07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Bonjour, personne ne m’a répondu jusqu’à présent. Quels sont les risques en cas de retour à une monnaie nationale que les spéculateurs fassent effondrer la monnaie exprès pour mettre à genou notre gouvernement financièrement ?
Comment se protéger contre ce risque ?

Bonjour, personne ne m'a répondu jusqu'à présent. Quels sont les risques en cas de retour à une monnaie nationale que les spéculateurs fassent effondrer la monnaie exprès pour mettre à genou notre gouvernement financièrement ? Comment se protéger contre ce risque ?
Comment faire pour faire effondrer une monnaie nationale non convertible (si hypothèse d'une monnaie nationale au sein d'une monnaie "européenne" commune) ?

Si la monnaie est sur les marchés comme n’importe quelle autre (sauf pays où la monnaie n’est pas exportable ; Tunisie, Maroc par exemple), nous n’avons besoin de « l’échanger » que pour couvrir nos besoins de devises (solde négatif des échanges commerciaux par exemple)… ca jouerai sur des montants faibles.

Enfin, il y aurait des monnaies bien plus faibles que le franc à attaquer en premier pour les spéculateurs…

Monnaie commune/monnaie nationale

À propos de la question posée par Sandy (10157) :

La monnaie nationale convertible exclusivement par rapport à la monnaie commune pourrait, il me semble, faire l’objet d’une spéculation indirecte par l’intermédiaire de la monnaie commune.

C’est d’ailleurs ce que nous voyons se produire maintenant. Il n’y a pas, c’est vrai, de monnaies nationales, mais il y a des politiques monétaires nationales (Grèce, Espagne, Allemagne, etc.), et l’on voit bien comment ces politiques nationales retentissent sur les cours mondiaux de la monnaie euro. Ce serait évidemment encore plus vrai si ces politiques étaient incarnées par des monnaies nationales.

Pour que la spéculation contre la monnaie commune (et indirectement les monnaies nationales) ne se produise pas, il faudrait que les autorités monétaires communes imposent un taux de conversion réaliste entre la monnaie nationale et la monnaie commune. C’est ce arrivera bien sûr (sans quoi, à quoi servirait la monnaie commune ?), et par conséquent, dans ce système comme dans le système classique de monnaies nationales indépendantes, il y aura risque d’effondrement de la monnaie nationale sauf mesures nationales restrictives comme pour la Grèce actuellement.

Toutefois, le risque d’effondrement d’une monnaie nationale reposant sur une monnaie commune donnée serait moins important que dans le système des monnaies nationales totalement indépendantes, puisque automatiquement réparti sur l’ensemble des monnaies nationales par l’intermédiaire de la monnaie commune.

Le système monnaie commune/monnaie nationale se présente donc en fait comme un système d’assurance des monnaies nationales. La prime versée par l’assuré (sous forme de dévaluation ou de politiques de rigueur) dépendrait du risque encouru par l’assureur. JR

François Hollande et la dette publique!

http://www.vimeo.com/19876970

Accablant…

@Jacques Roman
(Message n°10163 )

Il faut considérer que les parités des monnaies nationales seraient « politiquement » révisées tous les ans par exemple en fonction des résultats économiques et en premier lieu des soldes des échanges commerciaux

François Hollande
Non mais ce mec fait des raisonnements dignes d'un junkee sous perfusion d'héroïne pure !

Dire qu’il y a neuf ans il m’a serré la main. La prochaine fois je lui crache à la gueule; et encore, ça sera gentil.

François Hollande et la dette publique

J’ai vu la vidéo et je trouve les commentaires de François Hollande consternants de résignation venant d’un membre éminent du Parti socialiste.

Ce qui me choque le plus (parce que c’est un problème qu’on pourrait régler plus facilement que les autres), c’est l’acceptation indiscutée du rôle des agences de notation. Ces agences de notation sont privées, ce qui veut dire que leur seul mobile est le profit : il faudrait donc leur interdire de noter les États et les pouvoirs publics et réserver cette fonction de contrôle (qui ne prendrait pas forcément la forme d’une notation) aux organismes publics nationaux et internationaux.

Dans une perspective plus générale, la nationalisation des banques semble très souhaitable. Mais peut-on nationaliser les banques dans un pays donné et pas dans les autres sans soumettre le premier à des pressions financières insoutenables ? C’est au niveau mondial que ces questions doivent se régler.

En référence au message 10168 d’AJH : c’est bien comme ça que je vois les choses. Dans l’hypothèse d’un système monnaie commune/monnaie nationale non convertible sauf dans la monnaie commune, la monnaie nationale devrait être contrôlée périodiquement par les autorités responsables de la monnaie commune (pour fixer les parités). lJR

Dans une perspective plus générale, la nationalisation des banques semble très souhaitable.
Je pense qu'il vaudrait mieux nationaliser l'émission de monnaie et interdire aux banques d'en créer (je parle évidemment de toute la monnaie que nous, les "agents non bancaires" utilisons, c-à-d monnaie scripturale secondaire dite "monnaie de crédit")

AJH : nationaliser l’émission des espèces : oui, bien sûr.

Mais nationaliser ce vous appelez la « création de monnaie scripturale », c’est-à-dire (de mon point de vue) la mise en place d’un ensemble des moyens de paiement autre que la monnaie en espèces, est-ce bien possible ?

Le rôle des banques, privées ou autres, n’est-il pas justement de mettre en place des moyens de paiement (des instruments comptables) évitant d’avoir à manipuler les espèces ?

La question de la nationalisation des moyens de paiement ne se poserait pas si les banques elles-mêmes étaient nationalisées. JR

@Jacques Roman
Je l’ai déjà expliqué: il est inutile de nationaliser les banques si on leur demande un taux de couverture de 100% … elle ne pourront plus créer de crédit qui ne soit pas couvert par de la monnaie centrale (donc « nationalisée ».
Elle ne pourront plus qu’être intermédiaires entre épargnants et emprunteurs.
Seule la banque de france pourra émettre de la nouvelle monnaie qui sera versée au Trésor Public, et donc « le surplus » aboutira en épargne pour être prêté par les banques .

Ceci dit quelques banques secondaires « nationales » pourraient faire concurrence aux banques commerciales et drainer une partie de l’épargne: réactiver la banque secondaire du Trésor Public (banque des fonctionnaires) qui existait avant 2000, serait déjà une avancée: il a été interdit par Bruxelles
http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=21

Ce qui veut donc dire que les banques privées pourront continuer à créer toute la monnaie scripturale qu’elles voudront à condition de pouvoir verser sans délai les sommes correspondantes en billets et en pièces si on leur en fait la demande : nous sommes bien d’accord ? JR

Ce qui veut donc dire que les banques privées pourront continuer à créer toute la monnaie scripturale qu'elles voudront à condition de pouvoir verser sans délai les sommes correspondantes en billets et en pièces si on leur en fait la demande : nous sommes bien d'accord ? JR
Non, l'obligation de détenir en monnaie centrale l'équivalent des crédits a pour conséquence qu'elles ne peuvent pas multiplier la monnaie centrale... rien à voir avec la demande de billet (je précise: en fait si, puisque les banques ne peuvent acheter des billets à la banque centrale qu'avec de la monnaie centrale) Aujourd'hui, si on fait abstraction des demandes de billets et des règles de Bâle, avec 2% de réserves obligatoires leur "capacité multiplicatrice" [u]théorique[/u] est de 50

AJH, je me suis mal exprimé (je n’ai pas encore une vue bien claire des mécanismes monétaires).

Par « pourront continuer à créer toute la monnaie scripturale qu’elles voudront à condition de pouvoir verser sans délai les sommes correspondantes en billets et en pièces » je voulais dire que les banques devraient être couvertes à 100 à à tout moment (par des espèces, par des moyens de paiement autres que des espèces mais eux-mêmes couverts à 100 % par des espèces – « monnaie 100 % »), et qu’elles ne puissent pas émettre de moyens de paiement excédant le montant de la couverture monétaire (« monnaie 100 % »).

Il faudrait donc bien qu’au bout du compte tout moyen de paiement puisse être instantanément échangé contre des espèces, même si l’on peut accepter en remboursement d’autres moyens de paiement dans lesquels on a entièrement confiance au m)me titre que si c’étaient des espèces.

Est-ce que c’est bien ça ?

Merci. Pardon de vous embêter. JR

La monnaie centrale nécessaire aux banques commerciales pour assurer les fuites (demande moyenne de 13% en billets de banque, les 2% de réserves obligatoire, et les soldes éventuels de compensation qui sont nuls si on considère l’ensemble du système bancaire commercial) est émise par la banque centrale lors de mise en pension d’obligations éligibles (notés AAA) et les économistes considèrent:

  • soit le cas du multiplicateur de crédit (lorsque la banque ou le système bancaire crée la monnaie scripturale secondaire à partir d’un montant pré-existant en monnaie centrale),
  • soit le cas du diviseur où la mise en route du processus de création monétaire est « inversé »: les banques commerciales ont le premier rôle et ne s’occupent pas de la disponibilité ou non de réserves (en monnaie centrale) excédentaires, la banque centrale les refinancera ensuite, parce qu’elle ne peut faire autrement sous peine de bloquer le système de crédit.

Donc, même à l’heure actuelle, en cas de « bank run » il est probable que la banque centrale fournirait tous les billets demandés.

Les réserves intégrales (couverture à 100%) ont un « sens » qui dépasse ce problème de fourniture d’espèces (qui n’en est pas un à mon avis). C’est que:
1 - Toute la monnaie scripturale est alors garantie par la banque centrale (au même titre que les espèces)
2 - C’est la banque centrale qui est ‹ in fine › l’émettrice de monnaie, donc les intérêts d’une création monétaire nouvelle reviennent à la banque centrale, donc à la collectivité
3 - Les banques commerciales ne gardent que la capacité d’être intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs, donc de se rémunérer sur le différentiel de leur « intermédiation »

Merci AJH [10181], ça devient plus clair.

Sur cette base, il me semble que l’effondrement de l’euro n’est pas près de se produire. JR

Merci AJH [10181], ça devient plus clair.

Sur cette base, il me semble que l’effondrement de l’euro n’est pas près de se produire. JR


Là, je ne vois pas trop le rapport ?

Je veux dire que dans les conditions que vous décrivez la BCE pourra (si nécessaire) imprimer autant d’euros qu’elle voudra : au besoin, l’acceptation unanime des pays de la la zone euro lui suffira pour passer par-dessus les dispositions des traités : les spéculateurs n’ont qu’à bien se tenir !

Je veux dire que dans les conditions que vous décrivez la BCE pourra (si nécessaire) imprimer autant d'euros qu'elle voudra : au besoin, l'acceptation unanime des pays de la la zone euro lui suffira pour passer par-dessus les dispositions des traités : les spéculateurs n'ont qu'à bien se tenir !
La création monétaire n'est-elle pas un pouvoir régalien? Bon, l'erreur actuelle est d'avoir transféré à une entité "supra nationale" ce pouvoir... mais il ne tient qu'à nous (en votant pour le bon candidat - http://engagement2012.wordpress.com ) de le récupérer.

En cas de crise économique, l’État, parce qu’il est inféodé au libre-échange, rachète la fausse monnaie d’échange, mais avec quoi ? Il doit accepter de payer la monnaie d’échange fictive avec ce qu’il peut prélever sur la part de la plus-value qui a été préalablement traduite en valeur de réciprocité (retraites, allocations, budget de l’éducation nationale, sécurité sociale). La transformation en monnaie d’échange du capital de valeur de réciprocité détruit l’économie de réciprocité (l’économie dite également sociale). L’exclusion et le chômage sont les solutions que le capitalisme impose à la société pour garantir ses privilèges. N’est-ce pas ce qui est institué lorsque l’État se met au service des banques ? La valeur de réciprocité comptée en valeur d’échange s’évanouit : ne reste entre les partenaires du libre-échange que la stricte réalité de la valeur d’échange.

Si l’on se réfère à présent à un système de réciprocité centralisée, il n’est plus possible de se donner une représentation de la croissance de la valeur car toutes les prestations sont focalisées sur un seul centre de redistribution qui décide de façon souveraine de la valeur de la monnaie. L’anticipation est alors indéterminée. La grâce du Prince ou celle de Dieu est l’ultime référence de la valeur de la monnaie. La spéculation capitaliste qui subjuguerait un système de redistribution pourrait se développer indéfiniment.

À quoi peuvent bien servir les catégories : valeur de renommée et monnaie de renommée, valeur de réciprocité et monnaie de réciprocité symétrique… ?

À dénoncer les amalgames qui permettent au Libéralisme économique d’articuler les aspirations sociales sur l’appétit des privilégiés.

Elles montrent aussi comment sortir du système capitaliste.

Que la monnaie ne puisse plus se définir comme valeur d’échange, ni au niveau de la production ni au niveau de la consommation, qu’elle devienne fictive et ne soit légitimée que par des fictions politiques, l’apparente à la monnaie de redistribution. Dès lors, ces fictions politiques ne devraient être fondées que par la Loi… Et la Loi ne devrait pas dépendre de l’imaginaire des uns ou des autres mais résulter de la délibération, de la démocratie économique qui exige la parité des uns et des autres ou plus exactement la réciprocité symétrique car seule la réciprocité peut engendrer une résultante qui puisse être commune à tous.

Il n’est pas étonnant que se développent, dans le moment même où le système capitaliste devient néoténique, les mots de solidarité, de justice sociale, d’ordre mondial, de monnaie unique…

La “fin du système capitaliste” n’est pas la fin de l’économie mais une mue qui remplace une vieille peau par une neuve. Il ne s’agit pourtant pas comme dans les crises précédentes d’une mue qui signifie l’accroissement de volume du serpent, il s’agit de l’abandon de la carapace de la chrysalide : l’humanité prend peut-être son envol vers d’autres objectifs que ceux d’un matérialisme primitif.

Deux théories sont universelles :

  • La théorie de l’échange qui se soutient de la logique classique prétend dominer la nature physique et améliorer les conditions matérielles de l’existence.

  • La théorie de la réciprocité qui requiert la Logique du contradictoire pour maîtriser outre l’énergie physique, l’énergie vivante et l’énergie psychique.

La Théorie de la Réciprocité interprète de nombreuses prestations autrement que la Théorie du Libre-échange. Elle propose des structures de production qui produisent un lien social de nature éthique et – en même temps ou par voie de conséquence – améliorent l’existence de tous.

in extenso ici …

Je ne sais plus si j’ai déjà cité ce dernier article de Jacques Sapir

http://www.medelu.org/spip.php?article725

Extrait

<blockquote>Dans le cadre institutionnel actuel, deux éléments sont déterminants :

* la règle de l’unanimité pour les décisions dans la zone euro
* l’absence de procédures formelles permettant d’exclure un pays une fois entré dans la zone.

Le premier de ces éléments rend extrêmement peu probable – et à vrai dire impossible – un accord sur une baisse du taux de change de l’euro, compte tenu des oppositions de politiques économiques qui existent entre pays membres. Le second désarme la zone euro contre une action unilatérale de l’un des pays membres.

En exploitant les défauts des dispositions du traité de Maastricht sur l’Union économique et monétaire (UEM) on peut imaginer que le gouvernement français, réquisitionnant la Banque de France (en application de l’article 16 de la Constitution) impose à cette dernière de reprendre les avances au Trésor et le principe d’un plancher minimal d’effets publics pour les banques opérant sur le territoire français. La monétisation immédiate du déficit et d’une partie de la dette (disons pour un montant de 400 milliards d’euros) s’accompagnerait de l’obligation, pour les banques françaises, de racheter les titres français restants, assurant rapidement une « re-nationalisation » de la dette du pays. Notons que l’épargne de la France suffit amplement pour assurer un flux régulier de financement au Trésor public.

Confrontées à une telle politique, les options des autres membres de la zone sont très limitées.

* La BCE peut décider d’augmenter brutalement ses taux pour « combattre » le risque inflationniste français. Mais, d’une part, une telle position se heurterait à l’opposition de très nombreux pays et, de l’autre, le gouvernement aurait toujours la possibilité de faire escompter des obligations privées par la Banque de France à un taux préférentiel. Ceci établirait un taux d’intérêt « français ».

[bgcolor=#FFFF99] * Une condamnation de la politique française est possible, mais ne serait d’aucun effet. L’imposition d’amendes (qui devraient être entérinées par la Cour de justice de Luxembourg) pourraient être immédiatement compensées par des retenues sur la contribution française au budget européen.[/bgcolor]

* Des mesures « protectionnistes » contre la France pourraient être envisagées. Cependant, outre qu’elles iraient à l’encontre de toute la politique de l’Union européenne et de sa philosophie même, elles attireraient immédiatement des [b]mesures similaires du gouvernement français. N’oublions pas que la France est un point de passage obligé pour une partie du commerce intra-européen[/b]. Un effet de dissuasion empêcherait la mise en application de telles mesures.

On s’aperçoit rapidement que la zone euro est impuissante face à une telle politique (sans parler des effets d’imitation qu’elle pourrait engendrer).

En fait, ce serait une réédition de la situation de 1992-1993 lors de la dissolution de l’URSS : la Banque centrale de Russie (BCR) s’est trouvée désarmée face à la politique menée par les banques centrales des autres pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) au sein de la zone rouble. La solution de la BCR a été de dissoudre cette zone.</blockquote>

A rajouter à cet article
http://www.marianne2.fr/Jacques-Sapir-la-politique-economique-est-un-sport-de-combat-4_a202879.html

Extrait

On voit que l’épargne des ménages français est plus que suffisante pour soutenir le déficit public. En fait, après l’Espagne, c’est bien notre pays qui a le taux d’épargne le plus élevé. Cette politique permettrait de mettre rapidement en place les mesures suivantes :
- Établissement d’un pôle public du crédit dont l’émission d’obligations sera souscrite par la Banque de France (la banque postale pourrait en être le noyau) et qui servira au financement du logement (prêt aux ménages) et des infrastructures.
- Établissement d’un pôle séparé pour le financement des PME-PMI avec possibilité de prises de participations soit selon la formule de l’actionnaire « dormant » pour une période de 5 à 10 ans (puis revente des actions) soit selon la formule du partenariat Public-Privé.
- Lois bancaires séparant précisément les banques d’investissements et les banques de dépôts.
- Interdiction des SPV (Spécial Pur pose Veines) et réglementation stricte des Fonds d’investissement. Interdiction des opérations de Hedge Funds sur les titres français (avec le système de la licence pour les opérations en bourse).
- Annulation des directives européennes concernant les activités en réseau (SNCF,GDF, EDF) et renationalisation de ces sociétés.
- Lancement d’une politique industrielle visant au renforcement des gains de productivités et à des grands projets d’investissement.

Confrontées à une telle politique, les options de nos partenaires sont très limitées.

1- La BCE peut décider d’augmenter brutalement ses taux pour « combattre » le risque inflationniste français. Mais d’une part une telle position se heurtera à l’opposition de très nombreux pays et de l’autre, nous aurions toujours la possibilité de faire escompter des obligations privées par la Banque de France à un

taux préférentiel. Ceci rétablirait un taux d’intérêt « français », qui pourrait être défini en étroite collaboration par la Banque de France et le Ministère de l’Industrie.

2- Une condamnation de la politique française est possible, mais ne serait d’aucun effet. Des mesures d’amendes (qui devraient être entérinées par la cour de  Luxembourg) pourraient être immédiatement compensées par des retenues sur notre contribution au budget européen.

3- Des mesures « protectionnistes » contre la France : outre que ceci irait contre toute la politique de l’Union Européenne et sa philosophie même, elles attireraient immédiatement des mesures similaires du gouvernement français. N’oublions pas que la France est un point de passage obligé pour une partie du commerce intraeuropéen. Un effet de dissuasion empêcherait la mise en application de telles mesures.

On s’aperçoit rapidement que la zone Euro est désarmée face à une telle politique (sans parler des effets d’imitation qu’elle pourrait engendrer). En fait, c’est la réédition de la situation de 1992-1993 lors de la dissolution de l’URSS où la Banque Centrale de Russie s’est trouvée désarmée face à la politique menée par les banques centrales des pays de la CEI au sein de la
zone Rouble. La solution de la BCR a été de dissoudre la zone Rouble.

De fait, la menace la plus importante serait celle d’une sortie de l’Euro de l’Allemagne et de ses alliés (Autriche, Danemark, Pays-Bas, Finlande). Quelle en serait la conséquence ? Si l’Allemagne met à exécution sa menace, c’est elle qui dissout la zone Euro et qui se prive de l’accès garanti aux marchés des grands pays (Espagne, France et Italie) sans risque de dévaluation. Notons qu’une zone DM reconstituée serait affectée par un fort mouvement haussier important de son taux de change que ce soit par rapport au Dollar ou aux autres monnaies….

Il y a donc gros à parier que l’Allemagne réfléchira à deux fois avant de mettre sa menace à exécution. Mais, si elle le fait, nous sommes néanmoins gagnant (option 2). Il nous faudrait alors nous rapprocher de l’Espagne et de l’Italie pour trouver un accord sur des parités  respectives de nos monnaies sous conditions :

- D’un contrôle des capitaux communs pour que les monnaies ne soient plus victimes des spéculations.
- De fluctuations concertées.
- De dévaluations différentielles tous les ans ou les deux ans si nécessaire.

Il convient dès lors de se préparer à une possible explosion de la zone Euro (par l’introduction de contrôles de capitaux importants en mettant la cellule TRACFIN à contribution pour ce faire). En cas d’explosion de la zone Euro, cela nous permettrait de pratiquer des taux d’intérêts administrés.

[bgcolor=#FFFF99]De ce point de vue, le discours qui commence à se répandre sur une « sortie de l’Euro » est très avantageux car il conforte nos partenaires dans l’opinion que la France est réellement prête à assumer un éclatement de la zone Euro. Il contribue à construire notre crédibilité.

Les failles du traité de l’UEM sont aujourd’hui évidentes. Les défauts de l’Euro sont bien connus et ne sont pas contestables. Nous avons la possibilité de forcer la main à nos partenaires pour réviser en profondeur le fonctionnement de la zone Euro et, à terme, la transformer en une monnaie commune. Il faut mettre la crise de notre côté en menant une politique qui ne laisse à nos partenaires que le choix entre accepter nos positions ou provoquer la dissolution de la zone Euro dans des conditions qui leur seraient très défavorables.[/bgcolor]