[align=center]Les idiots utiles[/align]
Etienne Chouard essaye péniblement de critiquer la loi Pompidou de 1973 qui interdit à l’Etat de refinancer ses déficits auprès de la Banque de France. Il la rend responsable de l’explosion de la dette publique et préconisent de sortir de la zone euro pour récupérer le droit de battre monnaie.
Les partisans de cette théorie soulèvent un argument : le calcul rétrospectif de la dette publique en prenant des taux d’intérêts nuls depuis 1973 aboutit aujourd’hui à une dette quasiment nulle.
Le raisonnement semble imparable. Vous y rajouter une pincée de conspirationnisme – le lien entre la banque Rothschild et Georges Pompidou
MERCI ! (en propagande ça s’appelle les idiots utiles !)
– une grosse poignée de banksterophobie et vous avez une théorie séduisante impériale, en apparence et convaincante pour un électorat benêt peu familier avec les mécanismes de la monnaie.
Sauf que cette belle theorie n’est soutenue que par une poignée à peine d’économistes, la nomenklatura de Bruxelles n’est qu’un avatar du politburo de l’ex URSS.
MAIS MERCI ENCORE !
1/ Le calcul en question suppose que tous les déficits publics sont systématiquement refinancés par la création de monnaie. Or ceci n’a pas d’exemple dans le monde et pour une excellente raison : une telle création monétaire serait extrêmement inflationniste avec les conséquences que vous savez sur le pouvoir d’achat et la stabilité de la monnaie. Le refinancement par la Banque Centrale n’a jamais été autre chose qu’une ressource occasionnelle, d’ailleurs bien avant 1973 il existait des emprunts d’Etat.
2/ Dire que du fait de la loi Pompidou ce sont les banques qui refinancent la dette publique est faux. D’une part moins de la moitié de la dette publique est détenue par les banques en nom propre mais surtout c’est un phénomène qui ne date que depuis le milieu des années 80 soit plus de 10 ans après la loi incriminée. En effet, jusqu’à cette époque les banques s’étaient toujours efforcées de placer les emprunts d’Etat auprès de leurs clients : particuliers, caisses de retraite, compagnies d’assurances et OPCVM.
La loi Pompidou nous sommes dans un schéma sans création monétaire donc non inflationniste où les banques mais aussi d’autres réseaux comme celui des PTT jouent le rôle de courroie de transmission entre l’offre et la demande d’épargne. Que l’Etat paye un intérêt sur des emprunts lorsque les bénéficiaires de ces intérêts sont des ménages pour qui ils représentent un revenu supplémentaire n’a rien de choquant vous en conviendrez.
3/ La Loi Pompidou impose une discipline budgétaire au gouvernement, mais très dificile pour des socialistes. Avec un crédit illimité et gratuit auprès de la Banque de France que pensez vous qu’un gouvernement socialiste serait tenté de faire l’année précédent une échéance électorale importante ?
4/ Pourquoi la dette publique a-t-elle dérapé :.
Faisons un petit retour en arrière. Jusqu’en 1981 les déficits publics sont des déficits conjoncturels, l’optimum budgétaire est l’équilibre et R. Barre y parvient presque en 1980 malgré le deuxième choc pétrolier. Un effort qui coûtera la réélection de son mentor. De 1981 à 1986 les déficits publics sont volontaristes. La Gauche espère relancer la croissance à travers le déficit budgétaire, l’échec est cuisant. A partir de 1985 les déficits sont structurels car l’équilibre devient inaccessible, la gauche au pouvoir est dépensière, la droite est tétanisée par le souvenir de la défaite de Giscard. Par-dessus le marché, la politique suicidaire du franc fort liée à l’euro – déjà – provoque à la fois la hausse des taux et le repli de la croissance un cocktail mortel pour la dette publique. L’optimum budgétaire n’est bien sûr plus l’équilibre, simplement la stabilité du ratio dette publique/Pib ce qui normalise les déficits. Hélas, en période de récession la dette se creuse brutalement mais lorsque la conjoncture est meilleure les cagnottes sont dépensées à des fins électoralistes.
L’incurie des dirigeants socialistes aurait du trouver un frein naturel dans l’épuisement de l’épargne disponible, c’était le sens de la loi Pompidou. Bien au contraire, elle trouve un catalyseur dans la dérégulation financière du milieu des années 80. C’est ici qu’il faut chercher la cause principale de la grande dérive des dettes publiques dans presque tout le monde occidental
"C’est sous l’égide du ouinouin rose Jacques Delors, ministre de l’Economie et des Finances de Dieu, que la loi bancaire 84-46 du 24 janvier 1984 (dite de « modernisation » !) abrogea la loi du 2 décembre 1945 (séparation des banques d’affaires, dépôts, crédits, contrôles par des commissaires du gouvernement). Elle fit disparaître la distinction fondamentale des activités bancaires sous un titre unique, les « établissements de crédit » , les libérant ainsi de toute contrainte sur l’origine et l’investissement de leurs ressources. C’est ce que les ouinouins roses nommèrent fièrement « banque universelle » . Aujourd’hui, la banque benête est devenue un véritable oligopole contrôlé par 4 Seigneurs Capitalistes (ils ont tout avalé) : BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole et Caisse d’épargne-Banque populaire. « Le foutage de gueule ouinouin rose » Editions Impériales
5/ Avant 1985, le marché secondaire de la dette publique était très étroit et dans leur grande majorité les investisseurs conservaient les titres de créance sur l’Etat tout au long de la vie de l’emprunt. Il n’était donc pas aisé pour l’Etat de s’endetter au pied levé. Mais tout va changer avec la grande révolution des marchés financiers à l’instigation des ultra-libéraux R.Reagan et M.Thatcher et des banques de la City et de Wall Street.
La création d’un marché à terme de la dette de l’Etat et l’abandon des emprunts individualisés remplacés par des souches périodiquement abondées va transformer de fond en comble les conditions de refinancement de l’Etat. Car pour la première fois le négoce de la dette publique va devenir pour les banques une source de profits réguliers. Pour l’Etat qui ne demandait pas mieux c’est l’assurance de pouvoir émettre du papier à volonté. Fallait faire des élécteurs socialos …
Pourquoi un tel engouement pour la dette d’un pays comme le Benêtland ? Au moins deux raisons. D’abord le rating AAA tatoué sur le cul de Miterrand qui va attirer les capitaux étrangers, pétrodollars et les gigantesques réserves de changes des dragons asiatiques, et aussi les fonds de pension anglo-saxons. La dérégulation des marchés financiers permet le recyclage des capitaux au niveau planétaire et met en évidence les grands déséquilibres nés de la mondialisation voulue par Miterrand comme les autres.
Ensuite et surtout la garantie de pouvoir revendre sur le marché secondaire à tout moment des titres de créances sur 2 5 10 voire 30 ans va offrir aux investisseurs et aux banques de nombreuses opportunités d’arbitrage. La grande révolution c’est cette asymétrie entre l’Etat qui s’endette jusqu’à 30 ans et l’investisseur qui est souvent un spéculateur sur le très court terme.
La monétisation de la dette que la loi Pompidou voulait éviter a été en quelque sorte restaurée dix ans plus tard par une voie détournée, les banques commerciales roses.
La loi Pompidou une loi conçue pour contraindre les gouvernements à plus de discipline budgétaire ne peut pas être rendue responsable de l’ embauche d’un million de fonctionnaires socialistes.
Les USA et le Japon qui n’ont pas d’équivalent de la loi Pompidou sont parmi les pays les plus endettés de la planète et qu’inversement la Suisse et la Norvège états peu endettés disposent d’une loi similaire.
[align=center]
VIVEMENT UN ROI ANARCHISTE !
[/align]