L'utopie balise le pragmatisme de demain, et doit donc être exprimée chaque fois que nécessaire.[b] [/b]Oui, mille fois oui! Pourtant, l'utopie désigne aujourd'hui davantage les rêves idiots et à terme délétères. Ce que je tiens pour la cause principale de la décadence civilisationnelle que nous traversons. Merci Ana de me rappeler que d'autres pensent ainsi!
La Commission européenne est préoccupée par les intentions du gouvernement hongrois de faire passer des lois qui pourraient potentiellement diminuer l'indépendance de la banque centraleComme-quoi, l'article 123 n'est pas un problème quand la volonté politique y est. Je rappelle que c'est ce même gouvernement "[i]conservateur[/i]" qui a nationalisé les fonds de pensions privés et imposé une taxe sur le chiffre d'affaires - pas le bénéfice - des banques. A ce rythme, Mélanchon serait un "[i]conservateur[/i]"
@Zolko
Ils n’ont pas encore décidé de monétiser directement ET ils ne font pas partie de l’euro…
Analyse incisive et pénétrante d’Emmanuel Todd dans Le Point. À lire et à travailler, phrase par phrase.
[color=red][size=25][b]Emmanuel Todd : "Annulons la dette du Vieux Monde !"[/b][/size][/color]Propos recueillis par Élisabeth Lévy
Le Point : Les États sont-ils en guerre contre « les marchés » ?
Emmanuel Todd : [bgcolor=#FFFF99]Ne soyons pas dupes de ces concepts mystificateurs, Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise du pouvoir politique, à l’échelle mondiale, par les plus riches. Sous couvert de protéger l’argent des petits épargnants, les marchés, ce sont tout simplement les plus riches jouant avec les États. Les riches ne se battent pas contre les États, ils se battent pour les contrôler encore mieux (voir « L’État prédateur », de James Galbraith). Il suffit d’observer les parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements pour comprendre qu’ils y parviennent. Si une même caste contrôle les marchés et les États, l’opposition entre les uns et les autres n’a plus aucun sens.[/bgcolor]
Vous êtes bien léger avec l’argent des petits épargnants !
[bgcolor=#FFFF99]Je refuse de céder au chantage. Lorsqu’ils partaient à la conquête de villes, les Mongols utilisaient des otages comme boucliers humains. Le groupe des plus riches fait exactement la même chose : ses otages, ce sont les petits épargnants.[/bgcolor]
« La faute aux riches ! » : n’est-ce pas sommaire ?
[bgcolor=#FFFF99]Que cela vous plaise ou non, l’accumulation excessive d’argent dans les strates supérieures de la société est l’une des caractéristiques de la période.[/bgcolor] La baisse, ou la stagnation, des revenus des gens ordinaires est allée de pair avec la hausse des revenus des 1 % les plus riches et, à l’intérieur de ce petit groupe, des 0,01 % les plus riches. Quant à l’État, il faut reconnaître son ambivalence et s’appuyer sur la partie raisonnable du marxisme pour comprendre ce qui se passe. L’État est à la fois l’incarnation de l’intérêt général et l’expression de la classe dominante. [bgcolor=#FFFF99]L’État social d’après-guerre, l’État gaulliste, et quoi qu’en ait dit le Parti communiste, agissait surtout au nom de l’intérêt général, il gérait une croissance pour tous. Aujourd’hui, l’État est prioritairement un État de classe. Le capitalisme financier contrôle à nouveau les États.[/bgcolor]
La situation serait-elle meilleure si les riches étaient moins riches ? Autrement dit, le problème est-il moral ou économique ?
Mon analyse n’a aucune visée morale. Depuis 1990, l’ouverture des échanges et la libéralisation des flux financiers ont effectivement provoqué un fantastique accroissement des inégalités. À ce sujet, je rends hommage à l’école Piketty, dont il semble que les travaux comparatifs à l’échelle mondiale aient été décisifs dans l’émergence actuelle de la thématique des 1 % aux États-Unis et au Royaume-Uni. Aussi opaque que puisse paraître le système, on peut approcher sa réalité en analysant la façon dont un groupe social contrôle une partie importante des ressources. Dans ces conditions, la question essentielle n’est pas celle des marchés en tant que tels, mais celle de l’oligarchie et de son rapport à l’État. [bgcolor=#FFFF99]Il faut donc identifier cette oligarchie et analyser sa structure, son mode de vie, sa composition.[/bgcolor]
S’agit-il d’un groupe hors sol, d’« élites mondialisées », expression qui faisait bondir tout le monde il y a dix ans ?
Encore une fantasmagorie de l’époque ! On croit que le libre-échange globalisé a engendré une oligarchie transnationale. [bgcolor=#FFFF99]Parce qu’on fait abstraction des facteurs culturels, on ne voit pas qu’il existe plusieurs oligarchies dont les relations sont structurées par d’implacables rapports de forces. La spécificité de l’oligarchie française, c’est sa proximité avec la haute administration. Ses membres ont souvent étudié dans de grandes écoles - sans forcément être des héritiers -, parlent en général très mal l’anglais, sont incroyablement français dans leurs mœurs et n’en finissent pas de se faire rouler par les vrais patrons, l’oligarchie américaine. La soumission à Standard & Poor’s et Moody’s est une soumission à l’oligarchie américaine. Quant à l’oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s’habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux. Le charme singulier de l’oligarchie chinoise est son étroite intrication avec le Parti communiste. La plupart des analystes passent à côté de cette hétérogénéité. La gauche nourrit l’illusion d’une égalité au sommet, alors que l’inégalité caractérise autant le haut que le bas de la structure sociale mondiale.[/bgcolor]
Si les États ne s’endettaient pas, ils ne s’appauvriraient pas et n’enrichiraient personne en remboursant leur dette.Cette idée est complètement à côté de la plaque parce qu’elle méconnaît le mécanisme réel de l’endettement. On analyse la dette publique à partir du point de vue d’un emprunteur qui serait coupable d’avoir dépensé sans compter. Les peuples doivent payer parce qu’ils ont vécu à crédit. Or ce ne sont pas les emprunteurs qui sont, fondamentalement, à l’origine de la dette, mais les prêteurs, qui veulent placer leurs excédents financiers. Marx l’avait très bien vu dans « Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte », les riches adorent la dette publique ! Un État qui s’endette est un État qui, grâce au monopole de la contrainte légale, permet aux riches d’obtenir une sécurité maximale pour leur argent.
Donc, ce n’est pas la faute des gouvernements, puisqu’on les a poussés à emprunter ?
[bgcolor=#FFFF99]Sauf que ce sont leurs choix fiscaux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans « Les dettes illégitimes », François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d’une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l’État les ressources dont il s’est lui-même privé. Sans oublier l’auto-interdiction pour l’État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d’une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l’État français.[/bgcolor] Chaque année, les Français se voient ainsi ponctionner, à travers la TVA et les impôts directs, 250 milliards d’euros, dont près de 50 milliards d’intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d’argent. Les deux tiers sont d’ailleurs étrangers, parce que la fête est mondiale, les riches Français pouvant en contrepartie se gaver de la soumission des États et des peuples. [bgcolor=#FFFF99]Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l’endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le triple A. Derrière l’apparente logique libérale du système, l’État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches.[/bgcolor]
L’impôt est aussi le fondement de la démocratie. Quand ils rechignent à s’en acquitter, comme en Grèce, les citoyens sont-ils des victimes ?
Je ne peux que me répéter : on a poussé les Grecs à s’endetter afin de pouvoir mieux les étrangler. Regardez votre téléviseur : sans cesse des publicités nous incitent à emprunter. Les banques, pardon, les riches, aiment prêter. Et les usuriers aiment saisir les biens si l’on ne peut rembourser. Privatiser les biens de l’État grec, par exemple.
Ne seriez-vous pas un peu complotiste ? Même si « on » les a poussés, le dealer est-il le seul coupable de la dépendance du drogué ?
Le monde de l’oligarchie est un monde de pouvoir et de complots. En aidant l’État grec à trafiquer ses comptes, Goldman Sachs s’est comporté en usurier. Maintenant, ce qu’on appelle « aider » les Grecs, c’est les maintenir en état d’être rançonnés. La crise de la zone euro n’a pas été fondamentalement créée par la nonchalance des débiteurs, mais par l’agressivité des prêteurs.
Cette oligarchie, la définiriez-vous comme une classe sociale et, en ce cas, est-elle dotée d’une conscience de classe ?
L’oligarchie se comporte comme une classe sociale, mais en même temps on sent en elle de l’irrationalité et même un vent de folie collective. Du coup, je me demande s’il faut recourir à l’analyse marxiste de l’idéologie ou à la psychiatrie. Pourtant, un groupe social privilégié n’est pas nécessairement décadent et irresponsable. À la différence des nobles français du XVIIIe siècle, attachés à l’exemption fiscale, les classes supérieures anglaises acceptaient une pression fiscale élevée. Elles ont conquis le monde. L’oligarchie actuelle est à mille lieues de cet exemple. Il serait préférable, si ce terme ne renvoyait aux slogans antisémites, de parler de ploutocratie. Gardons en tout cas à l’esprit que l’oligarchie, pouvoir d’un petit nombre, diffère de l’aristocratie, qui est celui des meilleurs.
Ces oligarques ont plus à perdre que les autres catégories. L’irrationalité explique-t-elle tout ?
La conduite des acteurs hésite entre rationnel et irrationnel. Le point de départ de la crise de 2008, c’est l’accaparement par la Chine et d’autres, grâce à leurs bas salaires, d’une part croissante de la production mondiale, qui entraîne, dans les pays riches, une compression des revenus, donc une insuffisance de la demande. Le résultat, c’est que les salaires évoluent à la baisse, alors que le volume de la production mondiale augmente. C’est dans ce contexte que les États-Unis, puissance monétairement dominante, découvrent le mécanisme fou du crédit hypothécaire. Les ménages américains ne s’endettent pas seulement pour acheter une plus grande maison, mais pour continuer à consommer des produits chinois. Et à la veille de la crise de 2008, le déficit commercial américain s’élève à 800 milliards de dollars. Le système est étonnant : [bgcolor=#FFFF99]les États-Unis, forts de leur statut impérial, font de ce déficit un régulateur keynésien à l’échelle mondiale. Ainsi, l’endettement est appelé à compenser l’insuffisance de la demande.[/bgcolor] Bien entendu, le mécanisme du crédit finit par imploser et les revenus comme les importations par s’effondrer. Dans ce contexte, les plans de relance concoctés par le G7, le G8 et le G20 sont une réaction rationnelle. On célèbre le triomphe de Keynes et le retour de l’État.
Voilà qui n’aurait pas dû vous déplaire !
[bgcolor=#FFFF99]Le problème, c’est qu’il s’agit d’un keynésianisme des riches. La relance n’est pas financée par la création monétaire - la planche à billets -, qui ne coûterait rien à l’État, mais par l’endettement, qui permet de sécuriser l’argent des nantis sans apporter la moindre réponse de fond à l’insuffisance de la demande. Ce pseudo-keynésianisme encourage la croissance chinoise, booste le CAC 40 et accélère les délocalisations en Europe. À l’arrivée, le fameux « retour de l’État » n’est rien d’autre que l’instauration d’un socialisme des riches. L’État doit sauver les riches, nom de code : « les banques », parce que les banques, qui contrôlent aussi les moyens de paiement des citoyens, comme l’a très bien dit Frédéric Lordon, ont pris l’État en otage pour le compte de leurs riches actionnaires. Si on avait opté pour leur nationalisation, on aurait pu garantir les économies des gens ordinaires, indemniser les petits actionnaires et sanctionner les coupables. La vérité de cette période n’est pas que l’État est impuissant, mais qu’il est au service de l’oligarchie.[/bgcolor]
Si la relance profite aux riches - les prêteurs -, l’austérité bénéficiera-t-elle aux pauvres ?
Ce qui est certain, c’est que le discours antirigueur, incarné par exemple par Martine Aubry, est complètement archaïque. Les gouvernements ont fini par comprendre que les politiques de relance ne relançaient que l’économie de la Chine et des pays émergents. Mais ils refusent toujours la moindre mesure de protectionnisme national, sectoriel ou européen. Dans ces conditions, la rigueur peut apparaître comme un refus passif de contribuer à la croissance de la Chine, une troisième voie que je qualifierai de [bgcolor=#FFFF99]« protectionnisme des imbéciles ». Voilà la triste vérité, nous sommes gouvernés par des imbéciles. Les gens qui sont aux commandes doivent être tenus pour responsables de leurs actes.[/bgcolor] Cela dit, je ne suis pas mélenchoniste : je crois qu’il faut des élites pour gouverner. Il ne s’agit pas de les pendre, mais de les ramener à la raison. Baroin et Pécresse, l’incompétence au sommet, sont sans doute sincèrement convaincus que le retour à l’équilibre budgétaire donne la solution de tous nos problèmes. Toutefois, il n’est pas exclu que les gouvernements aient inconsciemment fait un autre choix : si la relance est impossible et le protectionnisme impensable, la réduction des dépenses budgétaires dans les pays déficitaires est le seul moyen de mettre à genoux les pays exportateurs excédentaires, en gros l’Allemagne et la Chine, pour les obliger à entrer dans un processus de négociation.
La fascination française pour le modèle allemand va de pair avec la montée de la germanophobie…
De même que l’antisémitisme et le philosémitisme constituent deux versions d’un excès d’intérêt, pathologique, pour la question juive, la germanophobie et la germanolâtrie sont deux façons de prendre l’Allemagne trop au sérieux, ce qui contribue à aggraver le problème. Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait une position assez antiallemande et faisait preuve d’une certaine souplesse doctrinale en économie. Le maintien de François Fillon à Matignon et la nomination d’Alain Juppé au Quai d’Orsay ont consacré le retour de la droite orthodoxe et de ses vieilles lunes économiques et moralisatrices. C’est alors que le gouvernement et une bonne partie des élites françaises ont adopté un discours germanolâtre, dangereux pour les Allemands eux-mêmes. Privés d’un partenaire sympathique mais critique, ils se sont enfermés dans l’admiration de leur propre modèle. L’urgence aujourd’hui n’est pas de les flatter, mais de les arrêter.
Vous n’allez pas entonner l’air de la bête immonde ? Cela fait cinquante ans que la puissance allemande va de pair avec une démocratie solide.
Je ne qualifierai pas forcément de démocratique un pays qui pratique l’union nationale plus volontiers que l’alternance et où, grâce à une prédisposition anthropologique à la discipline, les sociaux-démocrates ont pu mener une politique de compression acceptée des salaires. [bgcolor=#FFFF99]L’Allemagne a mené une stratégie parfaitement égoïste d’adaptation au libre-échange, en délocalisant hors de la zone euro une partie de la fabrication de ses composants industriels, en pratiquant contre la France, l’Italie et l’Espagne la désinflation compétitive, puis en utilisant la zone euro comme un marché captif où elle a pu dégager ses excédents commerciaux. Cette stratégie commerciale est la poursuite d’une tradition autoritaire et inégalitaire par d’autres moyens.[/bgcolor]
Vous jouez à nous faire peur ?
[bgcolor=#FFFF99]Je ne joue pas, mais vous devriez avoir peur.[/bgcolor] Les pays passés sous le contrôle des technocrates ou menacés sont la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, pays de démocratie récente. D’ailleurs, c’est pour les sécuriser dans un espace démocratique qu’on les a intégrés à l’Europe et à la zone euro. Or, aujourd’hui, loin de stabiliser ces démocraties fragiles, les mécanismes bureaucratico-monétaires les renvoient en accéléré aux pires moments de leur instabilité passée. Oui, l’heure est grave. [bgcolor=#FFFF99]Le risque de voir resurgir l’Italie du fascisme, la Grèce des colonels, l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar est bien réel.[/bgcolor] Vous voulez que je vous fasse peur ? En démographe, je vois réapparaître l’opposition des années 1930 entre l’Europe nord-occidentale des démocraties libérales, où la fécondité tend vers 1,9 ou 2 enfants par femme, et l’Europe autoritaire, fasciste ou communiste continentale, où la fécondité est ultrabasse, avec 1,3 à 1,5 enfant. Mais que faire si les Allemands sont réfractaires à toute négociation sur la capacité d’intervention de la BCE ? Devrons-nous mourir pour l’euro ? N’exagérons pas ! S’il est angoissant de voir l’Allemagne mettre à genoux ses partenaires tout en s’enivrant de l’admiration que lui vouent les droites européennes, il ne s’agit pas de tomber dans la psychose. Souvenez-vous que les Allemands ne voulaient pas entendre parler de l’euro et qu’ils n’ont cessé, après sa création, de menacer de sortir de la zone euro. Aujourd’hui, le gouvernement et le patronat ont compris que la fin de l’euro mettrait l’Allemagne au tapis, puisqu’elle seule serait dans l’impossibilité de dévaluer. En réalité, les Allemands sont plus souples qu’on ne l’imagine. Mais ils ne comprennent que la négociation franche et brutale.
Au fait, pourquoi tenez-vous tant à l’euro ?
Je ne tiens pas particulièrement à l’euro. Je dis qu’en régime de libre-échange l’euro est condamné. Je ne prédis pas l’avenir ici, je décris le présent. De toute façon, l’enjeu immédiat n’est pas l’euro, mais la crise de la dette. Soyons clair : les dettes souveraines ne seront jamais remboursées. Même les emprunts allemands commencent à être suspects. Nous avons deux possibilités : la planche à billets et le défaut sur la dette, qui serait selon moi préférable, ayant la netteté d’une opération chirurgicale. [bgcolor=#FFFF99]Le défaut sur la dette marquera le début de la reconquête de l’État par l’idéal démocratique, un État aujourd’hui pillé et rançonné par l’oligarchie financière.[/bgcolor]
Oui, mais, pour les « otages », petits épargnants français, retraités américains, ce défaut négocié ressemblerait fort à une spoliation assumée.
[bgcolor=#FFFF99]Mais ce sont les prêteurs qui nous spolient ![/bgcolor] Pourquoi laisserait-on les prédateurs engloutir ce qui reste du patrimoine national ? Quant aux otages, les petits épargnants, en France, c’est pour les protéger que la nationalisation des banques est indispensable. Et cessons de pleurnicher sur le petit retraité américain, l’Amérique vit à crédit sur le dos du monde depuis des années. Et ce ne sont pas de petits retraités qui détiennent les deux tiers de la dette publique française. De plus, un défaut sur la dette de la France entraînerait des défauts en cascade des autres nations. Dans cette redistribution générale, les défauts s’annuleraient pour l’essentiel les uns les autres. Quelques nations seraient perdantes. À l’arrivée, je vous garantis que les plus coupables - nations ou individus - seront le plus sévèrement punis.
On peut comprendre que nos dirigeants aient la trouille, non ?
[bgcolor=#FFFF99]Plus le naufrage idéologique et intellectuel de la société est évident, plus les gens d’en haut s’enivrent de leur discours de domination, plus ils exigent la mise en vente des biens publics et la baisse des salaires. Et le pouvoir se réfugie dans une sorte de déni munichois : non contents d’avoir mis en place un système stupide, des gens supposés être modérés et compétents nous laissent en état d’impréparation pour gérer son effondrement. Ne nous laissons pas intimider, une société développée, dotée d’un haut niveau éducatif et technologique, est parfaitement capable de s’adapter après un effondrement systémique de cet ordre. Nous traverserons une année très difficile, mais très vite la libération des énergies et des ressources permettra un nouvel avenir. La délégitimation d’élites médiocres et corrompues sera une nouvelle jeunesse pour notre pays, un coup de balai moins douloureux que celui de 1940, un coup de balai sans la Wehrmacht ![/bgcolor]
Emmanuel Todd (né en 1951) est démographe, anthropologue, historien, politologue. Il vient de publier le tome I de « L’origine des systèmes familiaux » (Gallimard).
Source : Emmanuel Todd : "Annulons la dette du Vieux Monde !"
Je trouve que le discours de TODD sur les élites est faible. D’ailleurs, il le dit lui même « je crois qu’il faut des élites pour gouverner » et il continue son raisonnement sur la plus ou moins grande imbécilité de ces élites. Les discours du genre « ah qu’il était beau le temps du capitalisme à la française » me font rire et pleurer à la fois.
Voici le commentaire que j’ai laissé sur « le Point » à la suite de l’article de Todd (on va voir s’il passe…)
// Sur une longue période (et si on veut bien faire abstraction de 2009 et 2010), les soldes primaires -c’est à dire sans intérêts - des budgets des administrations publique sont quasi en équilibre. ( voir par exemple http://monnaie.wikispaces.com/1995-2010 )
L’Etat n’a quasiment rien récupéré de ces emprunts. En fait la dette c’est une « patate chaude » que se refilent à chaque échéance les détenteurs qui se font rembourser par l’Etat, avec les intérêts, Etat qui emprunte la somme correspondante à de nouveaux (ou anciens) prêteurs (banques, assurances-vies, fonds de pension, OPCVM)
En 30 ans, c’est quasiment 1400 Md€ d’intérêts qui ont été cumulés, donc empruntés… sur une dette d’environ 1600 Md€ fin 2010//
[bgcolor=#FFFF99]«L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique»[/bgcolor]
par Myret Zaki et Étienne Chouard - Genève, 3 décembre 2011, fonderie Kugler.
Encore une conférence… J’ai peur de vous mettre en overdose… 
Pas beaucoup de lumière, mais pas mal d’énergie : Myret est une sacrée pile !
J’espère que ça vous plaira.
Bonjour,
Je voulais citer [bgcolor=#FFFF99]une initiative constitutionnelle préparée en Suisse[/bgcolor] (si, cela existe !) :
http://vollgeld.ch/category/initiativtext/
C’est en allemand, mais les explications en Français sont ici :
-
pages 12 à 14 : http://www.bas.ch/fileadmin/absch/Downloads/FR/Journal%20moneta/Archives_de_moneta/moneta_4_2011.pdf (bas est une banque coopérative en Suisse et moneta est son journal) ;
[bgcolor=#FFFF99]Ils défendent un pouvoir « monétatif » indépendant des autres pouvoirs. Mais ils pensent encore à une création centralisée[/bgcolor], qui par essence conduit à un système instable.
Un pouvoir monétatif indépendant du pouvoir exécutif est essentiel.
Les conditions mathématiques d’une monnaie stable par une création citoyenne sont présentées ici (page 38 pour aller vite) :
http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html
Un article pour faire comprendre le coté pervers du système actuel :
Une conclusion a trait à des règles constitutionnelles nécessaires :
Sa conclusion est simple : elle revient à définir une « Coopérative Monétaire » : un ensemble d'humains qui acceptent l'organisation d'une monnaie partagée entre eux, selon des règles transparentes, définies démocratiquement et contrôlées par les coopérateurs. Chacun peut en sortir quand il le veut et participer à autant de « coopératives monétaires » qu'il le souhaite.Les deux règles suivantes sont démontrées :
R1 : Toute monnaie démocratique doit créer de la monnaie de manière récurrente : par exemple chaque mois ; R2 : Toute monnaie créée doit être répartie équitablement entre chaque membre de la coopérative monétaire ;</blockquote>Notez que la règle R2 revient à interdire toute spéculation consistant à vendre des choses qui n’existent pas encore. Une règle comme :
« interdiction de vendre ou louer ce que l’on ne possède pas » serait plus explicite.
Il y a eu un passage sur les solutions (citoyennes).
Et la piste des monnaies locales. Bien sûr.
La phase d’installation d’une monnaie locale se heurtant à la nécessité de faire naître la confiance, on choisit la parité fixe par rapport à la monnaie centrale.
D’où :
Comment aller le plus vite possible vers une monnaie désarrimée, qui seule permet d’accéder au ex nihilo géré démocratiquement et libérateur ?
(c’est une question : je n’ai pas de préavis)
« Un pouvoir monétatif indépendant du pouvoir exécutif est essentiel. » →
La pensée de Montesquieu reste . Les temps ont changé. Son champ d’application devrait être élargi (?) :
législatif exécutif judiciaire bancaire monétaire médiatique(et arts) éducation. Autres ?
Comment aller le plus vite possible vers une monnaie désarrimée, qui seule permet d'accéder au ex nihilo géré démocratiquement et libérateur ?Liberté : - chaque citoyen peut émettre de la monnaie ;
La confiance devrait être amenée par la réciprocité issue de l’égalité :
- j’émet X unité de monnaie, tu émets X unités de monnaie,
- je reconnais tes X unités de monnaie si tu reconnais mes X unités
- je peux contrôler que chacun émet seulement X et pas plus, ce qui implique la transparence.
Chaque mois, on crée sa propre part de monnaie, avec X= 8% de la masse monétaire / 12 mois.
On crée une structure légale de coopérative pour gérer cela, pas besoin d’attendre une modification des lois conçues contre les citoyens.
-
[bgcolor=#FFFF99]En quoi une création monétaire centralisée conduirait par essence à un système instable ?[/bgcolor] (à l’inverse donc selon vous d’une « monnaie libre » (open money))? Ne sommes nous pas justement dans un système qui n’est pas du tout centralisé (les banques commerciales peuvent émettre leur propre monnaie; €BNP, €SG,€CA, €Creditmutuel, €HSBC, etc…) ?
-
Comment faites vous pour compenser les comptes dans des monnaies libres de différents émetteurs [bgcolor=#FFFF99]et sur quoi celles ci sont t-elles « gagée » (sur la seule parole de l’émetteur?) ?[/bgcolor]
-
Pourquoi 8% d’augmentation annuelle permise et pas 1%, 5%, 12% ou 50% ?
-
Quel intérêt d’émettre de la monnaie (merci papa Noël !) si celle ci ne correspond pas à une création de richesse ?
@bernardd - [bgcolor=#FFFF99]En quoi une création monétaire centralisée conduirait par essence à un système instable ?[/bgcolor]Parce que l’asymétrie entre le groupe qui contrôle la création monétaire et les autres s'amplifie à l'infini dans le cadre d'une croissance exponentielle de la masse monétaire. [bgcolor=#FFFF99]Un groupe contrôlant la monnaie prend immanquablement le pouvoir.[/bgcolor]
(à l'inverse donc selon vous d'une "monnaie libre" (open money))?je ne sais pas ce que signifie l'expression "monnaie libre".
Ne sommes nous pas justement dans un système qui n'est pas du tout centraliséJe parlerai plus précisément d'une asymétrie qui s'amplifie exponentiellement entre les membres de la corporation de banquiers (préservée par cooptation et richesse minimale, selon les règles actuelles gérées par la banque de france) et les autres citoyens.
(les banques commerciales peuvent émettre leur propre monnaie; €BNP, €SG,€CA, €Creditmutuel, €HSBC, etc...) ?Si elles émettaient leur propre monnaie, on pourrait éventuellement ne pas l'utiliser. Mais elles émettent de la monnaie officielle avec pouvoir libératoire, que l'on ne peut pas refuser.
- Comment faites vous pour compenser les comptes dans des monnaies libres de différents émetteursEn se basant sur le principe d'égalité ? [bgcolor=#FFFF99]Chaque humain peut émettre la même quantité de monnaie qu'un autre. Si l'un émet X et l'autre émet Y, alors la valeur de X est la même que la valeur de Y, établissant une base d'échange naturelle[/bgcolor].
[bgcolor=#FFFF99]et sur quoi celles ci sont t-elles "gagée" (sur la seule parole de l'émetteur?)[/bgcolor] ?La monnaie est un système comptable pour l'échange économique entre humains : [bgcolor=#FFFF99]elle n'a aucune valeur intrinsèque. Elle n'a de valeur que par les humains qui l'émettent.[/bgcolor] [color=red][b]Pouvoir émettre sa part de monnaie est le droit économique de base de l'humain.[/b][/color]
- Pourquoi 8% d'augmentation annuelle permise et pas 1%, 5%, 12% ou 50%?Une théorie mathématique précise à l'origine de ce choix est décrite dans le livre sur la TRM : http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html page 43, la partie modélisation débutant page 38. [bgcolor=#FFFF99]Le choix du taux se fait pour obtenir l'égalité de création entre citoyens dans le temps[/bgcolor].
8% est aussi le taux de croissance de l’euro moyen depuis 1997 jusqu’en 2008. Mais entre 5% et 10% c’est bon. Avec 8% on maintien la croissance monétaire à un rythme connu, éliminant certaines objections sur le manque possible de monnaie limitant les échanges.
- Quel intérêt d'émettre de la monnaie (merci papa Noël !) si celle ci ne corresponds pas à une création de richesse?La monnaie est un système comptable pour l'échange économique entre humains : [bgcolor=#FFFF99]elle n'a aucune valeur intrinsèque. Elle n'a de valeur que par les humains qui l'émettent.[/bgcolor] [color=red][b]Pouvoir émettre sa part de monnaie est le droit économique de base de l'humain. [/b][/color] Qu'est-ce que la "création de richesse" ?
"Un pouvoir monétatif indépendant du pouvoir exécutif est essentiel." ->La pensée de Montesquieu reste . Les temps ont changé. Son champ d’application devrait être élargi (?) :
législatif exécutif judiciaire bancaire monétaire médiatique(et arts) éducation. Autres ?
On a déjà eu cette discussion dans un autre fil sur la séparation des pouvoirs.
Vous vous trompez sur la démarche de Montesquieu, vous faites comme si il avait juste constaté des pouvoirs pour ensuite se dire qu’il fallait le séparer … Vous vous rendez j’espère compte de la pauvreté d’un tel raisonnement quand on l’énonce.
En réalité il y a un seul pouvoir, que l’on sépare … Dans une démocratie par exemple, le pouvoir est issu de la volonté générale du peuple.
Et donc à partir de là il y a des pouvoirs légitimes ( ceux qui sont issus de la volonté générale du peuple ), et des pouvoirs illégitimes ( des pouvoirs arbitraires ).
Les pouvoirs bancaires / monétaires / médiatiques / financiers que vous pouvez constater, sont en réalité des pouvoirs illégitimes, ils ne sont pas issus de la volonté générale du peuple, ce sont des pouvoirs qui ont été accaparés arbitrairement par des gens …
Et j’avais donné l’exemple de la religion pour bien illustrer la différence …
Les vrais pouvoirs, légitimes, quand on les sépare, consiste en gros à les contrôler, à les attribuer à d’autres personnes, à restreindre l’étendue de leur pouvoir, à gérer leurs intéractions avec les autres pouvoirs, à mettre en place des règles pour s’assurer qu’ils feront bien ce qui leur est demandé et qu’ils n’abuseront pas du pouvoir qui leur est confié.
Mais au bout du compte ceux qui exercent ce pouvoir ont un mandat officiel pour l’exercer, on le leur confie délibérément, et à tout moment ils doivent agir dans le respect de la volonté générale du peuple …
Mais les pouvoirs illégitimes, comme ceux dont disposaient les religieux, ils n’ont pas lieu d’être. Justement le principe derrière l’idée d’1 seul pouvoir, d’1 seule autorité, bref des mêmes lois qui s’appliquent à tous c’est de protéger les gens contre tout pouvoir arbitraire …
Donc comme le pouvoir des religieux, il ne faut pas essayer de l’organiser de le réguler pour en faire un pouvoir officiel, il faut au contraire l’annihiler, le leur retirer totalement, le détruire, ils n’ont pas à avoir le moindre pouvoir …
Il n’est clairement pas normal et encore moins démocratique que des banquiers ou des financiers aient du pouvoir, ou d’une manière générale que des riches puissent s’acheter avec de l’argent du pouvoir.
Je sais que les termes créent la confusion car d’un côté on parle de séparation des pouvoirs et de l’autre de séparation de l’église et de l’état. Mais en réalité cette séparation a clairement consisté à retirer à l’église et à toute religion tout pouvoir, c’est le mot « état » qui compte ici, l’état est la seule autorité légitime, les représentants de l’état ( dans une démocratie les représentants du peuple ) sont les seuls qui ont le droit d’exercer un pouvoir, donc quand on sépare l’église et l’état ce n’est pas que l’on sépare des pouvoirs, mais bien qu’on exclue les religieux de l’état et qu’on leur refuse tout pouvoir.
c'est le mot "état" qui compte ici, l'état est la seule autorité légitime, les représentants de l'état ( dans une démocratie les représentants du peuple ) sont les seuls qui ont le droit d'exercer un pouvoir,Sauf que [bgcolor=#FFFF99]l'expérience prouve que l’État n'est plus légitime quand les représentants des citoyens sont élus.[/bgcolor]
C’est pourquoi la création monétaire ne doit pas être confiée à l’état mais bien directement au citoyen, qui seul doit pouvoir créer la monnaie à égalité avec les autres citoyens.
Je note qu’en dressant une liste de pouvoirs je me trompe sur la pensée de Montesquieu.
C’est fou ce qu’on peut dire sans le savoir.
Stéphane Laborde, sort du corps de bernardd ! 
En définitive je suis d’accord avec une partie de la proposition Yoland Bresson dans la préface du livre de Laborde
Cette méthode ne sera applicable que s’il existe un seul émetteur de monnaie, la BCE par exemple, créant les euros supplémentaires soit en billets, soit en créditant tous les comptes des particuliers et qu’elle impose le 100% monnaie, comme le souhaitait Maurice Allais, les banques ne pouvant prêter plus qu’elles n’ont en dépôts....sauf qu'il n'est pas utile de créer des billets: le financement du Trésor Public équivaut à une recette fiscale supplémentaire qui "irriguera" l'économie. Le versement à chaque citoyen est un "pouvoir d'achat" qui augmentera les déficits des balances commerciales...
c'est le mot "état" qui compte ici, l'état est la seule autorité légitime, les représentants de l'état ( dans une démocratie les représentants du peuple ) sont les seuls qui ont le droit d'exercer un pouvoir,Sauf que l'expérience prouve que l'etat n'est plus légitime quand les représentants des citoyens sont élus.C’est pourquoi la création monétaire ne doit pas être confiée à l’état mais bien directement au citoyen, qui seul doit pouvoir créer la monnaie à égalité avec les autres citoyens.
l’expérience ne démontre rien de ce genre
affirmation gratuite de ta part, sans aucun fondement
[b]Stéphane Laborde[/b], sort du corps de [b]bernardd[/b] ! :)Par ma propre analyse, j'arrive à une conception proche de la sienne, et comme son livre est très bien écrit, je le cite :-)
Mais je vois aussi quelques points à corriger :rolleyes:
...sauf qu'il n'est pas utile de créer des billets:Par pitié, ne confondez plus création de monnaie et création de billets : un billet ne devient monnaie que quand il est mis en circulation, et lors de cette évènement, la monnaie scripturale correspondant à la valeur faciale du billet est enlevée d'un compte. C'est un changement de support, mais en aucun cas une création.
le financement du Trésor Public équivaut à une recette fiscale supplémentaire qui "irriguera" l'économie.[bgcolor=#FFFF99]Ou plutôt le contraire : c'est un impôt supplémentaire qui vient assécher l'économie réelle, celle des petites gens, pour financer de grands projets contrôlés par les lobbies d'état et le détournement organisé des marchés publics.[/bgcolor]
Le versement à chaque citoyen est un "pouvoir d'achat" qui augmentera les déficits des balances commerciales...1: vous inversez totalement les rôles. [bgcolor=#FFFF99]La création monétaire est un droit de base du citoyen, puisque la monnaie peut exister à l'échelle d'un village ou d'une ile, avant même l'invention de l'idée d'un état. Il ne s'agit donc pas d'un versement au citoyen puisqu'il en est la source.[/bgcolor]
2: une augmentation du pouvoir d’achat ne produirait une augmentation du déficit commercial que si le déséquilibre du système monétaire était tel qu’il permettrait à une petite minorité de prendre le contrôle des entreprises de production et de les organiser pour maximiser leur propre profit, par exemple en les délocalisant. Avec un système monétaire symétrique pour tout citoyen, ce déséquilibre ne saurait atteindre une ampleur permettant ce détournement de bien social.
PS : 94% du déficit commercial de 2011 est dû à l’achat d’énergie : seul le passage aux énergies renouvelables permettrait de rééquilibrer le commerce extérieur. http://lekiosque.finances.gouv.fr/Appchiffre/Etudes/Thematiques/Bilan_Graf2010.pdf
