Sandy
Je te remercie pour ta réponse soignée.
Le problème d’obtenir une transition saine est aigu.
(transition de l’autoritarisme autiste élu à l’une des formes possibles de la démocratie réelle)
Et nous ressentons une volonté de la classe politique de nous refuser cette transition.
C’est pourquoi la prudence s’impose face à toute proposition issue de toute partie de cette classe, fut elle à couteau tiré avec le reste du collège contenant.
Ma préférence irait à un réseau dense de mini-constituantes rigoureusement populaires, qui par accrétions successives aboutiraient à cinq ou six textes constitutionnels entre lesquels le suffrage universel opèrerait un choix.
C’est à mon avis la seule méthode qui, par opposition à une assemblée unique (quel que soit son mode de réunion), permettrait au peuple de choisir non pas seulement le détail du fonctionnement de la société, mais encore de choisir entre des principes philosophiques fondamentaux mais antagonistes conduisant à des sociétés radicalement différentes.
Mais bon.
C’est beaucoup trop complexe.
Probablement.
Il nous reste donc deux possibilités :
-l’assemblée tirée au sort
-l’assemblée impulsée par un leader ou un groupe réellement démocrates et honnêtes, capables
de fixer un modus operandi qui soit sain, puis de ne s’en plus mêler.
Car un démocrate ne saurait être à la fois l’impulseur, le stratège, le penseur, et l’âme.
Pour qu’il soit possible en cette affaire d’accorder du crédit au FdG et/ou à JLM, il faudrait donc qu’ils soient infiniment plus clairs et précis sur le déroulement des opérations et sur le cahier des charges de l’entreprise.
J’ai bien lu (il y a des mois) la proposition, qui est bien trop brève et, malgré quelques adoucissants de l’interrogation, est beaucoup trop floue.
Un projet d’une telle envergure et d’un tel impact ne peut pas laisser planer le doute, ni laisser craindre la moindre possibilité de dérive autoritaire ou d’autisme à l’égard du peuple tout entier.
Quoiqu’il en soit
Il me semble qu’une constituante unique jamais n’accouchera en version 0 d’un produit parfait.
Elle devrait donc, cela n’engage que moi, recevoir pour mission, selon un cahier des charges clair, de nous pondre un logiciel « democratie.0 » garantissant au peuple, et au peuple tout entier, et à chaque citoyen, et à chaque citoyenne, l’opportunité et le moyen, non trop coûteux, de remanier la mouture initiale.
Sans cela, la démocratie, c’est « même pas en rêve ».
J’ai bien conscience que le projet est trop léger et floue.
Mais c’est le problème d’un mouvement politique généraliste accaparé par bien d’autres questions à la fois et aussi par les échéances électorales qui prennent beaucoup de temps.
Il est évident que l’objectif n’est pas de tout changer à la fois, mais au moins d’en changer suffisamment pour remettre la France dans la bonne direction.
Regarde en Amérique du sud. Bien que leurs constitutions ne soient pas à la pointe de ce que l’on pourrait imaginer, on peut dénoter des avancées notables allant dans le bon sens, comme les RIC.
Donc à côté de la constituante, il faut nécessairement des mouvements spécialisés autour de la question de la constituante, qui eux peuvent proposer des choses plus ambitieuses.
Dans tous les cas, c’est parce qu’il ne sera pas possible de tout changer d’un seul coup qu’il faut bien choisir les 2 ou 3 idées qu’il va falloir porter en priorité pour les faire avancer dans le débat public et espérer les retrouver dans la constitution.
Mais avant cela, il faut une constituante, et à part du front de gauche, je ne vois pas qui la propose.