11 Langue commune de l'Union Européenne

Economies liées au passage à une vraie langue commune

Sam (votre 2062).

Je ne sais pas si l’on peut qualifier le budget communautaire de minime. Tout ce que j’ai lu ici et là (j’aimerais bien que quelqu’un d’autorisé le confirme), c’est que le budget des langues représenterait environ 1 % du budget global de l’UE, ou encore un milliard d’euros par an. D’ailleurs faudrait-il savoir si ces chiffres portent sur la traduction et l’interprétation seulement : auquel cas il faudrait ajouter les frais de terminologie, d’édition, et de publication dans tous les langues. Et il faudrait savoir aussi de quel budget on parle. (J’ai lu aussi quelque part le chiffre de 2 milliards, qui couvre peut-être tous ces éléments linguistiques : je ne serais pas surpris que la publication à elle seule représente la moitié du budget.)

Peu importe : la mise en place d’une vraie langue commune ne consiste pas seulement à transférer des coûts UE aux Etats membres (pour la traduction des textes en langue commune vers les langues nationales). Il faut voir les choses sous un angle différent.

Actuellement, l’anglais n’est pas politiquement accepté à l’UE ni à l’ONU comme langue de travail unique. Inutile de dire qu’il ne le sera jamais (pas plus d’ailleurs que toute autre langue naturelle) : il y a donc nécessité de traduire, interpréter et publier dans toutes les langues officielles de l’organisation les textes rédigés en anglais, et de traduire en anglais les textes produits dans les autres langues - cela par souci d’égalité politique. Les exceptions - il est vrai qu’elles se font de plus en plus nombreuses - donnent lieu à pas mal de grognements.

Avec une langue commune politiquement neutre et acceptée par conséquent comme langue de travail unique, les représentants des Etats seront automatiquement placés en situation d’égalité linguistique. Ces représentants n’auront alors plus d’hésitation à écrire et parler dans la langue commune plutôt que dans leur propre langue. Et comme leur gouvernement sera chargé des traductions (publications, &) de la langue commune vers la langue nationale, ils pourront choisir de laisser de côté bon nombre de textes qui n’intéressent que très secondairement leurs citoyens et dont leurs fonctionnaires pourront prendre connaissance par la seule langue commune : or, le principe d’égalité veut que pour le moment beaucoup de textes soient traduits et publiés dans toutes les langues, souvent sans grande utilité.

Plus tard, quand la langue commune sera pleinement en usage oralement (ça demandera certainement beaucoup de temps que pour l’écrit), les délégués n’hésiteront plus à intervenir dans cette seule langue. Alors qu’actuellement ils se plient à contrecoeur, faute de mieux, à l’emploi du seul anglais : et encore, seulement dans de petites réunions ou réunions à caractère technique.

Autre économie (difficilement chiffrable, il est vrai) liée à la langue commune : elle tient à l’amélioration de la documentation et des interventions. Une fois la langue commune pleinement fonctionnelle, chaque pays pourra faire ses propositions dans sa langue nationale (propositions ensuite traduites par l’organisation - UE ou autre - dans une seule langue : la langue commune). A l’heure actuelle la traduction, à l’UE, doit se faire dans 20 langues : et comme les organisations n’ont pas le temps et les moyens matériels de tout traduire dans toutes les langues officielles, les gouvernements rédigent de plus en plus souvent leurs textes directement dans un anglais approximatif et souvent franchement fautif. La rédaction dans la langue maternelle de l’auteur est normalement garante d’une bien meilleure qualité - donc d’une meilleure compréension et de l’accélération des activités.

Dernière économie importante et permanente : elle tient tout simplement au caractère intrinsèquement rationnel de la langue commune et donc à sa facilité d’emploi. Caractéristiques qui, on le sait, ne sont pas celles des langues naturelles, forcément idiomatiques et contextuelles (l’anglais tout particulièrement). Là encore, on gagnera beaucoup de temps, et donc beaucoup d’argent : c’est évident, mais ce ne sera chiffrable qu’une fois expérience faite.

Quant à l’obligation de traduire certains textes nationaux vers la langue commune, dont vous parlez, il appartiendra à l’UE de décider : en tout cas, cette obligation ne sera pas plus grande avec la langue commune que ce n’est le cas actuellement, et elle portera sur deux langues plutôt que sur 20. C’est à l’UE qui devra traduire ces textes en langue commune, car c’est à elle d’assurer la correction et l’uniformité d’emploi de cette langue (les Etats traduisant exclusivement vers leur langue nationale).

En ce qui concerne les arrangements concrets : le système de la langue commune impliquerait la réorganisation des services linguistiques de l’UE. Les économies en personnel réalisées par l’UE (même chose pour l’ONU) du fait que ses linguistes n’opéreraient plus que vers la seule langue commune permettraient de financer au moins en partie les traducteurs nationaux chargés de traduire (interpréter, etc.) à partir de la langue commune. Ce personnel pourrait être basé soit dans le pays concerné, soit à l’UE (à l’ONU) si cela devait être plus commode. JR

bonsoir

je suis tout nouveau dans votre forum dans lequel je viens de pénétrer juste à l’instant. je vis depuis 1965 à l’étranger non francophone (mais plus près de paris que l’aéroport de lyon) et me considère comme européen d’abord, plus comme français bien que la construction actuelle de l’europe me force à porter ces papiers d’identité. mes enfants ont une double nationalité. les 2 derniers sont quadrilingues parfaits (de, en, es, fr; plus latin) mais avec accent. leurs cousins d’italie, mes neveux par mariage, sont francophones de naissance, mais pas français le moins du monde (descendants d’italiens rappelé en italie par mussolini! ils forment une cité francophone en bordure de rome, là où il y avait toujours eu des marécages, jusqu’à ce que leurs parents les assèchent), et également quadrilingues (de, en, fr, it). donc le problème des langues, nous le connaissons suffisamment, tout en l’ayant surmonté à notre manière, en quadrilinguisme. par contre, toute notre parenté est essentiellement monolingue, même et surtout ceux ayant appris des langues étrangères… nos meilleures connaissances linguistiques font qu’ils ne font plus le moindre effort depuis des dizaines d’années et que leur connaissances n’ont fait que regresser…

je promouvois pour cette raison des langues auxilaires: ido, je veux y revenir de suite, les langues universelles de sudre et de pirro (connues sous le raccourci de solresol, et d’universal ou universal glot), l’esperanto, l’interlingue, le frater, ainsi que le BASIC English. j’ai mes préférences, mais je m’en fiche en fait: il faudrait tout bonnement progresser!

mes enfants sont pseudo anglophones de langue maternelle (mais nous vivons en allemagne). nous connaissons les difficultés de la langue anglaise; c’est une langue corriace même et surtout pour les anglophones eux-mêmes, car un anglophone de naissance n’a pas du tout de repère orthographique! il existe pour cette raison dans le monde anglophone de vastes collections d’outils linguistiques surtout pour les débutants. vaste, cela veut dire quoi? par exemple les petit livres « ladybird »: plusieurs centaines! par exemple les méthodes syllabaires avec tablettes de contrôle: 2 fois 10 forts cahiers. et, selon l’individu, c’est dur quand même! sans doute un étranger a-t-il plus facile: il sait déjà lire et écrire quand il aborde l’anglais et ne doit que se graver en tête en plus des voyelles variables et de nouveaux sons… ainsi vu, sur le plan didactique seul, l’anglais n’est pas idéal. c’est par contre une réalité.

l’ido? depuis 100 ans, l’europe a une langue commune simple qu’elle s’est donnée sciemment: en 1907, les académies de plusieurs pays d’europe chargées par leurs gouvernants décidèrent à vienne (autriche) d’abord, puis à paris, la création de toute pièce d’une langue nouvelle devant devenir la langue commune européenne. nous aurons donc l’an prochain un sinistre anniversaire, celui de l’enfant mort-né de l’europe, la langue commune!

l’ido ne fut d’ailleurs pas créé de toute pièce, mais n’est en fin de compte qu’un esperanto réformé. les espérantistes de bonne volonté le comprennent sans la moindre difficulté, et vice-versa. l’ido a considérablement moins de défauts que l’esperanto, mais n’est pas idéal non plus. le problème capital (il y en a d’autres) est que la langue donne trop de liberté de créativité de vocabulaire, faculté qui pourrait être utilisée à des fins malhonnêtes: non seulement baratiner les gens, mais utiliser des mots créés de toute pièce pour rappeler autre chose, et induire sciemment en erreur l’interlocuteur (les mots composés ignorent l’usage des prépositions, et sans préposition, souvent, des successions de mots peuvent avoir plusieurs significations). mais si prennait les accords au pied de la lettre, nous aurions bel et bien un langue européenne existante qui n’a jamais été vraiment utilisée, mais pas non plus ni enterrée ni détrônée et un centenaire serait une occasion propice pour reposer le problème cette année! raison de l’échec? les espérantistes se sont mutinés, eux défenseurs de la langue commune, l’ont en fait sur la conscience, et continue dans cet égarement, car l’ido est un réel progrès quand même!

l’europe est tellement vaste qu’il faudrait plutôt 3 ou 4 langues absolument simples et rigoureusement parallèles, avec la même grammaire, les mêmes « petits mots » (pronoms, prépositions, adverbes, conjontions, et articles si on en utilise, ce qui serait préférable), mais des mots doublets pour les termes spécialisés (par ex. un latin, un germanique, un slave) quand on ne trouve pas de terme connu vraiment sur tout le territoire. c’est ce que font les allemands. en allemagne, il y a beaucoup de doublets à usage purement régional, plus le jiddisch, qui est un allemand avec un vocabulaire à lui et écrit en caractères hébreux!

il existe 2 langues bien documentées qui répondent presque mutuellement à cette définition: l’universal glot, la langue de pirro, une langue dont la moitié des racines sans doute sont allemandes, et l’occidental, la langue du germano-russe ukraïno-balte (ouf! le pauvre: descendant d’allemands lettrés et quasi francophones pour cette raison, né en ukraine, il a vécu sa vie d’adulte en terre baltique, et servi comme officier de marine russe!) edgar de wahl. de nos jours, l’occidental de l’allemand de wahl, qui s’appelle elle-même « latin démocratique », est devenue trop latine pour les germaniques qui n’apprennent plus le latin… la notion de culture a bien changé en moins d’un siècle, mais cela de considérables répercussions pratiques. il manquerait donc la version slave. dommage que de wahl ait tout misé sur le latin, car en « slave » aussi, il aurait été compétant! la langue universelle de pirro est une belle langue artificielle, hautement « mécanisable » (traduction automatique) car seul l’article porte le pluriel, seul le nom le féminin, seul le verbe le temps (les personnes étant identiques, donc plus qu’en anglais, dans le même temps), et seul le pronom la personne.

voici pour ce soir et ce premier message!

cordialement

Langue commune/ido/espéranto, etc.

Bonjour europeendabord (2294).

Quatre questions :

  1. Je ne connais aucune langue universelle. Il me semble que l’espéranto domine (c’est le seul à avoir fait, sauf erreur, l’objet de recommandations à la SDN et à l’UNESCO), mais je suis convaincu que la mise en place de la langue commune universelle doit commencer par une concertation entre tous les pratiquants d’une langue commune universelle, quelle qu’elle soit. Partagez-vous cette analyse ?

  2. J’ai essayé de prendre contact avec le mouvement espérantiste, sans résultat - sauf quelques rares remarques essentiellement défaitistes (il paraîtrait que les anglophones ne sont pas favorables à la mise en place d’une langue universelle, tiens tiens ! et que cela est ressenti comme un obstacle majeur…). J’en conclus que ce mouvement manque à l’heure actuelle de la volonté ou des compétences politiques nécessaires pour susciter le rassemblement de tous les partisans de la langue commune. Qu’en est-il de l’ido ?

  3. Le principal obstacle à la mise en place de la langue universelle, c’est qu’il y en a plusieurs et que cette multiplicité contredit très précisément la notion d’universalité : c’est ce problème qu’il faut commencer par régler, sans doute en commençant par recenser les pratiquants de chaque langue, ce qui déciderait de la langue qui doit prendre la tête de la concertation. Êtes-vous d’accord ?

  4. J’avais proposé pour ma part, dans un premier temps, un congrès Internet chargé de faire connaître les avantages d’une langue vraiment commune (qui n’est pas une simple langue internationale, même de loin la plus usitée), de s’entendre sur les objectifs de la future langue commune (alphabéticaux, lexicaux et grammaticaux), de décrire les langues universelles existantes, de les évaluer sur la base des objectifs retenues et du nombre de locuteurs effectifs, et de passer au choix (bien difficile certainement) de la langue existante (telle quelle ou plus vraisemblablement réformée) ou nouvelle qui correspondrait le mieux aux objectifs. Cela vous paraît-il raisonnable ?

Cordialement. JR

bonjour

il me semble que vous soyez de l’opinion que l’on puisse et que l’on doive imposer une langue et qu’il existe une langue prédestinée? ce fut l’erreur commise jusqu’à présent lors de tous les efforts dans ce sens. on accuse l’anglais de capter, de monopoliser, ce qui n’est pas vrai du tout: l’angleterre elle même est considérablement moins unie linguistiquement que la france. les américains n’ont pas ancré l’anglais dans la constitution. les akadiens existent toujours. le canada est même vraiment bilingue, alors que la pression sur les gens dure depuis trois siècles… l’espagnol remonte actuellement vers l’amérique du nord, l’espagnol est de plus en plus sujet à des objections en espagne même, alors que c’est actuellement quand même la 3ième langue mondiale derrière l’anglais et le chinois, et une langue presqu’exemplaire sur le plan orthographique au moins, la grammaire n’en étant pas très compliquée, pas plus que la prononciation. le russe est de plus en plus contesté par la jeunesse dans les ex pays sous tutelle. les jeunes ont abandonné assez systématiquement le russe, sans le remplacer d’ailleurs par grand chose d’efficace. les jeunes baltes ont par exemple toutes les peines du monde à s’exprimer en anglais, ont abandonné le russe, de même que l’allemand, qui fut parlé par les derniers envahisseurs avant les russes, mais n’aiment pas non plus du tout le polonais. le français était la langue de l’élite et est resté élitaire. il n’est pas rare qu’un jeune lituanien surdoué ne puisse s’exprimer qu’en lituanien, ce qui n’ouvre pas beaucoup d’horizons ni en europe ni dans le reste du monde.

la langue commune est peut-être une autre forme de recherche de perpetuum mobile ou de la quadrature du cercle. ce n’est pas pour rien que babel occupe une place si importante dans la bible…

même des choses millénaires telles que le latin disparaissent plus ou moins… on ne peut plus parler du latin comme d’une institution pour l’europe. il fut, mais c’est révolu.

jacques roman 2297

  1. l’esperanto est la langue la plus répandue, mais il n’y a sans doute pas 1 million de locuteurs sur plus de 6 milliards d’humains: il se place peut-être au niveau du maltais, du lituanien, et, dans le meilleur des cas, mais vraiment dans le meilleurs des cas, du finnois (l’appréciation devient de plus en plus difficile, car quiconque s’inscrit à un cours d’esperanto est aussitôt repris comme authentique locuteur dans les estimations, qu’il arrive au bout du cours ou non, ou qu’il pratique un jour la langue ou non)! l’esperanto est défendu par une communauté qui avait même voulu en faire la langue d’un état. la même lobby est très puissante, mais pas assez pour l’avoir imposé ni dans cet état, ni dans aucune organisation internationale non esperantiste.

je ne pense pas que la mise en place de la langue commune universelle doive commencer par une concertation entre tous les pratiquants d’une langue commune universelle, quelle qu’elle soit. actuellement, la majorité des humains que nous désirons consulter (qui veut consulter les iraniens, les irakiens, etc?) plaiderait avec réalisme pour l’anglais car il y a déjà plusieurs milliards de gens qui sont d’ores et déjà aptes en tirer réellement parti. dans certains pays, la vie sans l’anglais est devenu impensable (tant que l’arabe n’aura pas pris la place ; ) ! ghana, liberia, et, même, inde, quand même un petit milliard d’habitants. les non-hindis préfèrent l’anglais au hindi! les partisans du urdu, qui parlent pourtant la même langue, préfèrent renoncer à écrire, ou préfèrent écrire en anglais, que d’écrire leur parler dans les autres caractères, et les indiens, vice-versa, d’écrire le hindi en alphabet arabe!

ce qui était faisable fut fait: dès 1907 l’europe décida d’une langue commune, qui existe, fut parfaitement bien publiée très vite, et ce fut un échec.

apprendre une langue et l’utiliser est une question d’intelligence et non pas de tripes, ors, de nos jours encore, ce sont les viscères qui dominent!

  1. les idiistes, ils existent vraiment, sont encore plus défaitistes que les esperantistes, bien qu’ils parlent le seul et unique européen authentique. les occidentalistes, sont encore plus défaitistes que les idiistes bien qu’ils parlent la langue faite pour tout l’occident. leurs adeptes les plus fervents sont en russie, en tchéchie, etc. bien qu’il s’agisse d’une remise à jour, simplification et revulgarisation du latin (comme le français, d’ailleurs, quelle ressemblance, bien qu’elle soit vraiment innocente et fortuite!). les universalistes, il n’y en a plus: la « langue fut commercialisée » juste à la veille d’une mémorable guerre entre les peuples qui devaient, selon l’auteur, l’utiliser, la guerre de 1870! l’heure n’était pas à l’amitié entre les peuples, mais pas du tout, vraiment!

  2. du tout: on attend autre chose d’une future langue commune que d’être populaire. une langue commune n’est pas jonny halliday! ni zidane! ni miss france! vu que la langue commune n’est de toute manière même pas parlée par 1 pour mille des européens, il n’y a absolument aucune raison rationnelle de prendre en considération les nombres, notion qui plaide d’ailleurs entièrement en faveur de l’anglais: entre quelques milliards, et quelques gus, il n’y aurait vraiment pas à hésiter! une langue commune devrait être un progrès (que l’anglais pourrait être d’ailleurs! l’anglais aussi pourrait subir des réformes de l’orthographe! pourquoi pas? les russes l’ont fait, les allemands l’ont fait, les espagnols aussi: est-ce que les autres peuples seraient trop bêtes?). la délégation des académies qui en statua entre 1901 et 1907 eut la seule approche intelligente: il fallait une langue totalement neuve, créée spécialement à cet effet. dommage que les politiques n’aient, à l’époque, pas suivi, et les esperantistes mutiné contre, au lieu de l’adopter! naturellement, aujourd’hui, les sciences linguistiques ont fait des progrès immenses, l’europe est considérablement redéfinie et devra bientôt, si on continue comme ça, se soucier des légitimes attentes de peuples turco-sémites (on a d’ailleurs d’ores et déjà une langue sémite en europe, le maltais! pas comme langue régionale, mais comme d’une des langues sous la protection spéciale de l’union européenne, un scandale européen!)

  3. c’est très difficile, vraiment. pourquoi: en ce qui concerne l’universalité des langues, il y a 3 tendences:

a/ ceux qui ne pensent qu’à l’europe (en ce qui concerne la langue commune)
b/ ceux qui pensent au monde entier (pourquoi pas?)
c/ et ceux qui voudraient donner à des millions d’êtres humains handicapés (près de 40 millions en 1995 dans la seule europe des 15!) à des facultés de communication considérablement plus modernes, voir futuristes!

vouloir tout classer en effectifs est contra-productif: le progrès ne doit pas dériver vers une sorte de tyrannie de la majorité!

cordialement

qu’on donne à nos enfants le droit vote!
pas de discrimination d’âge,
pas de stade larvaire pour les humains!

La langue universelle : entendons-nous.

Europeendabord, votre 2298.

Le forum de la CIPUNCE < htpp://www.cipunce.net > intitulé « Les langues de l’Union » contient des discussions détaillées auxquelles je me permets de vous renvoyer pour ne pas me répéter ici.

Je voudrais simplement rappeler ici quelques points à mon sens fondamentaux.

  1. La langue commune dont nous parlons n’est pas amenée à remplacer les langues naturelles existantes, mais à servir de langue-pont entre toutes les langues naturelles, ce qu’aucune langue naturelle ne peut faire (pour des raisons techniques : les langues naturelles sont des langues empiriques forcément très imparfaites méthodologiquement ; et surtout pour des raisons politiques : une langue naturelle entraîne avec elle la culture et la politique qui la sous-tendent, et donc a vocation à supplanter les autres).

  2. La langue commune sera la langue commune universelle. L’immense travail que nécessite la mise en place de la langue commune ne doit être fait qu’une fois : il serait irrationnel de faire une langue commune commune européenne, une langue commune asiatique, une langue commune africaine, puis une langue commune pour se comprendre entre les trois. Cela suppose que la langue commune doit être accueillante à tous les modes de pensée et aux terminologies qui vont avec.

  3. La langue anglaise est pour le moment la langue internationale de très loin la plus usitée : ça n’en fait pas une langue commune, ce qu’elle ne sera jamais. Une langue commune est une langue qui se suffit à elle-même et se passe d’interprétation et de traduction, parce qu’elle est consensuelle. Au contraire, plus l’anglais langue internationale sera usité, moins il sera consensuel, et plus les États exigeront des traductions et des interprétations dans leurs langues nationales - cela dans le légitime souci de préserver leur indépendance politique et culturelle. L’anglais est tout au plus, à l’heure actuelle, un mauvais ersatz de langue commune.

  4. Il faudra beaucoup de temps pour que la langue commune, une fois mise en place, devienne une langue de communication ordinaire, surtout au parlé. Aussi il ne s’agit , dans ce premier temps très long, que de mettre la langue commune en place dans les organisations internationales. On commencera par l’écrit (la documentation), tout en affinant les mécanismes de la langue commune et en se constituant un thesaurus lexical adéquat. Très vite, ce thésaurus lexical pourra servir d’étalon (langue de référence, si vous voulez) à l’intérieur des organisations internationales, pour la bonne raison qu’il sera beaucoup plus uniforme et constant que les thesaurus nationaux, et donc beaucoup plus commode.

  5. La question des effectifs des langues universelles, dans mon idée, n’interviendrait qu’au stade de l’organisation de la grande concertation linguistique à laquelle je pensais : il me paraît en effet assez naturel que la langue universelle la plus usitée prenne l’initiative de cette concertation.

  6. Toutefois, vous me renforcez dans l’opinion qu’il n’y a probablement rien à attendre des appareils linguistiques « universels » existants : ce sont sans doute et avant tout des concurrents acharnés à défendre leur boutique en partant du principe que leur produit est le meilleur, et bien décidés à ne rien changer. (Comme j’espèrerais me tromper !).

  7. Dans ces conditions, il appartient aux linguistes professionnels de réfléchir ensemble, en permanence, sans aucun parti pris, à la possibilité et à la nature de la langue-pont universelle (je répète : universelle, pas européenne). Même un échec serait rentable par l’éclairage des problèmes linguistiques qui en résulterait.

Autant que je sache, aucune concertation de cette envergure n’a encore eu lieu entre professionnels des langues : quelqu’un aurait-il des informations ou des idées à ce sujet ?

Cordialement. JR

bonjour

jacques roman, votre 2300

  1. je ne sais pas si la langue commune remplacera ou non les langues naturelles existantes et c’est, en l’absence d’exercice de la force (la méthode française d’imposer une langue centrale) sans aucune importance: la langue est la première propriété culturelle de nos congénaires - ils en font ce qui leur semble bon! c’est pourquoi beaucoup de française se mettent au texto, et ils ont raison, si celà leur plait! je pense qu’une langue pratique, facile et bien sonnante a toutes les chances de remplacer une jour des langues qui ne seront plus que folkloriques!

  2. je pense que c’est une grave erreur de penser ça! le grec a voulu s’imposer et avant lui d’autres langues, le latin, qui en est lointainement issu, a voulu s’imposer, et a donné naissance au français (entre autres!), le français a voulu s’imposer, et a donné naissance à l’anglais, l’anglais a voulu s’imposer, et donne naissance à l’américain, et à d’autres formes de langues angloparentes mais prenant la poudre d’escampette de l’anglais authentique! etc. idem l’espagnol, et l’espagnol d’outre-mer, les lusophones ont le même problème etc. et ça servirait à quoi d’avoir une seule langue mondiale? 98 ou 99 % des relations humaines ont lieu dans une langue locale aussi gigantesque ou minuscule soit sa propagation. (presque) des milliards de chinois parlent chinois mandarin, idem hindi, idem la plus simple au monde, l’indonésien (0,25 milliard quand même)! c’est pourquoi je disais dans 2294 que "l’europe est tellement vaste qu’il faudrait plutôt 3 ou 4 langues absolument simples et rigoureusement parallèles, avec la même grammaire, les mêmes « petits mots » (pronoms, prépositions, adverbes, conjontions, et articles si on en utilise, ce qui serait préférable), mais des mots doublets pour les termes spécialisés (par ex. un latin, un germanique, un slave) quand on ne trouve pas de terme connu vraiment sur tout le territoire!

ce qui manque à l’humanité n’est pas une langue commune mais une technique de communication linguistique commune!

  1. l’anglais joue son rôle et est fortement rémunérateur pour ses « adhérants ». le problème est rigoureusement psychologique et c’est tout: l’anglais est vexatoire!

  2. mais alors, il faudra chasser les gens élus! car dans le meilleur des cas, c’est l’anglais qu’ils ont appris… moi je me vois mal en train de voter pour un gus en vertu du seul fait qu’il parle la « langue universelle »: s’il ne parle que la langue universelle seulement, je ne voterai pas pour lui, car il y a de fortes chances qu’il me représente mal, que sa voix ne se fasse pas entendre! bizarre d’ailleurs qu’on parle si peu des compétences linguistiques (et autres!) des candidats en période électorale!

  3. toute « langue universelle la plus usitée » est sectaire, ne le négligez pas!

  4. si, on peut en tirer des leçons:

    • sans accent sans cédille sans umlaut sans th/f sans th/v etc.
    • elle doit être facile pour 40 millions d’invalides de l’u.e. des 15, c’est capital! certains invalides auront absolument tout à réapprendre! la lecture du parler sur les lèvres, du travail d’athlète intellectuel! etc…
    • elle doit être « horriblement » simple, voir simpliste, car la « pensée complexe » n’est pas du tout universelle. seules des religions tyranniques arrivent à imposer des langues difficiles et compliquées comme le latin, l’arabe, le grec koiné, le slavon, l’hébreu! la démocratie rejette de telles formules!
    • en gros 1/3 de l’humanité parle des langues hypersimples comme le chinois ou l’indonésien (et à certains égards les langues turques). la langue commune échouera si elle est plus complexe!
  5. oui et non! il faudrait surtout s’y mettre, tous, avec plusieurs candidates chacun, et un esprit ouvert et curieux, et voir dans 30 ans laquelle est la plus répandue. les français ont commis le péché mortel de l’orgueil et ont cru imposer sournoisement leur langue dans le marché commun avant le premier aggrandissement, là où il n’y avait pas encore la moindre trace d’anglais dans la communauté! si, à l’époque, on avait dit aux allemands, italiens, bénélux etc. « on prend une langue neutre », depuis 40 ans dans les autres pays du monde on prendrait en considération et respecterait cette langue neutre, tellement l’europe en création était puissante! et même si cette langue neutre leur était défavorable, les autres pays l’auraient respectée, car neutre, c’est neutre. en 1957, l’ido était encore presque tout neuf. certes 1/2 siècle s’était écoulé sans qu’il s’impose, mais c’était, avec les 2 guerres mondiales et explicable, et compréhensif, et excusable. maintenant, c’est trop tard, car …

j’en arrive à votre question: « Autant que je sache, aucune concertation de cette envergure n’a encore eu lieu entre professionnels des langues : quelqu’un aurait-il des informations ou des idées à ce sujet ? »

oui, il y a eu plusieurs lancées! les travaux à l’université de havard sur le vocabulaire de base, vocabulaire fondamental non seulement de l’anglais basic, mais du français, italien, espagnol, portugais, allemand, russe, et hébreux (ouvrages de i. a. richards, ch. m. gibson / charles duff) qui me semblent être, et de loin, les plus sérieux. de vrais linguistes ont encadré en équipe le projet de langue universelle d’origine latine, l’interlingua (l’occidental, lui, appelé de nos jours « interlingue », était essentiellement l’oeuvre presqu’isolée d’un génie linguistique, prof. de sciences en fait, et d’une poignée d’enthousiastes, dont un rabin écrivain, et quelques linguistes). mais il y a surtout un espoir ou une menace, que la langue universelle nous soit imposée en orient! des universités asiatiques (par ex. université de sejong) ont la construction d’une langue universelle depuis plusieurs années à leur programme, ce qui est compréhensif, vu que nos solutions occidentales, ne sont soit pas mûres soit de cuisants échecs, tenant peu compte des besoins d’asiatiques ou africains, bref, nos efforts dans ce sens ont été farfelus et décevants pour le monde entier qui nous regarde!

si nous voulons progresser, il faut nous recentrer sur notre tâche principale: la construction de l’union européenne linguistique. et si en plus le rapprochement de la culture chinoise ou indienne réussissait, on aurait franchi un pas de géant!

Concertation linguistique UNIVERSELLE

Europeend’abord (2303).

Votre réponse sous 8) confirme qu’il n’y a pas eu à ce jour de concertation mondiale concernant la langue commune universelle, mais des tentives locales (européennes, asiatiques…).

Le meilleur moyen de construire l’union européenne linguistique, selon moi, serait de commencer au niveau européen à recenser les projets en cours partout dans le monde (pas seulement en Europe ou dans les pays occidentaux), d’en dégager les bases communes pour voir comment l’UE pourrait apporter à un projet vraiment universel et non provincial, conçu dans l’intérêt de l’humanité tout entière. Les « interlangues » européennes ne sont (à mon avis) que des obstacles supplémentaires sur la voie d’une vraie langue commune. Si les tentatives européennes dans ce domaine, comme vous le laissez entendre, ne sont pas universellement acceptables, il faudra envisager autre chose.

La question est de mettre sur pied une langue-pont, pas la langue que parlera votre député. Nous avons tout le temps, mais il faudrait commencer aussi vite que possible pour sortir un jour (serait-ce dans des siècles) de la situation actuelle, qui est à la fois inégalitaire, politiquement dangereuse et coûteuse. Le « globish » n’est pas la réponse mais une partie du problème ; et même si les francophones ont commis autrefois le même genre d’erreur que les anglophones aujourd’hui (croire que leur langue était devenue la langue commune), ce n’est pas une raison de persévérer dans cette erreur.

Cordialement. JR

Bonjour à tous,

Candide, je viens de découvrir ce forum et c’est la raison pour laquelle je réponds seulement aujourd’hui à votre message N°853. Je ne veux pas relancer ces polémiques incessantes sur la nécessité de choisir l’anglais comme langue commune européenne, mais je tiens juste à vous dire que je partage totalement votre argumentation en faveur de cette langue qui s’impose de plus en plus à travers le monde entier et particulièrement en Europe.

Sans vouloir dénigrer ses adeptes, il est évident que malgré l’immense mérite de son créateur, l’Espéranto n’a aucune chance d’être un jour déclarée langue commune européenne ou mondiale, n’ayant aucune motivation économique à offrir aux personnes qui veulent apprendre une langue internationale immédiatement utilisable, sur le plan professionnel notamment.

Quand on sait que des centaines de millions de personnes, ainsi que la plupart des cadres et responsables du monde entier utilisent l’anglais dans tous les domaines, ce serait une totale aberration de vouloir choisir une autre langue commune pour l’Europe. C’est juste une question de logique au-delà de tout aspect sentimental. Je profite de cette intervention pour vous informer que je suis en train de constituer un groupe pour rassembler les partisans de l’anglais comme langue commune européenne, afin d’être représentatifs dans les prochaines années et de nous faire entendre au Parlement Européen.

Cordialement,

Gérard Micheau - Paris

Langue commune (européenne, universelle)

Gmicheau (votre 2667).

Votre argumentation en faveur de l’anglais langue commune de l’Europe est exclusivement économique.

Êtes-vous sûr d’avoir bien pris en compte l’aspect politique, selon moi de loin le plus important ? Sur ce plan, il me semble que votre projet n’a (heureusement !) aucune chance d’aboutir.

La solution est ailleurs. JR

Mon argumentation n’est pas uniquement basée sur l’aspect économique, mais surtout sur le fait que l’anglais est depuis longtemps la langue de communication internationale par excellence, dans tous les domaines, et notamment touristiques, scientifiques, diplomatiques, culturels, etc… et les millions de personnes qui pratiquent cette langue n’accepteront jamais d’en apprendre une autre pour des raisons éthiques, bien que ce concept soit très honorable dans son aspect de neutralité.

L’économie étant la base même de la politique, elle représente une motivation majeure pour choisir une langue plutôt qu’une autre. L’anglais à pris une place prépondérante sur le marché mondial du fait que cette langue a considérablement facilité les échanges commerciaux à travers le Monde, en ayant pour conséquence directe le fait d’encourager de plus en plus de gens à l’apprendre pour des raisons professionnelles vitales de nos jours. C’est pourquoi seule une minorité de personnes apprendront une langue neutre s’il n’y a pas de motivations économiques. Quant à « mon projet », ce n’est pas que le mien et heureusement, mais celui de nombreux européens qui veulent s’affranchir des barrières linguistiques que représentent nos 23 langues nationales et qui souhaîtent pouvoir se comprendre mutuellement grâce à cette langue qu’ils maîtrisent déjà largement. En effet, l’anglais est de très loin la première langue étrangère enseignée dans les pays de l’Union, comme pratiquement partout à travers le Monde.

Sur le fait qu’il n’a aucune chance d’aboutir, nous en reparlerons à l’horizon 2030 - 2040, si nous sommes toujours de ce monde, sinon les jeunes nous remercierons d’avoir enfin initié ce mouvement qui correspond aux aspirations du plus grand nombre.

GM

Langue commune : aspects politiques

GM (votre 2669).

Je serais quand même tenté d’assimiler votre argument de la langue de communication par excellence à un argument économique : c’est parce que l’anglais est la langue la plus fréquemment employée en contexte international qu’il serait, à court et moyen termes, moins coûteux de le développer en tant que langue commune unique des institutions européennes et internationales. Je suppose que si l’espagnol était aujourd’hui dans le cas que l’anglais vous tiendriez le même raisonnement pour l’espagnol.

En ce qui concerne l’éventuel refus par les millions de personnes qui pratiquent l’anglais d’apprendre une autre langue (espéranto ou autre) « pour des raisons éthiques », il me semble que vous posez mal le problème, à deux égards.

D’abord, il ne s’agirait pas de faire apprendre la langue commune dans l’abstrait à ceux qui pratiquent l’anglais ou une autre langue. La langue commune se mettrait en place progressivement dans les institutions internationales (européennes et autres). Elle commencerait par servir d’instrument terminologique (de langue-étalon ou même de simple glossaire normalisé) à l’usage des fonctionnaires de ces institutions, et ce n’est que peu à peu, sur plusieurs décennies sans doute, qu’elle acquerrait naturellement le caractère d’une langue commune activement pratiquée, à l’écrit puis à l’oral., dans les organismes de l’Union d’abord, à l’extérieur par la suite.

On peut d’ailleurs compter sur la commodité d’utilisation et la précision inhérentes à une langue artificielle pour accélérer le processus : les langues naturelles sont trop irrégulières, phonétiquement et grammaticalement, et trop contextuelles - idiomatiques si vous préférez - pour servir de langue commune : c’est le cas de l’anglais (j’allais dire : surtout de l’anglais).

Ensuite, vous continuez de négliger l’aspect politique. Croyez-vous vraiment que la majorité des Allemands, des Espagnols, des Français, des Grecs, des Italiens, etc. soient prêts à renoncer à l’égalité des langues et à l’emploi de leur langue nationale dans les organismes de l’Union européenne ? Vous n’envisageriez pas, je suppose, d’imposer cette solution par décision du Parlement européen ou d’une autre institution européenne?

Je passe sur l’argument général (bien que ce ne soit pas le moins important) que l’anglais est une langue liée à une conception particulière de la vie et qu’utiliser cette langue comme langue commune unique reviendrait immanquablement à s’imprégner d’une vision anglosaxonne au détriment de toutes les autres, ce que beaucoup d’Européens ne souhaitent pas et, sauf erreur de ma part, ne souhaiteront toujours pas en 2030 ou 2040. JR

JR (votre 2670).

L’intérêt économique de l’anglais est bien sûr la première motivation pour ses adeptes, sans oublier les autres aspects déjà évoqués. Si l’espagnol, le français ou n’importe quelle autre langue avait cet usage international, je tiendrais effectivement le même raisonnement en leur faveur, n’ayant aucune préférence sentimentale pour l’anglais, et c’est ça que nos détracteurs ne veulent pas comprendre. C’est juste un « outil » de communication, mais qui a l’énorme avantage d’être largement utilisé pratiquement partout à travers le Monde.

Je n’ai pas écrit que les personnes qui pratiquent l’anglais refuseraient d’apprendre une autre langue pour des raisons éthiques, ça n’aurait aucun sens, mais que ces motivations éthiques, (notamment pour bénéficier de la neutralité d’une langue artificielle) ne sont pas suffisantes pour remplacer les motivations économiques qui sont primordiales dans le choix d’une langue étrangère, et précisément pour son attrait professionnel qui en est le principal moteur. Par contre, tout à fait d’accord pour reconnaître que les langues naturelles sont trop irrégulières et inutilement compliquées. Personnellement je dirais le français bien plus que l’anglais, mais peu importe, ce n’est pas l’objet de ce débat.

Je ne néglige pas l’aspect politique, mais c’est du côté purement sentimental dont vous voulez réellement parler en me demandant si je pense que les européens sont prêts à renoncer à l’égalité des langues dans les instances européennes. Comment pouvez vous évoquer une quelconque égalité quand on sait que les langues « minoritaires », slaves par exemple, mais aussi le néerlandais, le portugais, l’italien, etc… sont déjà reléguées de fait au second plan, face au français, ou à l’allemand par exemple ? C’est la raison pour laquelle de plus en plus d’européens prennent conscience qu’une langue commune est indispensable pour nous retrouver sur un pied d’égalité en l’utilisant le plus largement possible.

Il y a déjà des inégalités flagrantes entre les 23 langues de l’UE, et c’est inévitable, du fait que certaines d’entre-elles sont plus utilisées que d’autres et exercent en conséquence un pouvoir attractif plus ou moins important sur les futurs pratiquants. L’usage de l’anglais continuant naturellement à se généraliser, le parlement européen n’aura pas besoin de l’imposer, mais juste à proposer un vote qui devrait confirmer qu’une majorité d’européens sont en sa faveur, pour le déclarer langue commune de l’Europe dans les 20 ou 30 prochaines années. Les générations suivantes seront bientôt toutes bilingues anglais + langue maternelle, l’ayant pratiquement toutes appris dans les collèges et lycées de l’Union, si ce n’est également dès les écoles primaires, au détriment du français, de l’allemand et de l’espagnol qui sont de moins en moins enseignés partout en Europe et dans le Monde, et notamment en France, en Allemagne et en Espagne, où l’enseignement de l’anglais est largement majoritaire. Il y a par contre une volonté politique à mettre en place pour encourager davantage son enseignement, et non plus les autres langues qui n’ont pas une vocation communautaire et à fortiori internationale.

Quant à la « vision anglo saxonne » que l’usage de l’anglais aurait pour inévitable conséquence, cet argument est infondé car 45 pays l’utilisent comme langue officielle à travers le Monde (voir le Quid 2006 à la page 1869), et vous pourrez constater que la plupart de ces pays n’ont rien à voir avec la « pensée unique américaine ou britannique », et parfois y sont même totalement opposés ce qui ne les empêchent pas d’utiliser cette langue qui est un moyen de communication, et rien d’autre. Ils l’utilisent simplement par commodité pour pouvoir communiquer avec le reste de Monde précisément, sachant pertinemment que leurs langues locales d’origines ne sont pas pratiquées.

GM

[align=left][/align]L’anglais langue commune ?

GM (votre 2671).

J’avais donc mal compris cette phrase de votre message antérieur :

« Les millions de personnes qui pratiquent cette langue n’accepteront jamais d’en apprendre une autre pour des raisons éthiques, bien que ce concept soit très honorable dans son aspect de neutralité ».

Votre assertion que l’anglais serait moins irrégulier et inutilement compliqué que le français demande à être corrigée, car c’est là, justement, un des éléments du choix de la langue commune. Je crains qu’en l’occurrence vous confondiez complication et précision.

L’appareil grammatical de l’anglais comporte des sources d’imprécision majeures, inconnues du français et d’autres langues européennes grammaticalement plus développées. En particulier :

  • L’emploi de l’article : lorsqu’il n’est pas écrit, il y a doute sur sa nature (défini ou indéfini?). Et parfois, pour une question d’usage, il est difficile de l’écrire Ex. : « Israel shall evacuate occupied territories » (certains territoires, ou tous les territoires ?) ; et il aurait était difficile d’écrire « Israel shall evacuate THE occupied territories » sans autres précision, du fait (complication supplémentaire) que l’article défini anglais a aussi léger un sens démonstratif ;

  • Plus généralement, la rareté relative des mots-outils. On se demande constamment (surtout quand on est traducteur) quelle est la relation exacte entre les divers mots d’un membre de phrase anglais. Ex. : comparez « waste management assessment and technical review programme » et « programme d’évaluation et d’examen technique de la gestion des déchets » - un seul sens possible avec le français, plusieurs avec l’anglais si l’on ne dispose pas d’un contexte, selon comment on regroupe les mots dans le membre de phrase ;

  • L’invariabilité en nombre et en genre de l’adjectif, qui fait qu’on hésite souvent à le rattacher à tel ou tel mot de la phrase. Ex. « operational management teams » : est-ce la gestion qui est opérationnelle, ou bien les équipes de gestion ?

  • Le rôle des postpositions : elles ont la même fonction que les traits des idéogrammes chinois. Un trait non intégré à un idéogramme ne signifie presque jamais rien en chinois ; en anglais, la postposition séparée du verbe anglais ne comporte pas davantage de sens absolu, d’où nécessité de mémoriser toutes les cas d’emploi séparément.

Ces caractéristiques de l’anglais sont à rattacher au caractère foncièrement « linéaire », ou juxtapositionnel, de cette langue - à savoir que l’enchaînement et la proximité des mots donnent le sens, comme on l’a vu plus haut, lui-même résultat de l’histoire : l’anglais est du germano-français qui a perdu les désinences du germanique sans acquérir les mots-outils du français.

Je parlais de chinois, et l’on remarquera incidemment que l’anglais est grammaticalement proche de cette langue sur divers plans (linéarité ou « juxtapositionnalité », tendance au monosyllabisme). Voilà deux langues magnifiquement douées pour l’appréhension rapide des réalités immédiates à condition de disposer d’un contexte, et aussi pour la poésie : l’un des principaux attraits des oeuvres de Shakespeare tient sans doute au flou de l’expression, qui laisse beaucoup à imaginer.

Pourtant, ce contextualisme de l’anglais et du chinois font que ces deux langues sont mal placées pour servir de langue commune ou langue-pont. En effet, on attend avant tout d’une langue commune qu’elle assure la transmission exacte et précise des messages - aucune langue « naturelle » n’étant d’ailleurs techniquement bien placée pour jouer ce rôle, et c’est pourquoi je ne propose pas de faire du français la langue commune de l’UE.

Je passe sur la phonétique : « anarchie » est le terme qui vient à l’esprit quand on pense à l’anglais - tout est à mémoriser, puisque un même groupe de lettres peut se prononcer différemment d’un mot à l’autre.

Terminons sur la « vision anglosaxonne ».

Ce n’est pas tant de politique internationale que je voulais parler, mais d’une d’une analyse de la vie à travers les concepts et les formes de pensée.

Je soutiens que l’expansion rapide de la langue anglaise dans tous les pays et dans toutes les couches de la société, y compris dans des pays qui n’ont pas l’anglais comme langue officielle (la France ou la Thaïlande par exemple) est en train d’opérer une colonisation profonde des mentalités. Je ne crois pas que ce soit là affaire de jugement sentimental, mais bien - j’en ai peur - de constatation réaliste. Quel premier ministre français aurait osé parler poubliquement de « positive attitude » il y a 50 ans ?JR

JR (votre 2672)

La formulation de ma phrase que vous citez était ambigüe et justifie votre interprétation, je vous l’accorde volontiers. Par contre je n’ai pas l’intention de disserter sur le fait que l’anglais soit plus irrégulier et inutilement compliqué que le français, ou l’inverse, je dirais simplement que c’est le cas des deux langues, sauf que l’anglais est incontournable sur la scène internationale, ce qui n’est pas le cas du français ni d’aucune autre langue, et c’est la seule chose qui importe pour confirmer son potentiel mondial et européen.

Je ne conteste pas que la langue anglaise ait également ses propres difficultés, bien entendu, mais elle pourrait être sensiblement simplifiée, sans pour autant la dénaturer. Il suffirait de supprimer les exceptions et quelques difficultés grammaticales que rien ne justifie vraiment, la compréhension globale d’un texte étant plus importante que sa pureté orthographique ou grammaticale. Quant à son enseignement, il n’y a aucune raison que nous n’arrivions pas à former des jeunes parfaitement bilingues en quelques années scolaires avec des méthodes adaptées, et non plus avec ces méthodes rébarbatives et démotivantes que l’on trouve encore actuellement dans l’Education Nationale, contrairement à l’enseignement de qualité que l’on pratique dans certains établissements privés.

Tant qu’il n’y aura pas une réelle volonté politique pour enseigner l’anglais dans toutes les écoles, dès le plus jeune âge, avec des méthodes modernes et adaptées à une bonne maîtrise de cette langue, nous constaterons toujours une majorité d’étudiants qui arrivent sur le marché du travail avec une pratique très insuffisante, ce qui explique pourquoi les natifs anglophones sont tant recherchés et appréciés. Les pays scandinaves et la Hollande sont l’exemple typique d’une bonne résolution du problème, du fait que l’immense majorité de leurs étudiants sont parfaitement bilingues anglais + langue locale, et c’est à l’évidence leur méthode que nous devons appliquer pour assurer la future carrière professionnelle de nos propres lycéens et étudiants dont la maîtrise de l’anglais est indissociable dans le monde d’aujourd’hui.

Je ne suis toujours pas d’accord quand vous écrivez que le fait de s’exprimer en anglais implique inévitablement une forme de pensée anglosaxonne, sous entendu de l’hégémonie américaine, qui est d’ailleurs obsolète sur le plan économique, étant remplacée par la suprématie chinoise qui ne fait que commencer. Sauf que là encore, les cadres et responsables chinois utilisent massivement l’anglais dans leurs relations internationales, mais ce serait absurde d’affirmer qu’ils cautionnent « la pensée unique américaine » du fait qu’ils pratiquent leur langue. Il est donc erroné d’affirmer que le fait d’utiliser l’anglais implique systématiquement d’approuver la pensée anglosaxonne. Par ailleurs, à force de perdre du temps à sans cesse tergiverser sur le choix de notre future langue commune européenne, voire internationale, les chinois s’imposent de plus en plus sur le marché mondial et je vous souhaîte bon courage pour apprendre cette langue si un jour elle venait à remplacer l’anglais.

GM

La réalité linguistique essentielle

GM (votre 2673).

Dans le dernier paragraphe de votre message, vous mettez indirectement le doigt sur l’essentiel.

Aucune langue dite à un certain moment internationale ou « universelle » (rappelons-nous le « Discours sur l’universalité de la langue française » de Rivarol) ne s’est jusqu’ici maintenue dans ce rôle.

Si même les langues « maternelles », incrustées dans les gènes de toute une population, sont susceptibles de disparaître, il va de soi qu’une langue utilisée secondairement pour la communication internationale est encore plus vulnérable dans ce rôle accessoire.

Ce qui fait l’internationalité ou l’universalité d’une langue naturelle - plus généralement sa force -, c’est la puissance politique, économique et culturelle de ceux qui la pratiquent, jointe au facteur démographique. C’est ce qui explique que le grec, latin, l’italien, le portugais et plus récemment le français aient perdu en tout ou en partie leur rôle de langue de communication internationale au fil des décennies ou des siècles. Plus près de nous : le français, devenu en 100 ans une langue presque « naturelle » des pays indochinois y a disparu en quasi totalité en une ou deux générations.

Vous proposez de pérenniser l’anglais commun en l’enseignant partout. Mais en Asie, la langue qui monte est le chinois : elle aussi commence à être enseignée partout. Et sauf erreur, l’enseignement du chinois monte aussi en Europe.

Est-ce que nous allons continuer de passer tous les 100 ou 200 ans d’une lingua franca à une autre, avec les investissements coûteux et disproportionnés que cela nécessite pour un résultat techniquement très imparfait - du moment que le caractère forcément artisanal et hasardeux d’une langue naturelle n’est pas compatible avec la mise en place de la langue de communication universelle entièrement rationnelle ?

Les anglophones sont en train de commettre la même erreur que les francophones il y a 75 ans, lorsque le Japon, du temps de la SDN, proposait de promouvoir l’espéranto comme langue internationale et que la délégation française répondait que le français était déjà la langue internationale : ils succombent à l’illusion de leur force présente.

Je ne dis pas, notez bien, qu’il faille forcément retenir l’espéranto (je ne suis pas espérantophone) : mais je crois qu’il faut réfléchir à autre chose qu’à des ersatz de langue commune.

À défaut d’une vraie langue de communication qui devra, elle, s’imposer par sa rationalité et sa neutralité, nous en resterons indéfiniment à la situation actuelle (intellectuellement instisfaisante et très coûteuse) puisque l’anglais, j’en reste convaincu, ne sera jamais politiquement acceptable dans le rôle de langue commune unique. Il me semble que la grande réalité linguistique qui doit nous préoccuper est celle-là. JR

JR (votre 2674)

Le grec, le latin, l’italien, le portugais et le français n’ont jamais eu, et de loin, l’importance (économique, politique, diplomatique, culturelle, scientifique), internationale qu’à l’anglais aujourd’hui, pour la simple raison que nous sommes dans une période unique de mondialisation qui nous oblige à tous communiquer si nous voulons être compétitifs et jouer un rôle économique vital sur le marché mondial, du fait que nous sommes impliqués dans une guerre économique implacable où seuls les plus performants subsisteront.

Bien que l’anglais ait pris une avance décisive pour conserver sa place prépondérante sur la scène internationale, les langues natives ne disparaîtront pas avant fort longtemps et les « conservateurs » pourront s’en réjouir. Concernant la probabilité que l’anglais soit remplacé à terme par le chinois dans son rôle de langue d’échange internationale, aucun élément ne permet de l’envisager actuellement, cette langue étant beaucoup trop compliquée pour les occidentaux et les non-chinois de naissance. Par ailleurs, tous les « intellectuels » chinois pratiquant déjà l’anglais pour assurer leurs exportations, ils n’ont aucun intérêt eux-mêmes à l’abandonner, au risque de perdre leurs clients majoritairement anglophones.

Permettez moi d’être très dubitatif sur le fait que l’enseignement du chinois progresse vraiment en Asie, notamment en raison des rivalités inter-asiatiques bien connues, du fait que l’expansion chinoise à tendance impérialiste, (ou colonialiste comme vous préférez), n’est pas du tout appréciée par ses voisins, et notamment en Inde et au Tibet pour ne citer qu’eux. Je ne vois pas non plus les japonais apprendre le chinois, ce serait le comble quand on connait leurs profonds conflits du passé. Quant à l’enseignement du chinois en Europe, il ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan éducatif anglophone, et est dû à quelques inconscients qui n’ont pas encore compris que le chinois ne leur servira à rien dans l’UE, à moins qu’ils souhaîtent s’expatrier en Chine et c’est le seul cas où cet apprentissage puisse se justifier.

Tant que vous considèrerez l’anglais comme l’expression du capitalisme « à l’américaine », vous ne pourrez pas admettre que cette langue est devenue neutre et vraiment internationale, étant déjà pratiquée partout à travers le monde, bien au-delà de tout concept politique, philosophique ou sentimental. C’est une situation de fait qui est incontestable et c’est bien dommage que ses détracteurs ne veuillent pas l’admettre.

GM

Langue commune/langue internationale

GM (votre 2676).

Vous dites : « [L’anglais] est devenu neutre et vraiment international… C’est une situation de fait qui est incontestable ».

Je n’ai jamais contesté que l’anglais soit une langue internationale, et ça m’apparaît bien une situation de fait incontestable.

Je conteste, par contre, que ce soit une langue « neutre ». Il y a malentendu sur nos conceptions respectives de la neutralité.

L’emploi habituel de l’anglais en contexte naturellement francophone opère selon moi une reconversion fondamentale des modes de pensée francophones par le canal de la syntaxe, avec influençage des concepts politiques, philosophiques et sentimentaux. (Le phénomène est beaucoup moins marqué en contexte sinophone, vu la proximité syntaxique du chinois et de l’anglais.)

Faiblesses techniques de la langue (comme de toute langue naturelle) mises à part, je rejette l’anglais en tant que langue commune unique - mais pas, je répète, en tant que langue internationale - parce que je tiens à mon mode de pensée naturel.

Il est entendu que l’anglais joue actuellement, en pratique, le rôle d’un ersatz de langue commune : mais pas de langue commune unique, notez bien, puisque justement il n’est pas accepté comme tel et n’a à mon avis aucune chance de l’être. Il faudrait, à échéance de deux ou trois siècles, avoir dépassé ce stade de l’ersatz, et pour cela se mettre au travail sans tarder. Ce qui veut dire : s’entendre sur une langue « planifiée » rationnelle et neutre dont le seul objectif sera de servir de langue-pont entre toutes les langues naturelles et pas, au-delà, d’imposer une vision particulière de la vie.

Cordialement. JR

Cher Jacques, (votre 2683)

J’ai apprécié votre courtoisie et votre argumentation lors de nos précédents échanges, mais je constate que vous persistez à nier l’évidence que l’anglais est devenu une langue neutre en raison de son usage international, indépendamment de tous contextes politiques, économiques ou culturels. C’est en effet tout à fait erroné d’affirmer que la langue utilisée pour s’exprimer influence notre pensée. Quelque soit la langue utilisée, nos valeurs personnelles et convictions profondes dépendent uniquement de notre personnalité, de nos aspirations, et de notre mental, et non pas du support de communication que représentent les langues.

Etant français de naissance, je le resterai toujours, (bien que je me considère beaucoup plus comme citoyen européen), mais ce n’est pas du tout le fait de m’exprimer en anglais, même en France, qui modifierai ma façon de penser à l’anglosaxonne. Encore une fois, vous refusez d’admettre, comme tous les détracteurs de l’anglais, que c’est un simple « outil » de communication, et rien d’autre.

J’arrête donc là ce débat puisque rien ne pourra vous convaincre que c’est la seule langue qui ait un potentiel suffisant pour être déclarée langue commune de l’Union Européenne dans les prochaines décennies, avant d’être déclarée un peu plus tard, langue officielle de l’Europe, ce qui est le but de notre mouvement, à terme.

Merci pour ces échanges.

Cordialement,

Gérard Micheau

g micheau votre 2694

je reprends votre phrase :"je constate que vous persistez à nier l’évidence que l’anglais est devenu une langue neutre en raison de son usage international, indépendamment de tous contextes politiques, économiques ou culturels. "
J’aimerais bien que vous apportiez des preuves de cette assertion pour le moins surprenante;

L’anglais est tout sauf neutre, et je ne vois pas pourquoi il le serait. Lalangue du pays dominant économiquement et militairement a toujours été impérialiste.
Lisez les manchettes des journaux US ou anglais et dites moi si vous les apprécieriez en francais?

J’ai commencé à apprendre l’anglais il y a exactement 41a au collège. J’ai toujours bien réussi parce qu’il le fallait mais cette langue est toujours restée pour moi un corps étranger. Je pense en français ma langue maternelle, je pense directement mes phrases en italien ma première langue, je ne les pense absolument pas en anglais, ma seconde langue, et je me contente de me faire ma propre traduction simultanée. J’ai appris ensuite l’espagnol mais que je ne pratique pas assez pour avoir un vocabulaire suffisant pour bien le parler (en revanche je le lis sans probleme).

Neutralité de l’anglais? comment se fait-il que quand j’entends un chanteur français,italien ou espagnol je sais de quoi il parle simplement en suivant d’une oreille distraite alors que j’en suis souvent incapable de comprendre quand j’écoute avec attention en anglais? Je ne dois pas être le seul français d’ailleurs: quand je demande a mes jeunes neveux et nièces (deux post bacheliers quand meme!) ce dont parle ce qu’ils écoutent à longueur de journée, il leur faut du temps et la réponse est généralement: pas d’importance ou bien on s’en fout (c’est vrai que certains textes une fois enlevées les onomatopées et les « baby » n’ont peut-être plus trop besoin d’être compris? ) Pour une langue de communication, on peut faire mieux…

Venons en à l’anglais technique que je suis parfois obligé de subir quand je suis pressé dans le cadre de mon travail (sinon j’exige des documents traduits en français académique, ce qui fait parfois réfléchir sur l’intérêt économique final d’aller se fournir à 20.000km) . Où est la neutralité quand on doit supporter du coréen « traduit » en anglais sans doute avec un logiciel analogue à celui du site de voila.fr sous prétexte que ce pidgin est censé être compris par les clients du produit? Où est la neutralité quand il faut connaître des éléments de la culture US pour comprendre les mots?

Personnellement je suis tout à fait prêt à faire l’effort d’apprendre l’esperanto comme langue administrative de l’Union (ou une autre langue totalement artificielle mais quand meme facile à apprendre pour un européen)…J’ai commencé quelques semaines d’apprentissage de l’espéranto en 1971 (avec le livre « La dolça françlando »), mais il était en concurrence avec l’hébreu et le serbocroate aussi ai-je provisoirement laissé tomber (l’hébreu très vite faute de professeur reparti précipitamment en israël et le serbocroate ne devait servir que pour des vacances en yougoslavie en Août 1972.
Dans mon idée, cela resterait uniquement une langue que chacun aurait l’obligation d’apprendre pour pouvoir voyager d’un bout à l’autre de l’Union et la langue de publication de référence de tous les textes administratifs (obligatoirement disponibles également, d’office ou à la demande dans toutes les langues d’usage des territoires de l’union). Tous les traducteurs devraient l’apprendre en plus de leur langue maternelle et de leur éventuelle autre langue de travail.Mais toutes les autres langues resteraient pour les besoins quotidiens et directs des habitants: c’est comme çà que fonctionnent les piémontais avec leur langue régionale pour tous les jours, l’italien pour l’administration et les merdes berlusconniennes à la télé, et anglais, français et allemand pour le reste.

Finalement, je ne vois plus tellement l’intérêt d’apprendre beaucoup de grandes langues dans ce cas, sachant que dans la plupart des cas, à moins de passer son temps dans les avions ou les trains ou d’en faire son métier on pratique rarement suffisamment plus de 2 ou 3 langues efficacement.
Vu le temps nécessaire et la difficulté d’acquérir et de maintenir une bonne pratique des langues (j’ai oublie tres vite les rudiments de sango, arabe, russe,qu’on m’a enseignés, faute de les pratiquer) cela laisserait du temps à chacun pour s’intéresser plus aux langues locales, qui ne cherchent pas du tout à être neutres, qui portent des cultures à défendre et qu’il faut donc les sauver ainsi de l’oubli

Mais il est totalement hors de question pour moi que l’anglais, langue d’une puissance impérialiste contre les dérives de laquelle je veux que l’Union se construise, soit la langue de cette Union. Il est déjà pour moi assez inconcevable qu’un président français ait été assez stupide pour introduire le ver britannique dans le fruit européen, que d’autres se soient régulièrement déculottés dans les faits malgré quelques rodomontades, pour qu’une mégère tyrannique obtienne « my money back », sans qu’on en soit toujours à se demander si on est en relation de coopération avec un pays indépendant ou le 52e ou 53e futur état des USA! Cela vaut d’ailleurs pour un certain nombre d’autres « élargissements » qui ont conduit à une europe bouffie, dilatée à s’en déchirer, simple zone mercantiliste avec un vernis culturel et politique pour faire illusion.

D’ailleurs, si on cherche une langue aussi « neutre » que l’anglais, pourquoi ne pas adopter l’arabe littéraire adapté à l’alphabet latin?

JMT

Régis Ravat est le président de l’Association FRancophonie AVenir (A.FR.AV). Encore un qui se sent trahi par Nicolas Sarkozy ! Il adresse une longue lettre ouverte à Sarkozy pour l’accuser de trahison. Je recopie un passage de cette lettre ouverte.

Dans un premier temps, Régis Ravat commence par rappeler toutes les belles phrases que Sarkozy a prononcées en faveur de la francophonie pendant sa campagne électorale. Il avait notamment dit un beau discours en faveur de la francophonie : c’était dans la ville de Caen.

Dans un second temps, Régis Ravat compare les belles phrases de Sarkozy à la réalité :

" Hélas, loin de ces belles phrases, force est de constater, que seulement quelques mois après l'exercice de votre mandat, entre votre discours de Caen et la réalité, un fossé s'est creusé, et qu'un gouffre même est en train d'apparaître.

Pour preuve, [bgcolor=#FFFF99]la très honorable Académie de la Carpette anglaise – qui décerne chaque année le Grand Prix de l’incivilité linguistique à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française[/bgcolor] --, a nommé cette année pas moins de 6 candidats issus des membres du Gouvernement.

La gagnante a été Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances coupable de communiquer en anglais avec ses services de Bercy.

Les autres récipiendaires ne sont pas en reste non plus :

Valérie Pécresse et Jean-Pierre Jouyet, respectivement ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et secrétaire d’État chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, coupables d’avoir fait la promotion du protocole de Londres dans un article commun (« Le brevet européen, maintenant ! »), publié en juillet 2007 dans Le Monde.

Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Francophonie (!), coupable d’avoir célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007 dans Le Monde (« Ratifions le protocole de Londres ! »).

Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale coupable de faire la promotion du bilinguisme en France (sous entendu bilinguisme français-anglais) en déclarant « Le Président m’a donné mission de faire de la France une nation bilingue », déclaration contraire avec la politique suivie, jusqu’à maintenant, favorisant le plurilinguisme et l’apprentissage de deux langues étrangères vivantes.

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication coupable d’avoir lancé une « réflexion » sur les synergies possibles entre TV5 Monde, France 24 et RFI (Radio France international), sans y avoir associé nos partenaires suisse, belge et canadien acteurs essentiels de TV 5 Monde.

Ajoutons aussi à cette liste des promus à la Carpette anglaise 2007, l’UMP Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, commissaire responsable du Transport, coupable d’avoir favorisé la mise en place d’une directive imposant dans le transport aérien, l’anglais à partir de mars 2008 dans toutes les communications aériennes même entre Français en France !

Bref, pourquoi, alors que vous dites dans tous les médias, que vous avez été élu pour appliquer le programme que vous avez présenté aux Français lors de votre campagne électorale, pourquoi en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, vous semblez avoir perdu la mémoire ?

Pourquoi tous ces ministres anglolâtres autour de vous, pourquoi de tels capitulards linguistiques aux commandes de notre pays ?

[…]

Régis Ravat
Président de l’A.FR.AV
(http://www.francophonie-avenir.com/)


http://www.lapetition.be/en-ligne/ptition-pour-demander-au-prsident-de-la-rpublique-nicolas-sarkozy-de-respecter-ses-engagements-lectoraux-en-matire-de-langue-franaise-de-francophonie-et-de-lutte-contre-le-tout-anglais--1896.html