32 Sortir de l'Union Européenne

À l’heure de la Catalogne, de l’Écosse, du Brexit, pour le Frexit, contre l’oppression des noirs états-uniens, une chanson d’émancipation populaire puissamment évocatrice :
Cliquez sur l’image pour lancer la vidéo.

Descends, Moïse !
Descends en Égypte
Dis à tous les Pharaons
Laissez Mon peuple partir !

Quand le peuple d’Israël était en Égypte…
Laissez Mon peuple partir !
Il était oppressé si fort
qu’ il ne pouvait plus le supporter
Laissez Mon peuple partir !

Alors Dieu dit : « Descends, Moïse !
Descends en Égypte
Dis à tous les Pharaons
Laissez Mon peuple partir !»

Moïse alla donc en Égypte…
Laissez Mon peuple partir !

Il a fait comprendre à tous les Pharaons…
Laissez Mon peuple partir !

Oui, le Seigneur dit : « Descends, Moïse!
Descends en Égypte
Dis à tous les Pharaons
Laissez Mon peuple partir !

Ainsi parle le Seigneur, dit l’audacieux Moïse : « Laissez Mon peuple partir !
Si tu ne le fais pas, je frapperai, ton premier-né est mort. »
Laissez Mon peuple partir !

Dieu - Le Seigneur a dit : « Descends, Moïse !
Descends en Égypte
Dis à tous les Pharaons
Laissez Mon peuple partir !»

Dites à tous les Pharaons
De
Laissez mon peuple partir.

Une émission « Là-bas si j’y suis » en 2014 de Daniel Mermet avec Emmanuel TODD et François RUFFIN :

Durée : 54 mn

ou aussi en plus raccourci :

Durée : 36 mn

Sur le résultat des élections municipales de 2014, Le Front National, le découplage entre les classes populaires et les classes moyennes concernant les effets de la démondialisation, les classes populaires subissant les délocalisations tandis que les classes moyennes ne le subissant pas directement, ( à partir de 16 mn du du début dans l’audio de France-Inter ), les différences géographiques dans le vote Front National, le libre-échange, l’intégration européenne.

Bibliographie : « Faut-il faire sauter Bruxelles ? » de François RUFFIN
: « Pauvres actionnaires »
http://www.fakirpresse.info/boutique/

Merci @Gilles :wink:

Une émission du « Média » : Dans la gueule du loup N° 5 : L’UNION EUROPÉENNE, VERS LE CHAOS ?

Animée par Jacques Cotta ( La Sociale ), avec
Charlotte Girard, oratrice de la France insoumise, candidate aux européennes - François Asselineau, président de l’UPR - Pierre-Yves Bournazel, député UDI-AGIR - Jacques Nikonoff, président du Pardem - Coralie Delaume, Essayiste et blogueuse pour L’Arène nue - Daniel Shapira, rédacteur pour Informations ouvrières, membre du Parti Ouvrier Indépendant

Ce qui est intéressant, c’est que la réalité est abordé sans fards, sans langue de bois.

Merci @Gilles! :wink:

La Commission européenne a publié sa proposition de règlement contre la propagande terroriste en ligne.
Ce texte sécuritaire prévoit d’imposer plusieurs obligations aux hébergeurs, et notamment le retrait en moins d’une heure des contenus signalés. Il banalise la censure policière ou privée et donc le contournement de la justice. Il fait des filtres automatiques - justement au cœur du débat sur la directive droit d’auteur - la clé des politiques de censure à l’ère numérique. À lire ici :

Accord UE/USA sur le soja : « Nouvelle trahison de la Commission européenne » selon la Coordination rurale :
La Coordination rurale (CR) est « surprise par les annonces inquiétantes du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qui dit souhaiter importer “presque immédiatement… beaucoup de soja” des États-Unis ».
« Ce spécialiste de la finance internationale ne semble pas avoir conscience du colossal et périlleux déficit de l’Europe en protéines végétales », indique le syndicat dans un communiqué.
À lire ici :

La Commission Européenne bidouille les conclusions d’un avis de 2006 du Comité Scientifique, Technique et Économique des Pêches pour autoriser la pêche électrique
Un dossier complet sur le pourquoi de ce bidouillage et ses conséquences sur l’épuisement des ressources en poisson et la faillite de nombreux petits bateaux dans le numéro 86 septembre - novembre 2018 de Fakir Prix du numéro : 3 €

L’effondrement de l’économie grecque et le retournement complet du gouvernement TSIPRAS vers la répression sous les ordres de la Troïka UE-BCE-FMI expliqué par Stathis KOUVÉLAKIS interrogé par Aude LANCELIN.

Stathis KOUVÉLAKIS décrit la répression contre les dirigeants d’Unité Populaire et contre les militants qui s’opposent aux saisies immobilières ordonnées par les banques. Il dit clairement que pour modifier les règles de l’UE il faut l’unanimité des pays membres à la 22 ème minute et qu’il ne faut se faire aucune illusion sur la nature de l’Union Européenne et se préparer à la rupture et à la sortie de l’Union Européenne. Il dit clairement que si les dirigeants favorables aux classes dominées ne martèlent pas que la règle de l’unanimité empêche une UE plus sociale et qu’il ne faut pas se faire d’illusion sur la nature de classe de l’UE, les représentants des classes dominantes vont réussir effrayer les gens sur le changement de monnaie et ainsi conserver la main. Leur projet, c’est le projet « PEUR », peur du changement, peur d’un changement qui nous serait profitable !

Il faut aller plus loin que le Plan B et afficher clairement le but de la sortie de l’euro et de l’UE. À la 33 ème minute : « La meilleure façon d’aider la Grèce est d’être lucide par rapport à ce qu’est l’Union Européenne, lucide par rapport à ce qu’elle a fait en Grèce et ailleurs bien entendu, lucide par rapport à ce que les classes dirigeantes et leurs personnels politiques dans toute l’UE sont en train de faire, la complicité profonde qui les lient. Il savoir se préparer aux batailles et aux combats à mener pour affronter ces gens. »

Une vidéo de 35 mn : https://youtu.be/LY1rTFekveU

[align=center]L’Italie, c’est la France et vice versa ![/align]

[font=arial][color=#111100][size=11]L’UE européenne, notamment sous la pression des dirigeants français (Le Maire, Macron qui parle de la « lèpre populiste », et leur porte-parole à Bruxelles, Moscovici) a engagé une épreuve de force avec le gouvernement italien de Conte en lançant une procédure disciplinaire pour déficit excessif. La mécanique des traités est en route. Pour avoir osé faire une partie de qu’ils avaient promis à leurs électeurs les dirigeants du gouvernement italien sont poursuivis par la police politique des euroinomanes. Quel est le crime du gouvernement Conte ? Afficher un budget en déficit de 2,4% du PIB ? Mais alors la France avec ses 2,8% devrait être poursuivie. Oui, mais rétorquent les procureurs-falsificateurs, l’Italie a une trop grosse dette avec 132% du PIB. Certes, mais on peut vivre avec une grosse dette publique : le Japon est à 250% de son PIB et personne ne s’inquiète pour l’avenir du Japon. Et alors que la France est presque entièrement endettée sur les marchés financiers internationaux, l’État italien est endetté envers… les Italiens (pour plus des 2/3), et donc cette affaire ne regarde que les Italiens. Les crétins européistes et la presse à leur solde nous dévoilent l’horreur : la dette est de 37000 euros par Italien. Ça veut dire que chaque Italien possède une créance de 25000 euros sur lui-même ! Quelle horreur pour les gardiens de la doctrine et de la foi qui règnent à Bruxelles. Et d’ailleurs le budget de Conte présente un excédent avant service de la dette, donc il est foncièrement sain au regard des doctrines orthodoxes. Ajoutons que le gouvernement italien est fondé à dépenser un peu plus d’argent que les engagements de ses prédécesseurs : l’état du réseau routier, laissé en partie à l’abandon par les politiques austéritaires des gouvernements précédents demande un gros effort, comme l’a montré la catastrophe du pont Morandi à Gênes. Enfin ce gouvernement – mais quelle mouche les a piqués ? – veut honorer sa promesse de garantir à tous les citoyens italiens un revenu minimal de 700€ par mois.

Mais voilà, Conte n’obéit pas à la discipline budgétaire de la zone euro et de la BCE, dirigé présentement par un certain Mario Draghi, ancien banquier chez Goldman-Sachs. Donc le gouvernement italien doit être puni. Voilà ce qu’est l’Union Européenne : une cage d’acier pour briser les peuples et les nations. Et l’acharnement des sbires du genre Moscovici contre l’Italie est un acharnement politique et non une exigence économique. Il faut montrer que la volonté des peuples doit plier devant les règles de l’ordolibéralisme des euroinomanes. Comme le disait Juncker, à jeun, la démocratie s’arrête aux traités européens. Une bonne manière de dire que l’UE est foncièrement, constitutionnellement, l’ennemie de la démocratie. Et la lèpre qui ronge les nations, c’est précisément cette organisation bureaucratique au service de la finance qu’est l’UE.

Où cela va-t-il mener ? Si l’Italie est condamnée à la suite de la procédure, elle pourrait avoir à payer une amende de plusieurs milliards d’euros pour n’avoir pas fait assez d’efforts et n’avoir pas suivi les recommandations de la Commission. Bref la police des « marchés » va faire donner ses brigades. Mais si l’Italie ne veut pas payer l’amende qui ira la chercher ? Moscovici revêtira-t-il son treillis pour marcher sur Rome ? Et si l’Italie ne veut toujours pas payer ? On va lui couper les fonds européens. Mais comme elle est contributeur net, il lui suffira de ne pas payer sa part des contributions européennes pour être gagnante. Les décérébrés de la Commission risquent donc de perdre la face et d’accentuer la crise de l’UE. Ils veulent mettre en œuvre pour l’Italie une stratégie à la grecque. Mais l’Italie n’est pas la Grèce, elle est la deuxième puissance industrielle de l’UE, derrière l’Allemagne mais devant la France et elle n’est pas dirigée par un lâche de gauche (pléonasme ?) mais par des « populistes » dont la posture virile leur vaut un large soutien du peuple italien. Ils pourraient donc, ces têtes rabougries de l’UE, pousser Salvini à aller beaucoup plus loin qu’il ne l’envisageait lui-même. Les dirigeants italiens du reste ne font pas mystère du fait qu’ils se préparent à toutes les hypothèses, y compris la sortie de l’euro et disent à qui veut les entendre qu’une nouvelle monnaie italienne pourrait être émise en quelques jours. Et comme on ne peut pas sortir de l’euro sans sortir de l’UE, ainsi que cela a été répété aux Grecs, la rupture avec l’Italie sonnerait le glas de l’UE. Ni plus ni moins. À la veille de la pantalonnade des élections au « parlement » (sic) européen, ça la fiche mal !

Reste une dernière hypothèse qui se mitonne actuellement dans les couloirs de la Kommandantur de l’UE, celle d’un coup d’État à froid : comme en 2012, on organise une intense spéculation contre l’Italie. La bourse de Milan s’effondre et le fameux « spread » s’envole et on impose la démission du gouvernement italien et la nomination d’un gauleiter pour administrer cette province rebelle – en 2012, ce fut Mario Monti, lui aussi sorti de chez Goldman-Sachs (cette banque est vraiment le gouvernement mondial). Le gouvernement par la crise est la méthode préférée des « libéristes » (des démophobes qui ne jurent que par la liberté du marché). Voir Dario Gentili, Crisi come arte di governo (Quodlibet, Macerata 2018). Comment le gouvernement italien réagirait-il à une grave crise financière ? Salvini n’est pas un révolutionnaire et ses liens avec les milieux d’affaires sont assez forts, sans compter la pression de son ancien et toujours en partie allié, Silvio Berlusconi. Le M5S de son côté est un mouvement assez « gazeux » et ne disposant sans doute pas de la colonne vertébrale suffisante pour affronter le gros temps. Et donc la possibilité qu’un coup d’État financier réussisse ne pas être écartée.

Tout cela nous concerne de très près. D’abord, une profonde crise financière aurait des répercussions immédiates en France. Les grosses banques françaises comme le Crédit Agricole et la Société Générale qui ont fait leurs emplettes dans les établissements financiers italiens se trouveraient tout particulièrement exposées. Et l’effondrement d’une ces grandes banques ouvrirait en grand la crise chez nous. Mais il y a plus important : le peuple de notre pays est en butte aux coups répétés portés par ce gouvernement des euroinomanes. Nous, citoyens de ce pays, nous sommes les frères et sœurs ou les cousins des citoyens italiens et nous nous heurtons aux mêmes problèmes qu’eux alors que « notre » gouvernement, pour notre plus grand malheur s’en prend à l’Italie, ce peuple si proche, depuis si longtemps. Notre sort est étroitement lié au sort de peuple italien. Le résultat de la lutte des gilets aura un impact important sur le bras de fer Moscovici/Conte. Et réciproquement. Un vieux mot me vient : internationalisme, ce qui veut fraternité des peuples contre les oppresseurs et non dissolution des nations.
Un dernier mot, tous ceux qui prétendent lutter contre l’Europe « libérale » en demandant plus d’Europe, font évidemment fausse route.
Denis Collin – le 23/11/2018[/size][/color][/font]

[font=arial]Source : [/font]http://la-sociale.viabloga.com/news/l-italie-c-est-la-france

Emmanuel Todd sur l’asphyxie UE et euro qui nous tue :

La réindustrialisation du tissu économique est nécessaire en France, pour cela au lieu de baisser les salaires, il faut former les travailleurs aux nouvelles activités qui apparaîtront si simultanément l’État prête aux entreprises à des taux inférieurs au marché et si le taux de change de la monnaie est abaissé. C’est un vrai engagement sur la durée car au départ les importations seront plus chères pendant quelques mois avant que les nouvelles activités remettent en emploi de nombreux chômeurs, ce qui sur le moyen terme et au-delà, sera bénéfique pour les salariés, leur pouvoir d’achat.

Vu @Gilles

La Commission, poussée par le lobby patronal européen, prévoit de s’arroger le droit d’exiger l’annulation des décisions locales.

Sur le modèle d’une proposition présentée par BusinessEurope, le lobby du patronat européen, et poussée par les pressions considérables exercées par divers autres représentants du secteur privé, la Commission propose une nouvelle procédure, beaucoup plus intrusive. D’après cette nouvelle mouture, les pouvoirs publics - qu’il s’agisse de collectivités locales ou de ministères - seraient tenus d’informer la Commission des décisions prévues en matière de services trois mois avant la date présumée de leur adoption par un vote. La Commission aurait ainsi la possibilité d’examiner le texte à l’avance et, dans l’hypothèse où elle découvrirait quelque chose qu’elle estimerait contraire à la directive sur les services, elle émettrait une « alerte ». Dans cette « alerte », la Commission indiquerait les modifications nécessaires pour obtenir son feu vert.

Si les recommandations de la Commission - qui peuvent aller du rejet en bloc à des ajustements mineurs - ne sont pas prises en compte et que le conseil municipal ou le parlement en question adopte la mesure, la Commission prendrait alors la décision d’exiger que « l’État membre concerné…abroge la mesure » (article 7).

Cela donne en substance à la Commission, et c’est très inquiétant, le pouvoir de casser les décisions d’assemblées élues dans un très grand nombre de domaines d’action, qui revêtent une importance décisive non seulement pour l’économie, mais aussi pour la plupart des sphères de la société. Qui plus est, cela modifierait radicalement le processus de prise de décision, en particulier au niveau des collectivités locales et des autorités régionales, portant ainsi gravement atteinte au principe et à la pratique de la démocratie locale dans l’UE.

Source : Le Comité Pour l’Abolition des Dettes Illégitimes : http://www.cadtm.org/Le-retour-de-Bolkestein-mainmise-de-la-Commission-europeenne-sur-les-services

Les noces incestueuses entre ordo-libéralisme, néo-libéralisme et construction européenne

Je commence à lire un très long texte de François Denord et d’Antoine Schwartz sur l’évolution des débuts de la construction européenne :

https://www.cairn.info/revue-politix-2010-1-page-35.htm

Un article du « Vent se lève » sur le brexit, les politiques possibles pour les travaillistes en faveur des gens, politiques qui ne pourront pas être compatibles avec les règles de l’UE et le maintien dans l’UE. Où les auteurs pensent que Corbyn peut résister à la poussée de la droite du parti et défendre la sortie de l’UE : https://lvsl.fr/corbyn-face-a-son-parti-et-a-lunion-europeenne

Mais depuis hier, il a capitulé à la Tsipras, cédé au grand patronat et demande un nouveau référendum pour faire revoter les britanniques ( c’est bien connu, la tyrannie UE, c’est faire voter et revoter jusqu’à ce que le résultat soit conforme aux vœux atlantistes et des grands patrons ) : https://tendanceclaire.org/breve.php?id=33201

À lire :

Mensonges et suicide au service juridique de la Commission Européenne :
https://www.liberation.fr/planete/2019/03/14/selmayrgate-conflit-d-interets-mensonges-et-suicide_1715168

Podcast de Polemix Voix Off : Sortir de l’impasse européenne Autour des articles du Monde Diplomatique : Sortir de l’impasse européenne et Face à Bruxelles, le pari de l’insoumission

Durée : 59 mn 53 s

https://www.polemixetlavoixoff.com/sortir-de-limpasse-europeenne/

L’Europe, cela serait bien si c’était mieux !

ou bien

L’Europe, cela serait mieux si c’était bien ?

Intéressant jusqu’à la 48 ième minute, après c’est un plaidoyer de Thomas GUÉNOLÉ pour le vote : La France Insoumise : nous on joue les costauds, désobéissance, un autre traité, une autre forme de construction européenne, un autre plan A, une autre négociation, un autre scénario et peut-être un Plan B de retrait.


Montebourg se lâche sur l'Union Européenne : [url]https://youtu.be/ALDgsnkE_i0[/url]

Durée : 13 mn

Révisons notre anglais et stimulons notre mémoire sur les déclarations des hommes et femmes politiques britanniques concernant le caractère définitif et impératif de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne :

http://xn–pp-oia.com/dl/Hisp

Vidéo au format mp4 ( rajoutez .mp4 au nom du fichier si vous la téléchargez ), durée : 2 mn 03 s

Message provisoire : je mets un lien vers l’observatoire du brexit pour avoir de quoi réfléchir sur le processus du brexit, notamment la loi qui récupère ( il est souhaitable pour la prise en compte des choix politiques des britanniques que cela soit provisoire ) le passif de 43 années de législation CEE, puis UE :

Tony Andrteani décrypte la nouvelle position de la France Insoumise sur les sujets de l’euro et de l’Union Européenne et ses ambiguïtés :

http://la-sociale.viabloga.com/news/sur-les-ambiguites-de-la-fi-essai-d-analyse

L’Oncle Sam exige que l’Union européenne intègre tous les pays des Balkans.

Source : https://ruptures-presse.fr/actu/palmer-balkans-adhesion-macedoine-albanie/

L’envoyé spécial américain insiste pour accélérer l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, alors que le sujet suscite l’opposition des dirigeants français et néerlandais, inquiets de l’impopularité d’une telle perspective.

L’émissaire spécial des Etats-Unis pour les Balkans est en tournée dans cette région. Après s’être rendu au Kosovo puis en Macédoine du Nord, Matthew Palmer était le 4 novembre à Belgrade, où il a notamment rencontré le président serbe, Aleksandar Vucic.

Le diplomate américain a saisi l’occasion pour critiquer vertement la décision récente de l’Union européenne : lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept n’ont pu se mettre d’accord sur le lancement des discussions d’adhésion à l’UE de la Macédoine du Nord et de l’Albanie. Cela revient dans les faits à geler cette perspective.

« L’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l’UE de changer sa position » – Matthew Palmer

« A notre avis, c’est une erreur historique et un mauvais message pour toute la région » a tancé M. Palmer. Et l’envoyé spécial d’enfoncer le clou : « l’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l’UE de changer sa position » d’ici le prochain sommet de mai 2020.

En réalité, la position européenne découle d’un veto émis par trois pays : la France, les Pays-Bas et le Danemark. Emmanuel Macron, en particulier, est opposé à un nouvel élargissement de l’Union tant que celle-ci « n’arrive pas à fonctionner correctement à 27 », et, selon lui, ce n’est certainement pas à « 29, 30, ou 32 » qu’on améliorera les choses. En outre, comment plaider pour limiter le budget communautaire, et en même temps vouloir accueillir de nouveaux membres avait persiflé le maître de l’Elysée – une pierre dans le jardin de l’Allemagne.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la France et les Pays-Bas sont vent debout contre de nouvelles adhésions

Mais derrière ces arguments se profile la crainte que l’arrivée de nouveaux pays « à bas coûts » soit particulièrement impopulaire dans l’Hexagone. Ce n’est sans doute pas un hasard si la France et les Pays-Bas sont vent debout contre de nouvelles adhésions, deux pays où de mémorables référendums avaient infligé des Non retentissants à une intégration européenne plus poussée, et ce en 2005, soit juste un an après l’adhésion de dix nouveaux Etats (et l’arrivée du fameux « plombier polonais »).

Le dossier des futures adhésions constitue donc un des très nombreux sujets d’affrontement actuels au sein des Vingt-sept. Par ailleurs, la position franco-néerlandaise a indisposé les gouvernements concernés, non seulement à Skoplje et à Tirana, mais également dans d’autres pays issus de l’ex-Yougoslavie, comme la Serbie. Belgrade, avec qui les « négociations » d’adhésion sont déjà engagées, redoute que ces dernières s’ensablent, du fait de l’état d’esprit « frileux » de certains dirigeants européens.

Du reste, rien n’indique – en Serbie tout particulièrement, où la bienveillance euro-atlantique a laissé quelques souvenirs cuisants en 1999 – que les peuples concernés soient particulièrement enthousiastes pour intégrer l’Union européenne.

Cette région stratégique a été récupérée par le camp occidental dans la foulée de l’éclatement de la Yougoslavie

Mais évidemment, ce point importe peu à l’envoyé américain. Ce dernier a tout autre chose en tête : cette région stratégique a été en quelque sorte récupérée par le camp occidental dans la foulée de l’éclatement de la Yougoslavie. Or à Washington, on redoute que l’influence de la Russie (un allié historique traditionnel de la Serbie) ne revienne dans les parages. La Chine elle-même a fait de certains pays balkaniques des partenaires économiques importants.

Les dirigeants américains considèrent qu’il faut vite endiguer cette « menace », un point de vue partagé notamment à Berlin et donc à Bruxelles.

Ce qui explique que, dans ces dernières capitales, on se soit diplomatiquement abstenu de faire remarquer qu’en s’octroyant la responsabilité de définir les frontières européennes, l’Oncle Sam faisait preuve d’une inventive arrogance.

Il est vrai que c’est une habitude – dans cette région en particulier.


Plus de détails sur ce dossier dans l’édition de Ruptures à paraître fin novembre. Pour recevoir cette édition et les suivantes, il n’est pas trop tard pour s’abonner : https://ruptures-presse.fr/abonnement/