32 Sortir de l'Union Européenne

Dans des cas exceptionnels d'une nécessité extrêmement urgente et imprévue
Cet article 44 est utilisé de manière abusive, d'ailleurs les journaux grecs l'ont souligné. Cette situation n'a rien d'imprévu, la crise grecque existe depuis plusieurs semaines, donc rien d'imprévu que des mesures pour y faire face. Urgent, non puisqu'il avait au moins 9 jours entre le 10 mai date où ont été prises ces ukases et le 19 mai, pour la délibération des représentants élus du peuple grec.

Aucune des deux conditions exigées n’est remplie pour l’entrée en vigueur de cet article.

On savait déjà que vous n’aimiez pas le tirage au sort, pour continuer la « construction européenne » vous êtes même prêts à sacrifier la démocratie représentative, partant de là jusqu’où irez-vous ?

[bgcolor=#FFFF99]Décrets et ordonnances[/bgcolor] sont des exemples académiques de [bgcolor=#FFFF99]confusion des pouvoirs, la tyrannie en marche[/bgcolor] : on y voit le pouvoir exécutif exercer carrément le pouvoir législatif ; le même organe confond dans les mêmes mains deux pouvoirs (dangereux par essence) à séparer.

Toute société qui ne garantit pas la séparation des pouvoirs n’a pas de constitution.

Les mots ont un sens.

Décret et ordonnances sont proprement indéfendables, pour un démocrate sincère.

Ni la 5ème, ni la 4ème, ni la 3ème, ni aucun régime issu des Révolutions française et américaine, ne sont des régimes démocratiques : conformément à ce qu’avaient précisément voulu leurs pères fondateurs (Sieyès et Madison, notamment), nos prétendues « Républiques » sont des gouvernements représentatifs, dont la définition même est profondément antidémocratique au départ : les rouages en ont été pensés précisément CONTRE la démocratie, de façon assumée et délibérée (à l’époque).

L’analogie du mot démocratie avec le gouvernement représentatif, analogie qui s’est imposée progressivement depuis 1789, est tout simplement une imposture, un mensonge.

Au minimum, c’est une erreur.

Ce qui se passe en Grèce est un exemple de plus de l’autonomisation des pouvoirs exécutifs, tendance universelle qui conduit naturellement à la tyrannie.

[bgcolor=#FFFF99]Tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il rencontre une limite.[/bgcolor]

Il n’y a pas de savoir plus important que celui-là pour comprendre ce que nous devons faire pour vivre en paix. Pas de liberté sans vigilance.

À nous d’imposer des limites.

Étienne.

« nous » sommes vautrés dans le « consentement » que tous les devoirs de mémoire dénoncent, mais « nous » dirons à nos petits enfants que « nous » avions « résisté »…Cette lâcheté du « nous » pose le vrai problème politique de la définition de « la liberté », la « démocratie », et finalement de la nécessité ou non d’une « avant-garde », qui par « devoir » se détache de la masse vautrée …Alors « que faire »? un « Parti d’avant-garde »?

…rebelote: « à nous d’imposer des limites ».

Je dis cela ce soir car je suis découragé(çà arrive à tout un chacun). Ce qui me décourage c’est de constater que la conscience politique des membres d’un « petit espace citoyen » est aussi « friable » que celle des citoyens d’un immense empire: il suffit d’une goutte du diluant « individualisme » pour que le ciment des « fronts d’idées » vole au souffle du fatalisme: après tout, chacun pour soi, la vie est si courte : « jouissons, et après nous le déluge »!

On assiste à une régression aussi bien des « élites » que des « masses », au pied du volcan: une crise globale du capitalisme enfin « libéré de tout contre-pouvoir » s’annonce, mais la seule réaction face à un défi planétaire, serait le replis dans « nos pré-carré » soi-disant « démocratiques » ?

La seule raison pour laquelle « la solidarité avec le peuple grec » est « notre devoir », pour moi, c’est pas que cette solidarité soit « morale et belle à voir »!

Pour moi, il s’agit dans cette solidarité d’une chose bien plus significative « face à l’hégémonie du FMI »:

Il s’agit d’une désobéissance mondialisable à une dictature mondialisée !

Crise grecque/ordonnances ; FMI (ONU, etc)

Gilles (8838) :

La crise grecque a commencé il y a plusieurs semaines, mais les dernières décisions de l’UE et du FMI concernant l’aide (le prêt) à la Grèce et le soutien de l’euro datent si j’ai bonne mémoire de lundi dernier.

Si ces décisions ne vous paraissent pas entraîner une situation nouvelle exceptionnelle et urgente appelant des mesures très rapides de la part du gouvernement grec (pour satisfaire aux conditions du prêt), qu’est-ce qui peut correspondre à cette définition selon vous : la fin du monde ?

Il n’était simplement pas possible de mener à bien en quelques jours, en passant par la procédure législative parlementaire ordinaire, toutes les mesures et procédures voulues (nationales et internationales) pour permettre le versement de la première tranche de prêt dans les délais. Pas plus que les particuliers les États n’ont le don d’instantanéité.

Si on était passé par la procédure législative ordinaire, la loi aurait été adoptée dans la hâte, sans délibération véritable, et elle n’aurait pas été soumise au garde-fou prévu pour les ordonnances (communication au Parlement et ratification par lui dans le délai de 40 jours). Alors, on aurait pu crier à l’abus à juste titre.

« Les journaux grecs ont souligné que l’article 44 était utilisé de manière abusive ». Mais dans quelle mesure ? Et pas tous les journaux grecs, sans doute ?

Alain (8841) :

Le FMI est une organisation intergouvernementale : comme pour l’ONU, comme pour toute organisation intergouvernementale, ses décisions reflètent la politique voulue par la majorité de ses États membres (représentés par leurs gouvernements) telle que définie dans son instrument constitutif.

Vous attribuez à ces organisations (et probablement à leurs directeurs ou secrétaires généraux) une puissance propre qu’elles n’ont pas.

Étienne (8839) :

Vous excluez donc que le législateur puisse déléguer partiellement ou temporairement l’exercice de sa fonction à l’Exécutif ?

Que fait-on en cas d’urgence ou de nécessité pratique absolue ? Ou bien est-ce que de telles situations ne se présentent jamais ?

JR

Jacques,

Oui, j’exclus toute confusion des pouvoirs, même temporaire.

Même en cas d’urgence, les acteurs rendus surpuissants pour leur permettre de réagir vite (on peut admettre cela, bien sûr) doivent être toujours instantanément révocables en cas d’abus de pouvoir par l’autorité qui les a institués.


Sur le cas grec, je crois que vous êtes intoxiqué par la propagande du moment des endetteurs professionnels : [b][color=red]la rigueur qu’on va imposer aux peuples européens est la pire des sottises (ou la plus scandaleuse des trahisons) ; c’est imposer la saignée à un malade souffrant déjà d’une hémorragie : la crise à pour cause précisément une trop grande rigueur passée, le faible pouvoir d’achat de la classe salariale (maltraitée depuis des décennies) alimentant mal la demande générale => Une politique de rigueur va évidemment aggraver le mal et nous plonger en récession.

[/color][/b] La rigueur en pleine crise de la demande est une politique de vieux riches rentiers.
Une connerie sans nom ou une saloperie, au choix.

Je vous recommande une interview lumineuse de Jacques Généreux qui, j’espère, vous fera mieux apparaître à la fois les vraies causes et les bonnes solutions de la catastrophe actuelle :

[bgcolor=#FFFF99]Jacques Généreux :
« L’esprit de Munich a envahi les têtes de ceux qui nous gouvernent ! »
[/bgcolor]

Jacques Généreux rappelle la fameuse et prémonitoire lettre de Winston Churchill à [b][color=purple]Chamberlain et Daladier, qui revenaient triomphants de Munich en prétendant avoir sauvé la paix alors qu'ils venaient, une fois de plus, en septembre 1938, de livrer l'Europe à la folie guerrière des nazis[/color][/b], Winston écrivait à Chamberlain et lui disait :

« Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. »

[bgcolor=#FFFF99]« Et qu’est ce qui se passe, au sommet de Bruxelles du week-end dernier ? Voilà des gouvernements qui s’en vont en sommet à Bruxelles, pour essayer, soit disant, de sauver l’Europe d’un effondrement imminent de son système financier (provoqué par des attaques spéculatives répétées des marchés financiers contre les dettes publiques) (…) Ils avaient le choix entre déclarer la guerre à la spéculation financière et la terrasser une bonne fois pour toute, ou la soumission à la logique des marchés financiers. Ils ont choisi la soumission et ils auront la guerre. »[/bgcolor]

[bgcolor=#FFFF99]Le problème de l’endettement des États est aggravé par un endettement supplémentaire qui alimentera les prochaines attaques spéculatives et les prochaines banqueroutes des États… « Il n’y a pas le début de l’once de commencement de mesure contre la spéculation, contre la libre circulation des capitaux, et il y a, au contraire, l’instrumentalisation [de la part des gouvernements] de cette pression des marchés financiers des marchés des capitaux pour faire ce qu’ils attendent tous dans le monde depuis 30 ans, c’est à dire la cure, la purge d’austérité budgétaire qui permettra enfin d’aller jusqu’au bout de la logique du moins disant fiscal, du moins disant social, c’est-à-dire des systèmes économiques qui sont le plus adapté au désir de rentabilité du capital. »[/bgcolor]


Pour ma part, je l’ai déjà dit, je considère Jacques Généreux comme notre meilleur homme politique présidentiable, avec cette cerise sur le gâteau qui, de mon point de vue, confirme la pertinence de cette intuition : il n’est pas candidat.

Étienne.

Délégations législatives (décrets-loi)

Mon cher Étienne,

Il ne suffit pas de dire (votre 8844) que vous excluez « toute confusion des pouvoirs, même temporaire ».

Tout d’abord, il ne s’agit pas ici de confusion, mais de délégation des pouvoirs. S’il y avait confusion des pouvoirs, il n’y aurait pas lieu de soumettre les ordonnances à la ratification du parlement grec dans les 40 jours.

Ensuite, si ce système-là ne vous convient pas, comment proposez-vous de procéder ?

Cordialement. JR

Ce matin, dans la "lettre aux adhérents "du M’PEP (N°60)

L’Union européenne sauve la Grèce ? Non ! Elle sauve les marchés

Car c’est bien de cela qu’il s’agit d’abord et avant tout. Rassurer les marchés, donc ne pas les remettre en cause. Et pour cela appliquer l’austérité aux peuples d’Europe comme elle a déjà été appliquée aux pays du sud, en Corée après la crise de 1997, en Argentine en 2002, à travers les plans d’ajustement structurels imposés par le FMI aux pays endettés. Les solutions proposées par l’Union européenne et la BCE, pour hétérodoxes qu’elles paraissent ne visent qu’à maintenir le système. Bien sûr la rhétorique sarkozienne reprise par les médias parle de contrer les marchés, de moraliser le capitalisme, comme elle parle de sauver les retraites quand la réforme qu’il nous concocte ne tend qu’à agrandir la part des retraite par capitalisation jusqu’à ce que toutes les retraites gérées par des compagnies d’assurance, pour bénéficier à ceux qui pourront se les payer, mais surtout aux actionnaires des dites compagnies.

Pour sauver la Grèce et les autres pays d’Europe menacés de banqueroute, Espagne, Portugal, Irlande, Italie… France, ce sont d’autres mesures qu’il faut appliquer. Il faut annuler les plans d’austérité, sortir de l’euro, nationaliser les politiques monétaires, les banques et les compagnies d’assurance, contrôler les changes et les mouvements de capitaux, démanteler les marchés financiers et fermer les Bourses. Il faut organiser une relance keynésienne basée sur un grand emprunt national servant à amorcer le financement du droit opposable à l’emploi, prendre des mesures protectionnistes, si nécessaire, dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane. Il faut, à court terme, désobéir à l’Union européenne pour créer les conditions d’une transformation totale de ses fondements et de son fonctionnement ; à défaut d’y parvenir, il faudra sortir de l’Union européenne. Quant à l’euro, il apparait désormais de plus en plus clairement qu’il faut l’abandonner sous sa forme actuelle de monnaie unique pour en faire une monnaie commune. La crise grecque représente l’heure de vérité pour tout le monde, notamment pour la gauche européenne.


Le débat sur la fin de l’euro (et de l’UE dans sa forme actuelle) s’étend à gauche comme à droite…

Franchement j’ai beau essayer de vous comprendre j’avoue avoir beaucoup de mal à comprendre votre volonté de la fin de l’euro, mis à part le fait qu’il est plus simple de modifier une loi française qu’un article (majorité au parlement) des traités européens ( unanimité au conseil européen + ratification dans chaque pays ), je trouve que c’est simplement déplacer le problème, cela ne le résoud en rien, et au contraire nous fragilise

@ Jacques Roman

A quelle hâte faites-vous allusion ? A la hâte des marchés financiers qui du jour au lendemain peuvent gagner ou perdre 10% ? Où à une autre hâte ?

L’échéance la plus pressée pour les grecs correspond à la prochaine échéance de remboursement de leur dette publique, où un certain nombre des titres qu’ils ont émis arrivent à terme. Pouvez-vous me donner la date de cette échéance ?

Pour ma part, je l'ai déjà dit, je considère Jacques Généreux comme notre meilleur homme politique présidentiable, avec cette cerise sur le gâteau qui, de mon point de vue, confirme la pertinence de cette intuition : il n'est pas candidat.
Je ne peux pas juger sur la durée car mon lecteur vidéo ne me permet pas de regarder plus de trois quatre minutes, mais je pense que si JG a la stature intellectuelle pour être le meilleur candidat possible de la gauche, il lui manque un peu de charisme pour gagner une élection présidentielle. Il est certes déjà bon au jeu de la communication audio-visuelle, mais il lui faudrait être excellent.

Donc deux solutions pour lui:

  • s’entrainer pendant deux ans, prendre des cours de communication;
  • être entouré dès la précampagne d’une équipe coordonnée d’excellents tribuns.

@beo et Etienne: Le meilleur homme politique ne peut être « présidentiable ». Seul le pire des escrocs est certain de gagner ce concours anti-républicain…A moins que « nous » parvenions à désamorcer ce piège, et cela semble possible si l’on tire les leçons des « présidentielles » précédentes…Y compris celles qui nous firent découvrir les talents extraordinaires de COLUCHE !
Il « nous » faut écrire le scénario, « nous » étant le front de tous ceux qui ont compris la nécessité d’en finir avec « le pouvoir personnel », un front élargi autant que possible bien au-delà des pré-carrés du ridicule « paysage politique ». (« l’au-delà » n’exclut pas « l’en-deçà », il le dépasse…).
ce scénario tient en 3 actes:
Acte I: Illégitimité et impuissance des institutions européennes: en quelques « sketches »…
Acte II: illégitimité et impuissance d’un « monarque républicain-courroie de transmission » de l’illégitimité précédente: là il faut que notre « candidat » soit un bon mime, c’est tout!
Acte III:« le programme du candidat »:1) référendum pour sortir de la zone Euro: "êtes-vous pour sortir de l’Euro immédiatement? votez « OUI », ou bien êtes-vous pour menacer d’en sortir? ce sera le sens du « NON »…Le vote Blanc sera décompté…
2) dissolution de l’Assemblée-croupion des godillots, élection à la proportionnelle d’une « Constituante » qui « coécrira » avec des « comités tirés au sort » la Constitution d’une République Véritable …etc…

Il suffit de trouver un bon comique, je proposerais bien le rôle à Anne Roumanof: en voila une bonne candidate!

moi je ne suis pas très optimiste, je suis comme Frédéric Lordon j’en arrive presque à admirer les libéraux et le néo libéralisme pour l’intelligence et la presque « beauté » de ce qu’ils sont en train de faire

normalement cette crise aurait du être le tombeau du libéralisme, ouvrir les yeux aux gens sur le libéralisme, et au contraire le libéralisme est en train sous nos yeux de retourner complètement la situation au point de sortir 100 fois plus puissant et triomphant qu’avant la crise …

cette crise va permettre aux libéraux de démenteler l’état social comme ils en rêvent depuis 30 ans

et ils ont fait ça sous nos yeux sans qu’on ait eu le moindre début de réaction

et ne parlons même pas de la démocratie, les reculs, pareil, sont tout bonnement incroyables … et s’ils reussissent à mettre en place leur gouvernement économique européen ce sera le ponpon …

Moi, non plus, je ne le suis pas. Je suis de ton avis Sandy. Les centres de réflexion libre-échangistes ou monétaristes sont plus forts que nous en puissance financière, médiatique, intellectuelle.

Il me semble que leur but est de rajouter des étages supérieurs à la pyramide des pouvoirs, là ils peuvent être à l’abri des citoyens. De même il me semble que leur stratégie est d’éradiquer les contre-pouvoirs les plus proches des simples citoyens.

Il me semble que tu seras d’accord avec moi : [bgcolor=#FFFF99]Les centres de décisions tendent de plus en plus à s’éloigner du simple citoyen[/bgcolor], de la communauté de communes qui remplace les communes jusqu’aux Unions Régionales ( ALENA, ALBA, UE, MERCOSUR…) qui remplacent les États, sans compter les accords entre Zones qui se font sur les principes du libre-échange, ce qui aboutit à un libre-échange mondialisé et à la mise en concurrence vers le moins disant fiscal, social, environnemental.

Si nous examinions les accords en cours de négociation entre l’UE et les pays ACP et ceux entre l’UE et le Mercosur nous retrouverions ces tendances, voir les articles sur ces sujets dans « L’Humanité » de ces jours-ci.


Complément : Les altermondialistes, par exemple Raoul Jennar, ATTAC, font un boulot formidable pour expliciter ces processus. Malheureusement, leurs arguments ne sont pris compte qu'à titre cosmétique dans les campagnes de communication et les discours des organisations du type OMC et pas dans les textes qui eux ont force de loi. Ces textes ( du type Accord général sur le commerce des services ) descendent ensuite la pyramide des pouvoirs. Ces textes sont aussi conçus pour empêchent la résistance. D'autre part, il est déjà quasiment impossible de réaliser des « Fronts Populaires Européens » dans la durée qui conviendrait à ce type de riposte, alors nous pouvons toujours faire de beaux rêves concernant des « Fronts Populaires Mondiaux ».

à beo, ce n’est pas par nationalisme que je regarde vers l’État-Nation, je trouve que les échanges culturels, artistiques, scientifiques de recherche fondamentale entre nations sont formidables, chaleureux et ouvrent l’esprit, du moment que cela ne crée pas un échelon d’autorité centralisée au-dessus des autres, pour moi, quand je regarde vers l’État-Nation, il s’agit de démocratie, la souveraineté populaire est étroitement corrélé à la souveraineté nationale.

Lire en quelque sorte la suite de ma réflexion ici …

à alain guillou, bien sûr qu’il est noble et généreux d’étendre les acquis ( démocratiques, sociaux … ) au plus grand monde possible, la limite étant que la démocratie a de moins en moins de prise quand on arrive aux sphères confinées les plus hautes.

Il me semble que comme pour le M-PEP qui agit en ce sens avec ses prises de positions en faveur de la désobéissance européenne, cela serait l’honneur du PCF d’accompagner les gens par des prises de positions en faveur de la souveraineté populaire et démocratique ceci en les éloignant du nationalisme le plus étriqué, plutôt que de se lancer à la conquête politique du sommet de la pyramide.
La pyramide est conçue imprenable car il y a aura toujours des peuples qui ne seront pas en train de l’attaquer.

Les grecs sont trop rebelles en ce moment, eh bien nous ferons avec les Estoniens !

Continuer à vouloir conquérir politiquement ces sommets de pyramide est contre-productif par rapport à vouloir leur disparition.

Pourquoi ?
Ces pyramides font trop de dégâts chez les gens pour pouvoir les laisser continuer à exister.

Ces forteresses ( UE,OMC, FMI, Banque Mondiale …) dominent et sont des ensembles systémiques conçues pour dominer comme par exemple une usine d’armement est conçue pour construire des chars d’assaut. Que feraient les démocrates d’instruments conçus pour abuser et contourner la démocratie ?

Oui, « admirable », en effet, tout comme l’était le pas de l’oie…
face à une telle « beauté », le peuple n’est fait que de vilains, de « lâches » ou de « terroristes en échec », qui se replient en proférant des insultes et qui sont passibles du « délit d’outrage »…

…A moins que, comme l’histoire peut nous le laisser présager, si elle échappe au « négationnisme », les peuples finissent « toujours » par avoir raison de leurs opresseurs. Bien sûr il ne faut pas sous-estimer « l’intelligence » des dominants, mais justement si « nous » voulons être des humains, « nous » devons compter sur la nôtre:

le « rapport de force » actuel n’est qu’une « fausse monnaie » comme toutes les fausses monnaies.

Une autre monnaie peut devenir « crédible »: toutes les revendications sociales peuvent s’ordonner autour d’une revendication essentielle du « genre humain », et cette mise en ordre de combat exige « intelligence politique » : une denrée qui n’appartient à personne à priori, mais qui se cultive en commun dans le champ de « l’esprit de résistance ».

Nous avons tout ce qu’il faut comme « munitions »: des théories, des visions critiques justes, des organisations riches en intervenants « de qualité », etc… Ce qui manque c’est la mise en musique de l’ensemble avec une « direction collégiale » qui travaille à fédérer en s’appliquant à elle-même ce qu’elle promet à la société:

Interdire le gaspillage humain, résultat du mépris de « l’Autre »…des travaux pratiques n’ont pas trop mal commencé, (avec le « front de gauche »…), et si l’on en tire les leçons utiles (pas celles qui découragent), on peut encore imaginer des « développements », donc entreprendre plus large et plus « intelligent » encore, jusqu’à atteindre « le niveau requis » pour reprendre prise sur « l’histoire en route », sans dogmatisme , donc avec encore de nouveaux partenaires à inviter: « l’inattendu » est le fruit d’un travail sans complaisance « sur soi »(sur « nous »).

Pour l’instant, « l’Autre » n’y croit pas, il a donc quelquepart « encore raison », donc « y a du boulot »!

Une autre monnaie peut devenir "crédible": toutes les revendications sociales peuvent s'ordonner autour d'une revendication essentielle du "genre humain", et cette mise en ordre de combat exige "intelligence politique" : une denrée qui n'appartient à personne à priori, mais qui se cultive en commun dans le champ de "l'esprit de résistance".

Nous avons tout ce qu’il faut comme « munitions »: des théories, des visions critiques justes, des organisations riches en intervenants « de qualité », etc… Ce qui manque c’est la mise en musique de l’ensemble avec une « direction collégiale » qui travaille à fédérer en s’appliquant à elle-même ce qu’elle promet à la société:

Interdire le gaspillage humain, résultat du mépris de « l’Autre »…des travaux pratiques n’ont pas trop mal commencé, (avec le « front de gauche »…), et si l’on en tire les leçons utiles (pas celles qui découragent), on peut encore imaginer des « développements », donc entreprendre plus large et plus « intelligent » encore, jusqu’à atteindre « le niveau requis » pour reprendre prise sur « l’histoire en route », sans dogmatisme , donc avec encore de nouveaux partenaires à inviter: « l’inattendu » est le fruit d’un travail sans complaisance « sur soi »(sur « nous »).

Pour l’instant, « l’Autre » n’y croit pas, il a donc quelquepart « encore raison », donc « y a du boulot »!


Ce que vous avez « de trop »… c’est l’espoir insensé de pouvoir coller l’étiquette « de gauche » sur la seule solution qui émerge. Tant que vous y tiendrez… c’est vous qui l’empêcherais de surgir.

L’humanisme est beaucoup plus que de gauche. Puis bien sur, il n’y à pas qu’a la gauche qu’on peut reprocher de chercher une médaille qui justifie son passé…

Salut NingùnOtro,

ah bah tu sais moi je le tente le plan ni droite ni gauche mais je pense que cela mène dans une impasse.

Mais bon je te donnes quelques nouvelles quand même histoire que tu te marres un peu en dépit des circonstances. Tu te souviens des espérantistes d’EDE dont uniquement 5% des français avaient voté pour le programme que je présentais ? Eh bien figures toi que maintenant leur président européen c’est moi, puisque j’ai gueulé plus fort que les autres suite à un superbe débat d’idées lors de la dernière AG.

Maintenant même comme ça les perspectives sont maigres: 300 membres à tout casser, des sections nationales uniquement en France, Allemagne et Hongrie (plus une polonaise d’ici quelques semaines normalement).

Donc, le délire ni droite ni gauche sera organisé de la manière suivante: on va faire un mouvement qui aura pour but un truc du style « organiser des collaborations internationales dont les objets seront proposés démocratiquement », bref un plan organisé selon le triptique sémiotique classique pour obtenir une action:

  • le vouloir (-faire)
  • le pouvoir (-faire)
  • le savoir (-faire)

L’idéal étant que deux tiers des membres acceptent en mars prochain des statuts organisant l’affaire de la manière suivante:

Vouloir: tous les ans on tire au sort des membres volontaires pour participer à un débat. Ce débat, financé par le mouvement EDE permet de définir des priorités d’actions.

Pouvoir: le bureau se saisit des conclusions du débat, il l’amende ou l’ampute selon son bon plaisir, normalement il s’assure juste que rien n’est contre les statuts ou les droits de l’homme dans les propositions.

Savoir: le bureau transmet le dossier au conseil d’administration, dans lequel sont sensés siéger des représentants des sections nationales et des gens réalistes. Ce dernier doit définir une stratégie crédible pour atteindre les objectifs et coordonner l’action des sections nationales et autres partenaires.

Voilà, quand je dis que cela mène dans une impasse, je veux simplement dire que cela ne peut pas faire émerger à lui tout seul une force politique capable de changer durablement les choses. Par contre je pense qu’il n’y a que les espérantistes qui puissent lancer cette expérimentation, expérimentation dont l’étude des résultats pourra s’avérer passionnante pour la science politique européenne.

quand on se rappelle que le clivage gauche / droite est à l’origine un clivage démocratie / dictature, la solution ne peut être indéniablement que de gauche

maintenant si on regarde le paysage politique français ( ou plus globalement européen ), on constate effectivement que certains à gauche sont plus à droite que d’autres à droite, donc on se dit que le clivage entre la gauche et la droite n’est plus très pertinent

moi je sais que je suis de gauche, et je sais aussi que je n’ai strictement rien en commun avec un Dominique Strauss Khan qui se dit pourtant de gauche lui aussi
par contre j’ai beaucoup plus en commun avec un Nicolas Dupond Aignan qui pourtant se dit lui de droite …

cela dit quand je regarde le nombre de personnes à droite qui semblent vouloir lutter contre cette oligarchie financière, à part Nicolas Dupond Aignan justement qui représente une extrême minorité ( 2% à la présidentielle je crois ), je ne peux que constater que la solution est bel et bien finalement uniquement à gauche malgré tout

à [b]beo[/b], ce n'est pas par nationalisme que je regarde vers l'État-Nation, je trouve que les échanges culturels, artistiques, scientifiques de recherche fondamentale entre nations sont formidables, chaleureux et ouvrent l'esprit, du moment que cela ne crée pas un échelon d'autorité centralisée au-dessus des autres, pour moi, quand je regarde vers l'État-Nation, il s'agit de démocratie, la souveraineté populaire est étroitement corrélé à la souveraineté nationale.
Répétons le une 15 000ème fois, en démocratie le peuple est souverain, or en Europe il y a plusieurs peuples, donc il ne peut pas y avoir de démocratie européenne. En effet, plusieurs souverains c'est comme pas de souverain du tout. Le bordel, l'anarchie dans laquelle les plus gros mangent les plus petits.

Une « solution » consisterait donc à détruire les peuples européens pour les fondre dans un grand peuple paneuropéen. Mais le livre lumineux de Jacques Généreux nous montre que selon le savoir actuel en sciences humaines, cela serait une funeste erreur. En effet, ce n’est pas en rompant les liens avec sa nation que l’on devient libre, mais en multpliant les liens vers de nombreuses communautés que l’on crées les réseaux qui rendent le champ de nos possibles plus étendus.

Alors maintenant faut-il un « échelon d’autorité centralisée au-dessus des autres » ? Je pense que si la gauche répond non, elle va encore perdre les élections face à la droite.

Mais ce n’est que mon avis.

béo justement la réponse de JG c’est l’internationalisme, vous avez du le lire aussi je crois que c’est dans le même livre que vous citez, il pense qu’il faut revoir nos relations avec les autres pays européens, mettre fin à la guerre économique organisée, pour la remplacer par une coopération entre les pays, une coopération basée sur l’équilibre des balances commerciales entre chaque pays

Oui, mais est-ce suffisant ?

Faute de pouvoir se mettre d’accord sur un représentant unique les pays européens participeront à l’échec de rendez-vous importants comme le sommet de Copenhage.

Sans arbitre commercial par exemple les gros pays seront en postion de force par rapport aux petits et ils risquent d’en abuser. Rappelons de Montesqieu selon lequel plus on a de pouvoir plus on en veut. J’entends bien que des pays réellement démocratiques n’ont aucune raison d’entrer en guerre, mais qui a le pouvoir aujourd’hui de rendre les pays européens réellement démocratiques ?