1B Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir

Sandy je réponds à tes deux post en une fois.

N°17157

Bon, je te concède les gens honnêtes. Mais pas trop alors … :slight_smile:

« […]ils font un choix collectif pour un ensemble d’idées et de propositions qui constituent très clairement, pourvu qu’ils gagnent, le mandat donné aux représentants. »

Voui mais les représentant respectent TRES rarement le programme convenu (soit par vice ou par incompétence). (Donc méga contrôle obligatoire du peuple et sanctions potentiels sont de mises. - Mon fameux flingue sur la tempe -)

N°17156

OK Les avancés sociales sont un petit plus. Mais un tout petit plus, minuscule. Et le prolo est heureux, il a réussit à gagner un truc. Super … :rolleyes:

On ne peut pas comparer les pseudos-avancés sociales des travailleurs au XVIII eme siècle. On ne peut les comparer qu’aux avancés sociales des puissants durant la même période. Et si tu veux vraiment comparer les choses à cette époque, regarde juste se qu’ont obtenus les puissants par rapport à nous, durant le même laps de temps.
Les rois ne dominaient même pas la totalité de leur propre pays. Aujourd’hui les oligarques dominent le monde = Les pauvres étaient des cerfs, aujourd’hui ils ont la sécu. Mouai bof.

Exemples non paranoïaques d’acquis sociaux arrachés sauvagement à l’oligarque escroquerie :

La sécu

Sachant que les riches peuvent aussi crever d’une maladie contagieuse, ils ont tout intérêt à ce que les pauvres ou les vieux puissent se soigner. (Pourquoi crois-tu qu’ils financent et détiennent tous les lobis pharmaceutiques ? Le jour où ils auront trouvé le vaccin contre la mort, pas sur que les pauvres conserveront longtemps leurs droits à la sécu … :))

Le salaire

Sachant qu’un ouvrier dépense tout son pognon dans le mois en court (se qui engraisse aussi les riches, en plus du pognon qu’ils se sont déjà embourbés avec le travail produit par ces mêmes ouvriers), ils ont tout intérêt à lui laisser quelques miettes, (qu’ils récupèrent de toute façon) le stricte minimum bien sur, car comme le pauvre ça veut aussi être riche, ça s’endette se qui permet de mieux le tenir par les c. l’obligeant à bosser toujours plus pour pas un rond.

Une vie plus confortable

Un pauvre qui dort bien, qui peut se laver tous les jours, qui mange (de la merde) mais à sa faim, qui se soigne, s’est un pauvre qui peut se croire heureux (ou qui pense le devenir). Et un pauvre qui se croit heureux est un pauvre qui bosse plus, donc un pauvre qui rapporte plus. (En plus, ils nous le disent tous les jours, ont est de plus en plus productifs. Il est content le pauvre :))

Etc. etc. Je pourrai te faire comme ça toute la liste (très courte) des « avancés sociales »

Tout ça s’est de l’enfumage Sandy. Laissé croire à des « victoires prolétaires » est le socle, la grande intelligence, de toute leur stratégie.

Même si ça me fait de la peine de devoir l’admettre les pauvres sont des cons. Le pire ennemi d’un pauvre (comprendre une personne qui produit de ses mains) s’est ce qu’il croit être sa force et sa grandeur. Le pire ennemi d’un pauvre s’est son courage. La preuve les puissants, eux, ne travaillent pas et dirigent le monde.

Ils n’ont cédé aucun terrain Sandy. Quand ils donnent 1cm, ils nous en prennent 3 mètres. Et en plus nous sommes content.

Concernant la Démocratie Athénienne et la République. Même combat. Je suis certain que les plus travailleurs l’avaient aussi dans l’os.
Mais je suis mal placé pour parler objectivement de la Démocratie Athénienne ne lisant pas de livre sur le sujet. Cela serait pour moi une perte de temps, le passé ne peut servir que de leçon (ou d’exemple) pour ne pas recommencer les même conneries. Je préfère connaître l’essentiel dans pleins de domaines, afin de pouvoir recouper les infos et aborder une pensé sous de multiples aspects.

Je préfère penser le futur avec des idées nouvelles qui sont en germes ou qui restent à inventer sans être trop pollué par le « savoir » et « des connaissances » trop pointues dans un seul domaine.
Car je crois qu’être trop instruit, trop calé sur un sujet nuit à la liberté et à l’ouverture d’esprit. Cela conditionne trop l’imagination sur une seule vision des choses en nuisant à la simplicité, à la multiplicité de l’esprit. (A part peut-être, pour quelques méga tronche avec une mémoire d’éléphant, se qui n’est pas mon cas.)
Je me contente donc de réfléchir avec bon sens (si possible) aux propositions d’Etienne et des autres blogeurs. Si cela demande un minimum de savoir, cela ne me demande pas d’être expert.

Pour répondre à tes questions.

  • « Concrètement qu’est ce qui prouve que c’était une démocratie ? Rêvons nous d’une démocratie juste pour avoir le plaisir de se dire en démocratie ou notre but ne serait-il pas plutôt d’obtenir l’égalité et la liberté qui nous ont jusqu’alors été refusés ? »

Quand on y pense, on s’en fou de savoir si les Grecs étaient vraiment ou pas en Démocratie (sauf pour le plaisir d’une conversation au coin du feu, bien sur). L’important est de savoir se que NOUS nous appelons Démocratie et si une part de se qu’ils ont mis en place correspond à se que l’on souhaite.

Il se trouve que les Grecs proposent des techniques qui ne semblent pas idiotes (de mon point de vue et par rapport à ma vision de se que devrait être une Démocratie). Donc, va pour les Grecs. :slight_smile:
Après comment on adapte tout ça à notre époque ? Certaines réponses (via Etienne et d’autres) sont aussi sur se cite (toujours de mon point de vue). Donc, va aussi pour Etienne :slight_smile:
Maintenant, il ne reste qu’à nous bouger le cul en fait :slight_smile: et à jouer aux gentils virus publicitaire afin que la multitude s’accapare de la chose :slight_smile: Le reste ne dépendant plus de nous …

Pour se qui est des notions d’inspiration déiste de « liberté » et « d’égalité ».

Il me semble que la seule véritable Liberté (si tant est qu’elle existe …) qui nous échoie est celle de continuer à vivre ou de choisir le moment de sa mort avant que cette dernière ne nous rattrape.
Le reste relevant plutôt d’idéaux philosophiques (liés à notre culture sociale) et à se qui nous détermine (besoins vitaux, instincts, génétique).

Fort de se constat l’homme ne peut qu’aspirer au sentiment de Liberté mais pas à la Liberté elle même qui n’est qu’une vue de l’esprit.

  • Voir « Eloge de la Fuite » d’Henri Laborit – « L’homme neuronale » de Jean Pierre Changeux ou le Bouddhisme Tibétain.

Quant à l’égalité, les hommes ne sont pas égaux à tous points de vue - même devant la loi - Ils sont juste génétiquement semblable.

Ma démonstration n’est pas très sexy, je sais, mais bon, les hommes même sans poil, ne le sont pas toujours non plus … :slight_smile:

Salut, merci pour la réponse. Je trouve que tu as une vision des choses très bizarre. C’est plus que des miettes qui ont été obtenues, ce sont de vrais droits sociaux et remises en cause du système, les conditions de vie de base de l’ensemble des citoyens a malgré l’explosion des inégalités quand même grandement évoluée, rappelles-toi quand même qu’au départ nos ancêtres mourraient au travail. Rappelles-toi Victor Hugo et Germinal … Ces progrès n’ont pas été cédés volontairement comme tu sembles le penser, ils ont toujours été obtenus de haute lutte, que ce soit politique et idéologique, ou par de vraies luttes sociales, parfois même au prix du sang.

Comprends-tu donc pourquoi à quel point l’analogie que fait Etienne entre les fameux citoyens pauvres dont il parle et notre réalité actuelle est trompeuse ? Ceux qui se rapprochent le plus de notre condition actuelle, ce sont les esclaves de l’époque. Les citoyens « pauvres » dont Etienne parle étaient libres, ils n’étaient pas exploités, ils faisaient partie des exploiteurs au contraire, et non des exploités, ils bénéficiaient du système et n’en étaient pas les victimes, ce ne sont pas les pauvres qui gouvernaient à Athènes pendant ces 200 ans, mais encore une fois une oligarchie. Et il est compréhensible qu’ils se soient contentés d’un système qui visait seulement l’égalité politique. Nous nos aspirations sont différentes, nous voulons nous libérer de cette exploitation, nous voulons l’égalité matérielle, pas seulement l’égalité politique. Et sachant cela, les raisonnements d’Etienne ne tiennent plus dutout.

Ah bah là au moins c’est clair, je pense voir le fond irréductible de mes désaccords politiques avec Sandy. Moi je veux l’égalité politique, mais pas l’égalité matérielle. Je veux évidemment que les besoins matériels de tous soient satisfaits mais imposer l’égalité matérielle revient à nier les différences des besoins. Revient à nier les différences tout court d’ailleurs.

La comparaison du monde hellénique antique avec la notre est outranciere. Peut être pouvons nous comparer leurs esclaves avec nos travailleurs immigrés et leurs riches métèques avec les multinationales mais c’est vaseux. Par contre nous pouvons comparer les principes, ainsi le théorème de Talés est toujours valable même si même si il nous sert pour les voyages spatiaux.

Ah bah là au moins c'est clair, je pense voir le fond irréductible de mes désaccords politiques avec Sandy. Moi je veux l'égalité politique, mais pas l'égalité matérielle. Je veux évidemment que les besoins matériels de tous soient satisfaits mais imposer l'égalité matérielle revient à nier les différences des besoins. Revient à nier les différences tout court d'ailleurs.
Je défends l'idée que tout le monde doit être à l'abri du besoin et bénéficier des conditions matérielles nécessaires qui leur permette de réellement jouir des libertés et des droits qui sont censés être garantis par la constitution, c'est ça le combat pour l'égalité matérielle, il ne s'agit pas de tout égaliser et conformiser ... C'est pénible à la fin d'avoir toujours à se justifier, systématiquement il faut que vous cherchiez à diaboliser vos interlocuteurs.

Ce qui fonde le mouvement ouvrier et le socialisme c’est justement qu’au 18ème siècle ils ont constaté le gouffre entre les droits formels ( issus de la 1ère partie de la révolution ), et les droits réels du fait des inégalités matérielles.

@beo.
Épineuse question. À chacun selon ses besoins , je veux bien, mais cela suppose que l’accès aux biens soit égalitaire , non ?

La comparaison du monde hellénique antique avec la notre est outranciere. Peut être pouvons nous comparer leurs esclaves avec nos travailleurs immigrés et leurs riches métèques avec les multinationales mais c'est vaseux. Par contre nous pouvons comparer les principes, ainsi le théorème de Talés est toujours valable même si même si il nous sert pour les voyages spatiaux.
Sauf qu'Etienne fonde tout son discours sur cette comparaison.

Ben moi j’ai toujours été sceptique sur la transposition d’une démocratie directe où les tirés au sort n’avaient qu’un rôle de proposition, avec un système représentatif où on leurs donneraient un rôle décisionnel.

Salut, merci pour la réponse. Je trouve que tu as une vision des choses très bizarre. C'est plus que des miettes qui ont été obtenues, ce sont de vrais droits sociaux et remises en cause du système, les conditions de vie de base de l'ensemble des citoyens a malgré l'explosion des inégalités quand même grandement évoluée, rappelles-toi quand même qu'au départ nos ancêtres mourraient au travail. Rappelles-toi Victor Hugo et Germinal ... Ces progrès n'ont pas été cédés volontairement comme tu sembles le penser, ils ont toujours été obtenus de haute lutte, que ce soit politique et idéologique, ou par de vraies luttes sociales, parfois même au prix du sang.
Je sais, il est très difficile (voir impossible vu le conditionnement général au mot "travail" et la sainte doctrine des ouvriers, qui ont tous appris à se contenter de se qu'ils ont - comment faire autrement ? - ) d'admettre que l'on se fait berner depuis la nuit des temps par quelques élites sur-douées. Tout du moins beaucoup plus intelligente que nous. Mais pourtant s'est le cas. Nous avons grattés des miettes comparé à eux.

Comparons avec une vision globale des choses, se qui est comparable. S’est à dire : l’évolution social des travailleurs face à celle des oligarques qui nous dirigent depuis la révolution industriel par exemple. On se rend mieux compte du gouffre qui n’a fait que s’accentuer entre ces deux classes depuis 200 ans.

S’est l’exemple que je te donnais. Avant un grand seigneur régnait sur sa région et quelques milliers d’ouvriers, parfois il était suffisamment puissant pour contraindre un Roi. Maintenant il règne sur le monde et impose sa volonté aux « Régnants » qu’il peut acheter et soumettre à sa guise.
Pour faire plus concret, avant un seigneur avait quelques Bonnes pour lui faire sa bouffe et se soulager à l’occasion … Bref. Aujourd’hui il a toujours ses Bonnes, mais en prime, il emmène sa femme au restau en jet privé à l’autre bout du monde. Restau dans lequel la moindre bouteille de vin vaut le prix d’un an de ton salaire. Ou en vacances dans une île privée (dont j’ai oublié le nom) où un seul verre d’eau coûte 300 euros. (En terrasse :))

Si ces gens avaient vraiment concédé quelque chose qu’ils possèdent aux peuples, ils auraient perdu certains de leurs privilèges en retour ou un peu de leur argent (logique). Par le simple principe des vases communiquant. Se qui n’est pas le cas puisque c’est tout le contraire qui s’est passé.

« Avant les ouvriers mourraient au travail » - Parce que tu crois que les ouvriers ne meurent plus aujourd’hui ? Les mecs à 45 ans ont tous une ceinture autour des reins. Et à 65 ans ils dégagent d’un Cancer, d’une crise cardiaque ou finissent dans un mouroir. Tu vas me dire que se n’est pas comparable à Germinal ? Et bien si, sauf que de nos jours ont fait surtout mourir quelques millions de Chinois ou quelques Africains à notre place. Histoire d’avoir dans nos régions des classes moyennes qui se tiennent tranquilles.

« Ces progrès n’ont pas été cédés volontairement … » Tu crois vraiment ça ? Tu crois que le peuple est suffisamment maître de son destin pour se diriger lui-même et s’accaparer des choses, alors qu’il n’est même pas foutu de s’entendre entre travailleurs ou dans sa propre famille ?
Les Oligarques, eux, s’entendent TRES bien quand leurs intérêts sont en jeu.

Quand les puissants ne veulent rien donner ils ne donnent rien. Car, ils ont le remède miracle à toutes les révoltes, ce remède s’appelle l’argent, l’armé et la guerre. Les preuves ? La révolution Française, Napoléon, La Commune. Les 2 guerres mondiales. Le Vietnam, les dictatures sud américaines, Les 2 guerres du golf, la Syrie etc. etc. Autant d’occasion pour eux de s’enrichir en se débarrassant des rebelles un peu trop gourmands.

Quand ces gens concèdent une aumône sans déclencher une boucherie s’est qu’ils sont certains de gagner plus en retour. Sinon, ils ne lâchent rien et envoie le bon peuple moutonneux au carton. S’est simple, il suffit de l’affamer un peu et de lui crier Vive la France, ou Vive la Liberté ou Vive les Droits de l’homme et c’est parti. (Et je schématise à peine … :rolleyes:)

Comprends-tu donc pourquoi à quel point l'analogie que fait Etienne entre les fameux citoyens pauvres dont il parle et notre réalité actuelle est trompeuse ? Ceux qui se rapprochent le plus de notre condition actuelle, ce sont les esclaves de l'époque. Les citoyens "pauvres" dont Etienne parle étaient libres, ils n'étaient pas exploités, ils faisaient partie des exploiteurs au contraire, et non des exploités, ils bénéficiaient du système et n'en étaient pas les victimes, ce ne sont pas les pauvres qui gouvernaient à Athènes pendant ces 200 ans, mais encore une fois une oligarchie. Et il est compréhensible qu'ils se soient contentés d'un système qui visait seulement l'égalité politique.
Concernant cet aspect Hélènique des choses tu as sans doute raison. Mais je rejoint la remarque de Frigouret "Par contre nous pouvons comparer les principes, ..." et j'ajouterai "nous pouvons les utiliser."

Je note quand même que ta démonstration rejoint mon constat précédent. « Ceux qui se rapprochent le plus de notre condition actuelle, ce sont les esclaves de l’époque » : tu vois les choses n’ont pas beaucoup évoluées en 2500 ans :slight_smile:

Nous nos aspirations sont différentes, nous voulons nous libérer de cette exploitation, nous voulons l'égalité matérielle, pas seulement l'égalité politique. Et sachant cela, les raisonnements d'Etienne ne tiennent plus dutout.
Personnellement je ne souhaite pas l'égalité matériel, les Rolex et autres babioles du genre me laissent de marbre, donc ils peuvent bien se les garder. De plus, je trouve complètement débile de dépenser de telles fortunes juste pour avoir l'heure. Par contre, il doit y avoir une équitable répartissions des biens et des idées. A savoir, tout le monde doit pouvoir être libre de ses choix, vivre sans se priver à outrance, en se cultivant avec du temps pour évoluer.

Visiblement il faut que je précise ce que j’entends par égalité matérielle car nous n’avons visiblement pas les mêmes références politiques.

L’égalité matérielle, ce n’est pas être tous riches et baigner tous dans le luxe, ce n’est pas posséder tous la même chose, il ne faut pas borner l’égalité à la seule propriété privée. L’égalité matérielle c’est simplement donner à tout le monde les moyens matériels de concrétiser leurs droits formels, cela suppose que chacun soit matériellement à l’abri du besoin évidemment, mais cela suppose aussi la mise en place d’une organisation sociale adéquate et aussi un égal accès à des services et des infrastructures publiques de même qualité.

Quand on parle d’égalité ( tout court ) on parle aujourd’hui de cette égalité matérielle, car l’égalité politique ( l’égalité des droits ou l’égalité formelle ) on en fait l’expérience depuis 200 ans, c’est une supercherie, il ne suffit pas de décréter des droits sur un bout de papier, pour que ceux-ci soient réels, cela demande toute une organisation de la société derrière, et notamment un partage des richesses.

C’est le fondement du socialisme tout ça.

Épineuse question. À chacun selon ses besoins , je veux bien, mais cela suppose que l'accès aux biens soit égalitaire , non ?
Cela dépend des biens. Pour les biens de première nécessité, nécessaires à la jouissance des droits dit fondamentaux je pense que oui: logement, nourriture, santé.

Pour les Rolex et véhicules munis de pare-buffle (on ne sait jamais ce que l’on peut croiser sur la route) je pense que non.

Et entre ces deux extrèmes la question m’a l’air assez délicate. J’ai des débuts de réponse, mais je préfère les mûrir encore avant de les exprimer.

Pour ce qui est de mes chamailleries avec Sandy, il doit comprendre que je ne cherche pas à le diaboliser, ni lui ni le mouvement socialiste pour lequel j’ai la plus grande estime dès qu’il ne cherche pas à s’enfoncer dans je ne sais quel extrémisme. Par contre je suis joueur quand j’ai le temps, et lorsque je vois quelqu’un allant chercher la bâton pour se faire battre, eh bien je m’en saisis et j’accomplis mon office :slight_smile:

Voir le mal partout comme toi beo, ça ressemble à ça.
http://www.youtube.com/watch?v=somotwBbAtk&feature=related

Ah je sais mon arrière grand-mère était Conne.

Je ne crois pas que ce soit génétique. Tu peux très bien supposer tes interlocuteurs animés de bonnes intentions, intelligents, etc … Ca éviterait de pourrir systématiquement les discussions et nous ça nous éviterait d’avoir à expliquer des évidences.

Toutes les critiques d'Etienne sont en parties fondées, mais elles sont grossières, il ne prend pas en compte toutes les possibilités, il a décidé que le problème venait de l'élection et qu'il fallait la remplacer par le tirage au sort et il a comme perdu tout sens de discernement, il a tout orienté dans sa tête pour conforter cette idée, quitte à énoncé cette série quand même impressionnante de contre-vérités.
C'est ma première intervention ici. Ton discours m'a fait tellement grincer des dents chère Sandy, que je ne peux m’empêcher de venir gentiment démonter tes arguments, bien qu'il y a une tentative de ta part d'une réflexion qui doit être saluée, mais beaucoup trop d'erreurs factuelles et historiques qui ne peuvent t'amener qu'à des raisonnements faux ou bien trop partiels pour prétendre à des constatations non hasardeuses.

Certes il y a des raccourcis de la part d’Étienne qui tendent vers des affirmations trop rapides et donc des raisonnements qui semblent superficiels, mais à son corps défendant, Étienne a compris la nécessité de vulgarisation politique pour toucher une grande partie des français qui n’ont aucune culture politique. Il a développé davantage sur d’autres points du forum ou dans des conférences.

Bien qu’il y a aussi quelques erreurs des passages que tu as relevé d’Étienne.

D'abord vous mettez tous les élus dans le même panier.
Le problème n'est pas les hommes, mais le système institutionnel. C'est comme dans une salle de classe lors d'un contrôle sans professeurs pour surveiller, quelques uns par principe moral ne tricheront pas, mais une bonne partie n'hésiteront pas un seul instant à sortir les anti-sèches.

Il est dans la nature humaine de toujours vouloir aller plus près des limites, et de les repousser. C’est caractéristique du comportement de l’enfant face à ses parents, à pousser les limites de leur autorité et de leurs interdictions.

Ensuite vient la préservation. Il est encore humain de vouloir préserver sa vie avant celle de tous, et de préserver celle de son corps, famille ou groupe, avant la préservation de tous. Relire Rousseau. L’intérêt général est donc naturellement poussée en dernière position. Tous les systèmes politiques ne peuvent déroger à cette loi de la nature. Les institutions vont donc déterminer le poids général de ces volontés les unes par rapport aux autres.

Dans un système politique où règne la personnalisation, et par conséquent l’individualisme, la volonté particulière est écrasante sur la volonté collective. L’intérêt de corps, partis et syndicats, construit un autre rempart puissant devant cette volonté collective qui passe en bonne dernière. C’est le propre de l’Oligarchie qui repose sur la Division sociale.

Alors certes, il n’est pas impossible de retrouver quelques hommes vertueux dans un système qui ne pousse pas à la vertu mais tend à la corruption. De tels hommes emplis de bonnes intentions peuvent parfois par leur détermination avoir une influence, mais il est naturel que plus cette influence met du temps, plus ces personnes sont vouées à cultiver un esprit de corps dans le système qui les nourrit malgré leurs idéaux.

De tels hommes s’affadissent alors dans leurs idéaux pour n’en garder au final plus qu’une posture d’image, pour les maintenir là où ils sont. Le Pouvoir finit toujours par corrompre l’âme et son goût, celui d’une douce liqueur, nous incite à nous y accrocher.

Par une démonstration plus complète qui prendrait plusieurs pages, je pourrais vous démontrer que ce sont les interactions sociologiques induites par les systèmes politiques qui construisent celles dans le domaine économique, et non l’inverse. Nous vivons dans un monde économique où l’individualisme est exacerbé, car notre système politique est construit ainsi et pousse à cela, et ce n’est pas l’inverse, bien que finissant par s’alimenter l’un l’autre. Lire Tocqueville, la Démocratie en Amérique pour en avoir une idée.

Si les institutions sont faites par des hommes, les institutions font les hommes.

Affirmation bien étrange. Parce qu'il serait impossible d'obtenir une égalité totale, il faudrait se contenter de la seule égalité politique ?

En ce qui nous concerne, il me semble que pour nous la démocratie n’est pas une fin en soi. Ce sont bien les inégalités de nos conditions de vie tout autant que les inégalités de droits, et toutes les souffrances qui en découlent, rapportées à notre impuissance politique à y remédier, et notre diagnostic commun sur notre soumission au final à la volonté d’une minorité, qui nous pousse finalement à vouloir restaurer la souveraineté du peuple ( ou en tout cas à l’instaurer ).


L’Histoire des Hommes démontre qu’une juste et durable répartition des richesses est une conséquence naturelle d’une juste répartition du Pouvoir. L’égalité politique amène vers d’autres perspectives d’égalités sociales, et elle est le cœur de la Liberté.

Les fortes disparités et l’injustice des conditions de vie ne sont qu’une conséquence. Cherchez à les pourvoir et vous créerez une autre Oligarchie, de type communiste celle-ci. C’est inévitable. Là encore une longue démonstration des systèmes oligarchiques, Providence, Communiste et Libéral le démontrerait clairement de A à Z.

C’est d’ailleurs le fantasme du grand nombre à l’extrême gauche tel Mélenchon, jacobiniste centralisateur. État, l’État toujours l’État…en l’occurrence quelques hommes contrôlant tout. Ils se moquent de l’égalité politique car ils ont la soif du Pouvoir et du Contrôle derrière une pseudo bonne conscience à prétendre vouloir construire le bonheur pour tous.

il semble que la république ait conduit à des progrès assez indiscutables.
Qu'est ce que le progrès ?

Ce n’est pas la République qui a permis des avancées sociales et technologiques, mais l’invention de la machine à vapeur et les énergies fossiles. Regardez la prestation de Jancovici pour vous en donner une petite idée.
http://videos.senat.fr/video/videos/2012/video12508.html

Une fois la fin de ces énergies fossiles, vos " progrès " disparaitront comme par enchantement, République ou pas. Tous vos médicaments, tous les produits que vous utilisez, la division par plus de 10 000 du temps qu’il vous faut pour vous nourrir grâce aux carburants, aux machines etc…

L’Oligarchie par la Division sociale du Travail qu’elle institue naturellement permet une technicisation à outrance et une spécialisation des individus. Ce système où chacun est à sa place et sait ce qu’il a à faire permet de rendre clairement plus efficace ce système que n’importe quelle monarchie ou tyrannie rigide qui nécessite toujours l’accord du chef pour avancer.

Ce sont ces potentialités d’expansion et d’utilisation des matières premières qui ont poussé à la fin de la Monarchie en France par l’émergence d’une classe bourgeoise aux dents longues.

Si les mandats sont courts et non renouvelables, peu importe qu'on soit élu ou tiré au sort, il y a bien la même rotation des charges et le même amateurisme politique.
C'est vrai ou faux en fonction d'un paramètre crucial, celui de l'Espace.

L’élection contrairement à la croyance populaire peut ne pas être corruptible, et même avoir sa place dans un paradigme démocratique, tant qu’elle reste cantonnée à un petit Espace sociale tel qu’un village ou une Assemblée où tout le monde se connait.

On élit en Démocratie comme " Démarques" (et non représentant qui est une terminologie spécifiquement oligarchique) une personne que l’on connait personnellement dont l’éthique, les valeurs et les idées peuvent nous correspondre. Ce sont de toute manière des servants au sein du pouvoir exécutif.

Mais dès que l’élection commence à dépasser ce petit Espace, alors il est nécessaire pour les candidats pour se faire connaitre de compter sur de lourdes structures (partis, médias) qui les mettront sur le devant de la scène.

L’inégalité d’exposition sera alors un élément déterminant dans le choix des électeurs. On ne vote pas pour quelqu’un que l’on connait pas. Il n’y a donc plus de capacité d’amateurisme politique à ce niveau là, que les mandats soient courts et non renouvelables, cela n’a plus aucune importance. Vous aurez des gens comme Poutine qui attendront un peu pour revenir ensuite, avec une inévitable cooptation et construction de castes de politiciens.

Il ne peut y avoir intrinsèquement un amateurisme politique en Oligarchie que dans un Espace très petit et uniquement dans sa phase de naissance. L’élection fabrique naturellement une professionnalisation progressive et un clientélisme, la construction de partis.

Le charisme n’est pas du domaine de l’acquis et la capacité de persuasion s’apprend. Ne pouvant être égaux en terme de capital culturel, une caste de tribuns commence à se former.

Les Démocraties ne sont pas à l’abri de ce phénomène que l’on peut caractériser là encore de socialement naturel. Les sophistes et ce que l’on appellera de manière péjorative les populistes seront pointés ainsi du doigt.

C’est pour cette autre raison qu’existe le tirage au sort. Non seulement pour n’accabler personne comme le dit Montesquieu, mais surtout pour rendre futile la construction d’organismes partisans et la mise en avant d’hommes professionnels de l’art du « logos » pour ravir les fonctions. On évite ainsi une inévitable, là encore, Division qui est le cœur de l’Oligarchie, pour tendre vers l’Unité, socle de la Démocratie, grâce notamment à cet outil qu’est le tirage au sort. Seul le mérite des individus est ainsi conservé.

Donc au final, il ne peut en effet y avoir de Démocratie sans tirage au sort. Pour autant, il ne faut pas se tromper, ce n’est qu’un outil de fonctionnement, central certes, mais un outil quand même. Il ne sert à rien de le sur vendre par rapport à la base et les piliers de la Démocratie.

Le tirage au sort est en quelque sorte le ciment de la Maison Démocratie, mais on ne vend pas une maison en faisant la promotion du liant, mais bien de la bonne constitution de la structure, des piliers solides qui soutiennent la demeure et la voute, le défi architectural de l’ensemble…, en somme les valeurs du paradigme démocratique, ses grands principes, la vision sociale qui en résulte…

Une autre erreur d’Étienne est de souligner que l’Athènes démocratique était le régime de gouvernement des pauvres. Je ne crois pas que cet argument est à utiliser comme un argument valable puisqu’il est en partie faux.

Les grands démocrates d’Athènes comme Clisthène, Périclès, Démosthène, Hippias, provenaient des familles les plus riches. Ne disait on pas que Périclès incarnait quasi à lui seul la Démocratie ?

Alors bien sur cette affirmation sophiste, à la limite du syllogisme, permet de mieux mettre en exergue le caractère de l’Oligarchie où seuls les riches (ou ceux qui finiront par le devenir en prenant les rennes du Pouvoir) dominent la société. Mais cela contrevient à l’essence même de l’esprit démocratique qu’est l’Unité.

La Démocratie est le régime de tous…non pas des pauvres, ni des riches, car cela revient sinon à se contredire sur le principe même de l’égalité politique.

Vous faites l'erreur ici de confondre la délégation et la représentation. Vous appelez représentation son contraire. En fait, vous décrivez ici la délégation. Et en effet, un régime politique fondé sur la délégation du pouvoir à une minorité de gens n'est pas une démocratie, c'est clairement une aristocratie. Mais la représentation c'est différent. En déléguant le pouvoir, on l'abandonne à quelqu'un en lui faisant confiance sur ce qu'il fera avec. Un représentant par contre porte la volonté de ceux qu'il représente, on ne lui donne pas un blanc sein. Il n'agit pas selon sa propre volonté particulière mais il porte une volonté collective.
Bon là c'est totallement faux, c'est le contraire en fait. Délégation et représentation appartiennent au même champ onomasiologique de l'intermédiation, mais différent dans leurs conséquences. La représentation est l'abandon, tandis que la délégation est un " lègue " défini souvent par un objet.

Pour mieux comprendre le rapport de force il suffit de se « représenter » la provenance de l’interaction sémantique.
Le déléguant => délègue => le délégué
Le représenté <= représente <= le représentant

les lois perdurent souvent alors que les institutions et les constitutions changent
No comment. Un peu de cours de Droit ferait du bien.
vous passez à côté de la cohérence d'un système bien plus large et qui ne peut être remis en cause à mon avis qu'en le combattant dans toutes ses dimensions et non pas sur un seul de ses aspects
Etienne malgré ses erreurs et approximations a assez bien démontré que non.
Mais quand on s'aperçoit que l'immense majorité des gens est convaincue qu'il ne faut rien changer à ce système, cette conclusion ne tiens pas.
Arf.... Cette fameuse maxime de la majorité a toujours raison ?
Quoi que t'en penses, j'espère que tu es d'accord pour dire qu'Etienne se trompe en comparant les 200 ans de démocratie Athénienne et les 150 ans de république en France et en se demandant pourquoi les progressistes ne partagent pas son avis.
Les progressistes, rien que ça.... Qu’Étienne soit rassuré alors, il est sur la bonne voie.
Les principaux progrès ils ont été obtenus sous ces 150 années de république, et en partie directement via le système républicain, alors que pendant les 200 ans d'Athènes qu'est ce qui a réellement changé pour les vrais pauvres de l'époque, c'est à dire les esclaves ?
Comparaison de pommes et de poires. Quand l'essence sera à 10 € le litre nous en reparlerons si vous le voulez bien. Vos esclaves à vous sont dans le réservoir de votre voiture.

De plus, la vie de nombreux esclaves Athéniens était bien plus enviable que l’idée que l’on se fait aujourd’hui de l’esclavage que l’on associe dans l’imaginaire collectif plus facilement à la vie des esclaves afro-américains dans les champs de coton.

On peut certainement attribuer aux grecs les grands progrès en matière de lois civiles, mais là encore il faut surtout attribuer ce mérite aux romains.
(grand soupir)...Lire Tite Live par exemple...au hasard. :)
Toutes les critiques d'Etienne sont en parties fondées, mais elles sont grossières, il ne prend pas en compte toutes les possibilités, il a décidé que le problème venait de l'élection et qu'il fallait la remplacer par le tirage au sort et il a comme perdu tout sens de discernement, il a tout orienté dans sa tête pour conforter cette idée, quitte à énoncé cette série quand même impressionnante de contre-vérités.
Je ne donnerai pas totallement tord sur ce dernier point.

Si Étienne le souhaite, je peux aussi lui démonter un à un tous ses arguments sur une Constituante tirée au sort pour lui démontrer que la stratégie politique et la transition institutionnelle qu’il propose sont inenvisageable et impossible, et ne correspondent tout simplement pas à la Démocratie… :slight_smile:

L’Histoire des Hommes démontre qu'une juste et durable répartition des richesses est une conséquence naturelle d'une juste répartition du Pouvoir. L'égalité politique amène vers d'autres perspectives d'égalités sociales, et elle est le cœur de la Liberté.
Je ne dis pas le contraire. Je dis simplement que l'égalité politique ne peut pas être qu'institutionnelle.

Ce que l’Histoire a prouvé, c’est que pour qu’il y ait égalité des droits, il faut s’en donner les moyens matériels, il ne suffit pas de l’écrire sur un bout de papier, il faut le mettre en oeuvre concrètement et matériellement dans tous les aspects de la société.

C’est le fondement du socialisme.

Voilà pourquoi pour changer nos rapports sociaux et pour les rendre plus égalitaires, il faut forcément commencer par changer la constitution en effet, mais il faut aussi le vouloir et donc ensuite changer les lois en conséquences, appliquer d’autres politiques, modifier l’éducation etc … Changer la constitution ne suffit pas. Ce n’est qu’un bout de papier. Cela ne change rien concrètement. C’est juste du blabla.

Mais oui il ne faut pas espérer de la classe sociale dominante qu’elle abandonne d’elle-même sa domination.

Ces changements ne peuvent provenir que des exploités, du peuple, il est donc nécessaire que les lois soient l’expression de la volonté générale du peuple, c’est un prérequis, nous sommes entièrement d’accord là-dessus contrairement à ce que vous pensez.

Mais ça ne suffit pas pour changer la société. Encore faut-il que le peuple soit convaincu de la nécessité de ces changements.
Le verrou institutionnel n’est pas le seul verrou, loin de là …
Ce n’est donc absolument pas la cause des causes contrairement à ce qu’Etienne peut croire …

Prérequis et cause des causes ça n’a rien d’équivalent. Il peut y avoir plein de prérequis et c’est justement le cas.

En réalité je crains qu’il n’y ait pas de cause des causes. Tout se tient, tout est cohérent, tout fait système. Les relations humaines vont dans deux sens, pas un seul … Il n’y a donc aucun point de départ … On ne peut pas s’en sortir en ne s’attaquant qu’à un seul aspect de cette domination …

Concrètement, la seule force politique qui changera les institutions de telle sorte que le peuple reprenne le pouvoir, sera aussi une force politique et populaire qui combat le système sur tous ses aspects à la fois, mettant en lumière toute sa cohérence, et en proposant une nouvelle.
On ne peut pas savoir d’où viendra la faille.

Qu'est ce que le progrès ?

Ce n’est pas la République qui a permis des avancées sociales et technologiques, mais l’invention de la machine à vapeur et les énergies fossiles. Regardez la prestation de Jancovici pour vous en donner une petite idée.
http://videos.senat.fr/video/videos/201 … 12508.html

Une fois la fin de ces énergies fossiles, vos " progrès " disparaitront comme par enchantement, République ou pas. Tous vos médicaments, tous les produits que vous utilisez, la division par plus de 10 000 du temps qu’il vous faut pour vous nourrir grâce aux carburants, aux machines etc…

L’Oligarchie par la Division sociale du Travail qu’elle institue naturellement permet une technicisation à outrance et une spécialisation des individus. Ce système où chacun est à sa place et sait ce qu’il a à faire permet de rendre clairement plus efficace ce système que n’importe quelle monarchie ou tyrannie rigide qui nécessite toujours l’accord du chef pour avancer.

Ce sont ces potentialités d’expansion et d’utilisation des matières premières qui ont poussé à la fin de la Monarchie en France par l’émergence d’une classe bourgeoise aux dents longues.


Le mythe du progrès par la croissance …

Non. A un instant t. S’il existe des inégalités sociales et des injustices provoquant des souffrances et des drames, ce n’est pas la croissance qui va résoudre le problème. Laisse moi t’expliquer pourquoi …

C’est bien la mise en place d’une autre organisation sociale qui va résoudre le problème.

La croissance a pour effet d’élever les richesses produites. Et les progrès technologiques, à condition que l’on puisse y accéder, ont en effet la propriété de nous faciliter la vie. Mais ce qui nous fait souffrir ce n’est pas notre rapport avec notre environnement, ce sont surtout nos rapports entre nous, entre humains, pour cela la technologie n’est d’aucune aide.
Si l’organisation sociale fait qu’une minorité de gens s’accaparent toutes les richesses produites en exploitant le travail de tous les autres, que nous produisions 2000 milliards d’euros de richesses par an ou seulement 1000 milliards comme il y a 30 ans, ça ne change rien à la situation sociale de tous les gens qui en sont victimes et qui souffrent de ces inégalités et de cette soumission.

Cette situation ne peut donc être modifiée que par des changements de lois et de politiques.

Vous avez raison à propos du pétrole, ce qui est déterminant dans la quantité de richesses que nous produisons, c’est aussi et surtout l’intensification de l’exploitation des ressources naturelles de notre terre mère, et on peut intensifier cette exploitation peu importe le régime politique et produire toujours plus de richesses, jusqu’à ce que ces ressources non infinies finissent par manquer.

Mais ce qui est déterminant dans nos conditions de vies sociales, là aujourd’hui, à un instant t, c’est l’organisation de notre société.

Donc quand on parle de progrès sociaux, on ne parle pas de progrès technologiques ou de progrès du PIB vous comprenez ?

Quand nos ancêtres obtiennent de haute lutte la mise en place d’un temps de travail légal, journalier, et par semaine, c’est un progrès social, et cela n’a rien avoir avec le pétrôle. Quand nos ancêtres obtiennent que les soins seront remboursés par une sécurité sociale, cela n’a rien avoir avec le pétrole, c’est possible parce qu’on mutualise une partie de nos revenus, et qu’on les redistribue pour financer ces soins … C’est une autre organisation tout simplement. Quand ils obtiennent l’interdiction du travail des enfants et l’école obligatoire, là encore cela n’a rien avoir avec le pétrole. Quand les femmes obtiennent l’égalité salariale, là encore cela n’a rien avoir avec le pétrole.

Vous comprenez ? C’est ça les progrès sociaux.

Et si on compare les progrès sociaux obtenus depuis que la France est républicaine, comparé aux progrès sociaux qu’ont obtenu les grecs à leur époque, en reprenant le raisonnement de comparaison d’Etienne, qui je te l’accorde est simpliste et faux, on ne peut que conclure que c’est bien la république qui s’est montrée la plus efficace.

Maintenant je pense que c’est un mauvais raisonnement, qu’il faut essayer de mieux discerner les choses parce que ce n’est pas aussi simple.
Je vous rappelle que la vulgarisation ne consiste absolument pas à transformer un raisonnement vrai en raisonnement faux par simplisme, la vulgarisation est un art qui est censé conserver l’intégrité du raisonnement.

Le problème c’est que cette phrase simpliste constitue le raisonnement …

Pour le reste il vous faudra développer, parce que ce ne sont pas des affirmations péremptoires qui prouvent des erreurs et qui démontent quoi que ce soit :wink:

La Bruyère s’inviterait-il dans le débat sur le tirage au sort ?

Je ne connais pas pour l’instant de texte plus convaincant pour conforter la légitimité et le réalisme de notre plaidoyer sur le tirage au sort que cette remarque tirée de ses « Caractères »

(De l’Homme, n° 55)

"La paresse, l’indolence et l’oisiveté, vices si naturels aux enfants, disparaissent dans leurs jeux, où ils sont vifs, appliqués,exacts, amoureux des règles et de la symétrie, où ils ne se pardonnent aucune faute les uns aux autres, et recommencent eux-mêmes plusieurs fois une seule chose qu’ils ont manquée: présages certains qu’ils pourront un jour négliger leurs devoirs,mais qu’ils n’oublieront rien pour leurs plaisirs.

[bgcolor=#FFFF99][b]D'où l'intérêt STRATÉGIQUE, premier, radical, de tirer au sort AU MOINS ET SURTOUT L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE. Sauf à trouver UNE AUTRE technique pour [u]se débarrasser des conflits d'intérêts[/u] dans cette assemblée-mère.[/b][/bgcolor]

Les autres chambres, le dosage entre élections et tirage au sort dans les institutions, c’est précisément l’Assemblée constituante qui en décidera ; ce n’est pas, ce ne devrait pas être, notre priorité, je trouve.

Étienne.


[size=10][color=red][b]Tout à fait d’accord sur la Constituante, mais aussi, à mon sens, OBLIGATOIRE pour la Législative.

Pour la raison impérieuse et unique que c’est elle qui doit posséder LE pouvoir, lequel ne se partage pas.[/b][/color][/size]

Il me semble qu’il faut se battre résolument contre la notion classique des 3 pouvoirs, qui est incompatible avec la démocratie, et qui revient à considérer un peuple « législatif », un peuple « exécutif », et un peuple « judiciaire », qui crée de fait ces trois peuples, entre lesquels se jouerait une lutte pour le pouvoir.

C’est bien ce qui se passe en fait, modulé par le fait que le pouvoir exécutif (la prétendue « classe politique ») a phagocyté les deux autres pouvoirs, et s’est elle-même faite phagociter "à l’insu de son plein gré"par le pouvoir financier auquel il a permis d’échapper aux bribes de législation laissées au peuple dans son entier.

Il me semble qu’il doit être affirmé « haut et fort », dans la Constitution même, que l’exécutif et le judiciaire sont des pouvoirs délégués et que les outils leur imposant cette subsidiarité doit être formalisée.

(Cette mention est d’ailleurs insuffisante car à ces relais délégués, sont susceptibles de s’agréger à tout instant des pouvoirs plus indépendants, corporatistes, issus de la société civile, tels les pouvoirs médiatiques, financiers, religieux, lobbies industriels…etc, dont la nécessité de contrôle doit aussi être constitutionnellement affirmée.)

Une façon moderne de voir la Constitution est de la considérer comme un cadre structurel fonctionnel de l’organigramme de l’entreprise « peuple » en vue d’un projet commun et collectif, qui s’appuierait sur les règles classiques de management basées sur la distinction essentielle faite entre maître d’ouvrage, le peuple dans son entier, détenteur du pouvoir, (prescripteur pour le projet), et les maîtres d’oeuvre, (chargés de sa mise en oeuvre), sous-ensembles structurés, professionnels et compétents, à qui l’exécutif et le judiciaire sont délégués via des appels d’offre à déterminer. (mais d’importance secondaire, et où l’enjeu essentiel relève de la compétence et non du politique), et soumis à contrôle permanent et à de fréquentes « revues » de chantier.

Quand nos ancêtres obtiennent de haute lutte la mise en place d'un temps de travail légal, journalier, et par semaine, c'est un progrès social, et cela n'a rien avoir avec le pétrôle. Quand nos ancêtres obtiennent que les soins seront remboursés par une sécurité sociale, cela n'a rien avoir avec le pétrole, c'est possible parce qu'on mutualise une partie de nos revenus, et qu'on les redistribue pour financer ces soins ... C'est une autre organisation tout simplement. Quand ils obtiennent l'interdiction du travail des enfants et l'école obligatoire, là encore cela n'a rien avoir avec le pétrole. Quand les femmes obtiennent l'égalité salariale, là encore cela n'a rien avoir avec le pétrole.
Bonjour Sandy

Si votre analyse est correct au premier abord elle ne va pas assez loin. Car si vous creusez encore un peu, vous vous rendrez compte que si, justement, s’est l’argent (les fameux pétro-dollars) apporté par l’exploitation et l’utilisation du pétrole (via les machines) qui a permis de dégager suffisamment de richesses supplémentaires, (je vous passe les exemples) pour que les « Puissants » acceptent de nous concéder ces fameux « acquis » sociaux.
(Que nous payons aussi en partie via les cotisations et les impôts, ne l’oublions pas … Donc, se n’est pas un don qu’ils nous font.)

La meilleur preuve est que le pétrole diminuant, ils font tout pour nous reprendre ces fameux « acquis », (qui au rythme ou vont les choses, ferons bientôt parti des livres d’histoire) sachant pertinemment que sans le pétrole même eux vont en perdre beaucoup … Donc, comme il ne sont pas idiots, ils anticipent afin de pouvoir conserver leur train de vie actuel en reprenant se qu’ils nous ont lâchés pendant cette révolution industrielle.

Bonjour,

D’abord il vaut mieux parler de progrès plutôt que d’acquis. Car vous avez sans doute remarqué que grâce au mot acquis ils font passer ceux qui les défendent pour d’affreux conservateurs. En parlant de progrès, on met la réalité en place, ce sont eux qui passent pour d’affreux conservateurs.

Sinon pour appuyer ce que je disais vu que vous n’êtes pas convaincu que cela n’a rien avoir avec notre niveau de richesse … Regardez la Bolivie c’est le pays le plus pauvre du monde … Pourtant ils viennent de mettre la retraite à 60 ans pour tous …

C’est une affaire d’organisation de la société …

Il ne s’agit aucunement de dons ou de concessions, tous ces progrès sociaux ont été obtenus soit par la force sociale soit par la force politique. Pour obtenir ces progrès, nos ancêtres les ont battu. Ils ne les ont jamais obtenu avec leur consentement.