32 Sortir de l'Union Européenne

Jacques
Mon message précédent…
Vous avez une sale habitude de déformer ce qui est écrit
La conclusion Natixis est claire:

// Nous voyons que les pays non-membres de la Zone Euro ont été plutôt mieux protégés que les pays de la Zone Euro à condition de ne pas s’être endettés en devises (cas de la Hongrie) :

  • les pays non-membres de la Zone Euro ont subi initialement une attaque sur leur taux de change mais ont évité ensuite la crise des dettes souveraines ;
  • les pays non-membres de la Zone Euro, avec la dépréciation de leur taux de change réel, ont connu une meilleure performance à l’exportation que les pays de la Zone Euro ; le crédit y a ralenti moins que dans la Zone Euro et les prix des importations n’y ont pas augmenté plus vite.
    //
[b]Constitutions (suite)[/b]

Pour la France, la solution est dans la constitution de 1958 :

– Toute loi (donc, toute loi de ratification d’un traité introduisant une constitution « extérieure ») peut être déférée au Conseil constitutionnel pour contrôle de conformité à la constitution française ;

– Si la loi (la constitution extérieure) est jugée non conforme à la constitution, soit cette loi sera rejetée, soit la constitution française sera révisée avant mise en application de la loi (de la constitution extérieure) ;

– La jurisprudence du Conseil constitutionnel reconnaît depuis longtemps la prééminence (priorité) de la constitution française sur tout autre texte, ce qui doit vous satisfaire ainsi que bernarddo.

Le problème d’incompatibilité (ou de hiérarchie) de deux constitutions, la nationale et celle d’une autre entité comme l’UE, étant ainsi réglé, non, ce n’est pas trop demander à un citoyen que de fonctionner simultanément sous deux constitutions visant des organismes différents.
JR


Sauf que l’histoire du référendum européen de 2005 s’inscrit dans un schéma différent que l’on pourrait écrire ainsi:

Si une loi (la Constitution extérieure) est rejetée par le peuple par voie référendaire, et si ce mode de rejet peut être jugé (en fait ? en droit ?) non démocratique par le Conseil Constitutionnel (organisme « démocratique » de membres cooptés) qui autorise une révision « ad hoc » de la Constitution pour permettre la mise en application de la loi,

alors, nous pouvons juger que votre affirmation

– La jurisprudence du Conseil constitutionnel reconnaît depuis longtemps la prééminence (priorité) de la constitution française sur tout autre texte

loin de nous rassurer, est une pure provocation envers les citoyens comme Gilles et moi.

bernarddo (10437) :

Le Conseil constitutionnel n’a pas eu à se prononcer sur le référendum de 2005 pour l’excellente raison qu’il ne s’estime pas habilité, en fait ou en droit, à passer jugement sur les décisions prises directement par référendum.

Vous voulez dire que le Conseil a eu tort d’admettre comme constitutionnel le recours à la procédure parlementaire (plutôt que référendaire), pour ratifier le traité de Lisbonne, traité conlcu trois ans après le TCE. Il reste (c’a été expliqué ici et ailleurs) qu’il ne s’agissait pas des mêmes traités, même si beaucoup de clauses étaient communes aux deux, et que la décision du Conseil concernant la ratification du traité de Lisbonne n’invalide en rien le rejet du premier traité par référendum.

C’est la vérité juridique reconnue par le Conseil. Au demeurant, j’ai dit et je répète que moralement et même politiquement il aurait mieux valu soumettre le traité de Lisbonne au référendum comme le TCE. Moralement, c’est évident ; politiquement, ça nous aurait évité 10 ans d’un traité constitutionnel (Lisbonne) bancal. JR

Jacques

[…]La conclusion Natixis est claire :

– Nous voyons que les pays non-membres de la Zone Euro ont été plutôt mieux protégés que les pays de la Zone Euro à condition de ne pas s’être endettés en devises (cas de la Hongrie) ;

  • Les pays non-membres de la Zone Euro ont subi initialement une attaque sur leur taux de change]mais ont évité ensuite la crise des dettes souveraines ;

  • Les pays non membres de la Zone Euro, avec la dépréciation de leur taux de change réel, ont connu une meilleure performance à l’exportation que les pays de la Zone Euro[/b] ; le crédit y a ralenti moins que dans la Zone Euro et les prix des importations n’y ont pas augmenté plus vite.


Oui, AJH, c’est entendu.

Remarquez toutefois que les deux premières conclusions auraient pu être rédigées comme suit sans en changer le sens objectif :

[i] – "Nous voyons que les pays membres de la Zone Euro ont été plutôt mieux protégés que les pays non membres qui se sont endettés en devises (cas de la Hongrie) ;

– Les pays membres de la Zone Euro n’ont pas évité la crise des dettes souveraines, mais ils n’ont pas subi auparavant une attaque sur leur taux de change". [/i]

(Ce qui signifie en clair que les pays membres ont évité la crise de la dette en dévaluant tandis que les pays membres ont subi cette crise parce qu’ils n’ont pas voulu dévaluer : c’est donc la politique de dévaluation ou de non-dévaluation qui est en cause, et non l’appartenance ou la non-appartenance à la zone euro.)

Pour ce qui est de la troisième conclusion, la future étude Natixis nous dira certainement pourquoi l’Allemagne, l’Autriche, et les Pays-Bas, membres de l’Eurozone, se sont très bien débrouillés sans connaître de dépréciation de leurs taux d’échange réels, contrairement aux États-Unis, à l’Islande et au Royaume-Uni, non membres de la zone.

On ne doit pas mettre sur le dos de l’euro les conséquences des pratiques financières scandaleuses et des politiques économiques erronées de ces derniers temps. Sortir de l’euro ne règlerait pas les problèmes de fond. JR

J.R.
La différence entre nous c’est que vous lisez ce que vous avez envie de lire… moi je lis ce qui est écrit :slight_smile:

AJH, si vous vous contententez de lire ce qui est écrit, vous vous exposez à des déconvenues : il faut lire aussi entre les lignes. JR

AJH, si vous vous contententez de lire ce qui est écrit, vous vous exposez à des déconvenues : il faut lire aussi entre les lignes. JR
Les vôtres ?

Aussi.

[bgcolor=#FFFF99]Prééminence de la Constitution française sur les traités ? Vraiment ?
PAS DU TOUT, AU CONTRAIRE :
[/bgcolor]

Jacques,

Ci-dessous, un extrait de mon analyse de 2005, encore tout à fait d’actualité, à mon avis :

[b]Préalable : Constitution ou traité ? [/b]

Quelle est la juste qualification de ce projet ?

Il faut rappeler ce qu’est une Constitution et pourquoi on entoure son élaboration de précautions particulières.

Une Constitution est un pacte passé entre les hommes et leurs gouvernants. C’est parce qu’ils ont signé ce pacte que les hommes acceptent d’obéir aux lois. C’est par ce pacte que l’autorité trouve sa légitimité. Ce pacte doit protéger les hommes contre l’injustice et l’arbitraire. Les principes dont on va parler servent à garantir que le pacte joue son rôle protecteur et que les hommes pourront le contrôler.

Le projet de Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE) est exécutoire sans limitation de durée, il s’impose sur presque tous les sujets essentiels à la vie des gens, sa force juridique est supérieure à toutes nos normes nationales (règlements, lois, Constitution), il met en place les grands pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) et il en règle les équilibres.

Le projet de TCE est donc, par nature, une Constitution, il fixe « le droit du droit ».

Les débats en cours montrent que ce préalable est au centre des réfutations. Je renforce donc mon affirmation par une citation d’Olivier Gohin, professeur à l’Université de Paris II : « Le nouveau Traité est une véritable Constitution dès lors qu’elle correspond à la définition matérielle de toute constitution : organisation des pouvoirs publics et garantie des libertés fondamentales, avec identification d’un pouvoir constituant (…) la nouvelle Union européenne réunit, dès à présent, les éléments nécessaires de la définition de l’État » .

[bgcolor=#FFFF99]De plus, la primauté du droit européen, même d’un simple règlement, sur l’ensemble du droit des États membres, même sur leur Constitution, est fortement démontrée par plusieurs professeurs d’Université qui tempêtent évidemment contre ce séisme juridique sciemment sous-évalué par le Conseil Constitutionnel (voir les textes de Frédéric Rouvillois et Armel Pécheul, note 4).[/bgcolor]

Le plus important n’est donc pas, à mon avis, la qualification que les auteurs ont eux-mêmes donnée à leur texte, puisque les principes dont on va parler servent à protéger les citoyens contre des institutions dangereuses : tout texte fondamental qui définit ou modifie les pouvoirs des institutions devrait donc respecter ces principes, quelle que soit sa dénomination officielle.


Notes

(4) Force supérieure des normes européennes sur toutes les autres normes, nationales et internationales :

Art. I-6 : « La Constitution et le droit adopté par les institutions de l’Union, dans l’exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des États membres. »

C’est la première fois qu’un traité européen qui se veut Constitution énonce expressément cette règle et, surtout, rien n’impose à la Cour de Justice Européenne (CJE), seul arbitre au final (sans recours), d’interpréter ce texte de façon restrictive comme l’a fait notre Conseil Constitutionnel (CC, 19 nov. 2004, 505 DC) : il est même hautement probable qu’elle lui donne toute sa portée possible, c’est-à-dire que la moindre norme européenne primera jusqu’à la Constitution des États membres. Voir la passionnante analyse de Frédéric Rouvillois, professeur à l’Université » de Paris V, dans le chapitre 1 « Le double jeu du Conseil constitutionnel » du petit livre « La nouvelle Union européenne. Approches critiques de la Constitution européenne », (éditions XF de Guibert).

Art. I-12 : « §1. Lorsque la Constitution attribue à l’Union une compétence exclusive dans un domaine déterminé, seule l’Union peut légiférer et adop-ter des actes juridiquement contraignants, les États membres ne pouvant le faire par eux-mêmes que s’ils sont habilités par l’Union, ou pour mettre en oeuvre les actes de l’Union. ».

Voir aussi « La primauté du droit communautaire sur la constitution française : l’abrogation implicite de la Constitution », par Armel Pécheul, professeur à l’Université d’Angers (20 p.), chap. 3 du même livre « La nouvelle UE. Approches critiques … », (XF de Guibert) :

« Dans sa décision n°2004-505 DC du 19 nov. 2004, le Conseil Constitutionnel affirme simplement que la constitutionnalisation du principe de primauté ne va pas au-delà de ce que requiert actuellement la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE).

Mais, précisément, c’est déjà beaucoup. La Cour de Luxembourg a effectivement déjà tout dit sur ce sujet et ce qu’elle a dit est essentiel puisqu’elle impose la primauté du droit communautaire sur les Constitutions nationales ! »

Un peu plus loin, p. 54, Armel Pécheul rappelle [bgcolor=#FFFF99]l’arrêt Tanja Kreil[/bgcolor] du 11 janvier 2000 (CJCE, aff. C-285/98, Rec. I, p. 69) où une simple directive du Conseil de 1976 s’est imposée à des dispositions spécifiques et expresses de la Constitution allemande (article 12) et dans un domaine qui n’était pas communautarisé puisqu’il s’agissait du domaine de la défense.

Je cite Armel Pécheul, dans sa conclusion d’un argumentaire rigoureux : [bgcolor=#FFFF99]« l’essence de la Constitution française, l’ADN, les dispositions spécifiques et expresses, les dispositions inhérentes à sa structure fondamentale ne sont plus protégées par le gardien de la Constitution [le Conseil Constitutionnel]. Celui-ci en a donné les clefs aux juges européens. Elles ne dépendent pas plus du pouvoir constituant puisque le peuple français est appelé à confirmer cet abandon par la ratification du Traité. Alors oui, l’essentiel est bien remis en cause, c’est-à-dire comme le dit le Président Mazeaud l’existence même de la Constitution française. »[/bgcolor]

Quelles sont les différentes normes prévues par le TCE ?

[color=blue]Art. I-33 : « Les actes juridiques de l’Union : Les institutions, pour exercer les compétences de l’Union, utilisent comme instruments juridiques, conformément à la partie III, la loi européenne, la loi-cadre européenne, le règlement européen, la décision européenne, les recommandations et les avis.

• La loi européenne est un acte législatif de portée générale. Elle est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

• La loi-cadre européenne est un acte législatif qui lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances na-tionales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.

• Le règlement européen est un acte non législatif de portée générale pour la mise en oeuvre des actes législatifs et de certaines dispositions de la Constitution. Il peut soit être obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre, soit lier tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.

• La décision européenne est un acte non législatif obligatoire dans tous ses éléments. Lorsqu’elle désigne des destinataires, elle n’est obligatoire que pour ceux-ci.[/color] [Voir autre note, un peu plus loin, sur ce point]

• Les recommandations et les avis n’ont pas d’effet contraignant. »

source : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.pdf


Jacques,

Le Conseil constitutionnel de la 5ème République est une scandaleuse bande de vieilles badernes politicardes, corrompues (voir la validation des comptes de campagne de deux crapules avérées, Balladur et Chirac, et l’annulation des comptes (la ruine) d’un petit candidat qui a fait les frais de cette trahison du peuple) et mondialistes, c’est-à-dire antirépublicaines, je dis bien antirépublicaine : la contre-révolution thermidorienne triomphe, 200 ans après la Révolution française, et la nation se meurt, les nationalistes sont traités de « fascistes » et de fait, tous nos services publics sont sabordés un à un par des traîtres qui se prétendent républicains : LES FAITS LE PROUVENT : l’Union européenne détruit une à une nos institutions républicaines, nos élus n’ont plus de pouvoir et ceux qui ont le vrai pouvoir ne sont plus élus, nous n’avons plus de Constitution et ceux que vous présentez comme nos protecteurs sont nos bourreaux.

Savez-vous qui négocie pour vous (et pour les 480 millions d’Européens !) l’AGCS (accord général sur le commerce des services) ? Le savez-vous, Jacques ? Une personne, une seule, le commissaire européen au commerce extérieur, et il « négocie » (votre perte) dans le plus grand secret, je dis bien secret, et sans rendre de compte à personne ! Or l’AGCS, c’est l’assassinat programmé de tous nos services publics.

Et j’en ai marre de votre légalisme étroit qui accepte et justifie même notre désarmement juridique complet et les mystifications les plus grossières des voleurs de pouvoir patentés, légalisme étroit qui ne condamne pas que vous-même à l’abattoir, mouton amoureux éperdu que vous semblez être de votre berger, mais me condamne moi aussi.

Alors, je regimbe.

Étienne.

Étienne (10444) :

Tout à fait d’accord avec vous et les auteurs que vous citez : le traité de Lisbonne est une constitution (de l’UE) exactement comme le TCE rejeté en 2005 était une constitution (de l’UE).

Cette constitution correspond au domaine de délégation de l’exercice des pouvoirs souverains de la France à l’UE. Cette délégation a été consentie conformément aux dispositions de la constitution française. Elle est révocable à tout moment et l’a toujours été, en vertu de la coutume internationale, même quand les traités ne comportaient pas encore de clause de retrait.

Le Conseil constitutionnel a reconnu par sa décision 71 DC des 29-30 décembre 1976 que la souveraineté ne pouvait pas être déléguée : seulement son exercice, dans des conditions compatibles avec la constitution française. Le Conseil est libre de sa jurisprudence sur ce point comme sur les autres.

Il n’y a donc pas abandon de souveraineté et la constitution française n’a pas été « abrogée ».

Ce site est le vôtre : si mon « légalisme » ne vous paraît pas lui convenir, dites-le moi et j’en tirerai les conséquences. JR

[bgcolor=#FFFF99]Loi ou Constitution scélérate [/bgcolor]
= oxymore impossible ?
ou = possibilité permanente ?

Jacques,
Vous savez que je m’appuie sur votre opposition pour progresser moi-même, pour étayer mes arguments, pour améliorer ma réflexion.
Mais il y a des jours où vous protégez trop (à mon goût) les sytème d’oppression politique en place pour que je reste impassible.
Le concept de loi scélérate, écrite par des acteurs parfaitement réguliers en droit mais traîtres à la patrie en fait, ce concept de loi (ou constitution) scélérate vous est-il accesssible ? Ou bien est-ce pour vous un oxymore, une impossibilité ?
Étienne.

Etienne je rencontre plein de monde comme ça qui ont grand mal à juger de la légitimité, du bien fondé, de la justification de quelque chose, qui ont du mal à réfléchir si en soi c’est juste ou non, car ils n’arrivent pas à détacher la justice de la légalité, ils n’arrivent pas à remettre en cause les lois, ils n’arrivent pas à imaginer qu’une loi n’est pas forcément toujours juste, et donc que ceux qui l’écrivent ne sont pas toujours honnêtes, ils sont vraiment soumis à la loi, on pourrait vraiment leur faire accepter n’importe quoi à partir du moment où on écrit les lois, et ça fait très peur cette absence de sens critique.

« Le concept de loi scélérate vous est-il accessible ? » (10447), "… Ils n’arrivent pas à remettre en cause les lois, ils n’arrivent pas à imaginer qu’une loi n’est pas forcément toujours juste" (10450).

Vous oubliez l’ « ennemi du peuple » d’Yvan Bachaud, mais heureusement que pour compenser il y a un « traitres à la patrie » ! JR

Et vous JR vous oubliez que l’Histoire n’est tendre ni avec les traitres, ni avec ceux qui les suivent.

Faut-il être apprendre à nos enfants à être gentils ou méchants ?

Beo,

Je vous trouve bien optimiste.

La réalité que je constate, de mon côté, toujours et partout sur cette planète manifestement sans bon dieu (je me dis souvent que si Dieu existe, c’est le Diable), c’est que les méchants, les menteurs, les traîtres, les égoïstes, les paresseux, les couards, les indignes, les collabos, les cupides, les ambitieux, les aristos et les cyniques se goinfrent au-delà de toute décence, vivent sans se priver, se régalent et jouent à mille jeux, en pissant goguenards sur la tête de ceux qu’ils font travailler à leur place ; alors que les gentils, les sincères, les honnêtes, les courageux, les bosseurs, les fidèles, les dignes, les résistants, les altruistes, les empathiques, les modestes, les simples, les désintéressés et les généreux se font opprimer, exploiter, tromper, trahir, voler, violer, tuer, salir, calomnier, déshonorer, ruiner…

Et les gentils parents forment —soigneusement et opiniâtrement, en y mettant une ardeur presque religieuse— leurs enfants à être eux-mêmes gentils et honnêtes à leur tour ; bien piètre service qu’ils leur rendent là, en vérité, si on regarde OBJECTIVEMENT le résultat de ce véritable dressage, puisque leur gentillesse et leur probité, leur courage et leur générosité en feront de bons mulets à exploiter toute une vie (et de bons bœufs à abattre au moment de les bouffer) pour les salauds, riches et puissants sans travailler.

C’est vrai que d’avoir le sentiment d’avoir fait son devoir, l’honneur de ne pas être bas, la lumière intérieure de la fierté ne n’avoir pas été le pire des salauds (ce qui était si facile, pourtant), ça permet de supporter même un supplice, ça donne un sens à la vie.

Mais ça pue quand même salement l’injustice crasse, non ?

Et puis les gentils ne sont même pas capables d’imaginer les méchancetés des méchants, ça les dépasse ; il faudrait bien connaître L’HISTOIRE des méchants pour savoir de quoi les méchants d’aujourd’hui sont sans doute capables eux aussi. Manifestement, les gentils ne s’intéressent pas à ce genre d’histoire, pas plus qu’ils ne se soucient de gouverner. Ça en fait des cibles sacrément faciles, quand même.

Autant dire que les pires gouverneront, comme l’analyse Alain.

Bon, c’est trop noir et blanc, cette vision du monde, je dois devenir paranoïaque. Pardon.

C’est peut-être Jacques qui a raison, et Sarkozy aussi, lui qui prépare la possibilité pour ses fonctionnaires zélés d’interner n’importe qui (sans jugement préalable) dans un hôpital psychiatrique (ça ne vous rappelle rien ? On le verra quand, l’abîme qui vient ?).

Plus je vieillis, plus [bgcolor=#FFFF99]je conchie l’élection qui permet aux méchants de prendre le pouvoir et de le garder[/bgcolor] pour oppresser les gentils à loisir, en ne le laissant JAMAIS aux gentils, jamais, même pas un peu, même pas de temps en temps.

Certes, le tirage au sort ne serait pas parfait, loin de là bien sûr, mais le tirage au sort nous donnerait de temps en temps des gentils au pouvoir.

Punaise, ça nous donnerait de l’air frais, quand même, non ?

Étienne.


PS : et n’en voulez pas tant que ça à Jacques, quand même : je pense que lui n’est pas un méchant. Il n’a pas envie de se bagarrer, il n’est pas prêt à tout changer, voilà tout : il préfère composer avec ce qui est, autant que possible. Je peux comprendre, même si ça me révolte de voir quelqu’un que j’aime bien accepter l’inacceptable (comme les saloperies du prétendu Conseil constitutionnel, par exemple, Conseil-bande-de-malfaiteurs qui, de mon point de vue, ne nous protège absolument pas sur l’essentiel, mais au contraire nous trahit au dernier degré, et au plus haut niveau).

Ah en fait je n’en veux pas à Jacques, disons que j’avais cette proposition en tête et que je ne savais pas où la placer.

Otpimiste sans doute, mais c’est parce que je suis heureux, tout en sachant que cela peut cesser du jour au lendemain.

Il y a des lectures aussi, des expériences que vous serez peut-être amené à faire si un jour la raison vous mêne dans une impasse.

C’est si vite arrivé !

beo, la raison ne mène jamais dans une impasse. Si vous croyez le contraire, c’est que vous êtes un grand pessimiste. JR

Étienne,

Il y a des gentils intelligents, des gentils pas trop intelligents, et des gentils boulet-aux-pieds. Il faut apprendre aux enfants à être des gentils intelligents.

Même le gentil le plus intelligent est sévèrement handicapé si sa stratégie pour améliorer ce monde doit tenir compte et essayer de faire bouger la dynamique de masse d’une population, une citoyenneté, trop « pas assez intelligente », trop boulet-aux-pieds.

Pour les humanistes, ceux « de gauche » sont invariablement des boulet-aux-pieds. La définition de « classe sociale » à partir de la possesion des moyens de production est incorrecte et fut conçue par Marx comme un catalyseur trojan viral pour servir comme arme contre le grand posesseur russe, le Tzar Nicolas.

La « possession » n’est qu’un symptôme, piètrement corrélé avec la vraie raison, qui est psychologique et mathématique. Bien sur, ce n’était pas trop utile que de parler psychologie et mathématiques aux ouvriers et paysans analphabètes ; en leur parlant « possessions », alors que ces gens-la n’avaient rien et que le Tzar était propriétaire de tout, ils comprenaient immédiatement où était leur intérêt. Malheureusement, la fausse logique contre la possession fonctionna beaucoup mieux que prévue… et la révolution des ignorants ne s’arrêta pas une fois fini avec le Tzar. Presque tout ce qui s’est passé ensuite dans l’histoire fait partie des efforts de ceux qui avaient créé le virus pour l’arrêter avec toute la force disponible.

Il y a trop d’ignorants sur ce monde à nous, beaucoup de gentils et même quelques imitateurs de méchants.

Vous croyez réellement que tous les méchants sont méchants parce que c’est plus drôle ?

[bgcolor=#FFFF99]La gauche sort trop facilement la guillotine… et la menace de la guillotine… elle invite à la défense à outrance… les dégats de cette défense multiplient encore les appels aux guillotines.

Survivre est un instinct primaire… On fait les pires choses pour survivre. On fait les pires choses pour échapper aux guillotines.[/bgcolor]

Je vous aime bien, mais la gauche idiote, je l’emmerde.

Ce sont les ignorants, souvent de gauche, qui bloquent toute avance possible.

Le tirage au sort est une protection statistique contre les méchants, mais il nous livrerait sans doute à la tyrannie des médiocres et ignorants qui seront toujours majorité -et manipulables à distance par les mêmes méchants.

La seule solution réelle est devenir sage.

J’attends toujours.

@Jacques… en démocratie, quand ceux qui ont raison sont minoritaires… il s’agit bien d’une impasse. Une minorité gentille n’abusera jamais de la force pour qu’on lui donne raison.

Elle attend des meilleurs temps, comme le Dalai Lama.

Jacques, oui, je voulais dire la raison pure; mais le titre du bouquin de Kant que je n’ai pas lu m’en avait dissuadé.

Par contre je rejoins Etienne pour conchier tous les partis: les uns car ils ont trahi le 4 février 2008. Les autres car ils refusent de châtier les traitres.

Niveau guillotine, perdre son fauteuil de député, on a déjà vu pire !

@beo… faut pas être naïf boulet-au-pieds, les politichiens ne sont que des pions dans ce jeux d’échecs mondial. Si la solution pour plus haut était de vous en faire cadeau … cela aurait été fait déjà depuis longtemps.