigouret,

[i]le fédéralisme est la solution pour recouvrer la souveraineté populaire en la consacrant dès la base de nos organisations sociales[/i]
Faut voir. Car, en un mot, la construction du fédéralisme par la base menace, à chaque étape, d'amener vers une forme d'union confédérale. Forme qui singe le fédéralisme mais qui est en fait antagoniste avec le fédéralisme... autrement dit avec l'État, a fortiori avec la souveraineté populaire.

Ce qui fait que l’habitant moyen de la région Rhône-Alpes reverse – mécaniquement et sans y penser – beaucoup d’argent à l’habitant moyen de tous les autres régions françaises (sauf la région parisienne), c’est précisément le fait que ce ne sont pas les représentants des régions (ou ceux des départements) qui, à Paris, écrivent les lois régissant le système de redistribution national. Ce sont des élus nationaux, qui ne représentent surtout pas une région ou une autre en particulier.

Le fait que l’euro (et l’UE dans son ensemble) soit intenable s’explique très bien ainsi. C’est la réunion des dirigeants des États membres qui dirige formellement l’UE, directement ou indirectement (ce qui ne contredit pas, au contraire, l’idée qu’en pratique ce sont les lobbies qui y font la « loi »). Or une instance ainsi composée ne votera jamais pour que l’Allemagne verse chaque année aux autres États membres l’équivalent de 8% de son PIB (voire plus) en compensation pour l’union monétaire. Et d’ailleurs, si un jour ils le faisaient, poussés par un gros coup de crise : primo, les dirigeants allemands, sous la pression des gros bonnets maison et avec l’argument imparable de la « contrainte extérieure », tenteraient alors de renvoyer la facture aux gueux (ceux qui auront déjà fait les frais de leur politique mercantiliste) ; pour la même raison, la mesure monterait les travailleurs allemands contre l’Europe, qui plus est contre l’idée d’une Europe capable de décider sans le gouvernement allemand… ; deuzio, si les représentants des États membres peuvent eux-mêmes remettre en question à tout instant « l’accord international » qui garantit la redistribution en question, c’est comme si, dans un match, l’un des joueurs réécrit lui-même les règles à sa guise en cours de parti, c’est le régime de l’arbitraire. Conclusion : l’Europe fédérale, c’est renvoyer chez eux les gouvernements… Bref, l’utopie pure et dure, et une tragique plaisanterie qui n’a que trop duré.

Diviser pour régner… et faire semblant d’unir pour diviser.

Bref. Le dilemme de la construction fédérale, c’est justement que l’échelon fédéral ne doit surtout pas être sous le contrôle des dirigeants (nationaux, régionaux, etc.) du niveau d’ « en-dessous ». Faute de quoi on obtient, pour notre malheur commun, un machin confédéral à la merci de tous les puissants. Or il n’est pas intuitif qu’il vaille mieux interdire à ses représentants de défendre nos intérêts dans une alliance à l’échelon supérieur… C’est ainsi qu’on se paluche, après des décennies, une Union européenne qui est un machin intergouvernemental à peine maquillé. Au bénéfice d’une poignée de puissants de France et de Navarre, et envers et contre tous les travailleurs.

Au Yéti,

t’es « climatosceptique » ? Beurk – encore un complotiste.

Je déconne, bienvenue au club… :wink:

«Nous voulons que chaque citoyen porte une responsabilité politique et refusons que quelques rares fonctionnaires politiques ou diplomates décident du sort de la grande majorité des citoyens. La foi dans la toute-puissance de l’État a malheureusement une longue tradition et continue à marquer de son sceau la pensée de politiciens européens, chez les socialistes de tous les partis. C’est pourquoi nous souhaitons ne pas nous intégrer à l’UE et à ses instances, quelles que soient les sympathies que nous puissions avoir pour ces pays et les habitants de ce continent. L’idée d’une UE organisée de manière centralisée et bureaucratique «du haut vers le bas» plaît aux socialistes et socio-démocrates. Le mot magique dangereux est en l’occurrence «l’harmonisation». Les socialistes souhaitent que la politique et l’administration décident de tout à un niveau le plus élevé possible et qu’ils décident par conséquent partout de la même façon. Ils souhaitent adhérer au plus vite à l’UE. Nous souhaitons en revanche que les décisions soient prises à un niveau le plus bas possible. C’est pourquoi nous nous battons pour une Suisse qui reste fidèle à elle-même et à ses valeurs que sont la liberté, l’indépendance, la démocratie directe et le fédéralisme. »
— Christoph Blocher UDC

La suisse salaire médian double du Benêtland, pas de pétrole, plus d’industrie / PIB, première en compétivité

Pourquoi : La caste est muselée par le référendum, et par les budgets décidés par « votations ». Et c’est pas des veaux …

[align=center][/align]

Au Yéti,

ta petite phrase de signature imaginairement attribuée à Nietzsche a probablement le mérite de faire réfléchir… Mais bon, il y a sans doute pas mal de messages que je ne comprends pas dans cette formule.

Quoi qu’il en soit, Étienne est un peu à cheval sur la syntaxe, ce qui fait partie du soin apporté au décor. Pourrais-tu STP corriger les coquilles : « il n’y eu » → « il n’y eut », et pas d’espace après l’apostrophe ? Merci par avance.

À PROPOS DE LA CITATION DE BLOCHER (#1436)

C’est assez troublant de voir des revendications ,qui seraient tout à fait révolutionnaires en france , portées par un parti conservateur en suisse.
Je note quand même que l’UDC se réclame de la démocratie directe mais se présente aussi à des élections à caractère représentatif , j’y vois une contradiction ( « il n’y a pas de milieu » comme disait Rousseau ) .
Je pense que ce parti de droite trouve suffisamment de garanties au niveau fédéral pour préserver un ordre social « bourgeois » pour promouvoir une démocratie directe locale qui ne porte pas sur des thèmes ( propriété des moyen de production par exemple) qui pourraient la déranger.
En somme c’est un peu la même question que nous posions il y a quelques semaines à propos d’Athènes ( pourquoi dans le cadre d’une démocratie directe , l’abolition des classes sociales n’advient pas ?). Il faut croire que ce qu’il y a de gouvernement représentatif en suisse constitue , comme à Athènes, un aréopage suffisamment puisant .
Mais malgré cela je prefererai de loin continuer de défendre mes opinions dans un cadre politique comme celui proposé par l’UDC, et contre l’UDC, tel est mon paradoxe.

Toujours est il que le texte de Blocher illustre bien deux conceptions du fédéralisme complètement antagonistes qui circulent aujourd’hui, l’une veut concentrer des pouvoirs dans une inaccessible Europe, l’autre tend à autonomiser des localités .

Je ne connaissais pas Bernard Lietaer et je ne connais toujours à peu près rien de lui.

Mais le lien indiquée par Gilles pointe sur une page de recherches…

… et j’ai lu, au hasard, la page d’entretiens indiquée en quatrième résultat de ladite recherche : on y trouve… une leçon très humaniste (et enrichissante) sur les vertus sociales et socialisantes des monnaies parallèles et dénonçant la captation d’intérêts et l’instabilité inhérentes au système de création monétaire par le crédit bancaire ! Génial. Comment donc ce mec peut-il avoir contribué à créer l’euro, antithèse parfaite de ce qu’il promeut dans ces entretiens ?

Gilles, tu pourrais nous indiquer un lien plus précis ?

« CHEZ NOUS L’OPPOSITION C’EST LE PEUPLE »

[align=right]
Blocher UDC
(le parti qui n’ a rien à voir avec les veaux benêts)[/align]

[align=center][/align]

« L’État helvète consomme 35% de sa richesse nationale. Au Benêtland c’est 56%. Qu’est-ce que l’État benêt fait de plus avec ses dépenses supplémentaires ? Rien, si ce n’est qu’il engraisse sa caste, les capitalistes via l’Etat Maman-Argent, l’immigration bétonneuse, et l’EuroReich. » Extrait ‹ La chute du Benêtland › Ed. Nabab

Jacques Sapir n'est pas d'accord non plus http://russeurope.hypotheses.org/133

Néanmoins dans ce texte signé des 120 on trouve qque chose qu’on aurait pas lu dans un texte collectif il y a seulement 1 an (tant tous les économistes considéraient que ce n’est pas « bien »): " En outre, cette crise est aggravée par le dumping fiscal intra-européen et l’interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux Etats pour des dépenses d’avenir, au contraire des autres banques centrales dans le monde comme la Federal Reserve américaine."


C’est Todd qui dénonçait l’imposture de la position contre le « protectionnisme » alors que dans une logique de concurrence, interdire le protectionnisme d’une façon, c’est simplement obliger les pays à faire du protectionnisme autrement. En l’occurrence, le dumping fiscal n’est qu’une forme de protectionnisme, jouer sur la valeur de la monnaie en serait une autre, jouer sur les salaires pareil. A chaque fois on cherche au pire à obtenir un avantage sur les autres, au mieux à essayer de se protéger de la concurrence agressive des autres pays. Et toujours on fait plus ou moins le jeu de la finance et des multinationales.

Le débat sur le protectionnisme est un faux débat. Tant que vous acceptez la logique de concurrence, alors vous acceptez que pour un gagnant il y ait besoin d’au moins un perdant.
Le vrai débat est entre la logique de concurrence et celle de la coopération.