32 Sortir de l'Union Européenne

Peut-être que pour détricoter l'UE, il faudrait d'abord résoudre d'autres problèmes internes, sous notre nez, comme la connivence sulfureuse entre [url=http://www.front-plan-c.eu/Forum/viewtopic.php?f=21&t=53&p=424&sid=0a9d13e55f1b56bae0da568bafd9240e#p424]pouvoir et médias[/url]:
Tout cela confirme l'embarras des intéressés, mais aussi l'existence d'un système de coproduction et de connivence dont la finalité n'est pas l'étude de l'opinion, mais la maîtrise du débat politique dont les termes sont pipés.
Tout à fait, dans la conquète du pouvoir ce point me semble essentiel car cette connivence constitue un obstacle important.

Propaganda
Je vous propose à ce propos de lire l’ouvrage Propaganda d’Edward Bernays, neveu de Freud et considéré comme le père des relations publiques. On lui prête rien de moins que la participation des États-Unis à la première guerre mondiale alors que le gouvernement en place avait été justement élu sur un programme pacifiste; on lui attribue aussi la conversion des femmes au tabagisme, grâce à l’exploitation du mouvement féministe. Il est aussi la référence majeure du travail de Goebbels qui, associée aux théories d’Henry Ford ( ici, un entretien de Mermet avec Chomsky à ce propos), a définitivement mutilé l’histoire.

   Et si vous n'avez pas le temps de lire [i]Propaganda[/i], vous pouvez vous rabattre sur cet [url=http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1300&var_recherche=edward+burneys]entretien avec Normand Baillargeon[/url], toujours chez Mermet.

   Message reproduit sur le fil de discussion idoine.

  Et oui, je trouve que c'est un point crucial du débat général sur le forum, incluant ce fil: la situation d'aujourd'hui est le [i]Rosemary's baby[/i], l'engence diabolique, d'un tournant libéral entamé dans les années 80 et accepté dans les faits par beaucoup -là je suppose- des participants à ce forum. Pourquoi? Effet de la propagande? Plaisirs personnels à l'individualisation? Progrès général? Satisfaction générale? Flatterie de nos travers? Encore une fois, il ne s'agit pas de faire le procès des attitudes de chacun mais bien de comprendre le mécanisme qui nous a amenés à la déception d'aujourd'hui et au sentiment général d'impuissance face à l'histoire en marche, en particulier économique. Estimer aujourd'hui sans l'appui de l'analyse d'hier et en particulier de nos erreurs collectives comme des rêves que nous nourrissions ou nourrissons me paraît inepte et unijambiste. Je renouvelle donc ma proposition de témoignages, d'analyses, de ce que vous voulez bien sur cette époque ou expliquez-moi au moins pourquoi ça nous vous intéresse pas.

Déhel j’ai répondu là : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=7467#p7467

Je ne sais pas si vous aviez déjà vu ces deux articles :
http://www.voltairenet.org/article154208.html

http://www.voltairenet.org/article161084.html

Et cet article du 5 juin 2009 par Agnès Maillard du blog Le Monolecte sur la non-campagne des non-élections concernant le « Parlement » (hum, hum) de l’ « Union « européenne » » :

Rase campagne
Ou l’Europe vue du trou du cul du monde.

Je dois être comme beaucoup trop de pour cent de mes chers concitoyens : complètement dans l’expectative quant à ce que je vais bien pouvoir faire de ma peau dimanche prochain. Pour tout le temps qui me reste avant, c’est à peu près calé : passer les prochaines minutes à lâcher ma diatribe en ligne, accompagner la gosse au judo tout en regrettant la dégradation météo qui m’empêche d’en profiter pour bronzer comme un vieux lézard satisfait devant le club, soufflage au théâtre du bled pour la troupe de nabots jusqu’à pas d’heure, couchage de naine exténuée encore plus tard, éjectage du pieu au chant du coq afin d’arriver à temps au bled en chef pour une conf’ très attrayante sur les jardins collectifs, buffet bio aux frais de la collectivité et trainage dans l’après-midi histoire de dénicher un vieux pote en mal d’emploi du temps bien garni pour parler du seul truc vraiment important : qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire de notre peau dimanche ?

Je pensais l’affaire torchée depuis le 4 février 2008. Puisque mon bulletin de vote n’a même pas la valeur du papier sur lequel il est imprimé, il y a toujours des tas de trucs plus intéressants à faire un dimanche que de se plier à la bonne vieille mascarade de la démocratie à temps partiel. Le vote n’est utile qu’à ceux qui lui doivent leur pitance. Pour les gueux, c’est, au mieux, un acte d’abdication sans contrepartie, une démission politique en rase campagne.

Parlons-en, justement, de la campagne… Lire la suite de l’article d’Agnès Maillard ici …

Merci pour cette réponse Gilles. Et si tu as vu dans mon précédent message une injonction, c’est une erreur de ma part car si il devait y avoir agacement, ce ne pourrait être à ton adresse puisque tu demeures le seul ou presque à faire vivre ce fil.
Quant aux témoignages, difficiles j’en suis sûr, je pense qu’ils peuvent se résumer à ‹ étais-je heureux ou non dans les années 80 ›. Parce qu’au moment même où l’Empire US infiltrait économies, cultures et civilisations en imposant la logique Reagan/Thatcher, je crois me souvenir que l’insouciance dominait, anesthésiés que nous étions par la satisfaction de nos désirs matériels. C’est le tournant d’un monde qui est passé de contraintes liées à ses besoins à d’autres liées à ses désirs, nous faisant basculer dans l’irrationnel narcissique. Oui, je le crois, nous avons été heureux dans les années 80 parce qu’il nous aurait été pratiquement impossible de résister au plaisir de l’oppulence et de l’identité sociale définie par le matériel. En tous cas, c’est ce que je veux démontrer pour confirmer que notre époque est le fruit d’un bonheur social qui nous apparaît comme un leurre depuis peu seulement. J’aimerais aussi vous amener à comprendre que ce bonheur matériel a été possible grâce à des méthodes d’exploitation de la pauvreté -CAC40 créé en 1987, et qu’on s’en est franchement moqué pendant longtemps. Jusqu’à ce que le sud émerge et exploite sa seule force, sa pauvreté, via le dumping social. Le monde que vous rejetez, vous -et moi aussi évidemment- en avez profité pendant longtemps aux dépens d’autrui et maintenant qu’il nous coûte, il faudrait s’en extraire pour, grâce à la sortie de l’UE, revenir à une forme de protectionnisme. Là est le symbole dont je ne parviens pas -je le sens bien- à vous convaincre de la portée. Sortir de l’UE, c’est poursuivre la guerre économique, poursuivre l’histoire millénaire des dominants et des dominés avec comme principale logique, la protection de soi à l’échelle du pays et l’asservissement du sud. Sortir de l’UE pour protester contre la logique libérale, c’est ne pas intégrer que tant que cette logique nous a été favorable, nous n’avons rien fait. Les mandats de Mitterrand ont été l’occasion de décisions que nous payons aujourd’hui mais qui pour protester à l’époque? La droite - celle dont on disait à l’époque que c’était la plus conne du monde.
Combattre le monstre de l’intérieur me paraît être un indispensable préalable à la sortie de l’UE. Combattre le monstre de l’intérieur pour en utiliser la puissance au profit d’une internationale émancipation. Combattre le monstre de l’intérieur pour pouvoir en cas d’échec ne pas s’exposer aux soupçons des pays qui aujourd’hui se développent grâce au dumping social.
Et je suis absolument d’accord qu’il faille créer un mouvement politique national qui véhicule les idées de cette émancipation du libéralisme, mais en intégrant que nous sommes tous un peu responsables de son avènement, ne serait-ce qu’en choisissant d’abord un produit en fonction de son prix.
Les analyses de chacun sur ce site enrichissent la qualité d’une éventuelle démarche collective mais la forme de notre mouvement reste encore à définir je crois, parce que nous sommes encore loin d’embrasser le problème dans son ensemble. À relire les interventions, je constate par exemple que personne n’évoque les avancées économiques et sociales du reste du monde. Si bien que personne n’évoque non plus la perversité de ce développement sur un modèle identique au nôtre, concurrentiel et destructeur. Sans parler d’écologie.
Je ne veux convaincre personne de rester dans l’UE telle quelle mais je m’interroge sur les préalables nécessaires. Et ça fait des mois maintenant que je pisse dans mon violon à ne recevoir pour réponses que l’inventaire désormais connu des purrulences de l’empire. Des mois que chaque message évince mon propos à l’énoncé des plaies hexagonalement circonscrites. Ce ne peut être que ma faute, celle de mal m’expliquer et je le regrette.

Bonjour à tous, Déhel, je viens de trouver un article qui réponds à une partie de tes interrogations historiques sur les années 80. Cet article ne réponds pas encore à tes interrogations sur les exigeants débats que tu souhaites : « Individuel et collectif, une opposition binaire ou une relation dialectique ? », « Comment arbitrer dans sa vie entre les responsabilités que nous avons choisies et le plaisir que nous pouvons partager et qui nous est aussi nécessaire que l’oxygène pour respirer, doit-on nécessairement culpabiliser dans cet arbitrage ? » « Le matérialisme et l’individualisme vont-ils complètement annihiler toute forme de solidarité ?» ces débats exigeants d’une hauteur de vue à toute épreuve viendront si moi ou quelqu’un d’autre du site veut bien s’en occuper. Il ne réponds pas non plus sur le transfert de richesses du Tiers-Monde vers l’Occident par des mécanismes qui resteraient à détailler.

Non, pour l’heure occupons-nous des années Tapie, des années Mitterrand, des années « fric » comme on les a appelées par la suite, en examinant les faits nous pouvons les appeler les années Reagan/Tatcher/Delors :

Les mandats de Mitterrand ont été l'occasion de décisions que nous payons aujourd'hui, mais qui pour protester à l'époque ?
« Si tu lis attentivement l'article suivant, tu trouveras les forces politiques qui avaient avalisé cette orientation et celles qui avaient protesté à l'époque. »
[size=10][color=navy][b]La Commission Européenne présidée par Jacques Delors : les hommes des firmes[/b][/color][/size] D'après un article de la revue Fakir du lundi 29 juin 2009


Photographie : La Commission Delors au 6/1/1986 Source: Bibliothèque audiovisuelle de la Commission européenne Référence: P-006102/07-6

L’article de la Revue Fakir :
« Les " lobbies ", on croirait qu’ils se cachent sous les tapis. Pour mesurer leur influence, il suffit pourtant d’écouter Jacques Delors, l’ancien président (socialiste) de la Commission. Très fier d’avoir bâti l’Europe main dans la main avec les patrons…

« Les dirigeants de l’ERT ont été à l’avant garde du soutien de mon idée. » C’est Jacques Delors qui l’explique tranquillement. Pour bâtir l’Europe, voilà avec qui le président de la Commission s’est allié : avec l’ERT, la European Round Table, qui rassemble 45 « capitaines d’industrie », les PDG de Total, Nestlé, Renault, Siemens, etc.
Le même poursuit ses confidences : « Donc ce que j’ai fait en 84 c’est de rechercher un consensus par défaut avec les gouvernements qui refusaient tout sauf cette idée d’un grand marché et d’obtenir un consensus par enthousiasme des industriels. » Et c’est ainsi que ce socialiste a « relancé l’Europe » : non en s’appuyant sur les « syndicats européens », ou les « peuples européens » (qu’il ne cite jamais), mais sur l’ERT. Le principal lobby patronal … Lire la suite de l’article de la revue Fakir ici … »

Combattre le monstre de l'intérieur me paraît être un indispensable préalable à la sortie de l'UE. Combattre le monstre de l'intérieur pour en utiliser la puissance au profit d'une internationale émancipation. Combattre le monstre de l'intérieur pour pouvoir en cas d'échec ne pas s'exposer aux soupçons des pays qui aujourd'hui se développent grâce au dumping social. Et je suis absolument d'accord qu'il faille créer un mouvement politique national qui véhicule les idées de cette émancipation du libéralisme, mais en intégrant que nous sommes tous un peu responsables de son avènement, ne serait-ce qu'en choisissant d'abord un produit en fonction de son prix. Les analyses de chacun sur ce site enrichissent la qualité d'une éventuelle démarche collective mais la forme de notre mouvement reste encore à définir je crois, parce que nous sommes encore loin d'embrasser le problème dans son ensemble. À relire les interventions, je constate par exemple que personne n'évoque les avancées économiques et sociales du reste du monde. Si bien que personne n'évoque non plus la perversité de ce développement sur un modèle identique au nôtre, concurrentiel et destructeur. Sans parler d'écologie. Je ne veux convaincre personne de rester dans l'UE telle quelle mais je m'interroge sur les préalables nécessaires. Et ça fait des mois maintenant que je pisse dans mon violon à ne recevoir pour réponses que l'inventaire désormais connu des purrulences de l'empire. Des mois que chaque message évince mon propos à l'énoncé des plaies hexagonalement circonscrites. Ce ne peut être que ma faute, celle de mal m'expliquer et je le regrette.
Déjà, il me semble que nous avons un peu progressé dans la réponse à cette question : « Pourquoi cette volonté de réformer la logique de la construction européenne n'aboutit jamais, qu'est-ce que je n'ai pas encore compris, qu'est-ce que nous n'avons pas encore compris ? »

Jacques Roman, Étienne, Déhel, Sandy, Sam, NigùnOtro, Zolko, Catherine, Candide, AJH, Aîda Zeki et tous les autres, je pense que nous sommes d’accord dans cette identification du rôle néfaste pour la démocratie de l’influence des lobbies des firmes industrielles et commerciales, surtout les firmes multinationales. Creusons plus cette question : « Pourquoi cette volonté de réformer la logique de la construction européenne n’aboutit jamais, qu’est-ce que je n’ai pas encore compris, qu’est-ce que nous n’avons pas compris ? » pour mieux estimer, mieux arbitrer entre la sortie de l’Union « européenne » et le combat à l’intérieur, c’est en tout cas, si le nécessaire plaisir et les responsabilités que j’ai choisies m’en laissent le temps, la voie que je souhaite poursuivre. Merci de votre attention et de vos contributions.

Modification du 24 septembre 2014 : réhebergement de l’image de la Commission Delors

L’article de Fakir, publication libre de François Ruffin, pose bien les faits selon moi: les socialistes fraîchement élus, après deux ans de nationalisations et de politique sociale efficace, se heurtent au mur de l’argent et finissent pas adhérer au TINA ( There Is No Alternative ) de Thatcher, à la rigueur économique et aux injonctions libérales. Et c’en est fini de la gauche. Pour très longtemps.
Maintenant, cette analyse me paraît souffrir de quelques manques. À cette époque, la guerre est froide entre USA et URSS qui mènent le bal mondial et s’expriment dans des conflits extra-territoriaux, en Iran-Irak, en Corée, à Cuba, etc. En 83, en France c’est le tournant de la rigueur. En 89, c’est la chute du mur. Et la question de la marge de manoeuvre de Mitterrand de se poser: maintenir une politique de gauche et de nationalisations revenait à signifier aux États-Unis son appartenance au moins morale à l’est, soit à choisir son camp. Or, si de cette guerre froide ne devait en survivre qu’un seul -et je suppose qu’en 83 la DGSE comme la CIA étaient au courant des difficultés de l’URSS devant mener à son implosion- le pragmatisme n’imposait-il pas que l’on fasse allégeance au futur vainqueur? Ce qui revient à donner un autre sens au TINA, celui de la soumission au modèle dominant plutôt que celui d’adhésion idéologique au libéralisme. Ca manque sévèrement de panache mais dans un gouvernement de comptables il y a-t-il davantage à espérer?
J’entends par là souligner notre éventuelle erreur collective: nous avons cru au modèle de gauche parce que nous avons cru que le modèle français pouvait survivre dans un monde libéral, bercés de l’illusion du village gaulois qui résiste à César. Nous avons cru que les valeurs de gauche seraient bien défendues par Mitterrand, par Delors ou par Jospin et nous avons laissé faire ou plutôt nous nous sommes laissés faire. Maastricht en est la meilleure illustration. Maastricht et la conversion collective à la consommation individualiste. Nous avons consenti. Jusqu’à peu.
Dans ce contexte, la sortie de l’UE sonne comme une évidence, un incontournable. Comme il paraissait évident que notre modèle social résistât. Je ne sais pas le détailler personnellement mais plutôt que de sortir de l’UE pour inventer de nouveaux comportements politiques, je serais d’avis de les inventer d’abord -ce que nous essayons ici, de créer une dynamique et ensuite d’aborder le sujet de l’UE.

     [b]Les français aiment à répéter qu'ils habitent le plus beau pays du monde, ce qui tend à ne démontrer qu'une seule chose, qu'ils ignorent le reste du monde. [/b]

Symbolique
Raúl Rivero est un poète et journaliste cubain, connu pour son agence de presse Cuba Press et sa condamnation pour activités subversives par le régime castriste. Le 20 mars 2003, il est arrêté puis, le 7 avril, condamné à vingt ans de prison pour avoir réalisé des activités subversives visant à porter atteinte à l’intégrité territoriale de Cuba.
En novembre 2004, il est libéré de prison, après de fortes pressions internationales et Le Monde fait alors sa une sur ce poème de Rivero:

Fermer les portes est toujours un moment de barbarie.
Preuve de notre frayeur.
C’est une ineptie obtuse
Dont nous usons pour dormir tranquille.
Fermer les portes est une profession
Une spécialité
Un crime que nous commettons chaque jour
Au nom de la peur.

« Pourquoi cette volonté de réformer la logique de la construction européenne n’aboutit jamais, qu’est-ce que je n’ai pas encore compris, qu’est-ce que nous n’avons pas compris ? »

Gilles (7471), à cette question je crois avoir déjà répondu pour ma part.

La raison en est que cette « volonté de réformer la logique de la construction européenne » n’existe pas pour le moment - ou très peu.

Elle n’existe pas du côté des responsables de l’Union européenne, qui estiment presque tous que le système intergouvernemental en place a donné de bons résultats et doit être maintenu, ou en tout cas évoluer très précautionneusement

Elle n’existe encore que sous forme de vague impression dans l’opinion publique européenne, mal informée par les partis politiques (je rappelle que le PS estmajoritairement en faveur du traité de Lisbonne), et surtout mal informée par elle-même, les citoyens européens s’intéressant très peu à la question.

Elle commence à exister dans certains partis politiques et des mouvements d’opinion comme notre site : mais il y a du chemin à faire.

Gilles, à vous lire, on dirait qu’une organisation européenne tentaculaire a entrepris d’écraser toute volonté de réforme. Selon moi, ce n’est pas le cas. Et puis, pour écraser quelque chose, il faudrait que ça existe. JR

PS : Déhel, je vous rassure : il n’y a pas qu’en France qu’on s’imagine habiter le plus beau pays du monde, celui qui a la meilleure cuisine, le plus civilisé, avec les meilleures institutions, &, &, &. Croire le contraire, ça, ce serait du gallocentrisme !

Où l’on découvre que le protectionnisme n’a pas été complètement éradiqué par l’Empire.

PS: j’ai apprécié Jacques que vous pensiez à me rassurer, c’est louable, mais je ne fais pas le lien entre ce que j’ai écrit, message 7474, et l’exclusive que vous en déduisez. À me faire dire que seuls les français se circonscrivent à leurs frontières en m’infligeant une leçon sur le gallocentrisme, vous détournez mon propos à fin de conclure de mon propre étriquement. Je n’en ai pas saisi l’intérêt sinon celui de votre seule mise en valeur à mes dépens . Et je le déplore. Si quelque chose vous chiffonne dans ce que j’expose, je serais ravi d’en débattre, à la condition que vous vous en teniez à mes seuls mots. Merci.

Jacques, merci de contribuer à notre réflexion et merci pour vos réponses (7435) et (7477), je considère bien que vous avez répondu à ma question « Pourquoi cette volonté de réformer la logique de la construction européenne n’aboutit jamais, qu’est-ce que je n’ai pas encore compris, qu’est-ce que nous n’avons pas compris ? », n’ayez aucune crainte à ce sujet, votre réponse est claire et sans faux-fuyants. Déhel, c’est cette question que tu dois approfondir sans relâche puisque ton but était (7359) de réformer cette « construction ».

La sortie de l'UE n'est pour moi envisageable qu'à long terme après une multiplication de tentatives d'en modifier la course et la preuve par l'exemple que nous ne sommes pas capables d'en réformer la logique.
Déhel, conformément à tes voeux, je t'ai explicité le tournant libéral entamé dans les années 80 que tu évoques dans ton (7466) par les activités nouvelles en faveur des grosses firmes et le déclin parallèle des actions en faveur des citoyens engagés par les Commissions dirigées par Jacques Delors. (7471) et son résultat (7448). Déhel et Jacques vous n'avez pas contesté ce point.

Jacques pour répondre à votre 7477, je vous rappelle que tous les partis sans exception lors de la dernière campagne des élections européennes ont fait campagne sur des slogans du type : « Changer l’Europe. » « Changer d’Europe. » « Pour une Europe plus ceci ou plus cela. », vous remplacerez sans peine « ceci » ou « cela » par les thèmes porteurs de chaque parti, aucun parti n’a défendu le statu quo, tous proclamaient qu’ils voulaient réformer l’Europe. En plus du « ceci » ou du « cela » propre à chaque parti, tous disaient voulaient aller dans une direction plus démocratique, plus proche des citoyens. Tous ces partis le voulaient-ils tous vraiment ? Apparemment, cela n’a même pas convaincu les électeurs qui fini par comprendre après la non-prise en compte des résultats des référendums français, néerlandais, irlandais et la non-consultation des autres peuples que le fait même de vouloir « construire l’Europe » va à l’encontre de la démocratie.

Nous qui faisons particulièrement attention à bien distinguer « l’Europe », la notion géographique, le sous-continent de l’Eurasie et l’organisation « Union Européenne », un organisme politique ne pouvons d’ailleurs qu’être étonnés de cet amalgame constant lors de cette campagne.

En effet, point besoin d’une organisation tentaculaire (7477), Jacques vous m’avez fait rire, ici, pour la suite, je m’adresse aussi à Déhel, ce sont les buts qui sont contradictoires entre eux tout simplement, le premier but, une direction plus démocratique, plus proche des citoyens est assez fortement contradictoire avec une une uniformisation, une centralisation à une échelle plus élevée plus loin des citoyens telle que l’implique toute forme de « construction ».

Mettons que de toute bonne foi, comme je l’ai fait dans le passé, nous essayons de dépasser cette contradiction fondamentale entre la centralité, la direction unifiée et la démocratie, bien que parmi d’autres, les antiques grecs ainsi que Marat et Tocqueville nous aient déjà prévenus du danger de ce que nous pourrions appeler le « centralisme démocratique », que nous aidions, soyons constructifs, cette organisation dénommée « Union Européenne » par nos votes sur les traités, par une campagne d’explication sur les enjeux comme beaucoup d’entre nous l’ont effectué bénévolement parce qu’ils croient sincèrement améliorer, comme je le croyais, le fonctionnement de cette Union. J’ai le regret de vous dire que j’ai été absolument déçu par cette Union Européenne qui n’a pas du tout tenu compte des nombreuses remarques constructives qu’il lui était adressées et qui a continué sans vouloir entendre à propager par son représentant à l’OMC la libéralisation et l’extension indéfinie du secteur marchand et donc ses corollaires : le recul des solidarités et la propagation de l’individualisme. Réponse à la contribution de Déhel (7474).

La sortie des pays membres de l’Union Européenne est pour moi un acquis de mon raisonnement précédent. Ceci pour des raisons démocratiques et par un chauvinisme auquel Déhel tu sembles vouloir m’assigner et que je récuse. Pour autant, les États-Nations ne constituent pas la panacée universelle, ni l’alpha et l’oméga de la politique, et des besoins de coordination des politiques se font sentir dans plusieurs domaines. C’est à partir de ces deux constats : les dangers de la centralité, de l’uniformité et besoin de coordination que doivent s’articuler des nouvelles réponses et des nouvelles propositions. Nous y reviendrons.

Pour répondre au besoin de poésie de Déhel (7475), je ne citerai que deux phrases :
« La terre est ma patrie et l’humanité, ma famille. » (Khalil Gibran)
« Le rêve est une jument qui nous emporte au loin sans se déplacer. »
Pour répondre à mon besoin de réalisme, je citerai :
« Le bonheur est bénéfique pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les compétences de l’esprit. » (Marcel Proust)

Je ne t’accuse pas de chauvinisme Gilles et c’est là toute la difficulté de mon propos, comme l’origine du mal entre Zolko et Étienne. Je prétends moi ne pouvoir supporter la symbolique d’une campagne pour la sortie de l’UE, symbolique flirtant nécessairement avec le nationalisme chauvin et ne pouvant résister à l’amalgame à ceux qui la défende depuis des décennies. Au cours d’un débat d’idées vous ne pourrez - à terme et selon moi- éviter l’idée d’un repli sur soi. Mais cette idée je ne vous la prête pas. Ce que nous défendons ici, ce sont des raisonnements me semble-t-il, pas des opinions. Et si ma défense est souvent à charge, elle ne te prête aucune intention misérable. Wallaharadim! comme ils disent par ici.

[color=#114477][size=9]➊ Ce n’est pas la première fois que tu évoques cette crainte du nationalisme chauvin, développe plus pour que je comprenne mieux ce que tu crains exactement. Je ne suis pas sûr de penser à la même chose que toi et je préfère éviter les malentendus.

➋ L’origine du mal entre Zolko et Étienne ne tient pas qu’à une appréciation divergente sur la Nation et l’UE, je pense que les personnalités comme celles d’Étienne et de Zolko aiment les débats à feu vif, pour prendre une métaphore culinaire. Je t’en dirais plus si tu me le demande par courrier électronique.

➌ Ce que je propose, c’est déjà de sortir de l’enclos de la pensée européïste, de réfléchir à de possibles alternatives avec les personnes qui trouvent que la « construction européenne » est devenue néfaste et qu’il faut en sortir sans haine et sans crainte. C’est pour cela que je voudrais plus d’explications sur ce que tu crains réellement. Cherchons, tâtonnons, débroussaillons le chemin en éclaireurs.

➍ Nous devons rester modestes, toute idée que nous avançons à un moment donné sera peut être à abandonner ou à infléchir plus tard.

➎ Justement, j’avais déjà proposé cette idée-là :

http://âpp.com/dl/Hft5 ( Un fichier pdf )

que personne n’a critiqué ni en bien ni en mal, sauf Jacques Roman et encore de manière tangentielle.

Aujourd’hui, je pense à une autre idée, un peu à partir d’une analogie entre les individus et les États-Nations, dans la vie d’une personne, il n’est pas toujours entouré des mêmes personnes au travail, dans ses loisirs sportifs, sa famille, dans toutes les activités qu’il entreprend. Les groupes auxquels il appartient se sont formés pour un but, un projet, des affinités. Les personnes ne sont pas les mêmes d’un groupe à l’autre. Or, remarque bien, c’est le contraire pour cette organisation qu’est l’UE, tous les membres doivent être tous là et marcher du même pas cadencé.

Cela donne une autre piste de réflexion, un exemple pour mieux comprendre : plutôt qu’une organisation comme l’UE s’occupe des pêches maritimes avec à l’intérieur de celle-ci des pays qui ne sont pas concernés, trois organisation plus modestes, plus ciblées des pêches maritimes pourraient remplacer ce secteur de l’UE, une organisation des pêches maritimes de la Méditerranée, une de l’Atlantique, une de la Mer Baltique. Il s’agirait de remplacer chaque grand projet de l’UE, pour les raisons que nous avons déjà détaillé des milliers de fois, par des organisations internationales plus modestes, mieux ciblées, plus respectueuses de la démocratie et de la souveraineté nationale. Ceci en établissant des règles subtiles de représentativité des citoyens au sein de ces organismes, telles que les plus sourcilleux comme Étienne Chouard, en seraient déjà très contents, à défaut d’en être ravis. Ceci en ne se basant pas uniquement sur les bêtes limites géographiques d’un continent, dans l’exemple des pêches dans une mer fermée comme la Méditerranée, ce sont tous les pays riverains qui devraient faire partie de cette organisation spécifique ou quasiment.

J’ai donné pour exemple, les pêches maritimes, mais c’est l’ensemble des projets qui seraient traités ainsi. De la sorte nous obtiendrons des organisations à taille et à buts variables localisées à des endroits différents comme dans la vraie vie. L’UE devenue inutile comme une coquille vidée de sa substance pourrait alors mourir de sa belle mort.

Un rappel des positions d’Étienne : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=6790#p6790
[/size][/color]

Modification du 24 septembre 2014 : réhebergement du fichier pdf

Chauvinisme

Déhel (7423). Il fallait écrire :

« Les gens [et non pas les Français] aiment à répéter qu’ils habitent le plus beau pays du monde, ce qui tend à ne démontrer qu’une seule chose, qu’ils ignorent le reste du monde ».

Convenez que sous la forme que vous lui avez donnée votre remarque était bien axée sur les Français, et ne voyez dans la mienne aucune intention de sermonner : c’était juste pour dire au passage que dans mon expérience il n’y a pas que les Français qui se croient supérieurs. JR

Modalités de sortie de l’UE

Gilles (7526).

Puisque vous attendez des réactions, voici mon opinion concernant le texte référencé dans votre message, que je reproduis ici (il est court) pour la commodité de tout le monde. Mes commentaires figurent en gras après chaque article.


[i]Note provisoire préliminaire concernant l’exercice effectif du droit de retrait de l’Union européenne du 25 mars 2009

1] Cadre des négociations

Des négociations multipartites entre l’ONU, les pays voulant cesser de faire partie de l’organisation dénommée « Union européenne », le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne seront organisées dans le cadre des Nations Unies conformément aux principes exposés dans l’article 2 de la Charte des Nations Unies
http://www.un.org/french/aboutun/charte/index.html

[b][Commentaire JR]

  • On suppose que les négociations entre pays désireux de se retirer de l’Union seront suivies de négociations avec les pays qui souhaitent y rester. La dévolution (notamment des avoirs et des obligations) ne pourrait pas se faire normalement sans cela.

  • L’Organisation des Nations Unies n’aurait pas actuellement les moyens matériels et juridiques d’entrer dans une telle négociation, qui supposerait vraisemblablement plusieurs modifications importantes de la Charte. Il y a malentendu sur les buts et principes à la base de l’action de l’ONU. Le but essentiel de l’ONU n’est pas de gouverner ou d’administrer le monde, mais de maintenir la paix.[/b]

2] Dévolution

Ces négociations auront pour but la dévolution des compétences anciennement attribuées dans le cadre de l’UE par les futurs pays ex-membres, soit vers les agences spécialisées de l’ONU du domaine concerné, soit seront réintégrés comme compétences des futurs pays ex-membres, soit vers le Conseil de l’Europe.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dévolution_du_pouvoir

[[b]Commentaire JR]

Si l’UE disparaît, il y aura effectivement lieu d’envisager la question du transfert de ses fonconctions et de ses ressources correspondantes à l’Organisation des Nations Unies elle-même et à ses institutions spécialisées dans . [/b]

3] Dépenses

Les moyens humains, financiers anciennement mis en oeuvre dans le cadre de l’Union européenne suivront la nouvelle répartition des compétences.

L’ex-contribution au budget de l’Union européenne de chaque futur pays ex-membres devra se répartir en se conformant à l’esprit exprimé comme suit :

Une très grosse part devra aller vers l’Organisation des Nations Unies, ceci en sus de la participation actuelle du pays au budget de l’ONU.

Une assez petite part vers le Conseil de l’Europe.

Le solde rester dans le pays futur ex-membre.

Les négociations devront fixer les quotes-parts de manière exacte.

[b][Commentaire JR]

Facile à envisager, mais beaucoup plus difficile à réaliser. Je parierais que l’accord ne pourra pas se faire.[/b]

4] Recettes

a) Les financements, subventions, crédits attribués auparavant au secteur public (Recherche, Éducation, Santé, Collectivités territoriales…) par l’Union européenne seront assurés, après négociation et ratification de l’accord, intégralement soit par l’agence de l’ONU en charge de ce secteur, soit par les futurs pays ex-membres, cette répartition faisant partie de la négociation.

b) Les financements, subventions, crédits attribués auparavant au secteur de la société civile (Chambres d’Agriculture, Chambres des métiers, Chambres du commerce…) par l’Union Européenne seront assurés par l’agence spécialisée de l’ONU correspondante dans le cadre du respect de la charte des Nations Unies.

[b][Commentaire JR]

Même remarque que sous 3].[/b]
5] Balance

Étant donné qu’avec cette nouvelle répartition, un budget nettement plus conséquent est versé par les futurs pays ex-membres de l’UE vers l’ONU, l’ONU en échange financera des programmes spécifiques pour ces pays notamment dans la Recherche, l’Éducation et la Santé notamment ceux qui permettent d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement adoptés lors du Sommet du Millénaire qui s’est déroulé du 6 au 8 septembre 2000, au Siège des Nations Unies à New York, ainsi que ceux permettant de lutter contre le réchauffement climatique.
http://www.un.org/french/millenniumgoals/index.shtml
http://www.unep.org/french/

[[b]Commentaire JR]

Même remarque que sous 3). Sauf erreur de ma part, l’ONU fonctionne sur un budget de 2 milliards de dollars par an. Il lui en faudrait beaucoup plus pour faire le travail envisagé dans cette note. ne comptez pas trop sur les 170 États membres extra-européens de l’ONU pour accepter facilement cette nouvelle mission.[/b]

6] Conseil de l’Europe

Le Conseil de L’Europe devra se doter de symboles, drapeau, hymne distincts de ceux de l’Union Européenne. L’accroissement du budget du Conseil de l’Europe devra servir à ce que les citoyens puissent de manière plus étendue faire valoir leurs droits conformément à une nouvelle version de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme ayant abandonné le concept d’une Union plus étroite entre les membres du Conseil de l’Europe.
http://conventions.coe.int/treaty/fr/Treaties/Html/005.htm

[b][Commentaire JR]

  • On préjuge des forces du Conseil de l’Europe.

  • En quoi la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales devrait-elle être changée ? La convention actuelle a précédé l’Union européenne. Elle est fondée sur la Charte internationale des droits de l’homme (Déclarations universelle, Pactes internationauxs). Elle n’est pas en cause ici me semble-t-il : peut-être les auteurs de la note veulent-ils parler de la "Charte des droits fondamentaux de l’UE ?[/b]

7] Mission spéciale de l’ONU

[b]Commentaire JR]

  • Que ferait-elle ?[/b]

8] Un rapporteur spécial auprès du Secrétaire général des Nations Unies sera créé pour superviser l’application de ces accords. Il rendra compte de sa mission au Secrétaire général des Nations Unies. Un ensemble de citoyens tirés au sort dans chaque futur pays ex-membres formera un comité de surveillance et de contrôle de l’activité du Rapporteur.

[b][Commentaire JR]

  • Ce n’est pas là le rôle du Secrétaire général ni de l’ONU elle-même.

  • Quant au tirage au sort, si vous trouvez qu’il est difficile de l’introduire en droit constitutionnel interne, alors qu’en serait-il à l’ONU ? [/b]

9] Maintien des avantages des fonctionnaires quittant l’Administration de l’Union européenne

[b][Commentaire JR]

  • Qu’entend-on par « maintien des avantages » ?[/b]

10] Résolution à soumettre à l’Assemblée générale des Nations Unies[/i]

[b][Commentaire JR]

Je souhaite bien du plaisir à ceux qui seront chargés d’introduire le projet de résolution en Sixième et Cinquième Commissions de l’Assemblée générale (et à l’Assemblée générale elle-même).[/b]

[b][Commentaire général concernant l’ensemble de la note]

Cette note est fondée sur deux illusions :

  • celle que l’ONU est un gouvernement mondial ou a vocation à le devenir ;

  • celle que l’UE ne servirait à rien - voir qu’elle serait nuisible. [/b]

Gilles 7526

Si j’abhorre l’UE d’aujourd’hui, que dire de l’ONU, levier de commande de son premier contributeur les USA? Ce que tu reproches à l’UE, Gilles, sera, je le crains, exacerbé au niveau de l’ONU et la fragilisation des états par les multinationales, selon moi facilitée.

Chauvinisme

     @ Jacques 
    Écrire les gens ne me convient pas davantage pour connaître de nombreux pays - en particulier parmi les anciennes colonies françaises en Afrique - qui souffrent du syndrôme inverse, systématiquement dépréciatif à leur égard et sans cesse confirmé par leur position parmi les nations les plus pauvres du globe. De plus, dans mon intervention 7474, il s'agissait bien de stygmatiser la France et les français puisque j'y soulignais une analyse des années 80 ne tenant pas compte de l'environnement international.
    <blockquote>Déhel, je vous rassure :  il n'y a pas qu'en France qu'on s'imagine habiter le plus beau pays du monde, celui qui a la meilleure cuisine, le plus civilisé, avec les meilleures institutions, &, &, &.  Croire le contraire, ça, ce serait du gallocentrisme !</blockquote>

À propos de forme et de syntaxe: l’usage de je vous rassure suppose mon ignorance du sujet et la mise en valeur de votre éclairante expérience; tout comme le choix d’écrire Croire le contraire, ça, ce serait du gallocentrisme ! confirme-t-il mon ignorance en en déduisant une tare, mise en exergue par l’usage de ça entre deux virgules. Déhel, il n’y a pas qu’en France qu’on s’imagine habiter le plus beau pays du monde, celui qui a la meilleure cuisine, le plus civilisé, avec les meilleures institutions, &, &, &. Croirait-on le contraire que l’on ferait aussi du gallocentrisme ! eût été plus convenable.
Mais ce que je regrette le plus sans doute est d’être forcé d’y revenir et de me défendre à nouveau […]

    @Jacques et Gilles

   [...] alors que depuis des semaines j'essaie d'exposer mon sentiment quant à la symbolique recroquevillée d'une sortie de l'UE qui, d'après moi, mènera systématiquement à une logique d'isolement. Que vous me lisiez sans me comprendre, j'en assume la responsabilité mais que je doive encore subir des dépréciations spéculaires - gallocentrisme - ou la répétition d'une invitation à débattre d'un sujet sur lequel je m'exprime depuis longtemps déjà parvient à me décourager. Quelques exemples:

  <blockquote>-7474 J'entends par là souligner notre éventuelle erreur collective: nous avons cru au modèle de gauche parce que nous avons cru que le modèle français pouvait survivre dans un monde libéral, bercés de l'illusion du village gaulois qui résiste à César. Nous avons cru que les valeurs de gauche seraient bien défendues par Mitterrand, par Delors ou par Jospin et nous avons laissé faire ou plutôt nous nous sommes laissés faire. Maastricht en est la meilleure illustration. Maastricht et la conversion collective à la consommation individualiste. Nous avons consenti. Jusqu'à peu.</blockquote>
-7469 Le monde que vous rejetez, vous -et moi aussi évidemment- en avez profité pendant longtemps aux dépens d'autrui et maintenant qu'il nous coûte, il faudrait s'en extraire pour, grâce à la sortie de l'UE, revenir à une forme de protectionnisme. Là est le symbole dont je ne parviens pas -je le sens bien- à vous convaincre de la portée. Sortir de l'UE, c'est poursuivre la guerre économique, poursuivre l'histoire millénaire des dominants et des dominés avec comme principale logique, la protection de soi à l'échelle du pays et l'asservissement du sud. Sortir de l'UE pour protester contre la logique libérale, c'est ne pas intégrer que tant que cette logique nous a été favorable, nous n'avons rien fait.
-7469 À relire les interventions, je constate par exemple que personne n'évoque les avancées économiques et sociales du reste du monde. Si bien que personne n'évoque non plus la perversité de ce développement sur un modèle identique au nôtre, concurrentiel et destructeur. Sans parler d'écologie.
-6990 L'UE a jusqu'alors tenté de panser les plaies du continent et on a donc le choix aujourd'hui de la regarder comme telle ou comme le monstre démocraticide et libéral qu'elle est aussi. C'est un choix et dans les deux cas on fait le sacrifice douloureux de ce qui ne saurait être considéré comme un détail. Pourtant, à essayer de réformer l'UE de l'intérieur, il me semble, on ne se résigne pas et on laisse la possibilité d'une ouverture. C'est une affaire de symbole pas davantage parce que l'UE telle qu'aujourd'hui, personne n'en veut ici. La conviction qu'une réforme est inenvisageable ne peut être démontrée, les articles de AC Robert et F Lordon semblent le confirmer, mais l'exposé systématique de ses défauts et des ses vices pourrait être un préalable à la lutte avant la sécession. Je suis symboliquement europhile, pourtant si l'UE reste sourde aux aspirations des peuples alors je participerai à vos côtés Étienne, Catherine, Gilles et les autres à une campagne de sortie de l'UE. Peut-être avec une prescription de Nautamine mais avec la même énergie.
Et j'ai donc déjà souligné la difficulté de l'exercice mais vous semblez avoir pris l'un et l'autre cette remarque pour une invitation à ne pas essayer. C'est votre droit, à condition de ne pas me le reprocher par la suite.
    Enfin, ce qui a mené aux conflits sur ce fil ce sont les Rubicon franchis de part et d'autre des opinions: Zolko traitait Étienne de xénophobe et Étienne démontrait que Zolko était infoédé à l'UE libérale (ce que j'en ai pensé est [url=http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=6942#p6942]là[/url]). C'était l'écueil à éviter. Les survivants sur ce fil y sont au moins parvenus mais je ne suis pas sûr que nous suffisions au progrès du débat aujourd'hui. Si Gilles tu es parvenu à lire toutes mes dernières interventions sans y voir la moindre allusion au danger d'un repli nationaliste au point de me tancer et relancer en réclamant ton dû, conviens de mon impression ou au moins étaie ta demande en revenant sur ce qui ne t'a pas semblé clair.
    J'espère que je me serai montré suffisamment courtois.

[color=#114477][size=9]Je propose, si vous en êtes d’accord*, que nous suspendions provisoirement ce débat de fond sur la pertinence de l’UE et que nous le reprenions plus tard, car il me semble que nous avions, nous les participants à ce forum, trouvés un point d’accord qui était le refus du « Traité établissant une Constitution pour l’Europe » ainsi que de ses succédanés successifs.


Nous n’étions pas les seuls, une grosse partie des peuples des pays de l’UE refusaient et refusent toujours ces traités et les peuples formellement consultés, à savoir les irlandais, les français et les néerlandais avaient par les urnes clairement exprimés leur refus. Or il va y avoir un nouveau référendum en Irlande le 2 octobre prochain et la Commission Européenne comme d’habitude a analysé l’opinion avec des instituts de sondages et des chercheurs en sciences humaines et à partir de là a décidé d’une campagne de séduction des catégories les plus opposées à l’UE. Ceci avec une débauche de moyens humains et financiers. Je n’ai pas le temps matériel de vous fournir à nouveau, ici dans cette contribution, les sources de mes deux dernières affirmations, mais sachez qu’elles se trouvent déjà dans le forum.

Il me semble que le modeste effort politique que nous pouvons accomplir se situerait plutôt actuellement dans une direction telle que les Irlandais ne se fassent pas confisquer par d’habiles manoeuvres leur possibilité de choix plutôt que d’approfondir le sujet de la pertinence et de la sortie de l’UE, non ? Qu’en pensez-vous ? (1)

( Il me semble que ceux qui ont continués jusqu’à maintenant ce débat ont appris certaines choses et qu’il n’a pas été totalement inutile, mais bien que comme toujours en politique, il y ait beaucoup de redites, de temps apparemment perdu, beaucoup de patience, énormément de patience à fournir. )

*Jacques, Déhel, ainsi que tous les autres qui se trouvent sur le forum ou qui viendraient à y repasser.

À ce titre, si vous en êtes d’accord, nous pourrions proposer à Étienne le renommage du fil du forum : « Le mouvement des forums d’Étienne Chouard doit-il soutenir une liste aux élections européennes ? »,

http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=211
qui n’a suscité aucune réponse et peut donc être sans aucun dommage renommé, sauf peut être pour les amoureux de l’histoire et des archives historiques, en par exemple : « Information sur le nouveau référendum en Irlande du 2 octobre 2009, comment soutenir les Irlandais ? », qu’en pensez-vous ? (2)

[/size][/color]

Modification du 24 septembre 2014 : réhebergement de l’image

Je n’en pense que du bien Gilles. Et Zolko et moi avons d’ailleurs déjà entamé cette mutation des discussions sur le front du plan C. Je fais personnellement du referendum irlandais un objectif prioritaire. Donc, crée un nouveau fil sur le sujet ou renomme celui-ci et j’en serai.


[b]Le nouveau référendum irlandais[/b]

Je serais surpris que le Non l’emporte.

N’oublions pas que le traité de Lisbonne a été modifié avant resoumission aux Irlandais (L’Irlande aura un commissaire même après octobre 2014, et des « garanties » - qui valent ce qu’elles valent - ont été données concernant des sujets chers à la majorité de la population irlandaise : neutralité, avortement, régime social). Ajoutez-y la crise, et sur cette base beaucoup de nonistes irlandais vont avoir envie de voter oui cette fois-ci.

Mais tout ne serait pas fini même dans ce cas. Ce n’est pas en Irlande que la vraie bataille se jouera, mais en France et sans doute en Allemagne, à propos de la question (constitutionnelle) de savoir s’il ne faut pas faire repasser le traité de Lisbonne (modifié pour faire plaisir à l’Irlande) par la ratification. À mon avis, la réponse ne peut être qu’affirmative : même M. Sarkozy a reconnu qu’il faudrait effectuer cette ratification en même temps que celle du traité d’adhésion croate… qui tarde à venir parce que la Slovénie fait des difficultés.

Cette nouvelle bataille constitutionnelle sera longue. Il se pourrait bien que la prochaine élection britannique de 2010 donne un gouvernement conservateur. Or, les conservateurs ont décidé d’organiser un référendum si le traité n’est pas entré en vigueur entre-temps, et ce référendum donnerait sans doute un non retentissant.

Entre-temps aussi, les présidents tchèque et polonais (le premier surtout) essaient de retarder la signature de l’instrument de ratification (comme leurs constitutions respectives leur en donnent le pouvoir) de manière à attendre l’élection britannique.

Non, tout n’est donc pas perdu, loin de là, mais le rôle du référendum irlandais dans cette affaire devient insignifiant : pas la peine d’y consacrer trop de temps. JR

Sloterdijk et Rosanvallon : bientôt un club ?

[size=9][color=#114477]
Je viens de découvrir un blog intéressant, le blog d’Edgar : La Lettre Volée qui retranscrit un entretien avec Peter Sloterdijk.

Peter Sloterdijk. Extraits ( cela a été écrit en novembre 2004 ) :

« … le projet européen est extrêmement prometteur … je ne sais même pas si l’Europe sera nécessairement une entité fondamentalement démocratique. Elle ne l’est pas vraiment à l’heure actuelle et elle le sera encore moins dans l’avenir. À mon avis, l’avenir européen, comme celui du monde capitaliste entier, appartiendra à une sorte d’autoritarisme doux auquel les populations démocratiques feront obstacle. Les peuples nous gênent. Si on veut vraiment être démocrate, il faut se débarrasser du peuple… C’est ça la découverte secrète des grands administrateurs de Bruxelles : que le peuple est une chose encombrante. »

Mon commentaire :
« Sloterdijk, comme Le Pen, dit tout haut ce que les élites bruxelloises disent à voix basse. Comme Le Pen, le message n’est pas très ragoûtant. »

Peter Sloterdijk. :
« Nous ne vivons plus à l’âge de la démocratie directe, c’est fini. Le référendum est une idée archaïque. C’était à l’ordre du jour à une époque où il s’agissait de manifester la volonté d’une petite communauté politique où tout le monde savait exactement ce que sa voix exprimait. Aujourd’hui, « oui » et « non » ont une teneur vague, tellement vague que leurs auteurs ne savent plus ce qu’ils disent, et à ce moment là il vaut mieux s’abstenir. Il faut vraiment avouer que la démocratie est, aujourd’hui, une démocratie d’en haut pour le peuple, et pas une démocratie par le peuple d’en bas. Il y a des niveaux où la démocratie par le peuple fonctionne, par exemple au niveau des communes, des communautés, et il y aussi des niveaux moyens. Au niveau national, c’est déjà trop risqué de vouloir savoir ce que le peuple pense. »

Mon commentaire :
« Sloterdijk redécouvre Marat ( Les chaînes de l’esclavage) et les limites physiques et humaines de la démocratie, il n’en tient pas compte et préfère renoncer à la démocratie et s’enfoncer dans son rêve européiste. »

Un bel exemple de « Sloterdijkerie » : « dans Ecumes, je propose une théorie générale de l’antigravitation, c’est à dire des forces dont l’effet consiste en la négation, ou mieux, la compensation de la lourdeur. La sphérologie, en tant qu’atmosphérologie [sic] possède cette qualité de décrire les espaces en termes climatologiques. Elle prétend que ce qui est dans l’air est le fondement des choses lourdes d’en bas… »

Commentaire d’Edgar :
Toute dérision mis à part, il faut prendre au sérieux ce qu’écrit Sloterdijk : avec lui la démocratie n’est rien, une démocratie pour le peuple par le haut vaut mieux qu’une démocratie par le bas. Entre la définition sloterdijkienne de la démocratie et le gavage d’oies, je vois peu de différences. Je vois une grande proximité avec la technocratie prônée par Rosanvallon. Là encore, en un langage qui pouvait prêter à équivoque pour le lecteur pressé, Rosanvallon invitait gentiment les organisations internationales et les comités Théodule et autres organismes indépendants à s’asseoir sur la voix des populations.

Ces théories qui prônent la résignation du peuple, qui doit passivement attendre les bienfaits répandus par ses élites, sont dangereuses et rien d’autre. Je ne suis pas naïf, je sais que la démocratie n’est pas possible dans une forme parfaite. On ne peut pas cependant sans danger, que je crois grave, s’éloigner de la démocratie au moins comme horizon. Je n’aurais pas cru possible que l’on puisse, en Europe, revenir à un éloge de la dictature, même soft, aussi rapidement - même s’il ne m’a pas échappé que c’est ce qui se pratique.

Original ici :
Merci à Edgar pour sa vigilance démocratique.[/color][/size]