Le S.M.A.R.T.

disponibilité de ses fonds

participation à la prise de décision (à qui prête-t-on son argent)

sa part du revenu

(c’est le deuxième point qui m’intéresse le plus, d’un point de vue démocratie réelle)

Bonjour Ana
Il n’y a aucune raison qu’il n’existe pas, exactement comme maintenant, de multiples produits d’épargne et c’est ensuite à la loi de déterminer les règles qui s’appliquent aux relations entre prêteur, intermédiaire, emprunteur)

La petite différence est qu’un prêteur déterminera la durée à laquelle il veut prêter (de 1 jour à X années) et qu’un changement d’avis en cours de contrat ne sera possible qu’avec pénalité, ceci afin d’éviter que les intermédiaires (banques de prêts) puissent jouer sur les termes
Comme l’écrivait Allais :

La réforme du mécanisme de crédit doit ainsi rendre impossibles à la fois la création de monnaie ex nihilo et l’emprunt à court terme pour financer des prêts à plus long terme, en ne permettant que des prêts à des échéances plus rapprochées que celle correspondant aux fonds empruntés.

Cette double condition implique une modification profonde des structures bancaires et financières reposant sur la dissociation totale des activités bancaires telles qu’elles se constatent aujourd’hui et leur attribution à trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

  1. des banques de dépôt assurant seulement, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients, les frais correspondants étant facturés à ces derniers, et les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ;

  2. des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés ;

  3. des banques d’affaires empruntant directement au public ou aux banques de prêt et investissant les fonds empruntés dans les entreprises


Sur ta seconde question, il n’y a pas de raison (sauf à légiférer) que ça soit différent d’aujourd’hui: tu as le choix de ton intermédiaire financier (par exemple la NEF) qui te garantira la qualité éthique de ton placement, mais d’autres ne le feront surement pas… c’est à l’épargnant à l’imposer.

Pour le troisième point … c’est l’accord entre épargnant et emprunteur, mais il restera des produits d’épargne tels ceux existant actuellement (livret A, LDD, livret d’épargne populaire, livret jeune, etc …) … les décrêts d’applications détermineront les durées de détention minima.

Michael Kumhof: The Chicago Plan Revisited - The Advantages of 100% Money
Présentation vidéo en anglais

ou

Article F.M.I. : « The Chicago Plan Revisited » Jaromir Benes and Michael Kumho (August 2012) sur http://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2012/wp12202.pdf et
The Chicago Plan Revisited (FMI) | Osons Maurice Allais

Un dépôt de devise par un client (exportateur par exemple) en banque de dépôt (CSM dans le cas du SMART) est nécessairement transféré à la Banque Centrale, à l'actif de celle ci . Elle créera, au bénéfice de l'exportateur l'équivalent en monnaie nationale en contrepartie de cette créance. J'avoue que je ne vois pas la nécessité d'un contrôle des change qui serait consécutif à ça, mais je n'ai peut être pas bien compris la question ?
Mon inquiétude ne concerne pas le commerce réel, mais la spéculation financière qui, selon moi, a la possibilité de créer (ou détruire) de la monnaie nationale, est-ce que je me trompe ?

Avec le SMART, si j’ai compris, il y a une seule façon de créer de la monnaie nationale, l’émission par la BC, et deux façons de la détruire, le retrait par la BC et la destruction physique d’un support fiduciaire (le billet de 500 F de Gainsbourg). La spéculation peut amener la BC à choisir de le faire pour la contrer mais ce sera toujours une décision de la BC et non un événement subi. Enfin, toujours si j’ai compris.

@Bernarddo : non il devient impossible de créer de la monnaie puisque aucun des trois types de banques n’a la possibilité de le faire, puisque toute la monnaie doit avoir sa contrepartie en Banque Centrale (ou alors ça serait littéralement de la fausse monnaie)

@Landerec : oui c’est ça mais le Trésor Public est le maître du jeu de la destruction (s’il semble opportun de réduire la masse monétaire) en ne remettant pas en circulation une partie des recettes fiscales (en réduisant les dépenses des administrations publiques), sans qu’il n’y ait effectivement de « destruction » … juste un « gel »…

Loyer de l’argent

Le fait de maintenir ce concept ne conduirait il pas à la reconduction de certains ennuis actuels, même atténués ?

Dans cette optique :

Je sais que AJH n’est pas favorable à la monnaie fondante, mais moi si :wink:
Et : une fonte annulée/compensée dans le cas du fiduciaire prêté … ? … juste une idée …

Non Ana, je ne suis pas favorable à la monnaie fondante car je ne considère pas qu’il faille augmenter d’une manière artificielle la vitesse de circulation de la monnaie (et donc « forcer la consommation » par ce biais): il y a un problème de répartition dans la société, pas de quantité.

Pour le « loyer » de l’argent, tu connais ma position qui est loin d’être extrême, mais je considère qu’un prêteur (outre une assurance de remboursement payée par l’emprunteur) doit bénéficier d’un juste dédommagement de l’inflation, de son effort d’épargne et du fait qu’il se prive de consommer, et d’une part du « bénéfice » que va retirer l’emprunteur.
Une « juste » rémunération consiste à mon sens de : inflation + x% (fonction de la durée où il va bloquer son épargne) + % de croissance de l’économie.

Comment se fait il que le prêteur possède tant de ce dont d’autres ont besoin pour créer ? :wink:

@Bernarddo : non il devient impossible de créer de la monnaie puisque aucun des trois types de banques n'a la possibilité de le faire, puisque toute la monnaie doit avoir sa contrepartie en Banque Centrale (ou alors ça serait littéralement de la fausse monnaie)
Cela suppose à non sens que toutes les transactions doivent être réelles, et cela n'est pas compatible avec les transactions financières virtuelles actuelles qui ne concerneraient plus la monnaie nationale, puisque la question de la contrepartie empêcherait les banques d'entrer dans ce système qui va beaucoup trop vite pour la gérer. Ai-je bien compris?

dans les faits un prêteur ne se prive pas de consommer, il a simplement de l’argent en trop dont il ne sait pas quoi faire, il ne fournit en réalité aucun effort c’est de la rente et non pas du travail, il n’y a rien qui justifie que la rente soit rémunérée
au contraire plus elle se développe et plus elle est rémunérée, plus cela génère le problème de répartition qui est bel et bien en effet le problème central en France

@Bernarddo
Désolé, ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais je ne comprends pas
(c’est quoi pour vous " les transactions doivent être réelles " ?)

Les transactions financières actuelles ne sont pas « virtuelles » mais scripturales/électroniques … ce n’est pas pareil. A la sortie il y a des gagnants et des perdants en monnaie « réelle » (scripturale), et cette monnaie a toujours été initialement produite (créée) par le système bancaire, même si c’est pour « compte propre ».

Comme je le vois, la monnaie scripturale n’est que la promesse de remettre la vraie monnaie, ou alors c’est de la fausse monnaie officiellement autorisée. C’est tout ce qui la distingue de la vraie fausse monnaie telle que définie par AJH dans son système (monnaie non garantie par des dépôts équivalents à la Banque centrale).

Ce que le système bancaire crée ne peut être dans tous les cas que de la fausse monnaie. Appelez-la virtuelle si vous voulez, en ce sens qu’il s’agit de monnaie qui n’existe pas, ou pas encore. Les produits financiers dérivés sont des instruments indirects de circulation de fausse monnaie. JR

Et on rejoint Allais

" Une telle réforme aurait l’avantage de la clarté et de la transparence. Aujourd’hui, les revenus provenant de la création monétaire sont distribués de façon anonyme entre une foule de parties prenantes, sans que personne ne puisse réellement identifier qui en profite. Ces revenus ne font que susciter iniquité et instabilité et, en favorisant les investissements non réellement rentables pour la collectivité, ils ne font que susciter un gaspillage de capital. Dans son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique, je n’hésite pas à le dire pour bien faire comprendre ce qui est réellement en cause, à la création de monnaie par les faux monnayeurs, si justement condamnée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La différence est que ceux qui en profitent sont différents.

J’essaye d’imaginer l’aspect pratique sous un exemple simple.

Un spéculateur achète 10000 Wons (ou 100 litres d’huile de palme) avec 100 Fr, et parvient à les revendre 120 F.

Qu’est-ce qui a changé par le SMART?
Est-ce considéré comme une augmentation de la masse monétaire ?
Comment est que celà devient une « recette fiscale » ?
La richesse réelle n’ayant pas changé, (rien n’a été produit, ni perdu), il en résulte normalement une dévaluation de fait de la monnaie qui a crû en volume, comment le système SMART la prend-elle en compte?

Que se passe-t-il s’il y a perte ?

C

@Bernarddo
Pas plus qu’aujourd’hui il n’y a d’augmentation de la masse monétaire lors d’une transaction de ce type: les 120 F existaient dans la « poche » de l’acheteur, ils changent de poche et le commerçant (ou le spéculateur) fait un bénéfice de 20.

Aujourd’hui: les banques créent la monnaie par monétisation de créances lors d’un crédit (un prêt)
Dans le SMART: les banques ne peuvent prêter que de la monnaie existante qui aura été introduite dans l’économie par le Trésor Public uniquement.

Un article de Gaël Giraud sur la « Revue Banque »

Rendre le monopole de la création monétaire aux banques centrales ?

Dans les années 1930, un groupe d’économistes de l’université de Chicago, associé à Irving Fisher, a proposé un plan de retour au monopole public de la création de monnaie. Qu’impliquerait aujourd’hui la mise en place de cette règle dite du 100% money ?
Ayant perdu le pouvoir de création monétaire, les banques deviendraient ce que le grand public croit qu’elles sont : de purs intermédiaires entre épargnants et emprunteurs.

Cet article est extrait de
Revue Banque n°752

On a pu croire résolue la question du contrôle de la masse monétaire en circulation par la Banque Centrale, mais l’expérience récente montre qu’il n’en est rien. Si, au cours des années 1990, la règle de Friedman (qui portait uniquement sur la croissance d’un agrégat monétaire de référence) a été abandonnée – partiellement seulement du côté européen, complètement du côté américain –, c’est après que les banquiers centraux se sont rendu compte que la manipulation de M0 ne leur permettait plus d’agir efficacement sur l’évolution de M1 et des autres agrégats [1]. Le trop faible impact des politiques de quantitative easing adoptées depuis 2008 et d’abaissement des taux courts à leur plancher (ZIRP [2]) rappelle que la manipulation du taux d’intérêt n’est pas nécessairement plus couronnée de succès que celle de la masse monétaire : tout comme nous avons assisté à un découplage de M1 et de M0, nous observons depuis quelques années un découplage de M1 et du taux de refinancement de la Banque Centrale. C’est dans ce contexte qu’une réflexion autour des réserves fractionnaires des banques de second rang est menée à frais nouveaux, notamment au FMI.

La fin des réserves fractionnaires …


La suite sur Rendre le monopole de la création monétaire aux banques centrales ?

Bonjour AJH

Veuillez m’excuser si je dis une grosse connerie où une impossibilité de fait. Mais, même si je ne sais pas vraiment comment, mon esprit tordu subodore une possible manipulation des taux ou une possible fragilité, voir même déstabilisation possible du système SMART.

1/ Je suppose que plus l’argent est prêté longtemps, plus le taux du prêt sera élevé ? …
Les taux d’intérêts étant aussi fonction de la durée du prêt, il se passe quoi si l’emprunteur rembourse toute la somme dut beaucoup plus tôt que prévu ?

En aura t-il le droit ? - La question est peut-être stupide et la réponse évidente mais … - Si oui sous quelles conditions ? Car :

2/ Imaginons qu’un consortium de multinationales et de banques spéculatrices veuille foutre en l’air le SMART. (Car, je crois comprendre que les spéculateurs vont perdre beaucoup d’argent vu qu’ils ne pourront plus ou difficilement spéculer sur l’argent public et/ou sur les taux d’intérêts.)

Consortium qui emprunteraient plusieurs centaines de milliards d’un seul coup sous couvert de financements pour une transition écologique massive par exemple.

Si la durée du prêt influe sur les taux d’intérêts, il doit être possible pour de très gros emprunteurs (banques, multinationales) d’emprunter à un un fort taux par exemple 10% sur vingts ans. Et de tout rembourser à 2% au bout de 3 mois.

Les sommes empruntées par ce consortium pouvant être énormes, (certaines boites aillant quand même un CA supérieur au PIB de certains pays) elles ne seraient pas forcement disponibles à la BC.
Donc la BC avec l’accord des « représentatifs », à qui l’ont ferai miroiter un super taux de croissance pendant 20 ans, devrait fabriquer de l’argent pour honorer ce prêt, tout en prévoyant (je suppose pour des histoires d’inflation ou de déflation) une injection dans l’économie sur vingts ans des recettes supplémentaires induites par les intérêts à 10%.

La BC et l’Exécutif ont donc prévu que X milliards d’intérêts supplémentaires devraient alimenter l’économie du pays pendant 20 ans.
Mais paf, les mecs remboursent tout en 3 mois. Et les X milliards prévus pour une longue période se transforment X milliards injectés instantanément dans l’économie.

On se retrouverai donc en peu de temps avec une masse considérable de monnaie imprévue qui dévaluerai la monnaie existante je suppose ? Et qui métrait donc en péril le système.

Je sais que ça fait théorie du complot. Mais le contrôle sur les « représentatifs » et sur l’économie européenne et mondiale des prédateurs montre bien que les spéculateurs sont capables et ont le potentiel pour déstabiliser tout un continent si ça peut servir leurs intérêts. Donc, je paranoïe sans complexe … :slight_smile:

Et on rejoint Allais
" Une telle réforme aurait l’avantage de la clarté et de la transparence. Aujourd’hui, les revenus provenant de la création monétaire sont distribués de façon anonyme entre une foule de parties prenantes, sans que personne ne puisse réellement identifier qui en profite. Ces revenus ne font que susciter iniquité et instabilité et, en favorisant les investissements non réellement rentables pour la collectivité, ils ne font que susciter un gaspillage de capital. Dans son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique, je n’hésite pas à le dire pour bien faire comprendre ce qui est réellement en cause, à la création de monnaie par les faux monnayeurs, si justement condamnée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La différence est que ceux qui en profitent sont différents.
Allais était un grand homme. JR
il se passe quoi si l'emprunteur rembourse toute la somme dut beaucoup plus tôt que prévu ?
Il semble que vous n'ayez jamais emprunté d'argent à une banque. Et je vous en félicite.

Le taux ne dépend pas que de la durée. Et en fait la plupart du temps le taux est plus élevé pour des emprunts courts (sinon on n’emprunterait qu’à court terme en réempruntant pour rembourser).

En général le remboursement anticipé est prévu dans les contrats de prêt. Non seulement le taux ne change pas mais même l’emprunteur doit dédommager la banque du manque à gagner. J’ai eu à le faire il y a peu, le contrat prévoyait que je paye six mois d’intérêts supplémentaires.

Quoi qu’il en soit tout ceci est relativement indépendant du taux de couverture, et ne concerne que la banque commerciale et pas la banque centrale. Je dis relativement parce que la banque commerciale va être plus incitée à faire varier ses taux en fonction de l’offre et de la demande (en couverture fractionnaire l’offre est virtuellement illimitée, en couverture totale elle est strictement bornée), et si de gros emprunteurs arrivent pour demander un montant qui risque d’assécher ses réserves, le taux proposé va être dissuasif.