07 Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

Non, Étienne, pas le tirage au sort à la place de l’élection !

L’élection pour choisir les décideurs les plus compétents, en connaissance de programme et de personne ; le tirage au sort pour constituer les structures permanentes chargées de les contrôler.

Je croyais que nous avions commencé à rapprocher nos points de vue : hélas, nous en revenons au point de départ de cet interminable débat. JR

[b]Dévaluation/augmentation des prix chez les commerçants[/b]

Bonjour Sandy.

Pour répondre à votre question du 9862, dans mon idée il y a deux raisons pour lesquelles la dévaluation entraîne automatiquement l’inflation (augmentation des prix chez les commerçants en particulier) :

  1. Une raison objective : la dévaluation entraîne l’enchérissement des importations, y compris bien sûr de l’importation de produits qui entrent dans les fabrications locales. L’exemple le plus net : l
    augmentation quasi immédiate des prix du pétrole et de l’énergie (dans le cas d’un pays importateur net), donc des transports, donc des marchandises transportées. Selon la nature des produits importés, l’inflation prend plus ou moins de temps à se manifester.

  2. Une raison psychologique : aussitôt une dévaluation annoncée, on a tendance (pas seulement les commerçants) à anticiper l’augmentation des prix des marchandises qu’on va acheter, et donc à faire payer plus cher les marchandises déjà en stock. La marge entre cette réaction naturelle, somme toute honnête, et la tentation du profit est très variable, mais je pense que très peu de d’entre nous échappent à cette réaction.

Sans compter qu’après une dévaluation (ou avant s’ils ont pu la prévoir) les gens riches ont tendance à se prémunir par des achats de terrains, appartements, etc, d’ou augmentation de la demande et diminution de l’offre = augmentation des prix (y compris du prix des baux commerciaux…) .

Je me demande si AJH confirme ? JR


La raison psychologique je n’y crois pas dutout, la psychologie en économie c’est vraiment le pire argument qui soit.

Pour la raison objective, pourquoi la dévaluation entrainerait chez nous une hausse des prix et pas une baisse des prix dans les autres pays ?

Je vois mal l’acheteur accepter de payer plus cher moins de marchandises chez son fournisseur étranger juste à cause d’une dévaluation.

Dévaluations

Sandy (9902) :

  1. Avez-vous déjà géré un commerce ?

Pourquoi l’argument psychologique serait-il le « pire argument qui soit » quand on parle économie ? Voulez-vous dire que la psychologie n’a aucun rôle en économie, ou bien qu’elle y joue un rôle toujours nocif ?

Dans la seconde hypothèse, en quoi mon explication antérieure perdrait-elle de sa valeur ?

  1. Vous demandez : "Pourquoi la dévaluation entrainerait chez nous une hausse des prix et pas une baisse des prix dans les autres pays ?"

Pour la raison d’après moi assez évidente que dans le cas le plus typique le pays qui dévalue est seul face aux autres pays et subit une hausse générale, immédiate et automatique de tous les produits et services importés (y compris de ceux qui sont nécessaires à ses productions) tandis que les autres pays (ceux qui ne dévaluent pas) n’enregistrent de baisse que sur une petite partie des produits et services importés – celle qui provient du pays dévaluant.

Quand le pays dévaluant est un importateur net, comme c’est le cas de la France et surtout des États-Unis, l’effet est particulièrement sensible.

De plus, la baisse des prix dans le pays importateur étranger, si baisse il y a, ne sera ni immédiate (il faut d’abord écouler les stocks achetés aux anciens prix), ni immédiate et automatique (le facteur « inflation » joue un rôle atténuateur également dans les pays qui importent du pays dévaluant, et il y a l’effet psychologique – mais c’est vrai que vous avez décidé de ne pas en tenir compte).

  1. Vous dites aussi : « Je vois mal l’acheteur accepter de payer plus cher moins de marchandises chez son fournisseur étranger juste à cause d’une dévaluation. »

C’est que vous avez une idée sympathique mais imprécise de la dévaluation ! Comme disent les Anglosaxons, « on ne peut pas simultanément avoir son gâteau et l’avoir mangé ». C’est « juste à cause » de la dévaluation de sa monnaie qu’'on peut vendre moins cher aux pays étrangers – donc davantage – et c’est « juste à cause » de la dévaluation que les produits étrangers deviennent plus chers. Il suffit de voir comment évoluent les prix du pétrole selon que le dollar ou l’euro perdent ou gagnent de leur valeur.

Dans le cas d’une économie importatrice de produits de base (UE par exemple), l’acheteur du pays dévaluant n’a donc pas une grande marge de négociation. JR

[align=center]L’analyse de l’économiste Michel Husson sur le projet d’unification monétaire du serpent monétaire européen vers la monnaie unique ( l’Union Économique et Monétaire ) en [bgcolor=#FFFF99]1997[/bgcolor][/align]

LES MYSTERES DE MAASTRICHT

Depuis plusieurs mois, les prévisions de croissance sont régulièrement révisées à la baisse dans les deux grands pays européens qui n’ont pas dévalué, la France et l’Allemagne. Le tournant vers l’austérité budgétaire pris de manière simultanée dans ces deux pays conduit tout droit à un nouveau ralentissement – voire à une récession – qui sera cette fois assortie d’une grave crise politique, parce qu’elle tendra à coïncider avec les échéances du calendrier européen. Le débat que devrait susciter une telle situation, périlleuse non seulement pour l’emploi mais aussi pour la démocratie, est occulté par le discours économique dominant qui procède de plus en plus par l’imposition de vérités révélées, que l’on peut analyser comme autant de « mystères » qu’une pensée critique devrait s’attacher à éclaircir.

Le mystère de la monnaie

[color=#111100][size=9]Avant le traité de Maastricht, il y avait en Europe un système de changes quasi-fixes. Depuis la crise spéculative de l’été 1993 et l’élargissement des marges de fluctuation, les taux de change sont devenus potentiellement flottants. Le choix d’un processus d’unification fondé sur la marche à la monnaie unique conduit en pratique à un nouveau désordre monétaire, à une concurrence par les taux de change avivée et à une dictature des marchés financiers renforcée. Mais le paradoxe n’est évidemment qu’apparent, puisqu’il découle du projet démesuré visant à geler pour l’éternité des taux de change qui continuent par ailleurs à refléter la diversité des régulations nationales. C’est pourquoi il est facile de prévoir que de nouvelles tensions monétaires surgiront, en premier lieu parce que la question n’est pas réglée de savoir quelles sont les monnaies qui feront partie de la monnaie « unique » et celles qui resteront en dehors.

Cette situation conduit à s’interroger sur la raison même de l’impératif de la monnaie unique. L’argument classique consiste à dire que la stabilité des changes est nécessaire à une activité économique soutenue, parce qu’elle fiabilise le calcul économique et qu’elle autorise une détente des taux d’intérêt. Mais cet argument ne suffit pas à expliquer l’acharnement mis à une unification spécifiquement monétaire.
L’unicité monétaire représente certes le gage ultime de stabilité, mais elle suppose que soient remplies des conditions bien plus exigeantes qu’un système monétaire à taux révisables. On est même en droit de se demander si une telle perspective n’est pas tout simplement auto-contradictoire, en ce sens qu’elle implique que disparaissent comme par enchantement les dissymétries qui, précisément, la rendent souhaitable. En effet, si les monnaies européennes étaient durablement reliées par des taux de change à peu près fixes, ou en tout cas avec des modalités de révision bien définies, il suffirait d’exprimer cette homogénéité par la mise en place d’un instrument monétaire commun, qui serait progressivement étendu à cet espace économique. Si le SME n’a pas conduit spontanément à une telle situation, c’est justement parce que les économies nationales ont continué à suivre des trajectoires qui sont guidées par des spécificités objectives, comme la spécialisation du commerce extérieur ou les rapports de force sociaux à l’intérieur. Et l’objectif de la monnaie unique ne peut en tant que tel réduire ces différences. Autrement dit, si les conditions d’une convergence réelle – comme préalable à la mise en place d’une monnaie unique étaient réunies – cette monnaie unique deviendrait du coup superflue, ou se réduirait à un aménagement technique.

Le choix de l’union monétaire résulte donc d’une erreur d’analyse et de méthode.

Erreur d’analyse, dans la mesure où elle néglige les déterminations objectives des taux de change, erreur de méthode parce qu’elle spécifie des critères uniquement financiers et budgétaires, alors que l’hétérogénéité des économies ne se résume pas à l’endettement public. Cela revient à suggérer que l’unification monétaire ne peut logiquement précéder une unification économique plus organique, et qu’elle doit représenter plutôt l’aboutissement d’un processus. Si l’on admet cette lecture, les difficultés d’application du traité de Maastricht proviendraient donc en partie d’un défaut de conception, d’une mauvaise manière d’échelonner les différentes étapes de l’unification.

Est-il décidément exclu que l’on s’interroge sur l’adéquation même de la voie choisie au but proposé ?

La question plus immédiate qui se pose ensuite est de rendre compte de l’obstination proprement stupéfiante consistant, de la part des gouvernements, à maintenir contre vents et marée le respect stricto sensu des critères de Maastricht, alors qu’une interprétation plus souple aurait sans doute permis de ménager une marge de manoeuvre, et de se conformer au traité de Maastricht sans durcir inutilement ses exigences. Même dans ce cas, la voie demeurait extrêmement étroite, mais ce degré de liberté a pourtant été délibérément ignoré. Il y a là, semble-t-il, une véritable fuite en avant qui s’explique en partie par le dérapage dogmatique de la « pensée unique », par son autonomisation par rapport aux réalités économiques. Ce qui permet de comprendre cette obstination, c’est probablement aussi la distinction qu’il convient d’établir entre l’objectif affiché et l’objectif réellement poursuivi. En effet, toutes ces interrogations se dissipent en grande partie si l’on considère que la monnaie unique n’est pas visée en tant que telle, mais que les modalités de sa mise en place servent à renforcer, en les démultipliant, les effets des politiques économiques libérales, menées de toute manière dans chaque pays. [bgcolor=#FFFF99]C’est sans doute pour cette raison aussi que l’euro restera une construction inachevée, dans la mesure où son coût, du point de vue des marges de manoeuvre des politiques économiques, apparaîtra supérieur à son avantage, qui réside essentiellement dans la légitimation du néolibéralisme.[/bgcolor][/size][/color]

Texte in-extenso ici … …

L’euro vu par Michel Husson en 1997… et en 2010

Gilles (9922) :

« La question plus immédiate qui se pose ensuite est de rendre compte de l’obstination proprement stupéfiante consistant, de la part des gouvernements, à maintenir contre vents et marée le respect stricto sensu des critères de Maastricht, alors qu’une interprétation plus souple aurait sans doute permis de ménager une marge de manoeuvre, et de se conformer au traité de Maastricht sans durcir inutilement ses exigences. Même dans ce cas, la voie demeurait extrêmement étroite, mais ce degré de liberté a pourtant été délibérément ignoré. »

Dans le texte que vous reproduisez. ce passage est aussi important, à mon avis, que celui que vous avez marqué en jaune.

En effet, la suite des évènements a montré qu’au contraire de cette analyse de M. Husson l’Eurozone, Allemagne comprise, loin de « s’obstiner à à maintenir contre vents et marée le respect stricto sensu des critères de Maastricht » a su très vite trouver avec ces critères des accommodements, au point de disposer maintenant à peu près des mêmes libertés que le dollar, puisque l’euro peut désormais servir à acheter les bons du trésor des pays membres et que pour cela la BCE n’hésitera plus à faire fonctionner la planche à billets. Et comme vous le savez, une zone monétaire libre d’utiliser sa planche à billets comme elle l’entend ne peut pas être mise en faillite du moment qu’elle paie sa dette avec sa monnaie : c’est bien pour bénéficier que de cette latitude-là que les adversaires de l’euro voulaient retourner au franc, au deutschemark, etc., et ce changement radical de circonstances leur enlève donc leur principal argument.

D’ailleurs, le M. Husson de 2010 n’est sans doute pas tout à fait le M. Husson de 1997 (qui regrettait qu’on ait choisi la voie de l’euro) à en juger par un article publié il y a trois mois (voir http://local.attac.org/13/aix/spip.php?article1251&lang=fr ) et qui se termine comme suit :

« Au niveau européen, le choix semble être entre une aventure hasardeuse - la sortie de l’euro - et une harmonisation utopique. Pour sortir de ce dilemme, il faut imaginer une stratégie combinée : un pays prendrait des mesures unilatérales tout en proposant leur extension au niveau européen, en s’appuyant sur leur caractère coopératif. Les libéraux et les souverainistes s’accordent pour dire que cette voie est impraticable, les uns pour préserver les normes néo-libérales, les autres pour faire de la sortie de l’euro le préalable à toute alternative. Or, cette idée est fausse, par exemple en ce qui concerne la taxation et le contrôle des capitaux, et elle nous enferme dans une impasse stérile ».

Très intéressant, ce marxiste : on voit que les économistes, comme les peuples, peuvent changer d’avis. JR

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=55914

[b]Est-il mieux que les Banques Centrales monétisent directement les dettes publiques, ou qu’elles favorisent une monétisation indirecte par les banques ? [/b]

Aux Etats-Unis, la Réserve Fédérale a décidé de monétiser une partie importante de la dette publique directement (en mettant les Treasuries sur son bilan) ; dans la zone euro, au Royaume- Uni et au Japon, la monétisation se fait indirectement, puisque ce sont essentiellement les banques qui achètent des titres publics ; il s’agit bien de monétisation puisque les banques peuvent utiliser ces portefeuilles de dette publique pour se refinancer auprès de la Banque Centrale.

Quelle monétisation est préférable, celle directe par la Banque Centrale ou celle indirecte par les banques ?

  • en cas de remontée des taux d’intérêt, s’il s’agit à la fois des taux courts et des taux longs, les comptes d’exploitation des banques et de la Banque Centrale se dégradent (détention de portefeuilles d’obligations à coupon faible ; il n’y a pas de perte en capital pour les banques si les obligations sont logées dans le « banking book ») ; ceci peut inciter les banques à accroître les marges de taux d’intérêt sur les crédits ;
  • en cas de hausse des primes de risque de défaut souverain sans défaut, les banques ne perdent que l’opportunité d’avoir des coupons plus élevés (si les obligations sont dans le banking book),
  • en cas de défaut partiel (haircut), il y a perte en capital pour les banques et pour la Banque Centrale ; les Banques Centrales s’appliquent, les règles de la comptabilité privée, mais elles pourraient compenser cette perte par une simple provision sans conséquence dans leur bilan. Les banques perdent des fonds propres, ce qui est grave, on le sait ;
  • si les portefeuilles de dette publique des banques sont de grande taille, la Banque Centrale peut hésiter à remonter les taux d’intérêt, afin d’éviter de provoquer des pertes insupportables pour les banques. Il y a donc mise ne place d’une irréversibilité des politiques monétaires expansionnistes ;
  • l’effet incitatif (d’aléa de moralité) sur les gouvernements (sur les politiques budgétaires) est le même dans les deux cas (monétisation par les banques centrales ou par les banques).

    Au total, la monétisation indirecte par les banques nous parait beaucoup plus dangereuse que la monétisation directe par les Banques Centrales, ce qui est évidemment l’opposé de l’opinion de la BCE.

[i]
Banking book : Portefeuille de titres qui ne sont pas activement négociés mais qui sont destinés à être conservés jusqu’à leur échéance.

Trading book : Portefeuille de titres qui sont négociés sur le marché et appréciés par les performances du marché.[/i]

[align=center]L’euro, monnaie imposée[/align]

Lorsque les députés du Bundestag allemand ont approuvé en mai dernier le «plan de sauvetage» de l’euro sans en connaître les détails et le coût définitif, ils s’imaginaient encore que la simple présentation des instruments dispenserait de les mettre en œuvre. Or il apparaît maintenant que la crise de la monnaie commune n’était pas terminée. Elle ne faisait que commencer.
Avant de nous pencher sur la question de savoir si et comment l’euro va survivre aux prochaines années … …

[align=right] Lire la suite ici …[/align]

Je n’adhère pas dutout à ce genre d’article qui prend le problème par un petit bout et finalement tombe complètement à côté de la plaque.

On présente les choses comme une crise de la monnaie, comme une crise de la dette publique, mais jamais pour ce que c’est réellement, c’est à dire la socialisation des pertes privées dues à la seule vraie crise : la crise financière, et l’instrumentalisation des dettes publiques agravées par la socialisation des pertes privées pour mettre en oeuvre un projet politique bien particulier.

La crise de la dette publique est totalement artificielle, elle n’est qu’un prétexte, tout comme l’est la soit disante crise de l’euro et la nécessité de « sauver l’euro » tout comme il était soit disant nécessaire de « sauver les banques », tout cela est une mascarade.

Et ce projet politique c’est une privatisation de l’état, un pillage des peuples par la finance, c’est la mise en oeuvre de l’impuissance politique des citoyens et la destruction des démocraties et des états-nations. C’est 10000 fois plus grave que ces histoires de monnaie.

Je ne dis pas ça contre vous Gilles, plus contre les auteurs de ce genre d’articles qui croient avoir tout compris et qui n’ont rien compris en réalité. Mais vraiment il est absolument nécessaire de faire attention à ne pas tomber dans ce genre de faux-débats. Ce sont des diversions.

Nous ne sommes pas dans un temps où nous devons nous poser des questions existencielles sur la monnaie unique. Nous sommes dans un temps où nous devons nous demander QUI DOIT PAYER LES PERTES DES BANQUES. Car c’est cette crise là, la crise financière, qui n’a en réalité TOUJOURS PAS été résolue.
On doit se demander : Est-ce que ce sont les banques qui doivent payer ? Ou nous ? C’est à dire les peuples ? Et les gouvernements ont très clairement fait le choix de faire payer les peuples.

Les fameux plans de rigueur qui accompagnent les soit disant plans de sauvetage de tel ou tel pays, qui en réalité sont toujours des plans de sauvetage des banques, n’ont pas pour but de réduire les déficits ni les dettes des états contrairement à ce qui est dit. Car un plan de rigueur en pleine récession économique, ne permettra JAMAIS de réduire les déficits, au contraire, ils aggraveront toujours la récession économique, et la récession économique agravera encore plus les déficits !
Ces fameux plans de rigueur ont simplement pour but de piller les peuples pour payer les pertes des banques.

Et tant que rien ne les empéchera de continuer, tant que l’opinion gobera béatement tous leurs mensonges ou se laissera prendre dans ses multiples diversions comme le fait l’auteur de cet article en gobant qu’on est réellement dans une crise monétaire, pourquoi s’arrêteraient-ils ? Ils vont continuer de pays en pays, toujours avec la même méthode : C’est à dire le FMI qui vous prend à la gorge, « l’europe qui protège » qui vous tient les mains, et les banques qui vous font les poches.

Bonsoir Sandy, il s’agit d’un article dans une revue suisse de la part d’un auteur qui ne mets pas l’accent sur la confrontation peuples <-> banques, mais qui est sceptique sur l’avenir de l’euro. Il s’agit d’un avis extérieur à l’UE, il n’a pas vécu autant que nous, le saccage des services publics, la désindustrialisation, le chômage de masse, les plans de sauvetage des banques, le non-respect de la souveraineté des peuples. Et apparemment, les membres de cette revue ne sont pas pressés de faire adhérer la Suisse à l’UE et pas pressés de vivre ce que nous vivons.

Ce sont des espèces d’« Étienne Chouard » suisses qui analysent, entres autres sujets de pré-occupations, les textes et les propositions des partisans de l’adhésion la Suisse à l’UE et qui trouvent que les arguments avancés par les partisans de l’adhésion ne tiennent pas debout.

Un autre de leurs articles : http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2471

Ce qui n’enlève rien à ton analyse à laquelle je souscris.

Gilles

L’avenir de l’euro

À mon avis, il est brillant, pour deux raisons :

– C’est la monnaie de la première économie du monde ;

– C’est la monnaie de 16 pays (pardon : 17, puisque nous venons d’entrer dans 2011) qui, quoi qu’en disent leurs détracteurs, adhèrent à la conception du monde la plus humaniste qui soit à l’heure actuelle ;

– Même quand la première raison aura disparu – ce qui peut se produire à tout moment, je l’admets –, la seconde durera très longtemps.

Tout le reste est littérature.

Bonne année à tous. JR

http://w41k.info/47162

Bonne année, Jacques.

Jacques, il y a là quelques Grecs qui manifestent le 15 décembre 2010 contre le plan d’austérité de l’UE, la manière anti-démocratique dont l’UE s’est comportée pour le faire adopter et qui ne partagent votre avis sur l’avenir de l’euro. L’euro qui « protège », ils en sont un peu déçus. Il me semble qu’il y a quelques Irlandais qui pensent de même.

Bonne année en Thaïlande, Jacques. Que l’Europe est belle de loin, ne venez pas ici, vous perdriez toutes vos illusions.

1 janvier 2011… ¡Puissiez-vous tous, aussi différents que vous êtes, avoir la meilleure année 2011 possible, chacun de son propre point de vue et avec ces propres critères, même s’ils ne synchronisent pas trop bien avec les miens. On verra bien ce qu’on peut faire ensemble, si les possibilités existent.

NingúnOtro.

Les conventions sociales veulent que nous nous souhaitions bonne année même si nous savons très bien qu’elle ne risque pas d’être très bonne, ce sera l’année du grand tournant et du salut public ou de l’occasion manquée et de la grande catastrophe, difficile de savoir dans quel sens cela va basculer.

2 articles intéressants ce matin

Le blog de Yann
Quand le sage montre le ibre échange le sot regarde les 35-heures
http://lebondosage.over-blog.fr/article-quand-le-sage-montre-le-libre-echange-le-sot-regarde-les-35-heures-64334388.html

Jacques Sapir
L’euro fort nous a couté 403-milliards d’euros Cash
http://www.marianne2.fr/L-euro-fort-nous-a-coute-403-milliards-d-euros-Cash_a201330.html

J’en profite pour donner l’adresse de mon denier article (paru sur « postjorion »)
Plusieurs alternatives au remboursement de la dette publique
http://postjorion.wordpress.com/2011/01/04/148-aj-holbecq-plusieurs-alternatives-au-remboursement-de-la-dette-publique/

http://www.marianne2.fr/Euro-une-monnaie-unique-nocive-par-nature-3-3_a201315.html?TOKEN_RETURN

Euro : une monnaie unique «nocive par nature» (3/3)

L’euro n’a accompli aucun miracle, ni croissance, ni stabilité financière, souligne l’avocat à la Cour d’Appel, Bernard Prudhon. Il se penche, en troisième lieu, sur une éventuelle réforme de la monnaie unique. Il regrette que personne au sein de l’Union européenne n’ait évoqué d’alternative à l’euro.

[bgcolor=#FFFF99]La Suisse prépare un référendum d’initiative populaire pour
SORTIR DU FMI ET DE LA BANQUE MONDIALE[/bgcolor]

La Suisse est un exemple vivant de démocratie authentique : un simple citoyen peut prendre l’initiative de questionner le peuple souverain, qui ensuite tranchera… souverainement.

À titre d’exemple, l’exposé des motifs ci-dessous n’utilise pas la langue de bois, de façon à ce que le commun des mortels comprenne bien ce qui est en jeu.

Notez que, quand les Suisses parlent du peuple, ils disent systématiquement le Souverain.

Édifiant.

Curia Vista - Objets parlementaires 10.4056 – Motion

La Suisse doit sortir du FMI et de la banque mondiale

Déposé par :
Freysinger Oskar

Date de dépôt : 16.12.2010
Déposé au Conseil national

État des délibérations :
Non encore traité au conseil

Texte déposé

La Suisse sort du FMI et de la BM (Banque mondiale), en parallèle le Conseil fédéral doit enquêter sur les coûts réels de notre participation.

Le Conseil fédéral est chargé de concrétiser ces deux demandes avant la fin de la présente législature, donc les élections fédérales du 13 octobre 2011, puis de diligenter toutes poursuites pénales et civiles utiles au profit du Souverain.

Développement

[color=blue]1. Le FMI et la BM violent la neutralité suisse en nous forçant à des actions politiques dirigées « par les U.S.A. ».
Ainsi, depuis que nous y sommes entrés « notre politique économique » est devenue « colonialiste » et anti-développement, notamment dans les pays les plus pauvres et maintenant ceux voisins de l’UE.

  1. De plus, elles sont coûteuses et se basent toujours sur des statistiques douteuses, après avoir par exemple obligé la Suisse à vendre son or aux cours les plus bas et à changer notre Constitution dans ce dessein.

  2. FMI et BM font également le jeu- économiquement malsain - du maintien artificiel de l’Euro et des Diktats « anticonstitutionnels » de la BCE.

  3. Par leurs politiques draconiennes d’ajustements (sic !) du chômage, FMI et BM aggravent souvent les problèmes en entrainant des conséquences sociales dévastatrices et un accroissement de la pauvreté.

  4. Ils veulent aussi maintenir et préserver les privilèges d’un système inefficace et ruineux (création de fausse monnaie « ex nihilo », comme le prouve notamment le Prix Nobel Maurice Allais, par milliers de milliards, avec un système bancaire fractionnaire, menteur, gaspilleur, tricheur et voleur, aussi par des salaires, primes et bonus antisociaux).

  5. FMI et BM visent - dans leurs propres déclarations - un impôt, une monnaie et un gouvernement mondial unique, très dangereux pour nos libertés. Ils ne sont ni subsidiaires, ni fédéralistes.

  6. Par ailleurs, ils ne sont pas du tout démocratiques, ni transparents et contribuent à la corruption et aux fraudes, aussi en allouant des salaires et des frais trop élevés à un nombre d’employés exagéré. Le népotisme y est monnaie courante.

  7. Même le controversé keynésien, « conseiller » d’Obama, Joseph Stiglitz, notamment Prix Nobel d’Économie et vice-président de la Banque mondiale de 1997 à 2000, s’est attaqué au FMI dans un livre. Il l’accuse de privilégier les intérêts de son principal actionnaire les États-Unis, avant ceux des pays en difficultés.[/color]

Conseil prioritaire :
Conseil national

Cosignataires (11) :
Baettig Dominique
Brönnimann Andreas
Büchel Roland Rino
Gobbi Norman
Nidegger Yves
Reymond André
Schenk Simon
Schibli Ernst
Schmidt Roberto
von Siebenthal Erich
Wobmann Walter

Source : http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20104056


Ce serait bien que tous les Français sachent ce qui se passe dans le pays d’à côté, qu’ils comprennent qu’une vraie démocratie est possible, qu’ils réalisent le potentiel de résistance, d’émancipation, potentiel de lutte contre les privilèges et contre les mauvais coups des puissants, potentiels qui résident dans le RIC ; ce serait bien qu’ils fassent du RIC la priorité absolue.

Le vrai RIC, bien sûr, pas l’infâme carambouille que nous proposent et nous imposent ces gredins menteurs que sont nos parlementaires, cette pure escroquerie qu’est le référendum d’initiative PARLEMENTAIRE, privée de la moindre force contraignante, sans même l’obligation d’organiser un référendum !!!, institution fallacieuse mensongèrement appelée «référendum d’initiative POPULAIRE», ainsi grimée par ces fripouilles et par leurs complices étiquetés « journalistes »

Étienne.

Il ne s’agit pas d’une initiative populaire !

Le message 10020 d’Étienne donne l’impression que le futur référendum (si référendum il doit y avoir) sur la sortie de la Suisse du FMI et de la Banque mondiale résulterait de l’initiative d’un simple citoyen.

Pas du tout ! Il s’agit d’une proposition de loi déposée par le député (« conseiller national » pour le canton du Valais) Oskar Freysinger, l’homme des minarets

La loi, si elle est votée, sera soumise au référendum non pas parce que le peuple l’aura demandé, mais parce que la constitution y oblige lorsqu’il s’agit de ratifier ou dénoncer des traités portant sur la participation à des organisations supranationales.

On continue d’avoir chez nous (en France) des idées approximatives concernant l’initiative citoyenne en Suisse. J’y reviendrai.

Cette proposition de loi a peu de chance de passer, et pas davantage de chance qu’elle soit acceptée dans le cadre d’une intiative populaire. Les Suisses sont peut-être nationalistes, mais moins que M. Freysinger, et leur économie dépend trop de la coopération avec le système bancaire et monétaire international pour qu’ils n’y réfléchissent pas à deux fois.

J’ajoute que la proposition de loi est mal rédigée : comme un tract de propagrande distribué dans la rue pour émoustiller l’opinion publique. Elle a le mérite de la force et de la franchise, mais on trouverait des quantités de propositions de loi de nos députés aussi fortes et aussi franches, et plus explicites !

Enfin : dans la constitution fédérale suisse (http://www.admin.ch/ch/f/rs/1/101.fr.pdf), les mots « souveraineté », « souverain » sont appliqués aux cantons et non au peuple, même si l’article 1 de la constitution suisse dispose ce qui suit :

« Le peuple suisse et les cantons de Zurich, de Berne, de Lucerne, d’Uri, de Schwyz, d’Obwald et de Nidwald, de Glaris, de Zoug, de Fribourg, de Soleure, de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne, de Schaffhouse, d’Appenzell Rhodes-Extérieures et d’Appenzell Rhodes-Intérieures, de Saint-Gall, des Grisons, d’Argovie, de Thurgovie, du Tessin, de Vaud, du Valais, de Neuchâtel, de Genève et du Jura forment la Confédération suisse. »

Dans la constitution française, comme on sait, il est dit expressément que « le peuple exerce la souveraineté nationale ». JR

Parlons sans ambages, la suisse est un paradis fiscal et une plaque tournante du blanchiment d’argent en Europe, une grande partie de son économie dépend des banksters et de transactions financières illégales.

Donc une bonne partie du peuple suisse est surement directement mouillée directement ou indirectement. Néanmoins reste à savoir s’ils sont majoritaires ou minoritaires. Rien n’interdit que le peuple suisse lui même veuille mettre fin à ce particularisme de leur pays.

Je suis français et je veux pourtant bel et bien que mon pays cesse d’exploiter les pays africains en pillant leurs ressources, et une bonne partie de notre économie ( armement, nucléaire, pétrole, or, diamant ) repose sur cet impérialisme.

Donc vous voyez Jacques, l’un n’empêche pas l’autre.

D’accord, Sandy, mais le fait de se retirer du FMI, et surtout de la Banque mondiale n’a pas grand-chose à voir avec le refus du blanchiment d’argent et de l’exploitation des peuples.

En ce qui concerne la Banque mondiale, je me demande si M. Freysinger ne confond pas la Banque mondiale avec des banques comme la Lehman Brothers ou la Société générale. Si c’était le cas, il y aurait de quoi disqualifier d’emblée sa proposition de loi : la Banque mondiale est en fait une institution qui prête de l’argent à faible intérêt à des gouvernements en vue de réaliser des projets jugés valables. JR